00:00Il est noble ce son, je le trouve beau, il est pur, c'est un claque.
00:27Il y a beaucoup beaucoup de sens qui s'éveillent en moi quand je joue à la pelote.
00:35Il y a quelque chose de fort qui se fait, cette sensation-là de pouvoir frapper une
00:42pelote avec la main, c'est incomparable.
00:44Fin septembre, Baptiste Ducasso est loin de chez lui, à Paris.
00:59Il est venu disputer la Ligue des Nations avec l'équipe de France.
01:03Une sorte de coupe du monde, un moment important dans une carrière.
01:07La compétition se joue dans un trinquet, un terrain couvert, 4 murs et un rebond autorisé.
01:14Baptiste est considéré comme le meilleur joueur du monde, et il va le prouver.
01:20Il gagne d'abord en 1 contre 1, et puis quelques minutes plus tard, il s'impose aussi en 2
01:38contre 2.
01:39Deux titres en trois heures, du jamais vu dans l'histoire de la main-noue.
01:50T'es le roi du Pétronas, t'es le roi du Pétronas, tu mérites tout, tu mérites tout,
02:00tu mérites tout.
02:01Je suis fier de toi, fier pour toi.
02:02Baptiste vit à Itzasou, au Pays basque.
02:12Il a beau être joueur professionnel, impossible de vivre uniquement de la pelote.
02:17Il est donc aussi chef d'entreprise, dans le bâtiment.
02:20Et ce jour-là, sa première visite de chantier est un peu spéciale.
02:25Le voilà dans le trinquet de son village.
02:32Si on veut respecter la note de calcul de l'éclairement et les 800 lux au sol, il faut
02:39qu'on les dispose de cette manière-là.
02:41C'est un lieu qui est familier, c'est un peu comme si c'était une maison pour nous.
02:44C'est un repère.
02:45C'est un repère.
02:46Moi, j'ai appris à jouer à la pelote ici quand j'avais 6 ans, et c'est un chantier
02:52qui importe beaucoup aux villageois.
02:55Quand on a deux métiers, les journées défilent.
02:59Bonjour.
03:00Désolé pour le retard.
03:01Ça va ?
03:02Tout ce qui va sortir là, il va le sortir comme ça, pam, là, et toi.
03:05Est-ce que tu pourrais commencer à faire une plante de réseau soudage ?
03:10Mais Baptiste trouve quand même le temps de s'entraîner, 6 jours sur 7, sans parler
03:15de la préparation mentale et des soins.
03:17Quand t'as des passes sportives qui sont difficiles, quelque part, d'avoir une activité
03:27en dehors qui est prenante, ça te permet aussi de penser à autre chose, de relativiser,
03:33de pas te dire « bon, voilà, j'ai perdu à la pelote, c'est bon, c'est pas grave
03:35quoi ». Il faut jongler, il faut jongler.
03:38Et pour être complet, sachez qu'avec sa femme Agnès, ils sont parents de trois enfants.
03:47C'est un moment pour lui, une routine, les jours de partie.
03:57Il faut préparer les protections.
04:00Baptiste les fait souvent seul, chez lui.
04:06Ce sont des pansements avec des tacos, des lamelles de caoutchouc.
04:11Une heure de préparation à chaque fois.
04:15C'est quasiment à ce moment-là qu'on se transforme à l'instrument.
04:20C'est toujours un compromis à trouver entre la protection de la main face à l'impact.
04:28Plus on met de l'épaisseur, moins on ressent l'impact dans la pomme, mais on perd beaucoup
04:35en dextérité.
04:36C'est un peu le moment où on bascule dans la partie-là.
04:45Cela se passe à Villefranc, près de Bayonne.
04:49C'est un tournoi deux contre deux.
04:51Après ses victoires à Paris, Baptiste est très attendu ici.
04:55Il y a un avant et un arrière dans chaque équipe, et une pelote qui dépasse parfois
05:01les 100 km heure.
05:02Baptiste joue derrière.
05:09Et avec Vincent, son coéquipier sur ce tournoi, il remporte cette demi-finale.
05:14Une victoire de plus pour celui qui a déjà tout gagné dans sa carrière.
05:19Je n'ai pas connu d'équivalent.
05:24Il a toujours été comme ça.
05:26On le connaît à Itsasu depuis qu'il est gamin.
05:29Et même aujourd'hui, alors qu'il est dans la dernière phase de sa carrière, il a encore
05:35faim.
05:37Malgré les protections, il y a parfois des hématomes.
05:40Il faut glacer les mains le soir même.
05:42Et puis il faut adapter les entraînements, les jours suivants.
05:50Voilà, bras, tends le bras.
05:53Voilà, exactement, pas plus.
05:57Baptiste et Vincent doivent rejouer dans moins de 48 heures.
06:00Ils ont interdiction de frapper la pelote d'ici là.
06:03Tu te mets en condition au début de partie, t'imagines deux poings comme ça.
06:06Deux poings assez costauds d'entrée.
06:08Tu te mets dedans avec ça.
06:11Il faut laisser les mains au repos.
06:13On essaie de faire la visualisation, comme un peu les skieurs qui sont sur leur bâton.
06:20Nous, on peut quand même faire la visualisation, mais on ne peut pas frapper.
06:24Tu fais un peu d'air-pelote.
06:26On va faire du air-pelote, on va faire du air-pelote, oui exactement, c'est exactement ça.
06:33C'est comme on est en train de faire des foules.
06:41C'est jour de finale à Villefranc.
06:45Mais cette fois, Baptiste et Vincent sont battus.
06:52Le tournoi se termine au son de l'Aida Pilotaria, un chant basque.
06:57Pilotaria, il s'arrête,
07:02c'est le signe de l'année.
07:05On y parle de pelote, de tradition, de transmission.
07:09D'ailleurs, Louis, le fils de Baptiste, joue déjà avec son papa.
07:17Moi, je suis très fier qu'il y ait une passation qui s'est faite sur le plan de cette passion.
07:22Ça se voit, il est passionné, Louis.
07:23Je n'ai pas eu à le forcer, à dire fais ce sport pour perpétuer la tradition.
07:29Non, tu fais ce sport parce que tu le ressens.
07:34Pour nous, c'est naturel, c'est le sport d'ici.
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