00:00Les prédateurs sexuels adorent et sont friands de vidéos d'enfants qui mangent des fruits.
00:06Parce que ça fait des petits bruits de bouche et ils adorent ça.
00:09Donc quand on publie une photo de notre enfant en train de manger un fruit,
00:12il faut juste se dire que ça peut finir entre de mauvaises mains.
00:24Un enfant de 13 ans a en moyenne 1300 photos et vidéos de lui sur les réseaux sociaux postés par ses proches.
00:29Un jour, si je publie une photo de mon enfant, quelle qu'elle soit, elle peut se retrouver sur un site pédophile.
00:36On ne peut pas vraiment savoir combien de sites sont en réalité des points de rencontre de prédateurs sexuels
00:42parce que ce sont des sites qui ne s'affichent pas comme tels.
00:44Ce sont d'abord pour la plupart des banques d'images qui ressemblent à des banques d'images tout à fait classiques.
00:49Au minimum, la moitié des photos qui s'échangent sur ces sites pédopornographiques
00:54proviennent des réseaux sociaux et ont été partagées par les parents eux-mêmes au départ.
00:58Ce site Internet qu'on montre dans le documentaire fait partie des 880 sites les plus visionnés au monde.
01:05Donc il y a 75 millions de photos sur ce site et il y a 25 millions de visiteurs uniques par mois.
01:13C'est énorme.
01:13Ça veut dire que c'est 25 millions de personnes différentes qui, chaque mois, vont sur ce site Internet.
01:19C'est vrai qu'on peut s'imaginer et se dire
01:21« Bon ben moi je ne mets pas des photos de mon enfant tout nu donc j'ai aucun risque. »
01:24En fait, pas du tout.
01:26Parce que ce qui intéresse les prédateurs sexuels, ça peut être juste un sourire, un regard un peu coquin.
01:31J'ai vu des photos tout à fait anodines de petites filles bien habillées devant des sapins de Noël
01:36mais qui avaient un joli visage, un visage qui était attirant pour les prédateurs sexuels.
01:40Sur cette photo, les gens ont commenté
01:43« Elle est tellement mignonne, mignonne et adorable. »
01:48Mais il y a aussi
01:49« Non mais regardez ce visage, elle sait ce qu'elle vaut et elle veut être aspergée. »
01:53Ou bien
01:55« Je suis l'homme le plus chanceux, ma femme me dit qu'elle me l'aurait préparée et me l'aurait immobilisée. »
02:01La plupart du temps, ces sites Internet sont des points de rendez-vous de prédateurs sexuels.
02:06Donc ces images qui sont issues des réseaux sociaux,
02:10elles satisfont un certain nombre de personnes.
02:14Pour d'autres, c'est juste des appâts.
02:17Ce sont des appâts pour ensuite échanger des mails, des comptes Telegram
02:22et se partager d'autres types de contenus, passer commandes et alimenter le réseau.
02:27J'ai rencontré pour le documentaire un certain nombre d'influenceuses et de mamans
02:31qui publient leur vie de famille et qui en font leur contenu principal ou non de leurs réseaux sociaux.
02:38Mais je ne suis pas sûre qu'elles mesurent vraiment le risque,
02:43l'ampleur du phénomène
02:45et qu'elles ont véritablement conscience de l'impact
02:50que peut avoir l'exposition des enfants sur leur vie plus tard.
02:54Je n'ai pas l'impression qu'on met nos enfants en danger
02:56parce qu'ils apparaissent dans nos stories en train de faire une partie de football et tirer dans un ballon.
03:00C'est vrai qu'on ne s'imagine pas qu'il y ait des gens bizarres sur les réseaux sociaux.
03:04C'est vrai qu'on ne pense pas à ces gens.
03:06C'est vrai qu'il y en a, bien sûr, mais on ne pense pas à ceux-là.
03:09On a les réseaux sociaux.
03:10Ça fait des années qu'on a les réseaux sociaux, qu'on vit avec.
03:12Mais peut-être se demander ce que le numérique a fait de nous.
03:15Le consentement est un des enjeux qu'on soulève dans le documentaire.
03:18Parce qu'on ne se pose pas beaucoup cette question-là.
03:20Est-ce que nos enfants sont d'accord ? Est-ce qu'ils ne sont pas d'accord ?
03:22En fait, ils sont trop jeunes pour pouvoir dire s'ils sont d'accord ou pas d'accord.
03:25C'est à nous, parents, de garantir la protection de nos enfants.
03:29On n'est pas propriétaire de leur image.
03:31On doit la protéger et faire en sorte qu'elle soit vierge de toute réputation jusqu'à leurs 18 ans.
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