00:00Bonjour Fred. Bonjour Pauline. On va parler des impôts aujourd'hui. Les impôts vont-ils mettre à genoux l'économie française ?
00:04Ce matin, dans le Parisien, le ministre de l'économie a tiré le signal d'alarme devant l'inflation fiscale.
00:10Oui, la citation elle va être à l'écran, vous allez pouvoir la lire, mais globalement il dit attention à l'impôt en trop.
00:18Alors ça agite évidemment le milieu politique. À qui s'adresse-t-il ? Au Premier ministre ? Aux députés ?
00:23Et s'il s'adressait plus généralement aux Français ? En voulant faire passer ce message, attention,
00:28ce n'est pas en allant chercher l'argent là où il est, comme on l'entend souvent, qu'on réglera les problèmes.
00:34C'est vrai que depuis le début des discussions sur le budget 2025, on parle beaucoup de hausse d'impôts pour les entreprises.
00:41On sait que pour les ménages et la classe moyenne, c'est trop inflammable. Baisser les dépenses, c'est, semble-t-il, impossible en France.
00:48Donc on va faire les poches des entreprises, alors à chaque fois avec une bonne raison.
00:52Prenons la surtaxe d'impôts sur les sociétés, par exemple. Ça ne concernera que les grosses entreprises, déjà très rentables.
00:58Les taxes sur les billets d'avion, oui, mais c'est un secteur qui pollue beaucoup.
01:00OK, la hausse envisagée du versement mobilité, ça c'est sur les transports en commun.
01:05Un, c'est pour aider les élus locaux qui doivent boucler leur fin de mois, etc.
01:09On peut multiplier les exemples. Au total, ça fait quand même 20 milliards d'euros de hausse d'impôts sur les entreprises qui sont dans les tuyaux.
01:15Et pourquoi les entreprises seulement ?
01:16Si on était cynique, on pourrait penser que les entreprises, ça ne vote pas. Ça ne manifeste pas dans la rue.
01:22C'est donc un dolor politiquement. Sauf qu'une entreprise, ça ne vote pas avec un bulletin de vote, mais ça vote avec quelque chose, avec son chéquier.
01:29Et ça, ça a des conséquences désastreuses, en tout cas très néfastes à moyen terme.
01:34D'ailleurs, ça a commencé. Le solde entre les ouvertures et les fermetures d'usines est redevenu négatif en France depuis le mois d'avril, pour la première fois depuis plusieurs années.
01:42Ensuite, on a de nombreux secteurs qui tirent la sonnette d'alarme.
01:46Dans le secteur de la pharmacie, il y a le français C15. C'est une entreprise très bien. Elle relocalise la production de paracétamol.
01:52Ce matin, le patron de C15 dit dans le Figaro, attention, moi, les industriels de la pharmacie à qui je parle, ils sont prêts à quitter la France à nouveau.
02:00On a Ryanair aussi. Ryanair, le patron de Ryanair, a dit, si on me taxe sur les billets d'avion, moi, je ferme 10 desserts en France d'aéroports.
02:07C'est les français qui vont payer tout ça.
02:09Et puis, on a le cas Michelin, enfin, qui est symptomatique. En septembre dernier, le patron de Michelin était devant les députés dans une commission d'enquête parlementaire.
02:14Il a donné des chiffres très précis. Il a dit, un salarié français me coûte 20% plus cher qu'en Allemagne.
02:20La production, un coût de production en Europe, ça me coûte 20% plus cher qu'aux États-Unis.
02:24Il a cité notamment l'exemple des normes sur la traçabilité du caoutchouc, qui lui coûtent 200 millions d'euros de plus en Europe.
02:31Autant d'informations qui se sont mettent entrées dans l'oreille des députés qui l'ont écouté et être sorties de l'autre.
02:35Depuis, les hausses d'impôts ont été votées en masse.
02:38Et Michelin a annoncé, on le sait bien, malheureusement, la fermeture de deux sites industriels.
02:42C'était il y a deux semaines.
02:44Merci beaucoup, Fred.
02:45C'était la Chronique Éco.
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