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  • il y a 1 an
"Tu penses que t'as tout vu en expédition, tu t'es fait attaquer par des ours, tu as passé des crevasses... Finalement, le plus dur c'est de rentrer à la maison. Et les filles qui me disent : papa, je ne t'aime plus."

Loury Lag est aventurier. Il s'est rendu dans les zones les plus reculées et dangereuses du monde. Mais sa dernière exploration, il a décidé de la mener avec ses deux filles de 6 et 8 ans dans le Salar de Uyuni, un désert de sel en Bolivie, à 3700 m d'altitude. Il raconte son aventure.

Catégorie

🏖
Voyages
Transcription
00:00Tu penses que t'as tout vu en expédition et que t'as souffert, que tu t'es fait attaquer
00:06par des ours ou que t'as passé des crevasses ou alors que t'as failli mourir de déshydratation.
00:10Finalement, le plus dur c'est d'entrer à la maison et les filles qui me disent « papa
00:14je veux pas que tu me touches ». Et ma petite me disait « il faut que je te raconte quelque
00:18chose papa ». Et un soir je viens au pied de son lit et elle me dit « je ne t'aime
00:22plus ». Je ne l'ai pas pris spécialement mal, ça m'a juste donné envie de plus
00:24travailler sur tous les moments où j'étais là et tous les moments où j'étais pas
00:27là. Et puis maintenant, aujourd'hui, je peux me permettre, puisque ça fait plus
00:30de 10 ans que je fais ça, de les faire venir sur mes expéditions et de partager un bout
00:33de temps au milieu de mon aventure. Je m'appelle Loury Lag, je suis aventurier.
00:37Mon métier consiste à relever des défis sportifs extrêmes dans les zones les plus
00:41reculées du monde. Et je viens juste de finir ma dernière expédition avec mes enfants,
00:44la toute première aventure avec mes deux pépettes. On vient de traverser le plus grand
00:48désert de sel de Bolivie, 3700 m d'altitude. Créer une expédition c'était un petit
00:52peu le moyen de réussir à allier mes deux passions dans ma vie, c'est-à-dire mon rôle
00:56de parent et mon travail. Et organiser cette expédition en Bolivie, c'était une manière
01:01de partager avec mes enfants quelque chose que je vis moi dans un quotidien pour qu'on
01:06apprenne à mieux se comprendre, pour qu'elles découvrent aussi pourquoi je pars, la beauté
01:10des paysages, des animaux. Alors tu as choisi le Salar de Uyuni en Bolivie,
01:14c'est un désert de sel. Pourquoi cette destination ?
01:16Parce que c'était quand même très abordable pour des enfants de 6 et 8 ans. Il n'y a que
01:22la hauteur, 3700 m d'altitude, qui était un petit frein. Mais dans les aventures que je mène,
01:27il y a forcément quelques difficultés et j'ai essayé de trouver quelque chose à la hauteur
01:31aussi de leurs attentes. C'est deux petites combattantes qui ont envie de se dépasser et
01:37qui ont soif d'aventure. Donc j'ai essayé de trouver quelque chose d'extraordinaire,
01:41beau, et qui allait, sans que je parle, leur expliquer pourquoi moi je pars en expédition.
01:48C'était quoi le plus gros danger de cette destination ?
01:51On voit deux. Le premier, c'est l'altitude. Il faut savoir qu'à 3700 m d'altitude,
01:55on ressent déjà quelques symptômes. On peut avoir des formes hauts de tête,
01:59il y a une petite acclimatation à avoir pour monter à cette hauteur-là. Et ensuite,
02:05le second, c'est le soleil. Il fait très froid, mais la réverbération du soleil sur le sel,
02:12qui est un étendu de blanc à perte de vue, est extrêmement violente et a tendance à créer des
02:18optalmies des neiges, c'est-à-dire qu'on peut devenir aveugle si on regarde trop le soleil,
02:21ou, dans notre cas, des petites brûlures sur le visage et les mains. On avait choisi tous des
02:26pertes de lunettes et des protections, des cagoules, mais parfois elles avaient chaud,
02:31elles n'ont pas écouté mes recommandations, elles ont baissé la cagoule et ça n'a pas pardonné.
02:36C'est très impressionnant, mais c'est beaucoup moins dangereux et grave que ça paraît,
02:41donc tout va bien. Le moment le plus dur, c'est quand je me suis retrouvé avec ma fille Pita qui
02:51avait un oedème. Elle a enflé sur le bas du visage et le fixeur me dit qu'il faut arrêter
02:57l'expédition, c'est trop dangereux et qu'il n'y a pas de cabine de dépressurisation avant un long
03:02moment. Et si jamais elle fait un oedème cérébral, il y a un souci. Du coup, ça a été un moment qui
03:08a été très dur parce que moi j'avais toujours confiance en moi, toujours confiance en elle,
03:13et puis d'un coup, c'est comme s'ils me mettaient le doute et ça a été très difficile à gérer,
03:17donc du coup on a dû stopper l'aventure. Ça m'a mis un gros coup au moral parce que moi,
03:22abandonner c'est très difficile pour moi, mais quand les gens verront le documentaire,
03:27ils comprendront qu'en fait c'est un abandon pour mieux repartir. Clairement, on va se le dire,
03:31c'est sûr et certain que des gens vont être d'accord et d'autres pas d'accord. Il y en a qui
03:35vont trouver une certaine beauté de dépassement du soi et d'autres une mise en danger de petit
03:40être. Voilà, chacun se fera son avis, mais je pense que c'est intéressant, c'est un beau débat
03:44justement que de pouvoir se dire, ok, ça suscite réflexion. Est-ce qu'il est complètement
03:50inconscient et est-ce qu'il est presque complètement con ou est-ce que finalement,
03:54ouais c'est beau, il contrôle la situation et ce qu'elles vont retenir de cette aventure,
03:58ce sera des souvenirs extraordinaires. Alors justement, comment elles ont vécu cette
04:02aventure ? Il faut savoir déjà quelque chose d'assez extraordinaire, c'est que ma fille à
04:07cette époque-là, mes filles, la grande avait pris un seul avion dans sa vie et la petite n'avait
04:11jamais pris l'avion de sa vie. Déjà ça, c'était l'aventure dans l'aventure, prendre un avion et on
04:15en a pris plusieurs pour partir en Bolivie. Elles étaient excitées comme deux petites puces,
04:20c'était extraordinaire. Il y a quelque chose de redondant dans ces expéditions, c'est que
04:27vraiment on répète un petit peu toujours les mêmes mouvements, on pose le camp, on mange,
04:31on se relève, on repart et donc ça, ça use très facilement le psychologique. Mais j'ai trouvé les
04:36filles très impressionnantes pour être honnête. Certainement qu'il y a une part de fierté et je
04:40m'en cache pas d'avoir des enfants qui s'en soient aussi bien sortis et toute l'éducation que j'ai pu
04:45avoir avec elles s'est traduite en cette expédition. J'ai pu voir leur volonté de s'accrocher, j'ai pu
04:51revoir leur sensibilité, j'ai pu voir leur détermination. Si tu dois donner des conseils
04:55à des parents qui veulent partir, peut-être pas en expédition comme les tiennes, mais sur des
05:00voyages plutôt aventure avec leurs enfants, est-ce que tu as des tips à leur donner ? De
05:06toute manière, les premières choses que je pourrais donner, que je donnerai toujours,
05:09c'est des choses que je n'ai pas eues. Moi, j'ai commencé en tant que tête cramée et ça s'est
05:14fait ressentir et c'est ce qui a fait ma réputation. Mais c'est la sécurité, qui plus est avec des
05:18enfants. Il faut comprendre que dans des endroits comme ceux-là, on ne capte pas et que s'il y
05:23arrive le moindre souci, on est coupé de toute civilisation. Il faut découvrir qu'il y a du
05:30matériel qui permet de pouvoir envoyer des messages satellites, des messages Garmin. Et ça,
05:35je pense que c'est très important. La sécurité prime surtout. Il y a la préparation qu'on va
05:39avoir en amont, le choix du matériel, le choix de la destination. Est-ce que ça t'a donné envie
05:42de repartir sur une expédition avec tes filles ? Alors, ce n'est même pas que ça nous a donné
05:46envie de repartir, c'est clairement qu'on s'est dit maintenant, à partir d'aujourd'hui, on va
05:50en faire une par an.
Commentaires
1
  • annareroil y a 1 an
    Homme parti à la rechetche de son égo inabondonable dans 1 désert de sel avec ses jeunes enfants rouquines brûlées et mal de montagne. Il y a t il eu un temps d'adaptation, clairement pas. Inconscient, ce lieu hostile pour tous l'est triplement pour certains. Aux autres d'en être conscients et de les en prévenir. De tenir compte surtout de l'intérêt de l'autre et de sa capacité de dire non, stop. Clairement impossible pour un môme de contredire son père imbu de ses exploits et tenu par l'obligation pécuniaire de produire de la vidéo excitante. Quelle joie c'eût éte de les voir explorer en bateau le monde marin, les vents, les étoiles, la navigation au lieu de les voir victimes d'une obligation narcissique de production. L'aventure, ça n'est pas le masochisme et machisme imposé. C'est beaucoup plus beau que ça, l'endurance et le respect.
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