00:00Algérie, Macron reconnaît l'assassinat de l'arbitre Ben Mehdi par l'armée française.
00:04Dans un geste historique pour le 70e anniversaire de l'insurrection algérienne du 1er novembre
00:101954, le président français Emmanuel Macron a officiellement reconnu que l'arbitre Ben
00:15Mehdi, dirigeant influent du Front de Libération Nationale, FLN, et figure emblématique de
00:20la Résistance algérienne, a été assassiné en 1957 par des militaires français sous
00:25le commandement du général Paul Ossarès. Ben Mehdi, souvent surnommé le « Jean Moulin
00:31algérien », en raison de son influence et de son engagement pour l'indépendance de
00:34l'Algérie, avait jusqu'alors vu sa mort officiellement rapportée comme un suicide,
00:39une version qu'Ossarès avait finalement réfutée dans les années 2000. Dans un communiqué
00:43diffusé par l'Élysée, Emmanuel Macron a qualifié Ben Mehdi de « héros national »,
00:49soulignant que son courage et son charisme inspiraient même le respect de ses ennemis.
00:53Ce geste de reconnaissance survient alors que les relations franco-algériennes traversent
00:57une phase tendue, notamment après une visite diplomatique au Maroc qui a ravivé certaines
01:01frictions entre Paris et Alger. Le président Macron a réitéré sa volonté de « réconciliation
01:07des mémoires » entre la France et l'Algérie, en s'appuyant sur la recherche de vérités
01:11historiques. Ben Mehdi, né en 1923 près d'Aïn-Mila, a joué un rôle central dans
01:17la « bataille d'Alger » de 1956, où il dirigeait la « zone autonome d'Alger ».
01:23À l'époque, un ensemble de lois répressives, les pouvoirs spéciaux, avaient permis au
01:28gouvernement français de déléguer des pouvoirs de police étendus à l'armée, ouvrant la
01:32voie à des actions militaires, intensifiées contre les insurgés algériens. La reconnaissance
01:37de cet assassinat s'inscrit dans une série d'initiatives de la présidence française,
01:42pour reconnaître les violences de cette période, Macron ayant également rendu hommage à d'autres
01:46femmes, algériennes de la répression, dont Maurice Audin et Ali Boumengel. Vers une
01:51mémoire partagée, la France et l'Algérie ont historiquement entretenu des relations
01:55complexes, marquées par une histoire coloniale douloureuse.
01:58Dans cette perspective, la reconnaissance par la France de certains épisodes sombres
02:02de la guerre d'Algérie vise à ouvrir un dialogue pour « constituer une mémoire apaisée
02:06et partagée », une volonté que Macron a évoquée, en pensant aux générations futures.
02:11Avec ce geste, la France souhaite apaiser les blessures du passé, en posant des jalons
02:16vers une relation plus harmonieuse avec l'Algérie.
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