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  • il y a 1 an
Dans l’interview d’actualité de Télématin, Damien Thévenot reçoit Elodie Mielczareck, sémiologue pour parler du décryptage des langages verbales et non verbales.

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Transcription
00:00Il est 8h15, Maïa, vous recevez ce matin Elodie Mielzarek, elle est sémiologue, c'est-à-dire qu'elle décrypte le langage verbal et non-verbal
00:09à la fois de nos mots et de nos gestes.
00:11Bonjour Elodie Mielzarek, merci d'être avec nous ce matin à vos rentrées des États-Unis.
00:15À quelques jours de la présidentielle, nous vous avons demandé de sélectionner des paroles ou des comportements
00:21chez Donald Trump et Kamala Harris qui vous semblent emblématiques de leur campagne.
00:26Juste d'abord, première question, est-ce que leurs gestes sont en cohérence avec leurs paroles ?
00:32Oui, alors c'est vrai que ce qui est intéressant à observer, c'est parfois les changements et les évolutions.
00:38C'est vrai que Donald Trump, vu de loin, on a tendance à dire qu'il est égal à lui-même,
00:43mais c'est vrai que malgré tout, on observe quand même quelques transformations.
00:47C'est vrai que ces dernières semaines, et notamment avec ce changement, puisqu'il n'est plus face à Joe Biden mais à Kamala Harris,
00:53c'est vrai qu'on l'a trouvé finalement plus calme, il fait moins de grands gestes, il parle moins.
00:58Peut-être a-t-il peur d'ailleurs d'être accusé peut-être de sexisme ou autre,
01:03donc on le sent un petit peu moins virulent face à Kamala Harris avec une voix elle-même qui est un peu plus monotone, un peu plus posée.
01:11Donc voilà, il y a des petits changements qui s'observent.
01:14Kamala Harris, elle a changé de rôle parce que finalement, pendant des années, elle a été VP, Vice President,
01:21et pendant des années, on ne l'a pas beaucoup vue, puisque c'était surtout Joe Biden qui a été mis en avant.
01:26Cette fois-ci, c'est de se montrer telle qu'elle est.
01:29Exactement, et de raconter son histoire.
01:31Alors, on va d'abord commencer avec les éléments de langage, quelques mots qui reviennent souvent.
01:34On va écouter Donald Trump qui parle de Kamala Harris.
01:52Alors, quand on laisse de côté les outrances ou les insultes et la caricature de Donald Trump, il y a notamment le laïm Kamala.
02:01Kamala, la menteuse, c'est quelque chose qu'il a beaucoup répété.
02:04Exactement, c'est-à-dire qu'on est souvent dans ce registre-là avec Donald Trump, effectivement, de ce qu'on appelle l'attaque à dominem,
02:10c'est-à-dire l'attaque à la personne.
02:12On est passé de Crooked Joe Biden, c'est-à-dire Joe Biden pourri, corrompu, effectivement à laïm Kamala.
02:20C'est une stratégie rhétorique, c'est quelque chose auquel, effectivement, on pouvait s'attendre.
02:26Ce qui est intéressant, c'est que Donald Trump fait sa campagne sur sa personne à elle,
02:31là où Kamala Harris fait aussi campagne sur sa personne à elle,
02:35puisqu'elle va souvent raconter quelles sont ses origines, d'où elle provient, d'où elle vient, son origine sociale.
02:42Malgré tout, il y a quand même des pics, mais il y a un mot qui est beaucoup revenu,
02:47et c'est son colistier à Kamala Harris qu'il a utilisé en premier à propos de Donald Trump, c'est le mot « bizarre ».
02:53On va écouter, on en parle après.
03:08C'est ça, « weird », il est bizarre.
03:10Vous voyez, ce qui est intéressant dans cette scénographie, parce que tout est mis en scène,
03:14en plus c'est à l'américaine, on entend les rires derrière.
03:17Et elle, c'est vrai que Kamala Harris, très rapidement, elle s'est positionnée dans ce paradigme de l'humour,
03:23c'est-à-dire qu'elle a dépeint tout un storytelling aussi autour de anti-Kamala,
03:29c'est-à-dire Tata Kamala, autour de cette notion de la joie, du rire.
03:37Parfois, on la voit même s'esclaffer.
03:40Le rire fait aussi partie prégnante de sa campagne et de toute la scénographie que l'on peut avoir.
03:46Donc elle essaie de dire quoi ? Que nous, démocrates, on rassure quand eux, républicains, c'est ça le discours de Kamala Harris ?
03:56Eux, républicains, sont anxiogènes ?
03:57Tout à fait, pour aller plus loin dans ce paradigme du rire, c'est-à-dire qu'elle va aussi beaucoup solliciter l'univers du sérieux.
04:03C'est les deux opposés, mais elle va dire « non mais Donald Trump n'est pas un gars sérieux ».
04:07Et puis souvent, elle va même reprendre cet adverbe, elle va dire « non mais sérieusement »,
04:11où elle va dire « la campagne, c'est quelque chose de sérieux, c'est quelque chose d'important ».
04:15Donc elle va être dans ce registre-là, effectivement, on va dire plus institutionnel,
04:20même si on voit qu'il ne faut pas être trop réducteur non plus.
04:24C'est vrai que nous, en Europe, on a tendance à dire « en gros, Donald Trump, le rigolo qui fait du one-man show,
04:29et puis Kamala Harris qui est très institutionnelle ».
04:31Le fait est qu'il offre quand même des images, on va en voir deux à nouveau de Donald Trump.
04:36D'abord, il sert dans un fast-food, ça c'était il y a quelques jours.
04:39On ne l'avait pas forcément vu, ou en tout cas, ces images ne nous avaient pas attiré notre regard, nous en France,
04:47de Donald Trump en train de préparer des fruits.
04:50Tout à fait, mais il ne faut pas… il faut comprendre l'impact aussi que ces images-là peuvent avoir.
04:56C'est-à-dire qu'on a aussi beaucoup parlé des structures langagières et de la syntaxe,
05:02c'est-à-dire la manière dont on organise les mots dans une phrase,
05:04à propos de Donald Trump, en disant qu'il y a aussi une évolution,
05:07parce qu'il y a des linguistes qui l'ont montré également,
05:09il y a une évolution, c'est-à-dire que les phrases de Donald Trump sont plus simples.
05:13Et finalement, de se dire « peut-être que c'est une marque de dégénérescence ou de sénélité
05:18qui arriverait parce qu'il n'est plus capable de faire des phrases complexes ».
05:21Moi, je crois qu'il faut être quand même très vigilant sur ce type de propos,
05:24parce que justement, on voit bien que sa campagne, d'ailleurs les résultats sont très serrés,
05:29on voit bien que sa campagne, tout est construit et tout est assez impactant.
05:33C'est-à-dire que cette séquence que vous évoquiez effectivement du McDonald's,
05:36elle est tout à fait impactante et il l'a reprise en disant justement « lying Kamala ».
05:41Kamala la menteuse, puisqu'elle avait dit qu'elle avait travaillé au McDo
05:44et donc lui a repris en disant « vous voyez, j'ai travaillé déjà 40 minutes de plus qu'au Kamala ».
05:48Donc, il ne faut pas nier l'aspect impactant, ne serait-ce que justement de ces petites formules
05:52qui paraissent simples d'un point de vue syntaxique, mais qu'on appelle des « punchlines »
05:56et qui parlent très fortement à une partie de l'auditoire,
06:01mais aussi à une partie de notre cerveau et qui le rendent impactant malgré tout.
06:04Merci beaucoup Elodie, merci pour l'être venue nous décrypter à la fois les mots et les images.
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Docteur Kévin
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