00:00Si c'est l'esprit, ou bien le cœur, qui nous apporte ce bienfait,
00:05on a confiance en l'avenir.
00:07Je ne me suis pas dit ça, genre je ressemble à...
00:09C'est bon, je ressemble à Jean-Paul.
00:11Non, je me suis dit l'objectif qu'on voulait atteindre,
00:13qui était de pouvoir se serrer la main au milieu,
00:15est atteint.
00:15Je pourrais y croire.
00:16Moi, je voulais d'abord chanter pour que ce soit crédible
00:19et que moi je le sente.
00:20Il ne s'agissait pas au départ que ce soit ma voix.
00:23La brème,
00:26ça voulait dire,
00:28on est heureux.
00:30Pendant le tournage, c'était entre 3 et 4 heures de maquillage.
00:343 heures pour Charles...
00:38Je ne sais pas comment dire ça, mais pré-nasal, on va dire.
00:40Quand il avait son vrai nez,
00:42son nez de naissance.
00:45Et 4 heures quand il était un peu plus vieux
00:48et qu'il avait déjà fait sa chirurgie esthétique.
00:51Il y avait les microprothèses à mettre.
00:54Je leur avais dit le moins possible jusqu'à ce que ça ne soit plus possible.
00:56Et ça, forcément, ça demande un travail de minutie de la part
00:59des prothésistes et maquilleurs.
01:01En tout cas, le résultat est forcément plus confortable pour moi.
01:04Parce que parfois, chaque micro-expression,
01:06si on est un peu bloqué par quelque chose, on ne peut pas très bien jouer.
01:10Il y avait la perruque, se raser le crâne.
01:12On taillait mes propres sursis dans la forme de ceux de Charles.
01:15Il y avait sa façon de parler, sa voix parlée,
01:18qui était quelque chose aussi de très important parce que très reconnaissable.
01:22Ça aussi, j'ai eu besoin de l'intégrer bien avant,
01:23mais j'avais très peur de ça.
01:25Et c'est ce qui est venu le plus vite.
01:26Parmi tout ce que j'ai appris à vos côtés,
01:28s'il y a bien une chose que j'ai comprise,
01:30c'est qu'il n'y a que le travail qui paye.
01:32Et du temps pour moi de m'y mettre.
01:34J'avais une gouttière pour avancer un peu sa lèvre proéminente
01:38puisqu'il était un peu prognate.
01:40Et je ne voulais pas le mimer moi-même.
01:41D'abord, ça aurait été très inconfortable.
01:42Ça m'aurait déconcentré et je crois que j'aurais été un peu ridicule.
01:46Et ça, je l'ai porté pendant trois mois avant et pendant.
01:51Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans
01:54ne peuvent pas connaître.
01:57Mon Martin, ce temps-là.
01:59Le tout, c'est 6-8 heures par semaine pour le chant,
02:04avant le tournage.
02:06Ensuite, pendant le tournage, le soir, j'allais en faire.
02:08Et le piano, je crois que c'était à peu près 4 heures par semaine.
02:12Et ensuite, pour ce qui concerne le mimétisme,
02:16c'était beaucoup d'observations.
02:17J'ai intégré très vite sa posture.
02:20J'en avais besoin.
02:21Des mois en avance pour que ça devienne un réflexe.
02:24Aller chercher Charles qui a, comme on peut le voir dans le film,
02:27qui s'est acharné pour atteindre une forme de tessiture
02:31qui lui permettrait en tout cas de devenir ce qu'il est,
02:35d'atteindre de nouveaux octaves, etc.,
02:38que ce soit dans les graves ou dans les aigus.
02:40C'était un énorme travail.
02:42Et ensuite, c'était un travail de mimétisme
02:44parce qu'il a un rythme très précis.
02:45Charles lui disait, ça n'est pas à moi de suivre l'orchestre,
02:48c'est à lui de me suivre.
02:49Donc il démarrait quand il voulait.
02:52Des fois ça démarre en l'air,
02:53des fois il attend, il accélère à la fin et tout.
02:55Et ça me rendait complètement dingue.
02:57Sur le rythme, sur la voix, sur le placement et tout.
03:00Tout a été très, très compliqué,
03:01mais j'ai eu la chance de travailler avec un autre très grand nom de la chanson,
03:05Fabien Marceau, alias Grand Corps Malade.
03:07Et là, on se sent en sécurité
03:09parce que quand il vous dit c'est bon, c'est que c'est bon.
03:11Ça a été quoi la chanson la plus difficile à interpréter ?
03:13Il y a eu le Feutre Topé
03:16parce que c'est du swing.
03:18Le swing, c'est un rythme très soutenu.
03:21Il y a une mesure qui est différente,
03:23il faut parler très vite, avoir beaucoup de souffle.
03:24Ça a été très dur aussi sur Comme ils disent.
03:27Et est-ce que finalement, c'était l'un de vos rôles les plus challengeants ?
03:30Ça a été le plus challengeant de tout mon chemin d'acteur, oui.
03:35C'est la raison pour laquelle j'ai eu très peur
03:37et que j'ai failli ne pas le faire.
03:39Mais là, le goût du risque, du challenge, il m'a...
03:44Il l'a emporté et puis du côté technique,
03:47il y avait toutes ces heures de travail,
03:49ces mois de travail qui me faisaient très très peur.
03:52Ensuite, l'interprétation du personnage en soi.
03:54Quand bien même Charles était un personnage fictif,
03:57ça aurait été quelque chose de sérieux à appréhender, de très sérieux.
04:02Mais en plus de ça, c'est quelqu'un...
04:04C'est une icône qui représente la France dans le monde
04:08depuis tant de décennies, qui est connue de tous,
04:11et aimée de tous, donc parfaitement reconnaissable.
04:15Alors oui, oui, bien sûr.
04:18C'était le plus difficile pour moi.
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