00:00Merci Nico, c'est un soutien. Il faut qu'on se réveille, il faut qu'on se donne tous la main, qu'on se laisse pas faire.
00:09C'est notre terre, on a payé et ben on continue, on continue notre chemin.
00:14Je voudrais bien que ça revienne comme avant, mais je sais pas. J'ai pas du tout peur, mental.
00:20C'est le mental Nicolas, c'est le mental, il faut l'avoir.
00:24Tout est dans la tête ?
00:25Oui, dans la tête.
00:28Vous avez compris qu'on était pas des diplomates, c'est pas des descendants de diplomates ici.
00:35On va à l'autre bout du monde pour construire à partir de rien.
00:39Forcément, ça fait des gens rustiques, mais solides.
00:45On est pas dans le cinéma.
00:49Il faut que les gens sachent dans le monde qu'est-ce qu'on vit.
00:57Nicolas Metzdorf est député de la première circonscription de Nouvelle-Calédonie.
01:06C'est un loyaliste. On appelle ainsi ceux qui défendent l'appartenance de l'archipel à la France.
01:13A Nouméa, il nous emmène devant une école totalement brûlée lors des émeutes qui ont éclaté au printemps.
01:23On a brûlé des églises, on a brûlé des écoles.
01:26On a brûlé des administrations, on a brûlé des mairies, on a brûlé des bureaux de direction un peu partout.
01:36On a brûlé ce qui représentait le savoir.
01:40Ce qui représentait la France ?
01:42Ce qui représente la France, les Blancs, l'Occident, les non-indépendantistes.
01:48Là, dans cette école, aujourd'hui c'est fermé, mais si vous rentrez, il y a des insultes.
01:53Villette blanc, salle blanc, retournez chez vous, vous n'êtes pas chez vous ici.
02:00Des affrontements violents entre indépendantistes et forces de l'ordre.
02:0413 morts, dont deux gendarmes.
02:062024 restera comme l'année où la Nouvelle-Calédonie s'est à nouveau embrasée.
02:14Tout a commencé le 13 mai, au moment où l'Assemblée adopte un projet de loi du gouvernement dont Nicolas Metzdorff est rapporteur.
02:22Ce texte, qui prévoit d'élargir le corps électoral pour les élections locales, provoque la fureur des indépendantistes radicaux.
02:41Depuis 1998 et l'accord de Nouméa, le droit de vote aux élections locales est gelé.
02:47Il est réservé aux seuls habitants installés depuis longtemps.
02:50Cette spécificité calédonienne, que le député souhaite infléchir, permet une meilleure représentation de la population la plus ancienne de l'archipel, les Kanaks.
03:01Malgré les violences consécutives au vote du texte, le député persiste et signe.
03:08Si c'était à refaire, je le referais mille fois, cinquante mille fois, un million de fois. Je le ferais plus fort, plus déterminé encore.
03:16La loi sur le dégel n'a été qu'une excuse pour les indépendantistes de foutre le feu à la Nouvelle-Calédonie.
03:21Et d'obtenir par la force ce qu'ils n'ont pas obtenu dans les urnes, c'est-à-dire l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie.
03:27Depuis 2021, le président de la République est venu trois fois, Darmanin est venu huit fois, les bénis des Outre-mer sont venus une dizaine de fois essayer de négocier avec les indépendantistes.
03:36Ils ne veulent pas. C'est une stratégie du chaos. Ils ne veulent pas. Tu ne vas pas te rouler par terre.
03:44Il va falloir que la France comprenne qu'il y a des gens qui veulent la combattre, qui ne l'aiment pas, qui ont de la haine envers elle.
03:53Suspendue par le gouvernement Barnier, la réforme du corps électoral défendue par Nicolas Metzdorf est à l'arrêt.
04:00Six mois après l'éclatement des émeutes, la Nouvelle-Calédonie a retrouvé un semblant de calme, mais les cicatrices restent visibles partout.
04:10La circonscription de Nicolas Metzdorf comprend les îles Loyauté et la ville de Nouméa, poumon économique de l'archipel.
04:17C'est là que sont installées l'essentiel des entreprises. Beaucoup d'entre elles sont en cendre depuis les émeutes, comme cette boulangerie.
04:26T'es un enculé.
04:31Nicolas Metzdorf vient rencontrer les gérants Jess et Audrey.
04:35Ils ont mis le feu. Nous on a appelé la police, la gendarmerie. Personne ne répondait à nos appels. Tout est détruit. Il n'y a pas une machine qui a pu être sauvée. Il n'y a rien.
04:50C'est 37 ans d'activité qui sont détruits.
05:01En passant, ces émeutes, c'est une victoire des bandits et des feignants sur les zones de gens.
05:07C'est une incompréhension totale.
05:10Ils ont visé les entreprises, donc ils ont visé tous ceux qui travaillent.
05:20L'entreprise comptait 25 salariés qui ont tous dû être licenciés.
05:28On a même du mal à reconnaître.
05:31Là, on avait une chambre froide positive. Il y avait des plans de travail qui ont disparu.
05:38En même temps que leur commerce, c'est une certaine idée de la Nouvelle-Calédonie qui est partie en fumée pour ce coup.
05:45Le vivre ensemble, cette entreprise, elle l'appliquait. On avait un tiers de nos salariés qui étaient des canards.
05:53On avait des trois îles, de la côte Est, de la côte Ouest.
05:59Tu n'as jamais regardé la couleur pour en bouger un peu ?
06:02Parce que le rêve calédonien, c'est ça. Mon père, il est issu d'une famille très modeste.
06:09N'empêche qu'il a réussi à monter cette entreprise qui a été florissante, mais pour une seule valeur, le travail.
06:17On a perdu 25% de PIB, ce qui correspond à ce qu'a perdu la France pendant la Seconde Guerre mondiale.
06:23Plus de 2 milliards de dégâts, 29% de la population en chômage partiel, l'économie calédonienne est à genoux.
06:32Le député Metzdorf a réussi à faire voter plusieurs amendements dans le budget pour obtenir des aides économiques, mais les négociations sont difficiles.
06:42La difficulté, c'est que la France a un budget contrat et que les députés ne prennent pas suffisamment conscience de la gravité de la situation ici.
06:53Puis il y a des grosses discussions aussi avec le gouvernement, puisqu'aujourd'hui on fonctionne beaucoup avec des prêts.
06:59Le problème, c'est que les prêts, ça endette la Nouvelle-Calédonie.
07:02Donc on nous prête de l'argent, qu'on nous demande ensuite de rembourser avec une augmentation de la fiscalité locale, en sachant qu'on va augmenter les impôts sur qui ?
07:10Puisque les gens, aujourd'hui, ne gagnent pas d'argent, donc ils ne peuvent pas payer d'impôts.
07:14Et tout ça pour une défaillance de la compétence de l'État, puisque c'est sa compétence, la sécurité en Nouvelle-Calédonie.
07:19Ce n'est pas une compétence calédonienne.
07:21Donc en fait, je trouve que...
07:28Je ne sais pas. Je crois que ça se voit, non ?
07:34L'État a semblé pris au dépourvu quand les violences ont éclaté.
07:40Leur soudaineté et leur ampleur ont mis à rude épreuve les forces de gendarmerie, en particulier à Saint-Louis, près de Nouméa.
07:49Ici, aujourd'hui encore, les forces de l'ordre restent en alerte.
07:55Sur cette route, des tirs quotidiens ont été échangés pendant plusieurs semaines avec des indépendantistes radicaux qui avaient dressé un barrage.
08:04Des violences que Nicolas Metzdorf condamne avec fermeté.
08:08Saint-Louis, c'est la capitale du crime, en fait, en Nouvelle-Calédonie.
08:11C'est là où il y a eu deux gendarmes assassinés, déjà.
08:14On commence par là, avec des tirs en pleine tête.
08:19On a eu, évidemment, des gens caillassés, des gens molestés.
08:25C'est plus qu'une zone de mouvoir, une zone de terrorisme.
08:34Ils tuent des gendarmes. Ils tuent des gendarmes.
08:41Vous appelez ça comme vous voulez, mais...
08:45Voilà. Moi, un gendarme, ça me fait peur.
08:48Parce qu'un gendarme, il est là pour faire respecter la loi.
08:50Donc, quand il me met un PV, je baisse la tête. Je n'essaie pas de le tuer, en fait.
08:57Les positions très dures de Nicolas Metzdorf contre les indépendantistes kanaks ont fait de lui une cible.
09:05Sur cette vidéo diffusée sur Internet, puis supprimée,
09:09des indépendantistes radicaux revendiquent leur souveraineté
09:13sur les terres de sa propriété familiale.
09:21Les auteurs ont été placés sous contrôle judiciaire
09:24et la propriété des Metzdorf sous la surveillance de la gendarmerie.
09:29En Nouvelle-Calédonie, le député est escorté en permanence
09:32par trois gardes du corps du GIGN.
09:35Voici le ranch de ses parents.
09:37Éleveurs installés à Poya depuis 1902, à 300 kilomètres de Nouméa,
09:42les Metzdorf sont une famille solidement ancrée en Nouvelle-Calédonie.
09:46Ce jour-là, près de 150 amis et militants loyalistes sont venus apporter leur soutien.
09:52Donc, ils veulent mettre dehors mes parents.
09:54C'est un moyen de me toucher moins comme politique, évidemment.
09:58C'est pour mettre la pression sur la famille.
10:00Et ça, c'est des Calédoniens qui sont venus soutenir.
10:03Soit parce qu'ils sont proches de nous, soit parce que c'est la famille,
10:06soit parce que c'est des gens qui ont déjà perdu des propriétés
10:09à cause des revendications financières.
10:11Ils sont donc très attachés à la défense de la propriété privée en Nouvelle-Calédonie.
10:15Le message à passer, c'est que Nicolas est un Calédonien comme moi,
10:19avec des générations derrière.
10:21Et puis, on a eu aujourd'hui des biens des terres
10:24qui sont, je pense, à nous et qu'on aimerait quand même conserver
10:27et transmettre après à nos enfants.
10:30Les loyalistes présents ce jour-là ont le sentiment
10:33de ne plus être les bienvenus en Nouvelle-Calédonie.
10:36Une terre où ils sont pourtant nés.
10:39Ils se sentent abandonnés par un État qui, selon eux,
10:42tergiverse au lieu de les défendre.
10:45On est attachés à la France.
10:47Et la France rejette ceux qui la réclament, ceux qui l'aiment.
10:51Ce n'est pas possible. La France ne peut pas abandonner ses enfants.
10:54Ce n'est pas possible.
10:56On parle d'une population qui n'inspire qu'à vivre plaisiblement,
10:59travailler et construire un pays, c'est tout.
11:02Il n'y a aucune raison, aucune raison,
11:05à ce qui s'est passé.
11:08Ce sont des gens agressés. Les victimes, c'est eux.
11:11Ce n'est pas deux cons qui s'affrontent, c'est un con qui a agressé un autre.
11:14Ce n'est pas la même chose.
11:17La réconciliation entre loyalistes et indépendantistes
11:20semble utopique à court terme.
11:23Mais les militants présents ne veulent pas renoncer
11:26à faire de nouveaux sociétés.
11:29On ne lâchera pas, on ne laissera pas tomber le vivre ensemble, c'est clair.
11:32Il y a quelques-uns qui veulent que tout parte en sucette
11:35parce que ça les arrange. Nous, ça ne nous arrange pas.
11:38On veut continuer à vivre avec nos voisins sans problème,
11:41quel que soit le voisin d'ailleurs.
11:44La Nouvelle-Calédonie apparaît aujourd'hui très fracturée.
11:47Pour sortir de l'impasse,
11:50le retour d'un dialogue semble indispensable.
11:53Pour y parvenir, les présidents de l'Assemblée nationale
11:56et du Sénat se sont rendus ensemble dans l'archipel.
11:59Au Congrès, l'Assemblée calédonienne
12:02où siège aussi Nicolas Metzdorff,
12:05ils ont prononcé un discours d'apaisement
12:08appelant chacun au respect mutuel.
12:11Construire un avenir apaisé.
12:14Il s'agit de dessiner en somme
12:17les contours d'une future souveraineté
12:20qui se conçue au pluriel
12:23et dans laquelle chacun trouve sa place
12:26et sa reconnaissance mutuelle.
12:29Une société qui rejettera viscéralement la violence.
12:32Cette conviction est la mienne.
12:35Elle fut aussi celle de Michel Rocard.
12:38Je conclurai par ses mots
12:41au lendemain des accords de Matignon.
12:44Reprenez espoir.
12:47Une page nouvelle va pouvoir s'inscrire
12:50non par les armes
12:53mais par le dialogue et la tolérance,
12:56par le travail et la volonté.
12:59Je veux vous aider à réussir votre destin
13:02par la réconciliation, la solidarité
13:05et l'amitié.
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