00:00Et bonjour, bonsoir, bienvenue de côté scène, et cette semaine on vous plonge dans le bleu.
00:06Et c'est une scène qui va se jouer d'apparition et disparition, la scène des mécanos, ces
00:20musiciens stéphanois qui depuis 2018 se sont fait les chantres des chants populaires, digues
00:27en bleu de travail, la musique usine un répertoire traditionnel, ces chants ouvriers qui restent
00:32éloignés de nos oreilles. Alors dans ce côté scène avec deux mécanos sur dix, nous évoquerons
00:37cette histoire singulière, très engagée, autour de leur premier album Usure, trois ans après leur
00:43première EP, et sur scène c'est très clair, le chant gronde, danse, allez c'est parti.
00:57Malheureux indigène, effondré la misère.
01:09Malheureux indigène, effondré la misère.
01:21Malheureux indigène, effondré la misère.
01:31Malheureux indigène, effondré la misère.
01:43Et voilà pour le temps et en cinq ans le groupe a changé, on les avait découverts en bleu de travail
01:53et en Marcel, aujourd'hui les nuances sont partout dans la musique, dans la scénographie, ce n'est
02:00plus seulement un costume. Alors on n'efface pas vraiment puisqu'en fait on a le
02:07propos du nouvel album, il est vraiment tourné autour de le milieu ouvrier, mais on va aussi
02:14sur pas mal d'autres sujets, la déforestation, des sujets un peu plus politiques, mais le bleu on a
02:22un peu, c'était surtout une question de scénographie en fait, on s'est un peu échappé
02:27de ce bleu-là de travail, c'était pour varier un peu, mais en réalité dans les faits c'est
02:33clairement encore ce qu'on représente, le milieu ouvrier.
02:39Des comptes ignorés, d'états d'acquiesce, des monnaies, des policiers sourds, vous n'avez pas des sourires à la vidange.
02:45Des sourds, nous pauvres, des sourires, nous pauvres.
02:50Des comptes ignorés, d'états d'acquiesce, des monnaies, des policiers sourds, vous n'avez pas des sourires à la vidange.
02:57Oui, tout dépend de l'angle, mais nous en tout cas on met l'accent, on tient à mettre
03:05l'accent sur la défense des conditions ouvrières et prolétaires au sens large, c'est-à-dire
03:10de la basse classe sociale, c'est évidemment quelque chose qui nous tient à cœur.
03:15...
03:30Alors en chantant en Occitan, vous ne faites pas que des reprises, mais vous plongez aussi
03:35dans l'histoire locale. Comment est-ce que vous avez construit votre répertoire ?
03:40...
03:49Eh bien, il y a un petit peu de tout. Là, dans cet album, tout le monde y a un peu mis sa patte.
03:55Il y a eu des chants que l'on a écrits, que certains d'entre nous ont écrits.
04:02Par exemple ?
04:04Il y a des chansons comme « Tsaske Dzour », ou alors le premier single qu'on a sorti,
04:10« Des Momatis », qui a été écrit par l'un d'entre nous, texte et mélodie.
04:16Les arrangements, on les fait un peu nous tous après, ensemble.
04:20Il y a des textes qu'on a recueillis, qui étaient plus des choses familiales.
04:25Il y a une des chansons qui est un texte d'un des grands-pères du groupe.
04:32D'autres qui sont des collectages, qui sont des chansons un peu de village.
04:37Ce qu'on appelle un collectage, c'est qu'on va enregistrer...
04:41Des témoignages ?
04:42Pas des témoignages, mais c'est un témoignage en chansons, en fait.
04:46C'est un peu ça. Le plus souvent, on va chercher ça chez des personnes âgées,
04:52qui ont cette mémoire-là du trad.
04:56Et voilà, donc il y a un petit peu de tout.
05:01...
05:25Alors, on a envie de savoir comment ça se passe pour vous, le projet des Mécanos.
05:28Comment ce passage de la langue française à la langue occitane,
05:31comment ça infuse dans votre vie de musicien ?
05:35Eh bien, ça agit très certainement, puisque de toute façon,
05:39on a décidé de s'intéresser un peu plus à cette langue, à l'occitan.
05:45Et vous passez du français à l'occitan très facilement.
05:49Oui. Alors en chanson, on n'est pas tous locuteurs, par contre.
05:56Mais certains d'entre nous, du coup, sont allés jusqu'à faire un stage d'occitan
06:00pour approfondir un peu plus la langue, et de toute façon,
06:04et les accents, et les intonations, et le travail des voyelles,
06:08tout ça, pour que ça infuse, comme tu disais, dans le groupe,
06:12et qu'on puisse unifier nos chants, et que ça sonne un petit peu mieux.
06:18Enfin, c'est un travail qu'on a fait, en tout cas.
06:22Oui, de porter cette mémoire, ça a quelque chose d'assez émouvant pour beaucoup dans le groupe.
06:32Et du coup, c'est quel style d'émotion que vous ressentez ?
06:37C'est balèze.
06:39C'est balèze, ça résume pas mal.
06:42C'est une espèce de nostalgie héritée, peut-être qu'on pourrait l'appeler comme ça.
06:48Et de fierté aussi.
06:50Voilà, de fierté, de retourner vers quelque chose que la génération de nos parents, en général, a perdu.
06:57Et vous voulez leur ramener ça.
06:59Exactement.
07:01L'occitan, en plus, il y a une espèce de combat en ce moment en France,
07:06et du coup en Espagne et en Italie,
07:09d'essayer de ramener un petit peu cette langue,
07:13en tout cas, de faire en sorte qu'elle ne meure pas.
07:21La bataille pour une langue, pour des racines, pour une population ondrière aussi.
07:25Mais dans ce premier album, vous ne cherchez pas à tout récolter,
07:28à tout documenter sur ce que serait le champ populaire et le champ de travail.
07:33En un mot, vous ne cherchez pas à être exhaustif.
07:36Évidemment, on n'a pas pour vocation ni pour prétention de faire un travail comme ça.
07:41Mais on a envie de faire un travail comme ça.
07:45On se sert de ça pour exprimer le propos que l'on souhaite.
07:50Alors on reviendra sur les textes, mais musicalement aussi,
07:53vous amenez un ton d'aujourd'hui en injectant dans ces polyphonies une culture hip-hop.
07:59Nous, je crois qu'on pourrait dire que c'est du néo-trade,
08:03c'est-à-dire que nous, on a une culture de la musique,
08:06et on a une culture de la musique,
08:08et on a une culture de la musique,
08:11Nous, je crois qu'on pourrait dire que c'est du néo-trade,
08:14on est un peu dans cette mouvance de tous les groupes actuels qui sont partis de la musique traditionnelle.
08:19Et pour ce qui est des compositions, c'est ça qui a fait un peu la pâte d'Usur,
08:25c'est qu'on amène un peu tous nos compositions,
08:28tout le monde a mis un peu la main à la pâte pour amener un produit brut,
08:33et après on le polie tous ensemble, on le taille,
08:36et voilà, ça donne la petite sculpture qui est Usur.
08:39Quelles sont vos influences vocales ?
08:41Je dois peut-être être riche, mais est-ce qu'on peut évoquer le blues, le gospel ?
08:45Musicalement, comment ça travaille ?
08:47Gospel, je ne pense pas.
08:48Gospel, on n'a pas trop,
08:50mis à part le fait que c'est des voix organisées en chorale avec des cupitres,
08:55évidemment, ça peut faire peut-être penser à ça,
08:58mais pas tant, non.
09:00On s'inspire plutôt d'autres groupes,
09:06comme Baru, qui sont avec nous ce soir,
09:09ou San Salvador.
09:17Chacun dans le groupe, on a tous des origines vraiment différentes dans les styles,
09:22il y en a qui viennent du reggae, du métal,
09:24de la musique trad, un petit peu plus,
09:26du jazz, du chant choral, même un peu plus classique.
09:30Voilà, il y a tout le monde, c'est un joyeux mélange de tout ça.
09:33Comme on compose un peu tous ensemble, ça donne ça.
09:55Vous avez été récompensé par un prix international qui vous a ouvert des portes.
10:00Est-ce que cela fait de votre répertoire un répertoire plus international aujourd'hui ?
10:05Et comment il réagit sur le Canada ou en Espagne ?
10:08Pour la Catalogne, je crois que le public là-bas est particulièrement sensible
10:13au travail de défense de la langue occitane,
10:15puisque le catalan, c'est presque de l'occitan,
10:20ces deux langues sont très proches,
10:22et les catalans et les catalanes sont très au fait de la défense de leur langue,
10:27puisque face à la géante Espagne,
10:30ils se battent un petit peu pour leur indépendance,
10:33donc forcément, ça, ça les touche vraiment beaucoup.
10:43Alors dans cet album Usure et dans votre répertoire,
10:46on retrouve le chant des canuts que vous avez réarrangé.
10:52Vous en prenez aussi la fusillade du brûlé de la Réquimarie, un chant de protestation.
10:56Mais en dehors de cette volonté mémorielle, est-ce qu'il y a un goût d'enfance,
11:01d'éveiller, chanter, à ramener dans le monde d'aujourd'hui ?
11:05À ramener, moi je dirais qu'il est déjà bien là malgré nous,
11:09parce qu'en réalité, on est quand même 10 gamins,
11:13et par rapport à ces hommages-là à nos grands-parents,
11:19ça pour le coup, c'est des gens qui nous soutiennent pour certains depuis qu'on est petits.
11:26C'est pour nous important de rendre hommage aux anciens.
11:31Et vous parlez d'héritage.
11:33Les chants en particulier, non, parce qu'on est allé en chercher d'autres,
11:38mais le fait de chanter, en tout cas, c'est évidemment une transmission.
11:44Il y a certaines de nos familles où ça ne s'est jamais arrêté,
11:47aussi loin qu'on puisse remonter dans nos souvenirs.
11:54Vous parlez aussi de transmettre,
11:56vous animez des temps dans les maisons de retraite pour rencontrer d'autres générations.
12:00Pour vous, il n'y a pas de rupture avec ces temps anciens du patois local ?
12:05Eh bien, s'il y avait eu rupture,
12:08probablement que ce projet n'existerait pas ou serait bien différent,
12:15mais cette non rupture dans certaines des familles a participé à la patte de ce projet-là.
12:23Ça rassemble du monde.
12:26C'est ça, et il y a aussi le fait que certains d'entre nous chantent dans leur famille,
12:31ce genre de chant, depuis qu'ils sont tout gamins.
12:35Les grands-parents les chantaient, leurs parents les chantaient,
12:38eux les chantent maintenant, c'est un héritage qui est hyper beau.
12:41Oui, c'est ça.
12:45On fait quand même une vraie démarche de ramener ça,
12:49de ramener cette langue quasi oubliée,
12:52de ramener les souvenirs de ce qu'étaient les mouvements ouvriers,
12:56surtout qu'autour de Saint-Étienne, c'est quand même...
12:58Ce qui manquait.
12:59Oui, voilà, c'est une énorme page de l'histoire de cette ville,
13:03qui n'est d'ailleurs pas terminée.
13:05Et pour conclure, je vais citer votre présentation à la presse de cet album Usure.
13:09Vous dites que vous avez fait un travail d'artiste,
13:13vous dites que vous avez un répertoire festif, délicat et engagé.
13:18Festif, engagé, on l'a vu.
13:21Mais délicat, c'est le mot sur lequel je m'arrête.
13:23En bleu de travail avec des percussions à molettes, ça va avec ?
13:27Eh bien, quand on nous connaît un petit peu plus,
13:29quand on va un petit peu plus loin que cette apparence d'Ibarbu sur scène,
13:34c'est quelque chose qu'on entend souvent malheureusement.
13:39Oui, délicat, c'est très, très dans le thème du projet,
13:43parce qu'on est très à l'écoute des uns des autres.
13:48C'est un projet où on discute beaucoup et on est dix frères sur scène.
13:53Et après, il y a les frères et sœurs qui nous accompagnent encore.
13:56Et sur scène aussi, on ne fait pas que des chants polyphoniques,
14:01un peu chargés, un peu velus, avec des percs.
14:04On sait faire aussi de la polyphonie plus berceuse.
14:10Ce n'est pas berceuse que je cherchais.
14:12On va jusqu'à la berceuse.
14:26Pour parler de ce premier album Usure,
14:28je dirais que le mot ne résume pas les mécanos,
14:32même s'ils usinent avec finesse des pièces de chants ouvriers.
14:36S'il y a Usure, ce n'est pas du côté du délabrement, au contraire.
15:03Usure, c'est plutôt un passage d'érosion pour polir ce répertoire,
15:09nous le faire entendre, soigner, travailler, perfectionner, raffiner et moins triste.
15:13Usure qui sort fin novembre 2024 avec aussi des solos accompagnés à plusieurs voix.
15:18Bref, des visages sur ces chants ouvriers qui se lèvent en 2024.
15:32Ha Gueye ha
15:42Ha Gueye ha
15:59Il faut absolument aller les écouter sur scènes.
16:01sur scène, vivre dans le public, ce qu'a pu vivre ce premier public du fil pour la
16:07présentation de cet album Usur, et sur ce, on se quitte, à bientôt dans Quotidienne.
16:12Portez-vous bien, bye, et regardez vers le passé, ce n'est pas inintéressant.
16:31C'est bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est
16:58bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est
17:05bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est
17:06bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est
17:07bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est
17:08bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est bien ça, c'est
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