00:00C'est quelque chose qui vous saisit, qui tout à coup, en fait,
00:03moi ça me donne juste envie de, en réalité, de danser, quoi !
00:14C'est un premier extrait de la musique que j'ai composée
00:17pour la cérémonie d'ouverture paralympique.
00:19Cet extrait, il s'appelle « Sportographie ».
00:21C'est un mix entre sport et chorégraphie.
00:24C'est une musique que j'ai composée, je crois, qui est très différente,
00:27en fait, de celle que j'ai pu composer
00:29pour la cérémonie d'ouverture ou de clôture olympique.
00:31Je me suis servi, en fait, de beaucoup de voix,
00:34d'athlètes paralympiques, une espèce de florilège de paroles
00:37qui me semblaient être profondes, mais aussi musicales.
00:41C'est comme si j'avais fait une espèce de concerto, en fait, pour ces voix.
00:45Moi, justement, j'essaye que les curseurs, en fait, émotionnels,
00:48soient un peu poussés.
00:50Et quand j'entends le mot « résilience », je ne sais pas,
00:52ça va me faire faire un roulement ou quelque chose, etc.
00:55Donc, aussi, parfois, je laissais des voix d'athlètes
00:58et j'improvisais un petit peu par-dessus.
01:00Je suis allé chercher aussi des montées, des descentes,
01:02l'aspect un petit peu « up and down »
01:04que peuvent avoir les parcours de la cérémonie d'ouverture.
01:06Je suis allé chercher aussi des montées, des descentes,
01:09l'aspect un petit peu « up and down »
01:11que peuvent avoir les parcours de la cérémonie d'ouverture.
01:13que peuvent avoir les parcours de ces athlètes paralympiques.
01:16Cette bande-son que j'ai composée pour l'ouverture paralympique,
01:19c'est une musique peut-être plus d'introspection,
01:21qui est plus méditative.
01:23C'est une musique de réflexion.
01:25Je ne pouvais pas décemment faire la même musique.
01:27Ce ne sont pas les mêmes parcours que les athlètes paralympiques,
01:30que les athlètes olympiques.
01:32Donc, je voulais faire une musique aussi en conscience,
01:34une musique de danse, mais une musique qui dit des choses.
01:36Donc, moi, en tant qu'instrumentiste,
01:38je me suis vraiment mis dedans,
01:40presque physiquement, en fait, à l'instrument,
01:42pour être moi-même comme un danseur, en fait.
01:47Je suis parti de cet instrument qui est la batterie,
01:49qui est vraiment un de mes premiers instruments.
01:52Je me suis dit que le rythme, la musicalité,
01:54mais bien sûr le rythme, en fait, était très important
01:56dans ce qu'on voulait raconter,
01:58puisque c'était une musique qui était faite
02:00pour accompagner la chorégraphie d'Alexander Ekman.
02:02Donc, le rythme, la danse étant évidemment très à l'honneur,
02:06c'est une musique de ballet, en fait,
02:08et que j'ai joué plus comme une espèce d'improvisation,
02:10un peu, presque, dans le registre du jazz.
02:12Alexander, il venait ici, il dansait devant moi,
02:15me montrant certains mouvements,
02:17ce qu'il avait envie de faire avec tous les danseurs,
02:19qui vont être très, très, très nombreux,
02:21pour cette chorégraphie.
02:23Et, en fait, je le regardais faire, je jouais,
02:25et ensuite, je retravaillais, moi, de mon côté,
02:27j'écrivais, je recomposais, tout ça, etc.,
02:29puis je lui refaisais écouter.
02:31Donc, c'était comme ça un travail d'échange très collaboratif.
02:34Moi, ce que j'entends dans cette musique-là, c'est ça,
02:36c'est que c'est très organique.
02:38Il y a, évidemment, on entend les respirations,
02:40les cris, les efforts, les bruits du sport
02:42qui sont intégrés dans la musique,
02:44mais on sent aussi que Victor Le Man
02:46a travaillé, a composé avec les corps,
02:49avec celui d'Alexander Ekman, bien sûr,
02:51mais aussi avec celui des performeurs du ballet
02:55qui a été créé,
02:57et donc, c'est très, très organique.
03:00Et ça, ça s'entend, ça se sent, ça se perçoit.
03:02Cette énergie-là, elle est très, très puissante,
03:04mais c'est l'une des beautés, en réalité, du spectacle vivant,
03:06c'est que les choses se créent en même temps, ensemble.
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