00:00Vous êtes conducteur de train en plus, depuis quinze ans.
00:02C'est ça, tout à fait. Depuis quinze ans en région parisienne, à faire du thé vert.
00:08Et là, pour tout vous dire, en fait, j'ai mal pour ma boîte.
00:12Tous les ans, c'est la même chose, notamment pour les fêtes de Noël,
00:16où on a des pralines de grève qui tombent, pour tout et n'importe quoi.
00:20Alors là, aujourd'hui, c'est les frettes, mais l'année d'avant...
00:24Il y a toujours quelque chose en fin de compte, c'est toujours un prétexte.
00:26Et moi, vous voyez, j'ai mal pour ma boîte,
00:30dans le sens où ça fait quinze ans que je conduis,
00:33ça fait quinze ans que j'essaye de faire une mission de service public, en fait.
00:38Je suis fier de mon travail, j'aime ce que je fais en fin de compte.
00:41Alors, on dit souvent que les cheveux sont privilégiés.
00:44Moi, je me sens privilégié dans le sens où j'adore mon travail.
00:47Et je pense que ça, justement, ce n'est pas donné à tout le monde
00:49de pouvoir exercer un métier qui plaît, finalement.
00:53Il y a des gens qui vont juste gagner leur croûte
00:56et qui sont forcés d'y aller juste parce qu'il faut remplir le frigo à la fin du mois.
01:00Mais moi, voilà, j'aime ce que je fais.
01:03Et pour moi, je fais une mission de service public.
01:05Et de voir, finalement, que tous les ans,
01:07on a des pravis qui tombent pour tout et n'importe quoi
01:10et qui prennent les gens en étage, notamment pour les fêtes de fin d'année,
01:15mais aussi pour les grandes vacances, il y a toujours quelque chose.
01:18Je trouve ça vraiment insupportable.
01:21Surtout que le droit de grève, effectivement, c'est un droit.
01:26Il peut être là, effectivement, pour défendre des salariés
01:29et pour aussi dénoncer des situations qui peuvent être problématiques,
01:33notamment pour nous, tout bêtement,
01:35pour la sécurité, par exemple, de nos usagers ou des salariés,
01:39ce qui pourrait être entendable, effectivement.
01:41Mais même aujourd'hui, maintenant, pour des cas comme ça,
01:44on n'est plus audibles envers les usagers
01:47parce que trop de grève tue la grève, concrètement.
01:51Et aujourd'hui, voilà, on n'est plus audibles.