00:00Un député a un devoir d'exemplarité, les mots du ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau. Il a appelé le député de la France Insoumise Andy Kerr-Bratt
00:08à tirer les conséquences de ses actes. Le parlementaire a reconnu avoir été pris en flagrant délit d'achat de drogue
00:13et à gauche plusieurs voix sont montées hier pour le défendre. Alors on le rappelle qu'il a acheté des stupéfiants à mineurs
00:19mineurs multirécidivistes à une station de métro. Visiblement c'est du chemsex, c'est à dire c'est de la drogue de ceux qui
00:27sont plutôt enclins à passer une soirée
00:31active sur le plan sexuel.
00:33Pour Jean-Luc Mélenchon, contre l'addiction qui le domine pour l'instant, il engage un traitement. Je lui exprime mon soutien très amical, a-t-il écrit
00:40dans cette lutte, il n'a commis des dommages que sur lui-même. Non, ce ne sont pas que des dommages que sur lui-même
00:45précisément. C'est à dire qu'il alimente les filières, il est un maillon des chaînes
00:52mafieuses
00:53qui existent sur la drogue et d'une certaine manière on peut considérer qu'il a une forme de sang
00:59sur les mains. Et je le dis pour tous ceux qui fument, qui boivent, pas qui boivent d'ailleurs, qui fument ou qui prennent de la drogue.
01:05Forcément vous êtes responsable de ces chaînes mafieuses qui existent. Alors la gauche a-t-elle perdu la raison puisque tout le monde soutient
01:13M. Kerbrad. Je voudrais qu'on écoute d'abord Christian Estrosi, il est un invité ce matin de Romain Desarbres sur CNews et sur Europe.
01:19Comment peut-on concevoir que ceux qui ont à faire la loi,
01:24ceux qui ont à se montrer exemplaires en matière de droits et de devoirs
01:28dans les lois de la République puissent encore avoir un droit d'exercer.
01:34Aujourd'hui ce qui génère le plus d'insécurité,
01:38qui contribue le plus aux filières de développement de l'immigration clandestine dans notre pays,
01:44ce sont les filières du narcotrafic pour lesquelles je réclame que ce soit une grande cause nationale.
01:50Et bien je pense qu'il a raison M. Estrosi, il a réagi également aux propos de Mme Sandrine Rousseau,
01:56qui a apporté tout son soutien à M. Kerbrad.
02:01Lorsque je vois Mme Sandrine Rousseau qui vient ce matin au secours de ce député LFI pour en disant
02:08mais il faut changer notre regard sur les consommateurs, ce sont des malades, il faut les traiter, ce sont des malades, ok,
02:15mais il faut leur enlever toute responsabilité publique parce que ce sont des dangers publics tout simplement.
02:21Les mots fermes du maire de Nice ce matin, Sandrine Rousseau,
02:25écoutons-la justement à des députés écologistes, elle était hier soir sur BFM.
02:30Oui, il doit rester en poste et il doit au contraire incarner un autre discours sur la consommation de drogue.
02:36Je rappelle que la France est un des pays, si ce n'est le pays qui a la législation la plus dure sur la drogue des pays de l'OCDE,
02:44et en fait nous sommes parmi les pays les plus consommateurs.
02:47Donc il faut sortir d'un tout répressif, je sais que c'est difficile à entendre,
02:51je sais que c'est un revers de tout ce qu'on fait en France depuis des années,
02:54mais la politique répressive de la France en matière de drogue est non seulement un échec,
02:59mais en plus elle met en danger les personnes, puisqu'on le voit là,
03:02et bien on va consommer des produits dont en plus je ne suis absolument pas certaine qu'ils connaissaient la contenance précise de ce qu'ils achetaient,
03:09c'est-à-dire que ça pouvait très bien être issu d'un trafic et de produits coupés qui auraient pu mettre sa vie en danger.
03:16Donc vraiment, ayons juste un regard un peu empathique vis-à-vis des personnes qui consomment.
03:22Et là le regard empathique avec les sujets qui l'arrangent,
03:25Mme Rousseau n'avait pas de mots assez durs, à juste titre d'ailleurs, sur M. Adrien Quatennens qui avait tabassé sa femme,
03:34elle avait demandé qu'il soit exclu, là manifestement pour des raisons de drogue,
03:38tout le monde n'est pas sur la même longueur d'onde.
03:42Il y a également Mme Vaujol, Mélanie Vaujol, qui est sénatrice écologiste, que je voulais vous faire écouter.
03:49Je peux vous dire que Bruno Retailleau va certainement découvrir que la consommation de drogue,
03:54dans son gouvernement, il y en a aussi.
03:56Vous avez des informations ?
03:58C'est là où vous portez des accusations très graves, vous dites que dans le gouvernement de Barnier, il y a des gens qui consomment de la drogue.
04:03Je dis juste que les politiques ne sont pas extérieurs à la société.
04:08Moi je trouve ça extravagant, je ne peux pas vous dire autre chose.
04:11Ce que j'entends depuis quelques mois ou quelques années, pour moi je trouve ça effrayant,
04:18mais je suis un homme d'une autre génération,
04:20je me faisais l'idée de député et j'ai grandi avec des députés, des hommes politiques qui n'étaient pas sur ce registre-là.
04:28M. Kerbrat, évidemment, n'avait pas sa place dans la France des années 70 au palais Bourbon.
04:34C'est le profil intellectuel, culturel, personnel de M. Kerbrat
04:40qui faisait que ce type d'individu n'entrait pas à l'Assemblée Nationale.
04:44Mais la société change sans doute.
04:46Et Lucien, bonjour, qui est agriculteur.
04:48Bonjour Lucien.
04:49Bonjour M. Prot.
04:51Lucien voulait donner son avis.
04:52Lucien, vous habitez Gap, vous nous avez appelé plusieurs fois, vous êtes agriculteur, je crois que vous faites des cerises de mémoire.
04:58Entre autres, oui.
04:59Je me souviens, vous voyez.
05:00Vous ne nous avez pas appelé depuis le 28 août, depuis notre rentrée.
05:03Mais moi j'ai un métier, je travaille aussi.
05:08Et nous on fait quoi ?
05:11Vous pensez que c'est un métier ce qu'on fait, M. Lucien ?
05:15Ben oui, mais bon, après il faut que les horaires correspondent.
05:18Moi quand je suis dans mon tracteur, vous me dites
05:20« Eh, on t'entend pas ? »
05:21Alors je ne peux pas arrêter mon tracteur pendant une demi-heure, parce que ça n'allume pas.
05:25Vous n'avez pas à priori, vous ne nous parlez pas pendant une demi-heure non plus, c'est deux, trois minutes.
05:29Ah ben là, ça fait un moment que je vous écoute, ça va bien.
05:32Ce matin, je suis relax, mais bon.
05:34Ah oui, parce que vous nous écoutiez.
05:35Oui, mais ça c'est de la faute de M. Lucien.
05:37Je suis en colère, M. Prot.
05:38Je suis en colère parce qu'ils me rendent calus.
05:41Ils vous rendent quoi ?
05:42Calus !
05:43Ça veut dire quoi ?
05:45Calus, c'est fou !
05:46Ah bon ?
05:47Ils rendent calus.
05:48On vous rend calus, une nouvelle expression.
05:50Pas vous, nos politiques !
05:52Mais moi je ne connaissais pas ce mot, calus.
05:54C'est un mot du sud-est ?
05:56Oui, c'est dérivé du patois, oui.
05:59Du patois, oui.
06:00Du patois du sud-est.
06:01Oui.
06:02Bon, et pourquoi ils vous rendent calus, les hommes politiques ?
06:05Oh non, c'est un scandale.
06:09Je ne comprends pas que...
06:11Bon, je sors un peu du sujet.
06:12La France est soumise et il y a encore 20% de gens qui votent pour des calus comme ça.
06:16C'est des fous furieux, ça.
06:18Ça ne devrait pas exister.
06:19Mais je ne comprends pas.
06:20Faites ce que je vous dis, mais ne faites pas ce que je fais.
06:23Voilà.
06:24En résumé, bref.
06:26Alors, ce qui est étonnant, effectivement, c'est que tout le monde le soutient.
06:30Qu'il avait lui-même fustigé le Chemsex, pardon, il y a 2-3 jours.
06:38Une pétition, il avait signé.
06:40Et puis, il y a Inter-LGBT, M. Lucien, je ne sais pas si vous savez ce qu'on appelle l'LGBT.
06:48Oui, oui.
06:49Qui a dit, nous apportons notre soutien à M. Kerbra,
06:51qui est victime d'un harcèlement homophobe absolument crasse et inacceptable.
06:55Alors, moi, je ne connais pas l'orientation sexuelle de M. Kerbra, mais...
06:59Je vais lui faire un petit message à ce monsieur.
07:02Si pour aller tirer un coup, il est obligé de prendre des cachets, c'est un pauvre type.
07:06Voilà. Terminé.
07:10Alors, je vais être le modérateur que je suis, effectivement,
07:14essayer de mettre en perspective cette phrase de Lucien, qui est un de nos auditeurs.
07:20Non, mais, aujourd'hui, alors, ce que vous dites sérieusement,
07:25c'est qu'il y a des addictions, d'abord à la drogue, mais aussi au sexe, parfois, dans certains,
07:30dans tous, j'imagine, dans tous les milieux.
07:32Et vous avez certaines personnes qui, effectivement, prennent des produits, tout simplement, dopants,
07:37pour être plus performants.
07:40Lucien, ce n'est pas simplement une aventure, dans ces cas-là.
07:45C'est une sorte de marathon de sexe qui est mis en place.
07:49Et on avait découvert le Chemsex à l'occasion de l'affaire Palmade.
07:53On s'était rendu compte qu'il y a des gens qui se réunissent et qui, pendant 48 heures,
07:57n'arrêtent pas.
07:59Je vais utiliser cette...
08:01J'avais imaginé une autre expression, mais elle n'est pas très correcte.
08:04Mais qui sont dans une addiction au sexe.
08:09Lucien.
08:10Oui.
08:12C'est un principe de l'addiction.
08:15Moi, je peux faire l'amour pendant 24 ans, mais je n'ai pas besoin de prendre des pilules,
08:19de prendre des machins, ni de boire.
08:21Je ne pense pas que vous puissiez faire l'amour pendant 24 heures.
08:24Personne ne peut faire l'amour pendant 24 heures, Lucien.
08:26Présentez-moi une copine, elle vous dira le résultat.
08:33C'est un beau témoignage.
08:38Je pense que demain, à 6h15, parce que M. Tessier, que j'écoute tous les matins à 6h15,
08:44il prend parfois la substantifique moelle.
08:47Je résume l'émission à ma manière.
08:49Et là, je pense que Lucien va avoir le droit à sa chronique.
08:53C'est cadeau, Lucien, c'est pour vous.