00:00D'abord, je voudrais le redire de façon très explicite, je vais parler évidemment comme un citoyen européen, que je suis, qui connaît assez bien la régulation des réseaux sociaux en Europe,
00:11puisque j'en ai été avec mes équipes à l'origine, et c'est de ça dont il s'agit, et de rien d'autre, si vous le permettez.
00:18D'abord, première chose, la parole est libre, et c'est très important, c'est l'abandonnement, le premier abandonnement américain,
00:27c'est quelque chose qui est sanctuarisé par la Cour européenne des droits de l'homme en Europe, pour nous, voyez-vous, et vous le savez,
00:34vous, journalistes, la parole est libre, qu'elle se soit dans l'espace public, que ce soit dans l'espace physique, que ce soit dans les médias,
00:42ou que ce soit dans l'espace numérique. Cependant, depuis maintenant des décennies, voire des siècles, on a régulé, on s'est organisé,
00:49c'est les règles de l'état de droit, pour que cette parole libre, eh bien, elle soit quand même un tout petit peu organisée par la justice des hommes,
00:58on ne peut pas proférer des propos antisémites, racistes, attentatoires aux libertés, ou, je dirais, qui vont faire l'apologie du terrorisme.
01:07Ça, c'est régulé dans l'espace physique, comme dans l'espace numérique. Et le DSA, puisque c'est de ça dont il s'agit, cette fameuse règle
01:15que nous avons mise maintenant en Europe en place, qui est la loi européenne, qui s'applique, elle s'appuie sur deux principes de base.
01:22D'abord, la parole est libre et on n'y touche pas. Et on ne va absolument pas réguler la parole. On n'est pas des censés. En revanche, on va utiliser quelque chose.
01:31On va réguler quelque chose qui est très singulier. C'est que les réseaux sociaux, pour la première fois dans notre histoire de l'humanité,
01:39et notamment de l'information, la diffusion, ont une capacité d'amplification absolument massive, notamment par l'usage d'algorithmes.
01:47Quelle que soit l'origine d'un message, celui-là encore une fois, on n'y touche pas, il peut être amplifié de façon massive et créer précisément des perturbations.
01:57On l'a vu avec Cambridge Analytica en Grande-Bretagne ou autre. Et c'est ça qui est régulé. Donc premièrement, M. Musk, il dit ce qu'il veut.
02:05— Il n'est pas encore ministre. Il est donc un homme qui est un homme comme nous tous. Et je crois qu'il faut aussi arrêter avec les symboles.
02:15Vous faisiez référence tout à l'heure. — Oui, mais attendez, Thierry Breton. Là, c'est le président... Attendez, attendez, M. Breton, parce que j'ai bien compris la régulation.
02:20Mais là, on a le président de la République française qui porte une accusation contre un certain nombre de personnes, dont Elon Musk, qui a fait campagne
02:27avec le président des États-Unis élu Donald Trump. — Qui sera dans son équipe. — Il sera dans son équipe. Et qui dit qu'il est à la tête d'une internationale réactionnaire.
02:33Est-ce que vous êtes d'accord avec cette analyse faite par le président français ? — Mais je ne sais pas, le président de la République, si vous êtes précis.
02:38Je sais que vous l'êtes d'habitude, puisque... — Et c'est pour ça qu'on attend une réponse précise de vous. — Vous êtes précis. Et vous êtes précis.
02:44Et il fait allusion à précisément quelqu'un qui utilise son réseau. Il fait donc la juxtaposition entre le fait qu'il va utiliser un réseau et qu'il profère des idées.
02:55Alors moi, je vais pas me prononcer sur les idées. Ça, je suis pas capable de dire s'il a la tête de telle ou telle internationale.
03:01Ce que je peux dire en revanche, c'est que désormais, il y a une obligation de l'Europe, et notamment de la Commission européenne, d'aller voir précisément
03:10si les algorithmes n'ont pas été modifiés. Si c'est le cas, alors ce qui se passe doit être puni et interdit. Et la loi nous permet de le faire.
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