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  • il y a 1 an
"Les moustiques, c'est pas juste ces insectes nuisibles qui nous piquent."

Dissection de leur cerveau, infections expérimentales du virus Zika ou de la dengue, étude de la pollinisation des plantes... À l'IRD de Montpellier, on a rencontré les chercheurs et ingénieurs du Vectopole qui étudient les moustiques afin de mieux nous protéger des maladies qu'ils transmettent.

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Transcription
00:00Là, je suis en train de disséquer le cerveau d'un moustique.
00:03Le but de cette manip, en fait, c'est de pouvoir comparer ce cerveau de moustique à d'autres espèces,
00:09voir s'il est similaire ou non.
00:11Et on va aussi regarder, selon le stade d'infection et l'âge du moustique,
00:16les différentes zones qui s'activent.
00:19Du coup, à la fin, là, ce que j'obtiens, c'est du coup la dissection du cerveau.
00:23Avec Topol, on va étudier le moustique,
00:25qui est vecteur de nombreuses pathogènes qui vont transmettre des maladies.
00:29Donc, par exemple, la dingue, le zika ou le chikungunya.
00:32Donc, pour ce faire, on va étudier soit leur comportement, leur écologie.
00:36On va voir de la manière dont les pathogènes se transmettent.
00:39Ici, on est actuellement à l'IRD de Montpellier.
00:41C'est un institut de recherche pour le développement.
00:44Le Vectopol, c'est une plateforme qui a trois niveaux de sécurité.
00:47Le niveau 1, ça va être pour les insecticides.
00:49Et le niveau 2 et le niveau 3, on va bosser avec les pathogènes
00:52qui peuvent, du coup, causer énormément de maladies.
00:56Donc, pour éviter tout ça, on a le SAS.
01:00Donc, ici, c'est l'élevage de moustiques sensibles.
01:04Ici, en fait, on élève des moustiques.
01:07C'est-à-dire qu'on va s'occuper des moustiques
01:10de leur tas de larvaires jusqu'à leur tas d'adultes.
01:12On peut avoir environ une vingtaine de milliers de moustiques ici.
01:15Donc, on a essentiellement trois espèces de moustiques.
01:18Du coup, on va avoir le plus connu, qui est le moustique tigre,
01:21qui est Aedes albopictus.
01:23Et on a son cousin, Aedes aegypti.
01:25Donc, ces deux espèces, en fait, vont être vecteurs de nombreuses maladies.
01:30Donc, par exemple, la dengue, la fièvre jaune, le zika ou le chikungunya.
01:35Et on a aussi, du coup, le moustique anophélès gambier,
01:38qui, lui, va être responsable du paludisme.
01:40Du coup, ici, j'ai une collègue qui est en train de récolter.
01:43En fait, elle aspire les moustiques adultes.
01:45Donc, c'est ce qu'on fait chaque jour, en fait, pour remplir nos cages.
01:48Et à l'aide de ce tuyau, ça va venir récupérer les moustiques
01:51qui sont dans les bacs.
01:53Donc, ils vont être soit utilisés pour la reproduction de l'insectarium,
01:56soit on va les utiliser, en fait, pour des cages test
01:58pour faire nos expérimentations dans les autres salles.
02:01Ici, c'est la pièce où on a une mémerte.
02:03Donc, c'est une étuve dans laquelle on va stocker les moustiques adultes.
02:08Donc, on va avoir toutes nos cages.
02:12On connaît surtout le moustique parce que ça va être un insecte,
02:15un arthropode, qui va venir nous piquer.
02:17Et du coup, qui va nous causer des boutons, qui va nous démanger,
02:20qu'on va, du coup, détester.
02:21Et en fait, pendant cette piqûre, il va être capable de nous transmettre des maladies.
02:25Ici, on va avoir des moustiques sains.
02:26Donc, c'est-à-dire que les moustiques ne sont pas porteurs de maladies.
02:28Ils ne naissent pas avec une maladie.
02:30C'est au fur et à mesure du temps, en fait, de leur vie
02:32qu'ils vont acquérir certaines maladies ou non.
02:34En fait, ils attrapent une maladie en piquant un animal
02:36ou un individu qui va être porteur de cette maladie.
02:40Donc, c'est durant le repas de sang, en fait,
02:42c'est dans la salive du moustique qu'il va, du coup, transmettre la maladie.
02:46Les moustiques qui sont transmetteurs de maladies,
02:48c'est seulement les femelles.
02:49Parce que c'est seulement les femelles qui nous piquent.
02:51Elles ont besoin de nous piquer, en fait, pour avoir le sang.
02:53Et dans ce sang, en fait, il y a des protéines
02:55qui vont être nécessaires pour pouvoir pondre.
02:58Ici, on est devant le I3.
03:00Donc, c'est ici qu'on va faire les infections expérimentales.
03:03Donc, pour y rentrer, on doit faire une identification.
03:06Et en fait, c'est parce que c'est hautement sécurisé.
03:09Parce que c'est ici qu'on va avoir nos moustiques qui sont infectés,
03:12soit par la dengue, le chikungunya ou autre.
03:14Donc, il faut s'équiper vraiment de la tête aux pieds
03:16pour éviter toute transmission et, du coup, de causer des maladies.
03:20Alors maintenant, nous allons voir une collègue
03:22qui travaille sur les relations moustiques-plantes.
03:25Les moustiques, ce n'est pas juste ces insectes nuisibles qui nous piquent.
03:28Les femelles, comme les mâles,
03:30elles vont avoir besoin de prendre du nectar sur des fruits ou sur des fleurs
03:36pour avoir l'énergie nécessaire au vol,
03:38pour leur survie et pour leur fécondité.
03:40Et donc là, je vais introduire un bouquet de fleurs
03:43et je vais regarder si mes moustiques se gorgent sur ces fleurs.
03:46Donc là, j'ai introduit mon bouquet
03:48et normalement, on va toutes les voir venir dessus.
03:53Alors là, en fait, j'essaye de voir si j'ai des moustiques qui se gorgent.
03:56On l'étudie tout simplement parce qu'on a montré au Burkina Faso
04:00qu'en fait, selon les espèces de plantes sur lesquelles les moustiques se gorgeaient,
04:04on avait une influence sur la transmission du paludisme.
04:07Donc nous, c'est ce qu'on essaye d'étudier à Montpellier.
04:11Et donc en fait, on gorge nos moustiques sur différentes espèces de fleurs qu'on va trouver ici
04:16et derrière, je les infecte avec du virus, soit du chikungunya, soit de la dengue
04:20et j'observe l'effet du coup sur la transmission de ces maladies.
04:23Sachant que pour le paludisme, on va avoir des fleurs qui vont augmenter la transmission,
04:27d'autres qui vont la diminuer.
04:29Donc on essaye de voir si on observe la même chose ici.
04:34Ça va être l'animal le plus meurtri au monde.
04:37Donc par exemple, on va avoir plus d'un demi-million de morts qui vont être causées par le paludisme.
04:42Donc c'est la maladie qui est transmise par le moustique.
04:45Et on va avoir aussi une augmentation de la possibilité d'être impactée par la dengue
04:51qui a augmenté de x30 entre 5 et 10 ans.
04:59Alors là, en gros, dans mon tube, ce que j'observe, c'est un mâle que j'ai prélevé dans ma cage.
05:04Donc en fait, ce qu'on peut voir, c'est que son abdomen est un petit peu distendu.
05:09Et en gros, c'est tout simplement le nectar qu'il a ingéré pendant le contact avec le bouquet.
05:15En termes d'application, avec nos travaux, imaginons qu'on trouve une espèce de plante
05:19qui diminue la transmission de virus.
05:21Il serait tout à fait envisageable de planter en masse cette espèce de fleur.
05:25Ça peut aussi servir dans les pièges qui fonctionnent avec du sucre.
05:31En gros, dans ces pièges qui fonctionnent avec du sucre, on pourrait imaginer de rajouter du nectar
05:35issu d'une plante qui les attirerait, afin d'attirer plus de moustiques.
05:39L'idée, ce serait de déployer des petites stations mobiles remplies de jus sucrés.
05:44Et à l'intérieur de ces jus sucrés, de ces appâts qui vont attirer les femelles,
05:47placer soit des insecticides.
05:49Donc la femelle va venir prendre le jus sucré et ingérer l'insecticide
05:54et donc mourir dans les minutes, les heures qui suivent.
05:57On peut également imaginer des molécules antiparasitaires
06:00qui vont protéger les femelles de l'infection et empêcher la transmission à l'homme.
06:06Sur la gauche, tu as les salles d'héterocycle armé.
06:09On va commencer par la salle d'extraction.
06:16La machine seconde très fort les tubes.
06:18Les billes qui sont à l'intérieur du tube vont casser et réduire le moustique embrouillé.
06:24On va obtenir l'ADN.
06:27L'objectif, c'est de comprendre sur quoi se nourrissent les moustiques dans la nature.
06:32Les moustiques que vous avez vus dans le laboratoire,
06:34ce sont des moustiques qu'on nourrit nous-mêmes.
06:36Du coup, on sait déjà ce qu'ils mangent.
06:38Ce qui est intéressant, c'est de savoir ce qui se passe dans la nature.
06:43À partir du moment où on aura cet inventaire,
06:45on pourra voir si le moustique a un impact ou pas sur cette pollinisation.
06:49Le moustique n'est pas forcément un insecte pollinisateur,
06:52mais par le fait qu'il soit présent au grand nombre,
06:55il peut faire qu'il ait un rôle dans la pollinisation.
06:58C'est pour ça que quand on fait des campagnes d'éradication des moustiques,
07:01il faut aussi veiller à ce qu'en voulant débarrasser la population d'un problème,
07:06on n'en crée pas un autre en créant des déséquilibres.
07:08Là, on voit que l'espèce identifiée, c'est Mantas picata.
07:11Mantas picata, c'est de la menthe.
07:13Maintenant, on va aller voir un autre collègue
07:15qui travaille sur la pollution lumineuse
07:17pour voir les adaptations du moustique dans notre environnement.
07:23Salut ! Ça y est !
07:26Là, on va juste prendre les femelles.
07:31Maintenant, on peut placer nos moustiques dans les canaux des moniteurs,
07:36avec notamment des capteurs infrarouges au centre.
07:38En fait, ça permet de mesurer l'activité de vol des moustiques en rapport avec la lumière.
07:43Maintenant, on va tout incuber dans l'enceinte climatique.
07:47Ce sont des environnements qui vont nous permettre de manipuler les facteurs environnementaux,
07:51dont la lumière, notamment.
07:52On a eu à faire l'expérience avec ces moustiques aéres de Séjoukti,
07:55qui sont des moustiques durs,
07:57c'est-à-dire que leurs activités existent pendant la journée,
08:00et on les a exposés à la lumière artificielle pendant la nuit.
08:04Résultat, on a pu constater qu'ils sont un peu perturbés
08:09et ils déclenchent une activité pendant la nuit.
08:12Et cette activité active pendant la nuit peut multiplier les possibilités de contact avec l'humain,
08:18et comme conséquence, ça peut augmenter le risque de transmission d'agents pathogènes,
08:21notamment le risque de la dengue, le zika ou le chikungunya.
08:24Dans une situation où l'urbanisation de plus en plus progresse,
08:27il est fondamental de pouvoir faire des recherches d'abord au labo
08:30et de pouvoir alerter les gens par rapport à l'impact ou aux conséquences
08:34que cette lumière peut avoir sur l'activité de ces moustiques et partie prochaine.
08:39Ici, ce qu'on va faire, c'est qu'on va mettre en place l'ensemble de nos protocoles,
08:42ça veut dire qu'on va acquérir plus de connaissances, plus de réponses à nos questions,
08:46et ces réponses vont mener à des publications,
08:49et ces publications peuvent mener, par exemple, à développer de nouveaux protocoles
08:54pour gérer le niveau d'insecticides.
08:58Dans les villes, on peut mettre en place des trappes
09:01pour essayer d'attirer les insecticides.
09:05On peut montrer au grand public que dans nos jardins, on peut laisser traîner les soucoupes.
09:09On peut montrer qu'en vidant l'eau, on empêche les femelles de pondre,
09:12donc ça peut toucher tout un type de public.
Commentaires
1
  • Mylanil y a 1 an
    Hyper intéressant
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