00:00France Bleu Drôme Ardèche, ici Matin. Actu locale, musique et bonne humeur.
00:07La nouvelle réforme du collège et du lycée, l'acte 2 du choc des savoirs présenté hier par la ministre de l'éducation nationale fait réagir.
00:14On en parle avec notre invitée ce matin, Emmanuelle Champal.
00:17Bonjour, c'est Mia Ajmi-Ouadbeled.
00:19Bonjour.
00:20Vous êtes secrétaire départementale du CNES-FSU dans la Drôme, prof de français en collège à Cléon-Dendrant.
00:26Vous avez suivi évidemment de près ces annonces.
00:28Une de celles qui a marqué, c'est l'épreuve de maths qui arrive en première au bac pour tous les élèves.
00:35Qu'est-ce que vous en pensez, vous ?
00:37Alors, on peut dire que c'est l'épreuve qui a... C'est l'épreuve.
00:40C'est l'annonce qui a marqué cette épreuve parce qu'en fait, on l'agite depuis un petit moment
00:45et qu'elle est synonyme de « on va rehausser le niveau en mathématiques ».
00:50Sauf que, comme beaucoup d'idées du gouvernement, c'est une fausse bonne idée
00:55puisqu'on annonce, on balance cette épreuve sans concertation.
01:02Puisqu'elle dit, notre ministre, qu'elle a concerté les organisations syndicales.
01:07Mais ce n'est pas vrai, puisque l'ensemble des organisations syndicales
01:11lui ont demandé l'abandon du choc des savoirs et ce n'est pas ce qu'elle a fait.
01:14Donc, par rapport à cette épreuve de mathématiques, on balance cette épreuve de mathématiques.
01:20Sauf qu'on ne tient pas compte de l'état des mathématiques dans les établissements.
01:25Nous avons des groupes différents en mathématiques.
01:27Vous avez des élèves qui font un petit peu de mathématiques après la seconde.
01:32Des élèves qui font la spécialité mathématiques jusqu'en terminale.
01:37Et tous ces élèves feraient la même épreuve l'année prochaine.
01:41Dès l'année prochaine, on est bien là-dessus.
01:43Pour vous, ça n'a pas de sens ?
01:45Ça n'a pas de sens et donc, en discutant avec les collègues de mathématiques de lycée,
01:51c'est des grandes angoisses.
01:53Quand ils ont eu cette annonce, ils se sont dit qu'est-ce que quid du programme, quid de cette épreuve ?
02:00Est-ce que les élèves de spécialité math passeront une épreuve en première, une épreuve en terminale ?
02:06C'est inédit, on va passer deux fois sur la même discipline pour le bac.
02:09Oui, c'est des angoisses.
02:11Et des angoisses pour les élèves qui ont entendu cette annonce
02:14et qui ne savent pas comment ils vont être mangés l'année prochaine.
02:17Puisque les enseignants en phase 2 ne savent pas quoi leur dire.
02:20Pour vous, ça n'améliorera pas le niveau des élèves en maths ?
02:23Bien sûr que non.
02:25Pour améliorer le niveau des élèves en maths, il faudrait donner des moyens.
02:29Il faudrait qu'il y ait des heures.
02:30On n'a fait que supprimer des heures.
02:32Il y a eu la primaire, il y a eu le collège et sur le lycée, avec la réforme du lycée,
02:37on a tout décousu.
02:40Pour faire quelque chose qui, si on voulait rehausser le niveau
02:44et qu'on voulait que ce soit évaluable au bac,
02:47on réfléchirait d'abord aux attendus qu'on voudrait au niveau bac.
02:52Ensuite, on mettrait derrière les moyens pour arriver à ces attendus.
02:56Et ensuite, on envisagerait une épreuve.
02:58Mais là, on va à l'envers.
02:59On balance une épreuve et le programme va peut-être un jour.
03:02Fin de troisième, le brevet obligatoire pour passer en seconde.
03:06Ça aussi, ça a été annoncé hier.
03:08C'est quelque chose qu'on avait entendu déjà ces derniers mois.
03:11Vous en pensez quoi de ça ?
03:13C'est la suite de l'acte 1 initié par M. Attal.
03:18C'est-à-dire que dans le choc des savoirs, il y avait ce brevet obligatoire.
03:23Ce brevet obligatoire contre lequel, nous, on s'insurge.
03:27Est-ce que c'est si scandaleux, franchement ?
03:29C'est scandaleux.
03:30C'est scandaleux.
03:31Ça veut dire qu'on ferme la porte aux élèves.
03:33En troisième, maintenant, quand on pense que les élèves ne redoublent plus,
03:37ils ont 15 ans en troisième.
03:39Et en troisième, on leur dit, vous n'avez qu'un seul chemin
03:42pour ceux qui sont en difficulté.
03:43Puisqu'on va leur fermer, avec ce brevet obligatoire,
03:46la seconde générale et la seconde pro.
03:49Mais la seconde générale n'est peut-être pas faite pour tout le monde.
03:52Tous les élèves n'ont peut-être pas à être en seconde générale.
03:54Il y en a qui préfèrent peut-être la professionnalisation.
03:56C'est pour ça qu'il existe la seconde professionnelle.
03:59Mais le brevet obligatoire va fermer la porte de la seconde pro.
04:03Il n'ouvrira que la porte du CAP.
04:06Aujourd'hui, quand vous entendez votre nouvel ministre dire
04:10qu'il y aura 1000 profs en plus,
04:13là c'est pareil, vous dites, c'est quoi ?
04:16C'est de la poudre aux yeux ?
04:18Il faut que je sois honnête.
04:21Ça m'a donné envie de rigoler.
04:23Puisqu'il y a quelques semaines seulement,
04:25on a annoncé 4000 postes en moins.
04:27Donc je ne vois pas comment, sur le budget 2025,
04:30il n'y a pas, ces postes ne sont pas là.
04:33En plus, en dur, nous n'avons pas,
04:35nous sommes sur une crise de recrutement sans précédent.
04:38C'est-à-dire que ça ne fait que s'aggraver.
04:40Je ne vois pas du tout de quoi elle parle.
04:43Vous ne savez pas de quoi elle parle ?
04:45Non, je ne sais pas de quoi elle parle.
04:47Puisqu'on supprime des postes.
04:49On supprime des postes, il nous manque des gens.
04:52On fait tout pour ne pas recruter plus
04:54puisqu'on continue de dégrader les conditions.
04:56Je ne vois pas de quoi elle parle.
04:58Les ministres de l'éducation se succèdent depuis plusieurs années.
05:01Maintenant, j'ai l'impression que vous n'êtes pas plus satisfaites
05:03aujourd'hui qu'hier, qu'il y a deux ans, trois ans.
05:07Je trouve qu'on nous a facilité la tâche
05:11pour faire de nous ceux qui ne sont jamais contents.
05:14Puisqu'on collectionne les ministres, les uns derrière les autres,
05:17avec des gens qui n'ont aucune conscience
05:21de ce qui se passe sur le terrain.
05:23Qui font semblant, dans la lettre que Mme Genestey nous a envoyée,
05:26elle nous dit qu'on a concerté les organisations syndicales.
05:29Ce n'est pas vrai.
05:30On lui a dit, on lui a fait des remontées de terrain
05:32et là, on nous sort, acte 2 du choc des savoirs,
05:34alors que l'acte 1 ne fonctionne pas.
05:36Beaucoup d'inquiétude.
05:38On entend ce matin avec vous, Cémia Ajmi-Ouadbled,
05:40prof de français à Cléondandrant,
05:42par ailleurs secrétaire départementale du SNES-FSU dans la Drôme.
05:45Passez une bonne journée.
05:46Merci.
05:47Interview que vous retrouverez dans quelques instants
05:49sur francebleu.fr, 7h51.
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