00:00Je crois que nous avons retrouvé, Fabrice Laffitte, le son de M. Chenu,
00:08la machine l'avait égaré, disiez-vous tout à l'heure.
00:11Le Président de la République devrait tirer les conséquences.
00:14Donc il doit partir ?
00:15C'est-à-dire qu'à un moment, si la situation est bloquée,
00:17et qu'il n'y a que la possibilité en démissionnant de débloquer cette situation,
00:21il faut que le Président en tire les conséquences.
00:23Moi je crois que c'est ça aussi être un homme d'État,
00:25c'est considérer un moment que son pays ne peut pas avancer,
00:27du fait d'ailleurs de sa propre responsabilité à Emmanuel Macron,
00:30et d'en tirer les conséquences.
00:32On verra ce qu'il fera.
00:33Bon, je crois qu'on essaiera de joindre Jean-François Copé.
00:36Je ne sais pas s'il est déjà là d'ailleurs, M. Copé, M. Tessier.
00:39Il est déjà là, M. Copé ?
00:40Il est en ligne !
00:41Ah ben il est en ligne ! M. Copé, bonjour !
00:43Bonjour !
00:44Le maire de Meaux, avec beaucoup de succès, il faut le dire,
00:47parce que Meaux est une ville particulièrement réussie depuis que vous êtes le maire.
00:52Et j'attends que vous veniez faire un reportage sur la tranchée
00:55du musée de la Grande Guerre que Michel Barnier a inauguré
00:58et qui passionne le public.
01:00Bon, alors j'ai dit des choses gentilles,
01:01et je vais peut-être dire des choses qui le sont moins.
01:03J'ai été surpris qu'un homme comme vous,
01:05de haute stature quand même politique,
01:08qui a été au gouvernement plusieurs fois,
01:10demandiez la démission d'Emmanuel Macron.
01:14J'ai dit tout à l'heure, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose,
01:16même pour la démocratie,
01:18de pousser celui qui a été élu, qui a la légitimité du peuple,
01:22qui peut d'ailleurs finalement continuer de rester à l'Elysée.
01:27Le problème c'est plus l'Assemblée Nationale,
01:29où il n'y a pas de majorité qu'Emmanuel Macron.
01:31Donc s'il dissout dans six mois, les choses peuvent changer.
01:34Et ça m'a étonné que vous, précisément, demandiez cela.
01:39Et donc on s'est dit, on va vous appeler.
01:42Mais d'abord je suis très content que vous ayez ce réflexe de m'appeler,
01:45parce qu'il y a plein de fois où vous dites des trucs
01:47où on ne peut pas préciser les choses.
01:50Et deuxièmement, je vous retrouve tel que vous êtes, cher Pascal,
01:53et c'est comme ça que les Français vous aiment,
01:55à la fois enthousiastes et imprécis.
01:58Puisque j'ai quelques instants, je vais bien préciser les choses.
02:02Et à l'occasion, si vous avez la possibilité de revoir l'interview que j'ai faite sur BFM,
02:06bien que ce soit une chaîne concurrente, vous aurez tous les éléments.
02:09Il est évidemment hors de question de parler d'une démission d'Emmanuel Macron maintenant.
02:13Ça n'a aucun sens.
02:15Parce qu'en réalité, on ne peut pas dissoudre avant le 9 juin.
02:17En revanche, je pense qu'on ne pourra pas tenir comme ça jusqu'en 2027.
02:22C'est impossible.
02:23Et je pense deuxièmement que si Emmanuel Macron reste au pouvoir
02:27et dissout à nouveau à partir du 9 juin prochain,
02:30il y a un risque que comme le rejet est sur lui,
02:33les Français renvoient la même Assemblée ingouvernable.
02:36Et dans ce cas, là, il est obligé de partir,
02:38parce que ce serait un désaveu une deuxième fois.
02:40Et sauf que comme derrière, c'est une présidentielle anticipée,
02:43sans pouvoir dissoudre à nouveau pendant un an,
02:45là, la France est totalement paralysée.
02:47Donc la seule solution dans ce contexte,
02:49la seule, est que sa démission soit finalement la solution
02:54au problème qu'il a posé avec cette dissolution.
02:56Non pas maintenant, évidemment,
02:57mais grosso modo à partir du mois de février-mars.
03:01Pourquoi ?
03:02Parce que comme le délai quand il y a une présidentielle anticipée,
03:04c'est 50 jours.
03:05On l'a connu avec la mort de M. Pompidou.
03:0750 jours à partir du mois de février-mars,
03:09ça nous amène peu ou prou vers la fin mai début juin.
03:12Donc un nouveau président est élu.
03:14Et à ce moment-là, il est élu en connaissance de cause par les Français.
03:17C'est une vraie clarification.
03:19En clair, s'ils veulent Mme Le Pen, ils auront Mme Le Pen.
03:21S'ils veulent M. Mélenchon, ils auront M. Mélenchon.
03:23S'ils veulent un responsable de la droite de gouvernement,
03:25ils auront un responsable de la droite du gouvernement.
03:27Et à ce moment-là, une nouvelle dissolution est possible.
03:29On remet les choses dans le bon ordre,
03:31et on repart à ce moment-là de l'avant,
03:33plutôt que de traîner dans cette situation épouvantable jusqu'en 2027,
03:37ce qui, en fait, va générer forcément une crise financière,
03:41une crise sociale très violente.
03:43C'est ça le raisonnement.
03:44Et honnêtement, Pascal, si vous acceptez de rentrer dans ce raisonnement,
03:47vous voyez que c'est bien au niveau de la présidence de la République
03:50que le problème va se poser.
03:51Bon, écoutez, il y a beaucoup d'équations que je trouve à beaucoup d'inconnus,
03:54parce que vous préjugez que l'élection législative renverrait la même chambre.
04:00Mais je dis qu'on ne peut pas prendre le risque.
04:02Je dis juste qu'on ne peut pas prendre le risque.
04:04C'est ça mon point.
04:05Parce que la situation, en réalité, de tension à l'égard du président de la République
04:08est tellement forte que ce serait une folie de prendre à nouveau le risque
04:13d'une dissolution qui pourrait conduire les Français
04:15à amener une assemblée aussi morcelée qu'aujourd'hui.
04:18Ce qui est certain, c'est que l'esprit des institutions,
04:21et de Gaulle avait appliqué à chaque fois l'esprit des institutions,
04:24c'était sans doute de démissionner quand t'es désavoué.
04:27Nous sommes d'accord là-dessus.
04:28Vous voyez que vous êtes en train de vous copayser.
04:30Non, je ne me copayse pas parce que c'est paradoxal,
04:32mais en même temps, je n'aime pas l'idée qu'un homme politique de haut niveau
04:36vienne demander la démission de celui qui a été élu au suffrage universel direct.
04:41Je ne pense pas que ce soit une bonne chose.
04:43Non, je n'ai pas dit le contraire.
04:45Il y a eu une minute en parlant du général de Gaulle.
04:47Mais oui, non.
04:48Mais c'est à lui de décider.
04:50Personne ne demandait à de Gaulle de décider.
04:53C'était lui qui décidait.
04:54Donc il me semble que si tout le monde commence à demander
04:58à celui qui a été élu qu'il n'aille pas au bout de son mandat,
05:02il me semble, et je prends une précaution oratoire,
05:04que ce n'est pas forcément une bonne chose pour la démocratie.
05:07Maintenant, vous n'avez plus le répondre.
05:09Non, mais vous avez...
05:10Non, Pascal, excusez-moi.
05:11Je vous en prie.
05:12Là, vous avez fait une petite contradiction.
05:14Je ne suis pas très imprécis.
05:15Vous êtes vous-même en train de dire...
05:17Ce n'est pas la même chose.
05:18Vous êtes assez subtil pour voir la différence.
05:20Mais non.
05:21Mais vous aussi.
05:22Non, mais écoutez-moi.
05:23Vous êtes en train de dire à l'instant que le raisonnement gaullien
05:27est de tirer les enseignements du change et de partir.
05:29Donc vous-même êtes en train d'émettre l'idée qu'il aurait dû le faire.
05:32Donc on n'est pas très éloigné.
05:33Enfin, vous n'avez jamais demandé la démission de Jacques Chirac
05:36quand il a été battu aux législatives.
05:39Personne ne l'a demandé.
05:41Soyons aussi clairs là-dessus.
05:43Quand il y a eu la dissolution de M. de Villepin...
05:46Bon, vous n'avez pas demandé à Jacques Chirac de partir.
05:49Non, mais là encore, soyons précis.
05:51C'était une cohabitation.
05:52Il y avait une majorité à l'attente.
05:54Oui, mais il y en aura peut-être en jeu.
05:55Là, il n'y en a pas.
05:56Mais alors, en ce moment, oui.
05:57Mais pour tout vous dire, moi, je ne pense pas.
05:59D'abord, votre scénario, je n'y crois pas.
06:01Parce que si demain, il y a des législatives,
06:02croyez-moi, il y aura une majorité claire.
06:05Vous n'en savez rien du tout.
06:06On ne peut pas prendre ce risque.
06:07Mais vous non plus.
06:08Mon point, c'est qu'on ne peut pas prendre ce risque.
06:10Il faut une clé.
06:11La clé de voûte des institutions,
06:13c'est la présidence de la République,
06:15ce n'est pas l'Assemblée.
06:16On ne peut pas prendre ce risque.
06:18Mais je vous assure, réfléchissez au calme
06:20à ce qu'on vient de se dire
06:21et on s'en reparle dans 24 heures.
06:23Je vous assure.
06:24Je ne suis pas quelqu'un connu pour mes excès.
06:27Justement, ça m'a étonné.
06:28Bien sûr.
06:29Ça m'a beaucoup étonné.
06:30Si je prends la responsabilité de le dire,
06:33c'est parce qu'en conscience,
06:35il n'y a pas d'autre solution.
06:37En fait, on ne peut pas tenir comme ça.
06:39C'est impossible.
06:41Je vous assure.
06:42Jusqu'en 2027, c'est impossible.
06:44Est-ce qu'à Meaux,
06:46pendant les vacances de Noël,
06:47il y a des guirlandes de Noël ?
06:49Est-ce qu'il y a un grand sapin de Noël ?
06:50Est-ce que le mot Noël est dans la ville ?
06:52Ou est-ce que, comme dans certaines villes de France,
06:54on rechigne à simplement utiliser le mot Noël ?
06:58Vous blaguez ou quoi ?
06:59Je suis un fan total de Noël.
07:01Nous, on fait des descentes en rappel du Père Noël
07:03sur le mur de la mairie.
07:05On illumine la ville.
07:07C'est la fête absolue,
07:08parce que les Français,
07:09avec tous les malheurs qui doivent se taper,
07:11heureusement qu'il y a des maires
07:13qui veillent à s'occuper de la vie des familles
07:17au meilleur sens du terme
07:18et de leur proposer un moment de fête
07:20après toutes ces épreuves.
07:21Heureusement qu'il nous reste ça.
07:23J'invite d'ailleurs les gens
07:25à choisir plutôt des mairies
07:27qui font les fêtes de Noël
07:29que des mairies qui ne veulent même pas
07:30mettre de guirlandes sur les arbres
07:31au motif que ce serait anti-écologique.
07:33On a déjà des combats magnifiques
07:34à mener contre l'écologie.
07:36Ne restons pas sur les trucs stupides.
07:38Là, je suis en terrain conquis avec vous, Pascal.
07:40Je suis d'accord avec vous.
07:41Il y a toujours la très belle patinoire ?
07:43Non, non, non.
07:44Cette année, nous ne faisons pas de patinoire.
07:46D'abord parce que c'est anti-écologique,
07:48et deuxièmement parce que
07:49les finances publiques ne nous le permettent pas
07:51et je pense qu'il faut gérer
07:52en bon père de famille.
07:53Vous avez tous les prélèvements budgétaires
07:55auxquels on a droit en ce moment
07:57en tant que collectivité locale
07:59nous obligent à être malheureusement
08:00un peu prudents là-dessus.
08:01Donc, il n'y a cette année pas de patinoire
08:03mais beaucoup d'autres choses.
08:04Non, mais moi, j'aime bien Jean-François Copé
08:05parce qu'il n'y a pas la langue de bois
08:07et je vous écoute régulièrement
08:08sur les chaînes en faune.
08:09Non, mais c'est vrai que c'est intéressant
08:11d'échanger ensemble sur ces sujets.
08:13Pour le même prix, Pascal,
08:15si je peux me permettre,
08:16il faut absolument passer le message
08:18à Madame Le Pen
08:20que renverser le gouvernement
08:22en votant une motion de censure
08:23dans les jours qui viennent,
08:24ça veut dire, un, qu'elle doit le faire
08:25avec Monsieur Mélenchon,
08:26qu'elle le honte.
08:27Deuxièmement, que cela va provoquer
08:29un chaos financier immédiat.
08:31Et troisièmement, avant Noël,
08:32les Français vont la détester.
08:34Je ne suis pas ton conseiller,
08:36mais comme je sais qu'il vous arrive
08:39parfois de fréquenter des gens
08:41qui la fréquentent,
08:42passez-lui le message
08:43parce que vraiment,
08:44ça n'est pas responsable
08:45de la part de quelqu'un
08:46qui recherche de la crédibilité
08:47toute la journée
08:48à l'extrême droite.
08:49Il est subtil ce Monsieur Copé.
08:51Sachez que je suis plutôt sur votre ligne.
08:53Si vous m'écoutez depuis 3-4 jours,
08:55c'est exactement ce que je dis.
08:56C'est-à-dire que personne n'a intérêt
08:58à cette dissolution,
08:59et surtout pas la France.
09:00Et quant à elle,
09:02elle va se griller définitivement.
09:04Elle va se griller définitivement.
09:06Je rejoins votre analyse.
09:09On ne peut pas dire qu'on veut
09:11être devenus honorables,
09:12comme elle le fait depuis des mois,
09:14mettre des cravates
09:15quand on est député RN,
09:16dire qu'on aime les animaux
09:18et les enfants,
09:19et dans le même temps,
09:20mettre le pays par terre.
09:21Il y a une incohérence.
09:22En même temps,
09:23elle pourrait vous répondre
09:24que ce n'est pas elle
09:25qui a décidé de la dissolution.
09:26Mais j'entends ce que vous dites.
09:27Ah ben ça, moi non plus.
09:28Je vous le confirme.
09:29Bon, merci.
09:30Ça, c'est sûr.
09:32Bon, ça serait bien
09:33que Monsieur Copé vienne un jour.
09:34Pourquoi pas dans le studio ?
09:35Il était venu déjà
09:36et puis a toujours échangé
09:38avec évidemment les auditeurs
09:40sur l'avenir politique.
09:42On vous invite.
09:43Tiens, il est 11h45.
09:45Merci Jean-François Copé.
09:46Au revoir.
09:47Merci beaucoup.
09:48Et nous serons avec d'autres auditeurs
09:49sur cette démission possible
09:51du président Macron
09:52qui est demandé
09:53par certaines voies politiques.
09:54À tout de suite.