00:00Alors, pour commencer, la prévention, c'est 3 ans et demi de samedi.
00:04Ce qui veut dire qu'en réalité, quand mon confrère Lebras réduit ça à 120 samedis,
00:09c'est déjà une courtoisie.
00:11Et c'est 450 heures ?
00:13Parce qu'on est en fait à 150 samedis, dès qu'on décompte par courtoisie
00:19et par honnêteté intellectuelle qui est celle d'Adèle Haenel,
00:23que peut-être il y a eu quelques vacances scolaires,
00:25que peut-être il y a eu quelques déplacements,
00:27et donc on décompte quelques samedis.
00:29Et ça nous amène à une centaine, 120 samedis.
00:33120 samedis de 4 heures.
00:35Ce qui, vous l'avez très justement rappelé, fait 450 heures.
00:38De la part d'Adèle Haenel, c'est très clair ce qui se passe pendant ces samedis.
00:41C'est systématiquement la même chose.
00:44Depuis le premier jusqu'au dernier samedi,
00:47il se passe systématiquement la même chose.
00:50Ça s'appelle des agressions sexuelles.
00:52Qu'elle décrit...
00:55Je ne sais pas comment le décrire autrement.
00:58Qu'elle revit, en fait.
01:01Elle va décrire le mobilier, elle va décrire le cadre,
01:03elle va décrire les gestes,
01:05et elle va surtout expliquer que ça ne s'arrête qu'à son initiative
01:08quand au bout d'un moment elle va vers la fenêtre
01:10et qu'elle va lui dire, arrêtons, ça va trop loin.
01:12Je parle sous votre contrôle, maître.
01:14Absolument.
01:15C'est elle qui met en place des stratagèmes pour se protéger.
01:18Je rappelle que c'est une enfant de 12 ans
01:20qui est prise au piège dans cet appartement
01:22et que cet enfant, pour se protéger,
01:24va faire des choses simples.
01:27Se recroqueviller dans le coin du canapé,
01:29s'écarter, croiser ses mains,
01:32fermer ses genoux, se lever,
01:34aller à la fenêtre,
01:36essayer de faire diversion,
01:38changer d'endroit dans le salon
01:41pour finir sur un repose-pied
01:43où on espère qu'il n'aura pas la place de se glisser.
01:45C'est ça qu'elle décrit.
01:47C'est ça qu'elle décrit à l'audience.
01:48C'est ça qu'elle décrit avec des gestes
01:50et avec des spasmes, des tics
01:52qu'on a beaucoup décrits,
01:54que tout le monde a vus, je crois, dans la salle.
01:56C'est pour ça que je dis qu'il y a une forme de révivissance
01:58à chaque fois qu'on a l'évocation de ces scènes.
02:00Voilà ce qui se passe pendant ces scènes.
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