00:00Elle va se déplacer dans la ville, elle va marcher, on va pouvoir la croiser, elle devient
00:23une passante.
00:24Une passante ordinaire, un peu comme on peut avoir une voisine, une soeur, une mère, on
00:28va croiser, elle va déambuler, elle a ses lunettes de soleil, elle se déplace naturellement.
00:32C'est un peu cette sensation-là, c'est de pouvoir se dire qu'elle habite notre ville
00:35et d'aller les coller dans d'autres endroits pour qu'on ait la sensation que toutes ces
00:38femmes-là, comme on est une sur trois à avoir subi des violences, elle fait partie
00:41de notre environnement, on fait toute partie de cet environnement.
00:43Je trouve ça hyper important d'en parler et de mettre cette personne en avant, alors
01:00je ne sais pas ce qu'elle en pense, mais en tout cas, moi je trouve ça hyper important
01:05de pouvoir passer dans les rues et que ça fasse écho quand même à cette affaire même
01:10si elle est horrible.
01:11Je trouve que c'est bien qu'on mette son portrait, que les gens connaissent son visage
01:15parce qu'elle a eu le courage que son procès ne soit pas fait à huis clos et que, voilà,
01:19ce que je disais, c'est que là on change de camp.
01:21Finalement, à un moment donné, comme je me suis rendu compte que le groupe grandissait
01:39et que la personne à l'origine du projet, c'était moi, mais que la raison pour laquelle
01:42j'avais fait ce projet-là, c'était aussi contre mes propres violences que j'avais
01:45subies, je me suis dit, je vais rentrer dans cette série.
01:47Le portrait de moi, c'est la personne qui tombe et qui se relève, qui est la situation
01:52que j'ai vécue dans l'espace public et du coup, je me suis dit, je vais faire ce
01:55portrait-là qui est peut-être une sorte de manière de revivre l'instant et de transformer.
01:59Je suis allé le coller sur le lieu de mon agression en banlieue parisienne avec ma mère.
02:09C'est ça, c'est ça, c'est ça, c'est ça.
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