00:00– Bonsoir Maître Assous, vous êtes l'avocat de Gérard Depardieu quand même,
00:02si l'on suit les conclusions du rapport, c'est quand même plutôt accablant pour le comédien.
00:08Il y a des propos d'ailleurs qui ont été tenus encore plus obscènes par Gérard Depardieu
00:12et qui ont été coupés volontairement par complément d'enquête,
00:14c'est ce que dit ce rapport et puis surtout c'est bien à la fillette
00:18que l'acteur s'adressait lorsqu'il a tenu ces propos grossiers et crus.
00:23– Alors merci de m'inviter parce que je sais que j'aurai un peu de temps,
00:29donc je vais pouvoir reprendre toutes les fausses informations
00:32et les fausses interprétations que vous venez de faire
00:36et qui ont pour origine un article du malheureux Benoît Daragon
00:40qui à la fin de mon analyse… – C'est du parisien.
00:42– Du parisien qui à la fin de mon analyse, à la fin de mes explications, sera bien ridicule.
00:49Déjà les extraits du constat d'Huissier qui vient d'être publié dans le Parisien
00:54ce sont exactement les mêmes que ceux que les extraits qui ont été publiés
00:58dans France Info au mois de janvier.
01:00– C'est un rapport qui date de décembre.
01:02– Et c'est grâce à ces extraits que nous avons obtenu gain de cause
01:05tant au tribunal judiciaire qu'à la cour d'appel de Paris
01:08qui reconnaît qu'il y a un caractère fictif dans cette œuvre, pourquoi ?
01:13Pas par rapport à ce qu'on a vu, quand on regarde le complément d'enquête,
01:17les extraits du complément d'enquête, on se dit,
01:19puisque c'est présenté sans filtre ni rien, on se dit que c'est de l'information,
01:23c'est comme si on avait mis une caméra, un caméscope et qu'on filmait,
01:26genre de par Dieu limite en caméra cachée.
01:27Sauf que j'ai un certain nombre de documents qui établissent
01:31qu'il y a une œuvre de fiction, donc une œuvre cinématographique,
01:37long métrage, avec Yann Moix comme réalisateur, avec comme titre 70,
01:41pour les 70 ans de Gérard Depardieu et les 70 ans de la Corée du Nord,
01:45et une acquisition des droits de l'artiste interprète qu'est Gérard Depardieu.
01:51Donc il y a un certain nombre de contrats, de cessions de droits
01:54puisque ça a toujours été une œuvre de fiction pour le producteur,
01:57ça c'est le premier point.
01:58– Attendez, pour que je comprenne bien, quand vous dites œuvre de fiction,
02:00Gérard Depardieu a bien tenu ses propos, mais c'est des propos de fiction,
02:05c'est là qu'on lui a dit de dire ça.
02:07– Exactement, donc on n'a jamais contesté le fait qu'il ait tenu ses propos.
02:10– Donc c'est un dialogue en fait, qu'il a appris.
02:11– Exactement, donc Gérard Depardieu a tenu ses propos,
02:14comme il a tenu des propos tout aussi obscènes dans Tenue de soirée
02:18ou dans Les Valseuses.
02:20La tromperie, là où il y a un montage illicite,
02:24où là ils en répondent le 6 mai devant le tribunal correctionnel,
02:26la raison pour laquelle la cour d'appel de Paris nous donne raison sur 19 pages,
02:30fait droit à l'intégralité de nos demandes.
02:33La tromperie a eu lieu et on pouvait s'interroger
02:37pour savoir si France Télévisions était complice ou pas.
02:39C'est que le producteur a vendu ça comme de l'information.
02:43Donc vous prenez ça comme étant des images issues d'un reportage
02:48et donc comme si c'était une information,
02:50vous les diffusez dans un magazine d'information,
02:53vous êtes spectateur, vous croyez que c'est de l'information
02:55et vous vous dites comment on peut avoir de tels propos ?
02:57Exactement de la même manière.
02:59– Attendez, Jérémy Assous, pour que ceux qui nous regardent comprennent bien,
03:03Gérard Depardieu était dans un rôle comme il a tenu Cyrano de Bergerac.
03:07– Exactement, plutôt comme Michel Houellebecq joue son propre rôle
03:11dans l'enlèvement de Michel Houellebecq.
03:12– Ça veut dire qu'il y avait un scénario, un dialogue.
03:15– Mais bien évidemment, il y a tout un travail fait par Yann Moix
03:18qui est considéré comme le réalisateur, qui a fait 6 semaines de montage.
03:24Donc il y a une œuvre et d'ailleurs…
03:26– C'est pas en dépit du fait que Yann Moix lui-même dise à l'issue du truc
03:29c'est un documentaire que je viens de réaliser.
03:32– Non, Yann Moix dit à plusieurs reprises et c'est son terme,
03:35c'est un docu-fiction, il a le droit de qualifier ça comme ça
03:39mais juridiquement c'est une fiction et j'en veux pour preuve,
03:43c'est que le producteur qui est un spécialiste,
03:45qui lui fait des documentaires toute la journée,
03:48qui arrive depuis 2002, veut acquérir les droits d'interprétation de Gérard Depardieu,
03:52il ne veut pas acquérir les droits à l'image de Gérard Depardieu.
03:54– Qui a écrit le dialogue ?
03:55– C'est tout un travail de scénarisation fait par Yann Moix,
03:59il y a 4 cahiers de plans-séquences de travail,
04:03c'est un travail préparatoire de Yann Moix.
04:04Donc la justice a reconnu que c'était fictif,
04:07donc si vous voulez, vous pouvez toujours remettre en doute ou dire…
04:10– Je ne mets pas en doute, je donne votre version de l'effet.
04:12– Vous pouvez présentement le présenter, vous n'êtes pas le plus amontoyant,
04:15vous pouvez le présenter comme disant que c'est la défense qui soutient ça,
04:18ce n'est plus la défense, c'est la justice.
04:20Deuxième élément très important,
04:22le constat d'Huissier nous donne entièrement raison,
04:26et même le papier, c'est pour ça que c'est gênant pour Benoît Daragon du Parisien,
04:30et vous-même, c'est que si vous lisez l'intégralité du papier du Parisien,
04:34il est écrit qu'en effet, il tiendrait ses propos à l'encontre de la jeune fille, etc.
04:41– D'une fille, oui.
04:42– Pourquoi ? Parce que il n'y existe à ce moment-là sur l'image
04:47que des cavaliers d'apparence masculine.
04:51Vous pouvez lire juste après la phrase ?
04:53– Oui, il faut que je la retrouve.
04:55– Eh bien, je voulais dire qu'on va gagner du temps,
04:57vous avez des cavaliers d'apparence masculine qui entrent en premier plan.
05:01– Oui, qui entrent en premier plan, je l'ai bien fait.
05:02– Pourquoi ? Parce que vous regardez, et là, la régie va diffuser des images.
05:06– Oui, vous allez apporter des images de la scène.
05:09– C'est des photos issues de compléments d'enquête,
05:10je les remercie de me permettre de les exploiter,
05:13puisque nous sommes dans le cadre d'une émission d'information,
05:15donc je n'ai pas besoin de leur autorisation.
05:17– Regardons ces images.
05:17– Regardez l'image numéro une, vous avez premier plan, deuxième plan,
05:21et j'ai volontairement entouré ce qu'il y avait au second plan.
05:25Au second plan, vous avez une cavalière d'une trentaine d'années.
05:27– À côté de la fillette alors.
05:28– À côté de la fillette, qui elle, est sur un poney,
05:30qui n'est pas sur un cheval, mais un poney, et cette dernière est au trou.
05:34Puis vous avez une deuxième image, je l'ai mise uniquement
05:37pour qu'on puisse voir la tête du cheval,
05:39donc c'est un cheval qui a une tête qui est blanche,
05:44avec au niveau de sa muselière, qui est grise.
05:47Et là, vous avez la troisième image, c'est très important,
05:50où c'est le constat du sier, et le constat du sier,
05:53vous voyez, il est superbe, parce que là,
05:55on n'est plus au second plan, on est au premier plan,
05:59donc on a fait ce qu'on appelle un focus, un zoom.
06:01Et en effet, je suis complètement d'accord avec Lucier,
06:04il n'y a que des cavaliers d'apparence masculine sur cette image,
06:07et donc sur cette séquence.
06:09Vous prenez cette image qui est très importante,
06:11c'est que vous regarderez que le cheval, la tête du cheval,
06:15est grise et un peu blanche, mais n'est pas totalement blanche,
06:18celle du cavalier.
06:19Et vous prenez la quatrième image,
06:21là, vous avez la parole de Gérard Depardieu sur soi-disant la fillette,
06:26et vous n'avez, bien évidemment, que celui qui tire le poney,
06:30et la petite.
06:32Et la dernière image qu'on a réussi à capter du complément d'enquête,
06:37c'est que vous avez une tête de cheval qui ressemble étrangement...
06:42– Donc ça, c'est la jeune femme, on l'a vu dans la première image.
06:45– Et donc, quand vous repassez à l'image numéro 3,
06:48vous voyez qu'en effet, au premier plan,
06:51il n'y a que des cavaliers ou des hommes.
06:54Mais si vous étiez au second plan, il est inéluctable
06:58que c'est bien la cavalière qui est derrière.
07:02Raison pour laquelle ils n'ont rien supprimé
07:04pour faire plaisir à Gérard Depardieu.
07:06– Mais ça veut dire que lui-ci n'a pas fait son boulot, alors ?
07:08– Mais lui-ci a très bien fait son travail, lui-ci.
07:10– Non, on ne se le dit pas ça, lui-ci, il n'y a pas de femme devant.
07:12– Non, non, non, il précise bien en premier plan.
07:15Maintenant, j'aimerais avoir l'intégralité du constat,
07:18et de voir ce qu'il décrit.
07:19– Vous ne l'avez pas, vous, le rapport ?
07:21– Le rapport, je ne l'ai pas encore,
07:22mais ils sont obligés de me le donner, c'est 1 500 euros par jour d'astreinte.
07:26– Donc, ils l'ont donné aux journalistes, ils ne l'ont pas donné à vous.
07:28– Ils ont fait un mauvais contre-feu en utilisant un idiot utile qu'est Daragon,
07:32en faisant ça, donc on dirait…
07:34– Maintenant, pour faire cette analyse-là,
07:36vous êtes basé sur quelles images ?
07:38Celle du complément d'enquête ?
07:39– Celle du complément d'enquête.
07:40– Et vous réussissez, laissez-moi terminer ma question,
07:43vous avez donc une analyse qui est différente de celle de lui-ci,
07:45à partir des seules images du complément d'enquête,
07:48sauf que lui, il a les rushs, il a toutes les images.
07:50– Non, vous n'avez pas l'intégralité du constat, monsieur,
07:53vous avez qu'un extrait, et un passage qui parle de ce qui se passe au premier plan.
07:57Je suis d'accord avec Lucier, au premier plan,
08:00il y a bel et bien un enfant sur un poney,
08:02qu'est-ce qu'il y a au second plan ?
08:04On ne vous le dit pas, par contre, moi j'ai mon image numéro 5,
08:07parce qu'ils ont mal fait leur montage, ils ont mal coupé,
08:10ce ne sont pas des professionnels, ils sont plutôt mauvais,
08:12qu'est-ce qu'ils ont fait ?
08:13On se rend compte qu'il y a la tête du cheval de la cavalière au second plan,
08:18donc ça correspond parfaitement avec ce que nous avons toujours soutenu,
08:21et c'est la raison pour laquelle nous avons obtenu gain de cause
08:23d'un accord d'appel, c'est grâce à ces extraits du constat d'Lucier
08:26que nous avons obtenu gain de cause d'un accord d'appel.
08:27– La cour d'appel parle de soupçons, la cour d'appel parle de soupçons uniquement.
08:32– Mais bien évidemment, l'accord d'appel…
08:33– Si ces éléments sont insuffisants pour établir qu'un montage a été effectué,
08:37il constitue cependant des indices permettant d'étayer les soupçons
08:40de monsieur Depardieu.
08:41– Alors, excusez-moi, mais en matière judiciaire,
08:43à partir du moment où vous avez des indices,
08:45si j'étais dans le cadre d'une information judiciaire, il serait mis en examen.
08:48– Ce n'est pas le cas.
08:49– Mais c'est normal, je ne suis pas en matière d'information judiciaire,
08:51je suis en civil, par contre, le 6 mai, je suis au pénal.
08:55Maintenant, dernier point, non c'est très important monsieur…
08:56– Non, on va s'arrêter là, mais une question à vous poser Jérémy, à tous,
09:00dans cette affaire, il n'y a pas de plainte, ça s'est passé en Corée du Nord,
09:04donc finalement, il n'y aura pas de procès sur les propos tenus par Gérard Depardieu,
09:10on est d'accord Vincent Montaiguen ?
09:11– Non, alors il y a eu une avocate qui a fait un signalement au parquet de Paris,
09:15le parquet de Paris n'a pas ouvert d'enquête,
09:17estimant que c'était des propos qui avaient été tenus en 2018,
09:20si on s'en réfère à la date, en Corée du Nord,
09:22et qu'on n'avait pas de victime identifiée,
09:24donc il n'y a pas d'enquête ouverte sur ces propos.
09:26– Donc, qu'est-ce que vous voulez démontrer ?
09:27Parce que de toute manière, Gérard Depardieu ne sera jamais inquiété
09:29pour ces propos, qu'ils soient vrais ou non, c'est sa réputation qui est en jeu.
09:33– Mais monsieur Gérard Depardieu a été mis en examen dans l'affaire
09:36dite de Charles Talnoud, qui va aboutir véritablement…
09:39– Oui, ça c'est une autre affaire, une affaire de viol.
09:40– Oui, une affaire de viol, dont la plaignante a accusé cette personne
09:45de l'avoir violée, je suis désolé, la crédibilité de la parole de cette dernière n'est pas grand-chose.
09:49– Non, mais on n'est pas là pour en parler, je veux simplement dire,
09:50là dans cette affaire, c'est quoi ? C'est l'image de Gérard Depardieu ?
09:53– C'est grâce à cette affaire, c'est grâce au complément d'enquête
09:55qu'on a détruit l'image de Gérard Depardieu,
09:59et ils n'ont absolument pas supprimé les passages les plus graveleux,
10:03ils ont supprimé les passages dans la scène du Hara où il faisait expressément référence
10:09à la cavalière, quand il disait, c'est bien madame, c'est une grande dame, etc.
10:12Donc c'est un montage illicite et c'est une infraction pénale, l'article 220…
10:16– Dont vous les condamnez au complément d'enquête ?
10:18– Mais ils sont déjà poursuivis, on va les condamner,
10:20et on va obtenir des dommages d'intérêt, et on demande la modique somme
10:23de 3,5 millions d'euros pour Yann Moix et Gérard Depardieu.
10:27– Un dernier mot, comment va Gérard Depardieu, vous dites qu'il a été détruit ?
10:30– Mais il a été détruit puisqu'on lui a prêté des propos pédophiles,
10:34mais en plus on lui a prêté des pensées pédophiles, et c'est scandaleux,
10:40parce que Gérard Depardieu est quelqu'un d'extrêmement généreux,
10:42très respectueux, et qui n'a jamais eu de telles pensées, pulsions, explications,
10:48donc c'est monstrueux, imaginez que je vous prête moi des propos pédophiles,
10:53et que vous disiez, il y a 10 millions de personnes qui le croient,
10:56dans quel état vous seriez ?
10:58Donc maintenant, il est très satisfait, parce que contrairement aux journalistes,
11:03à part, et je le salue, Cyril Hanouna qui nous a donné la parole,
11:06– On vous donne la parole ici sur BFF TV aussi.
11:08– Merci, mais je vous salue, mais je vous remercie,
11:10je dis à part vous et Cyril Hanouna, tout le monde est allé dans le sens
11:14du complément d'enquête par solidarité vis-à-vis de France Télévisions,
11:17alors que quand on analyse calmement et en écoutant les éléments,
11:21on voit qu'ils ont systématiquement été déboutés,
11:25et qu'on a systématiquement gagné.
11:27Tribunal judiciaire, cour d'appel de Paris.
11:29– Oui, bien sûr.
11:30– Merci Jérémy Assouz, merci.
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