00:00Pour la société, une bonne femme est une femme morte, je le dis avec toute la douleur
00:28du monde, mais je le remarque. Jamais on n'est entendu avant qu'il soit trop tard, et tout
00:35le monde est triste quand on est morte, alors qu'on a donné l'alerte tellement de fois
00:42avant, et aussi auprès des gens qu'on aime et qui sont censés nous aimer, mais oui c'est
00:51lent, c'est très lent, et il ne faut pas lâcher. Pour moi, il y a deux choses très
00:58douloureuses, c'est de voir que malgré tout, les choses avancent un peu, les lignes bougent
01:05un peu, les féminicides ne reculent pas, on n'a pas plus de solidarité avec nous,
01:13mais ce dont je m'aperçois, c'est que même moi qui avais le nez dedans, je n'ai mis le
01:20bon mot sur ce qui m'est arrivé et qui m'a réellement démoli, que très tard, le mot
01:29viole, je ne l'avais pas dit. J'avais une notion que c'était dans un climat incestuant,
01:41mais je n'avais pas le mot pour le dire. La nouvelle génération de filles met les mots
01:47sur les mots, c'est que moi j'ai cherché les mots, comment ça s'appelle, d'où ça vient.
01:54Ce travail, il est fait quand même un peu, mais moi depuis le départ, j'étais très surprise de
02:02voir à quel point il y avait peu de solidarité avec mes frères en fait. Je pense que de toute
02:07façon la misogynie est le nucléus de toutes les injustices, toutes.
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