00:00C'est pas toujours évident d'adapter au cinéma un livre, surtout quand il s'agit
00:06d'un concours.
00:07Leurs enfants après eux, c'est le livre de Nicolas Mathieu qui arrive au cinéma aujourd'hui.
00:11Qui parle, comme le livre, de la France périphérique des années 90, c'est la France des oubliés
00:16au cinéma.
00:17Il y a quatre étés, ça raconte les quatre étés, 1992, 1994, 1996 et 1998, quatre
00:22étés qui vont faire basculer la vie d'adolescents, notamment celle d'Anthony qui rêve d'amour.
00:28On s'emmerde.
00:29Tu veux pas qu'on aille à la plage des Cunus ?
00:34A la base, nous, on était venus pour avoir des filles de Topless.
00:39Pardon.
00:43On va à une soirée ce soir chez un pote à Drapeau.
00:45Si ça vous dit.
00:46Moi, c'est Steph, au fait.
00:49Une histoire bourdieusienne avec cette histoire d'amour impossible entre Anthony, qui est
00:54gamin d'ouvrier, et puis Stéphanie, la fille d'un notable.
00:58C'est difficile, quand on voit le film, de ne pas penser à l'amour.
01:00Même quand on voit l'affiche.
01:01Oui, quand on voit l'affiche, vraiment.
01:02Et puis en plus, il y a Gilles Lelouch dedans, donc c'est la même ambition de la fresque
01:05générationnelle.
01:06Puis il y a la musique qui prend une telle importance aussi.
01:09Musique des années 90.
01:10Forcément.
01:11On va adorer, alors.
01:12Le rôle principal est porté par Paul Kircher, qui t'a bluffé, je crois.
01:15Oui, qui m'a bluffé.
01:16C'est pas mal, Paul Kircher, qui rêvait pas du tout de cinéma à la base, mais la
01:19génétique l'a rattrapé, puisque c'est le fils d'Irène Jacob et de Jérôme Kircher.
01:23Il crève l'écran.
01:24Je sais que ça fait formule de journaliste assez facile, mais vraiment, il est formidable.
01:28Il a 22 ans.
01:29Il se glisse dans la peau d'un gamin de 14 ans, mais avec une justesse, mais c'est déconcertant.
01:34Il y a tout.
01:35Il y a les mimiques.
01:36Il y a la gêne, le rapport au corps.
01:38Tout transpire.
01:39L'adolescence contrarie.
01:40Alors, Claire Fleury, justement, l'a rencontrée, Paul Kircher, et ce rôle, ça l'a replonché
01:44dans ses 14 ans à lui.
01:45Ça m'a fait repenser tout de suite à moi, à cet âge-là, à un âge où, je me souviens,
01:51on est fous, parce que notre monde intérieur, il est vraiment construit par seulement des
01:57trucs qui sont vraiment déconnectés de la réalité.
02:00C'est vrai que c'est un âge où tout semble possible, où ça permet beaucoup de choses.
02:04C'était très amusant de rejouer cet âge-là, surtout qu'il y avait des très bonnes situations
02:08écrites, avec des belles relations.
02:10Oui, il fait jeune, Adeline, mais il vieillit quand même.
02:13C'est son dernier rôle d'ado.
02:14Il en a déjà eu.
02:15Vous l'avez déjà vu dans Le lycéen et Le règne animal, qui a été récompensé
02:19quand même de 5 Césars.
02:20C'est une sacrée responsabilité, justement, d'interpréter Anthony Prigoncourt, parce
02:25qu'il incarne les espoirs de l'adolescence, ses désillusions.
02:28Nicolas Mathieu, l'auteur de Leurs enfants après eux, a été bluffé par sa prestation
02:33dans le film.
02:34Il a carrément effacé de sa mémoire son Anthony à lui, celui du livre, le personnage
02:38qu'il a lui-même créé.
02:40La première fois que je l'ai vu, c'est surtout que je l'ai croisé sur le plateau.
02:43Moi, j'y suis allé qu'une seule fois, mais il était là, avec son œil qui penche,
02:47comme Anthony.
02:49Vous savez, on vous dit qu'il faut toujours faire attention à ce dont on rêve, parce
02:53qu'il est possible qu'un jour, ça se réalise.
02:55Moi, j'avais fantasmé ce personnage, je l'ai créé dans ma tête, et d'un coup,
02:59il prend corps sous mes yeux.
03:01C'était très troublant et déstabilisant.
03:06C'est marrant parce que c'est déstabilisant aussi pour les lecteurs qui, eux aussi, se
03:09sont représentés avec cet attention.
03:11C'est toujours un choc, après, au cinéma.
03:14En tout cas, il a eu un prix, le Marcello Mastriani du Meilleur Espoir à la Mostra
03:19de Venise.
03:20C'est quand même un prix prestigieux.
03:21Il a été nommé deux fois Meilleur Espoir au César.
03:25Il fait l'unanimité et on va l'aura cette année, j'espère.
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