00:00Christophe Barbier est avec nous, bonjour Christophe.
00:02Bonjour.
00:02Est-ce qu'il ne faut pas avoir derrière tout ça une stratégie peut-être qui consiste à préparer les esprits
00:07dans déjà une condamnation que Marine Le Pen estime désormais plus que probable ?
00:11Oui, c'est une stratégie juridique et politique complexe.
00:14D'abord, elle crie si j'ose dire avant d'avoir mal parce que le procureur a installé au-dessus de sa tête
00:19une épée de Damoclès avec l'exécution provisoire de l'inéligibilité.
00:23Mais rappelons que dans l'histoire, l'épée de Damoclès, elle ne tombe pas.
00:26Damoclès s'en tire bien, peut-être que Marine Le Pen s'en tirera.
00:29Mais elle a décidé de porter sa contre-attaque tout de suite sur deux terrains.
00:32Un terrain juridique, cette exécution provisoire, le fait que si elle fait appel d'une condamnation,
00:37ça ne servira à rien, elle perdrait son éligibilité.
00:40C'est une manière d'aller sur le terrain juridique avant même que les plaidoiries de ses avocats commencent
00:44puisque ça va commencer la semaine qui va s'ouvrir.
00:47Et puis une contre-attaque politique.
00:49Contre-attaque politique en disant c'est ma condamnation à mort politique que l'on veut prononcer.
00:53Elle lance une pétition pour dresser la France le péniste derrière elle.
00:57Une contre-attaque politique aussi sur un autre terrain qu'on a peut-être moins entendu cette semaine.
01:01Attention, dit-elle, une motion de censure est toujours possible.
01:04Si à l'occasion d'un 49.3 budgétaire que le Premier ministre a déclaré probable,
01:08les voix du RN se joignaient à celles de la gauche radicale pour faire tomber le gouvernement sur une motion de censure,
01:14Marine Le Pen pourrait riposter par un chaos politique à une éventuelle condamnation
01:18ou à un risque de condamnation judiciaire.
01:21Donc elle prend en tenaille à la fois la classe politique et les magistrats par cette double contre-attaque.
01:26Christophe Barbier, l'homme qui n'oublie jamais le lit de inéligibilité.
01:29Merci beaucoup Christophe.
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