00:00Je suis tombée enceinte en juin 2023.
00:03C'était une grossesse pas prévue pour le moment.
00:07Je ne pouvais pas rester chez mes parents
00:08parce qu'au vu de la violence et de l'alcoolisme,
00:11je ne pouvais pas laisser mon enfant dans ça.
00:13Et je ne voulais pas que mon enfant ait le même vécu que moi
00:16et qu'il finisse en foyer.
00:17Donc j'ai préféré protéger mon enfant
00:19et me protéger de cet environnement-là.
00:21J'ai demandé de l'aide à une assistante sociale
00:24qui m'a trouvé la maison de Tom Pousse.
00:27On est écoutés, ils sont bienveillants
00:30et ils nous guident vers un avenir meilleur
00:34pour accueillir l'enfant dans des bonnes conditions.
00:36De quoi tu rêves pour ton petit garçon ?
00:39Ouf ! Qu'il soit en bonne santé,
00:42qu'il puisse épanouir,
00:43que je puisse lui apporter ce qu'il a besoin,
00:45qu'il grandisse surtout dans un environnement stable, serein
00:49et tout l'inverse de ce que moi j'ai pu avoir étant petite.
00:54Bienvenue à la maison de Tom Pousse.
00:55L'association existe depuis maintenant plus de 35 ans
00:58et accueille de façon inconditionnelle
00:59toute femme enceinte ou venant d'accoucher
01:01en difficulté, victime de violences.
01:03Allons-y !
01:05On arrive dans les bonnes odeurs de cuisine.
01:08Les mamans se relaient pour cuisiner tous les jours
01:10pour vraiment leur apprendre le quotidien de la vie avec un bébé,
01:13l'autonomie au maximum, faire un repas équilibré.
01:19Je n'avais pas réalisé que j'étais enceinte.
01:22J'ai réalisé trop tard.
01:23Toi, tu as quel âge ?
01:24J'ai 16 ans.
01:25Ça a été difficile pour toi d'accepter cette grossesse ?
01:28Un peu.
01:28Et aujourd'hui, comment tu te sens ?
01:30Mieux par rapport à ma fille.
01:33Je lui parle plus qu'avant.
01:35J'ai accepté ma grossesse et je suis prête à l'accueillir.
01:39Ici, on est vraiment centré sur la création
01:42du lien mère-enfant le plus sécure possible.
01:44C'est un peu comme une école pour leur apprendre à être mère.
01:47Les mamans qui sont accueillies chez nous,
01:48c'est aussi dans l'intérêt supérieur de leur enfant.
01:52Peut-être que rien de grave n'est arrivé
01:53ou peut-être que rien de grave n'arrivera.
01:55Mais on est là, justement, pour le prévenir.
01:58Il est encombré.
02:04On va demander pour les majeurs ou les mineurs
02:07qui perçoivent des ressources
02:08de verser une participation financière à leur accompagnement.
02:11Cette participation financière, elle va viser essentiellement
02:13à les préparer à leur future vie d'adultes
02:15puisqu'elles vont toutes devenir mamans.
02:17C'est grâce à ton pouce que je suis saignée et c'est écrit.
02:20Et puis avant aussi, je n'arrivais pas à domicile.
02:22Mais grâce à ton pouce, j'ai pu arriver ici.
02:25Maintenant, j'ai pu domicile.
02:26Et pourquoi tu n'arrivais pas à dormir seule ?
02:29Je n'arrivais pas.
02:35Le fil conducteur vraiment de l'accompagnement,
02:38c'est l'estime de soi.
02:39Que chaque femme se sente aimée, accueillie.
02:43Elle sera ainsi en capacité d'aimer d'accueillir son enfant
02:45dans de bonnes conditions de sécurité.
02:47Qu'est-ce qu'elles deviennent ensuite, ces femmes ?
02:49Elles vont aller dans plein de lieux différents,
02:51principalement des centres maternels.
02:53Il en existe partout en France.
02:54Elles vont rejoindre des lieux en semi-autonomie,
02:57des appartements avec un accompagnement éducatif,
03:00social plus léger qu'ici.
03:01Et puis, certaines vont partir en autonomie
03:03dans un logement indépendant
03:05ou retourner vers leur famille.
03:06Leur point commun, c'est leur faculté de résilience.
03:09On est épatés par leur courage.
03:11Je trouve inconcevable qu'en France, en 2024,
03:15des jeunes femmes enceintes ou avec leur nouveau-né
03:18dorment dans la rue.
03:18Ça me terrifie.
03:21C'est l'avenir de notre société qui est en jeu
03:23à travers ces enfants qui vont naître,
03:27à travers ces femmes.
03:28Et si nous ne les préservons pas,
03:29si nous ne les accompagnons pas,
03:31on les pousse finalement dans des situations d'isolement
03:34qui peuvent être dramatiques.
03:35On en entend malheureusement trop souvent parler.
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