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GRAND DÉBAT / Israël/Iran : la menace d'une guerre régionale
« Le récap » par Bruno Donnet
Mardi 1er octobre, Téhéran a tiré près de 200 missiles balistiques en direction de l'Israël, une offensive deux fois plus importante que celle d'avril 2024. Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, a jugé « totalement inacceptable » cette attaque, précisant que « le monde entier doit la condamner ». Les Etats-Unis, épaulés par la France, ont affiché leur soutien à la défense aérienne israélienne qui a intercepté une grande partie des missiles. L'Elysée a indiqué que « La France a mobilisé aujourd'hui ses moyens militaires au Moyen-Orient pour parer la menace iranienne », a rapporté Le Monde. Face à ces tensions extrêmes au Proche-Orient, le G7 s'est empressé de se réunir lors d'une réunion téléphonique dans la journée afin d'échanger sur le risque d'escalade. Un conflit régional est-il imminent ?
Invités :
- Vincent Hugeux, enseignant à Sciences Po et ancien grand reporter,
- Adel Bakawan, chercheur associé à l'IFRI et à l'iReMMO,
- Mahnaz Shirali, sociologue, politiste spécialiste de l'Iran,
- Général Jean-Paul Paloméros, ancien chef d'état-major de l'Armée de l'air, ancien commandant de la transformation de l'OTAN.
INTERVIEW FRANC-PARLER/ Karim Bouamrane : le socialiste qui monte ?
Une du « New-York Times », portrait de la dernière page de « Libération »... Depuis que sa ville a accueilli le village olympique, Karim Bouamrane est partout et attire les feux médiatiques. Une notoriété soudaine qui contrarie aussi parfois jusque dans son propre camp : le maire de Saint-Ouen a été sifflé au campus d'été du Parti Socialiste lorsque Clémentine Autain a mentionné son nom. Un temps pressenti pour Matignon, Karim Bouamrane lance son propre mouvement, « la France humaine et forte ». Jusqu'où le conduira sa liberté auto-revendiquée ?
Grand invité : Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen-sur-Seine
LA QUESTION QUI FÂCHE / Michel Barnier est-il un « faux gentil » ?
- Michaël Darmon, éditorialiste à i24News,
- Hadrien Brachet, journaliste politique à « Marianne »,
- Elsa Mondin-Gava, journaliste LCP.
Ça vous regarde, votre rendez-vous quotidien qui prend le pouls de la société : un débat, animé par Myriam Encaoua, en prise directe avec l'actualité politique, parlementaire, sociale ou économique.
Un carrefour d'opinions où ministres, députés, élus locaux, experts et personnalités de la société civile font entendre leur voix.
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« Le récap » par Bruno Donnet
Mardi 1er octobre, Téhéran a tiré près de 200 missiles balistiques en direction de l'Israël, une offensive deux fois plus importante que celle d'avril 2024. Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, a jugé « totalement inacceptable » cette attaque, précisant que « le monde entier doit la condamner ». Les Etats-Unis, épaulés par la France, ont affiché leur soutien à la défense aérienne israélienne qui a intercepté une grande partie des missiles. L'Elysée a indiqué que « La France a mobilisé aujourd'hui ses moyens militaires au Moyen-Orient pour parer la menace iranienne », a rapporté Le Monde. Face à ces tensions extrêmes au Proche-Orient, le G7 s'est empressé de se réunir lors d'une réunion téléphonique dans la journée afin d'échanger sur le risque d'escalade. Un conflit régional est-il imminent ?
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- Adel Bakawan, chercheur associé à l'IFRI et à l'iReMMO,
- Mahnaz Shirali, sociologue, politiste spécialiste de l'Iran,
- Général Jean-Paul Paloméros, ancien chef d'état-major de l'Armée de l'air, ancien commandant de la transformation de l'OTAN.
INTERVIEW FRANC-PARLER/ Karim Bouamrane : le socialiste qui monte ?
Une du « New-York Times », portrait de la dernière page de « Libération »... Depuis que sa ville a accueilli le village olympique, Karim Bouamrane est partout et attire les feux médiatiques. Une notoriété soudaine qui contrarie aussi parfois jusque dans son propre camp : le maire de Saint-Ouen a été sifflé au campus d'été du Parti Socialiste lorsque Clémentine Autain a mentionné son nom. Un temps pressenti pour Matignon, Karim Bouamrane lance son propre mouvement, « la France humaine et forte ». Jusqu'où le conduira sa liberté auto-revendiquée ?
Grand invité : Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen-sur-Seine
LA QUESTION QUI FÂCHE / Michel Barnier est-il un « faux gentil » ?
- Michaël Darmon, éditorialiste à i24News,
- Hadrien Brachet, journaliste politique à « Marianne »,
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🗞
NewsTranscription
00:00Générique
00:05Bonsoir et bienvenue, très heureuse de vous retrouver dans Savourgarde.
00:10Ce soir, l'escalade au Proche-Orient.
00:13Après la pluie de missiles tirés par l'Iran sur Israël cette nuit,
00:17l'État hébreu promet une riposte militaire.
00:20Des combats intenses sont en cours au Liban.
00:23La guerre régionale est-elle en marche ?
00:26Grand décryptage dans un instant avec mes invités sur ce plateau.
00:29Une autre gauche est-elle possible ?
00:32Notre invité ce soir espère que la social-démocratie va se frayer un chemin
00:37avec le retour de la droite au pouvoir.
00:40Il est la personnalité montante au PS.
00:43Son nom a même circulé pour Matignon Interview.
00:46Franck Parley avec Karim Ouamran, le maire de Saint-Ouen,
00:49qui lance son mouvement demain.
00:51Enfin, la question qui fâche ce soir.
00:54Michel Barnier est-il un faux gentil ?
00:57Le Premier ministre a distribué les baffes hier soir
01:00après son discours de politique générale tire-croisé
01:03avec nos chroniqueurs à la fin de cette émission.
01:06Voilà, ça vous regarde, vous avez le programme. C'est parti !
01:20Quand et comment ripostera Israël,
01:23rarement la menace d'un conflit régional global,
01:26au Proche-Orient, n'a été aussi forte
01:28après la pluie de missiles iraniens qui s'est abattue hier soir
01:31sur l'Etat hébreu.
01:32Israël intensifie son opération militaire au Liban.
01:35Le Hezbollah réplique dans un engrenage
01:37que personne n'arrive à contenir pour le moment.
01:40Quels sont les scénarios possibles dans les jours qui viennent ?
01:44Bonsoir, général Palomero.
01:46Bonsoir.
01:47Merci d'être là, Jean-Paul Palomero,
01:49ancien chef d'état-major de l'armée de l'air,
01:51ancien commandant de la transformation de l'OTAN.
01:54Bonsoir, Manas Shirali.
01:56Bienvenue sur ce plateau.
01:58Vous êtes sociologue, politiste et spécialiste de l'Iran.
02:01Votre dernier ouvrage,
02:02Fenêtres sur l'Iran, le cri d'un peuple baïonné,
02:05c'est aux éditions Les Pérégrines.
02:07Bonsoir, Adèle Bakawan.
02:09Bienvenue sur ce plateau.
02:11Vous êtes chercheure associée à l'Ifri et à l'Iremo.
02:14Bonsoir, Vincent Hugeux,
02:16grand reporter, enseignant à Sciences Po
02:18et spécialiste de cette région.
02:20Avant de vous entendre, le bilan, les faits,
02:23les dernières images dans le récap de Bruno Donnet.
02:36Bonsoir, Bruno.
02:37Bonsoir, Myriam.
02:38Dans votre récap, ce soir, une riposte et un grand péril.
02:41Oui, il était un peu plus de 18h30 hier soir
02:44lorsqu'une riposte d'une ampleur absolument inédite
02:47s'est abattue sur Israël.
02:51Une pluie de missiles lancés par l'Iran
02:54s'abat sur tout le pays.
02:57Des cris de panique dans les rues de Tel Aviv.
03:00Et les sirènes d'alerte qui retentissent sans discontinuer.
03:07L'Iran a procédé au tir d'au moins 180 missiles.
03:11Alors pourquoi ?
03:12Pour venger cet homme, Hassan Nasrallah,
03:15le chef du Hezbollah tué vendredi dernier
03:17dans une offensive israélienne au Liban.
03:20Hier soir, Téhéran s'est largement félicité
03:23de ces bombardements, tout en menaçant
03:25de frapper Israël encore plus fort.
03:28L'opération de cette nuit sera répétée
03:31à une échelle beaucoup plus grande
03:33et toutes les infrastructures seront frappées.
03:36Voilà, la communication iranienne a été massive
03:39puisqu'après, le chef d'état-major
03:41que vous venez tout juste d'entendre,
03:43c'est le commandant de l'armée islamique
03:45cette fois-ci mis en scène devant les caméras
03:47de la télévision d'état.
03:55Alors pour bien comprendre cette séquence-là,
03:58il faut avoir en tête une autre image.
04:00Celle-ci, cette photo que Benjamin Netanyahou
04:03a fait circuler ce week-end
04:05et qui le montre au moment très précis
04:07où il donne l'ordre d'abattre Hassan Nasrallah.
04:10Alors donc l'Iran et Israël se rendent coup pour coup.
04:13Quel est le risque pour la région ?
04:15Alors le risque, Myriam, il est simple.
04:17C'est celui d'une guerre totale au Moyen-Orient.
04:19Vous vous souvenez peut-être de cette déclaration
04:22qu'Emmanuel Macron a faite jeudi dernier à l'ONU.
04:25Il ne doit pas, il ne peut pas y avoir de guerre au Liban.
04:31C'est pourquoi nous appelons avec force
04:36Israël à cesser l'escalade au Liban
04:40et le Hezbollah à cesser les tirs vers Israël.
04:45Eh bien, six jours plus tard, la guerre est au Liban.
04:48Le Hezbollah n'a jamais autant tiré vers Israël.
04:51Quant à Benjamin Netanyahou,
04:53il n'a manifestement pas la plus petite intention
04:55d'en rester là.
04:57Ce soir, l'Iran a commis une grave erreur
05:00et il la paiera.
05:02Le régime de Téhéran n'a pas compris
05:04notre détermination à nous défendre
05:06et à faire payer tous nos ennemis.
05:09Israël veut tout simplement affaiblir l'Iran
05:12et entend bien profiter de l'occasion qui lui est offerte
05:14pour détruire à la fois ses infrastructures militaires,
05:17pétrolières, mais surtout nucléaires
05:20et le tout avec le soutien sans équivoque des Etats-Unis.
05:23Ne vous y trompez pas,
05:25les Etats-Unis soutiennent pleinement,
05:27pleinement, pleinement Israël.
05:29Rien ne semble donc pouvoir stopper
05:31l'embrasement du conflit,
05:33rien et surtout pas la diplomatie,
05:35ce dont s'est désolé Dominique de Villepin.
05:38La diplomatie européenne et la diplomatie américaine
05:42sont en congé, elles sont absentes.
05:45Une diplomatie inaudible,
05:47un soutien américain fouli-fouli à Israël
05:50et des ripostes militaires jamais observées.
05:52Le risque d'escalade au Moyen-Orient, Myriam,
05:55n'a jamais été aussi fort que ce soir.
05:57Merci, merci beaucoup Bruno
05:59pour ce tour d'horizon très complet ce soir.
06:01Général Palomero, on va revenir d'abord
06:03sur cette attaque d'ampleur
06:05de l'Iran sur Israël hier soir
06:07quand on regarde la carte
06:09des points d'impact, on va l'avoir,
06:11de ces missiles iraniens.
06:13On s'est dit déjà, comment expliquer
06:15que les dégâts soient limités ?
06:17Un mort seulement, d'ailleurs, un Palestinien
06:19en Cisjordanie.
06:21Est-ce que c'est le dôme de fer ?
06:24Est-ce que c'est la guerre aérienne
06:26qui a marché ?
06:28Oui, en partie.
06:30Un premier point, effectivement,
06:32cette attaque n'a rien de commun,
06:34on l'a bien compris, avec l'attaque précédente
06:36qui était téléphonée, entre guillemets,
06:38qui employait différents types
06:40d'armes,
06:42quelques missiles, mais aussi
06:44des missiles aux croisières, ça va beaucoup moins vite,
06:46et des drones, ça va encore moins vite.
06:48Donc là, on est sur du balistique.
06:50Cette fois-ci, et donc ça a permis
06:52effectivement d'intercepter
06:54cette première attaque,
06:56100 % ou quasiment 100 %,
06:58avec différentes contributions.
07:00Là, c'est pas le cas du tout.
07:02Là, l'Iran emploie ce qu'elle a
07:04pratiquement de mieux dans son inventaire,
07:06parce qu'elle a perdu beaucoup
07:08de capacités militaires,
07:10du fait des embargos et autres,
07:12donc elle s'est construite un peu à l'image
07:14de la Corée du Nord, il y a une similitude.
07:16D'ailleurs, il y a des missiles qui sont
07:18très similaires, très voisins, très cousins,
07:20et donc l'Iran a décidé
07:22d'utiliser ces missiles balistiques
07:24avec toute une gamme,
07:26sans doute pas les derniers
07:28nés qu'ils qualifient d'hypersoniques,
07:30mais quand même, donc cette attaque
07:32aurait dû être meurtrière, incontestablement.
07:34Il n'y a pas de doute là-dessus.
07:36Pourquoi elle ne l'a pas été ?
07:38D'abord parce que les Israéliens
07:40et les Américains qui les soutiennent
07:42ont mis en place un système de défense
07:44anti-missiles balistiques.
07:46Ce n'est pas Iron Dome, c'est juste un détail.
07:48Iron Dome, c'est vraiment la protection approchée.
07:50Au-dessus, vous avez la fronte
07:52de David, David Sling,
07:54qui lui couvre un théâtre,
07:56mais c'est pas non plus performant
07:58contre des vrais missiles balistiques,
08:00c'est plus que les fameux systèmes Arrow,
08:02les flèches, Arrow 2 et Arrow 3,
08:04pour protéger.
08:06Ca veut dire qu'ils protègent l'espace
08:08avec un nombre limité
08:10quand même de systèmes d'armes.
08:12Évidemment, la menace de missiles balistiques
08:14est plus difficile
08:16à contrer, d'autant plus qu'ils viennent
08:18de loin, d'autant plus qu'ils vont vite.
08:20Ca veut dire qu'il y a eu des avions de chasse américains
08:22qui ont intercepté
08:24des missiles iraniens ?
08:26Non, justement, ça, c'est pas possible.
08:28Aujourd'hui, c'est pas possible.
08:30Il n'y a pas de capacité
08:32connue à notre... Peut-être que les Américains
08:34en développent, mais de capacité
08:36antimissile balistique tirée à partir
08:38d'avions, ce qui rend l'exercice
08:40beaucoup plus difficile.
08:42Il y a forcément
08:44une partie de réussite
08:46pour les Israéliens. Cette attaque
08:48aurait dû faire des morts, c'est pas le cas, tant mieux.
08:50Il y a beaucoup de sites
08:52au sol, parce qu'il y a des briques qui tombent.
08:54Les missiles balistiques, c'est important
08:56aussi à comprendre, ont des précisions
08:58qui varient
09:00beaucoup en fonction de leur génération.
09:02L'Iran utilise encore
09:04des missiles d'ancienne génération qui n'étaient pas précis
09:06du tout. Dans la dernière génération,
09:08comme c'est le cas à peu près dans toutes les grandes puissances,
09:10on atteint des précisions
09:12de l'ordre de quelques centaines de mètres.
09:14Donc, avec la possibilité, effectivement,
09:16d'attaquer des cibles ciblées.
09:18Alors, moi, je crois pas
09:20du tout que l'Iran ait voulu faire un cadeau
09:22à Israël en ciblant
09:24n'importe quoi. Je pense que
09:26c'est... D'abord, l'Iran atteint ses limites,
09:28sans doute, en termes militaires,
09:30en utilisant cette tactique
09:32ou cette stratégie. Secondo,
09:34pour des raisons
09:36qui nous appartiennent de débattre,
09:38ils n'ont pas
09:40fait de demi-mesure.
09:42Ils rentrent dans une autre
09:44phase, à mon sens,
09:46et donc une autre stratégie.
09:48Justement, Manas Shirali,
09:50beaucoup d'experts, on a fait des débats
09:52ici depuis 15 jours,
09:54depuis les offensives à l'intérieur du Liban
09:56contre le Hezbollah.
09:58Beaucoup d'experts pensaient
10:00que depuis qu'il y a eu ces attaques
10:02ciblées sur les quatre du Hezbollah,
10:04la mort d'Hassan Nasrallah,
10:06le régime des molas était en train de lâcher
10:08le Hezbollah. Beaucoup pensaient
10:10qu'il n'y aurait pas une forme
10:12de dissuasion avec une riposte.
10:14Que savez-vous de cette décision du régime ?
10:16Est-ce que les molas sont
10:18divisés ? Est-ce qu'ils
10:20ne pouvaient pas faire autrement ?
10:22Et à qui s'adressent-ils en priorité
10:24avec cette attaque ?
10:26Je ne suis pas dans le secret des dirigeants
10:28iraniens, comme vous pouvez vous en douter.
10:30Mais je ne fais que
10:32lire les cartes qui sont jetées à table.
10:34Donc, comme on voit,
10:36pendant 45 ans, ils ont
10:38frappé sur le tambour de la guerre
10:40et là, ils n'avaient absolument
10:42aucune envie d'entrer véritablement
10:44en guerre, parce que la République islamique,
10:46contrairement à ce que les experts disent,
10:48ce n'est pas une grande puissance,
10:50c'est une nuisance.
10:52C'est très différent. Même l'armée
10:54iranienne, même le Qods,
10:56les Pasterans,
10:58ils ne sont pas assez forts. Vous savez pourquoi ?
11:00Parce qu'ils n'ont pas le soutien des
11:02Iraniens. Une armée,
11:04un État qui n'a pas le soutien
11:06de son peuple est forcément
11:08un État faible.
11:10Mais on peut dire que c'est la ligne dure qu'il a emportée.
11:12Il fallait riposter, rétablir,
11:14même si c'est inégal, une forme
11:16de dissuasion.
11:18Ils n'avaient pas d'autre choix, parce qu'ils étaient
11:20en perte totale
11:22de leur proxy et ils ne voulaient
11:24pas les perdre à 100 %, parce que
11:26j'ai entendu très souvent les
11:28arabophones, les libanais
11:30et les palestiniens qui disaient
11:32que la République islamique nous a lâchés.
11:34Et la République islamique devait quand même
11:36montrer qu'il est
11:38assez capable de faire quelque chose,
11:40mais ce qu'ils ont fait, étant donné
11:42qu'ils n'ont absolument pas... Tant mieux !
11:44Ils n'ont pas réussi à
11:46cibler quoi que ce soit en Israël,
11:48tant mieux, mais cela dit,
11:50ça dévoile à quel point
11:52la République islamique est faible.
11:54Il y avait aussi une forme d'adresse aux populations
11:56en Iran qui, on le sait, défient
11:58le régime et à quel prix depuis
12:00déjà plusieurs mois.
12:02Vincent Hugueux, réponse
12:04décisive, a dit le guide suprême
12:06Ali Ramenei aujourd'hui
12:08pour qualifier la riposte. Décisive,
12:10vraiment ou pas ?
12:12C'est le lexique, singulièrement,
12:14celui du guide suprême
12:16de la République islamique.
12:18Vous savez,
12:20depuis mon premier séjour
12:22en Iran, c'était il y a un peu plus de 30 ans,
12:24on m'annonce la chute
12:26du régime pour hier matin. Alors, certes,
12:28le régime est considérablement affaibli
12:30en termes d'assises sociales,
12:32en termes d'économie. Il traverse une crise
12:34dantesque, mais l'appareil
12:36répressif est toujours d'une
12:38redoutable efficacité.
12:40Au passage, les Mollahs
12:42ne sont pas les seuls à avoir leur mot à dire.
12:44Pour ma part, à tordre raison, je considère
12:46que l'Iran d'aujourd'hui est plus
12:48une militaro-théocratie qu'une théocratie
12:50de stricte obédience, puisque le corps
12:52des gardiens de la Révolution,
12:54joue un rôle majeur, et pas seulement
12:56sur les enjeux sécuritaires, mais au contrôle,
12:58selon les études et les rapports,
13:00entre 30 et 45-50 %
13:02de l'économie, y compris dans les domaines
13:04tels que les télécommunications ou le bâtiment.
13:06Et là, c'est la raison
13:08pour laquelle je pense que dans la riposte
13:10israélienne, lorsqu'elle adviendra,
13:12l'une des cibles,
13:14indépendamment des structures pétrolières,
13:16gazières, etc., on parlera sans doute du nucléaire
13:18tout à l'heure, ce seront des cibles
13:20symboliques qui touchent les gardiens de la Révolution.
13:22Alors justement, je vais vous montrer
13:24cette image, Adel Bakawan.
13:26On l'a vue, les commandants
13:28au chef, elle est juste derrière moi,
13:30des gardiens de la Révolution,
13:32les fameux Pasdaran,
13:34qui mettent en scène cette attaque
13:36depuis un centre de commandement.
13:38Qu'est-ce qu'elle dit, cette image ?
13:40Bah écoutez,
13:42moi, je faisais
13:44partie des chercheurs
13:46qui pensaient
13:48que la République islamique
13:50n'allait pas attaquer Israël.
13:52Je l'ai dit sur tous les plateaux.
13:54Vous n'êtes pas le seul.
13:56C'était une grande majorité.
13:58Depuis à peu près 25 ans,
14:00j'analyse la raison d'Etat
14:02à Téhéran.
14:04J'ai pensé
14:06que,
14:08au bout du compte,
14:10les cadres dirigeants
14:12de la République islamique
14:14allaient écouter
14:16leur raison d'Etat, la raison froide
14:18d'Etat.
14:20Ils avaient vraiment une vraie
14:22option pour
14:24investir et capitaliser,
14:26rendre ces événements-là
14:28rentables
14:30pour la République et pour le régime
14:32en négociant avec les Américains,
14:34les Européens et indirectement
14:36avec les Israéliens
14:38pour leurs priorités.
14:40Elles ne serrent pas les intérêts du régime,
14:42cette riposte ?
14:44Absolument pas. Ils avaient trois priorités rapidement.
14:46La survie du régime,
14:48les installations nucléaires à protéger,
14:50l'économie iranienne. Cette riposte-là,
14:52c'est le prisme
14:54idéologique, émotionnel,
14:56c'est la restauration, c'est la quête
14:58de la restauration de leur crédibilité
15:00auprès des
15:02organisations miliciennes.
15:04Mais,
15:06en fait,
15:08il a offert à Benjamin Netanyahou
15:10ce qu'il cherchait depuis
15:12des mois et des mois. Personnellement,
15:14je pense qu'à partir
15:16d'hier soir, la République islamique
15:18dira, je ne dis absolument pas
15:20que la chute, c'est pour demain,
15:22mais le régime est tombé dans le piège
15:24comme Saddam Hussein est tombé dans le piège
15:26au Kuwait dans les années 40.
15:28Alors, c'est important, cette phrase du piège.
15:30On va y venir parce qu'on entend beaucoup,
15:32au fond, c'est ce qu'Israël souhaitait.
15:34Les Iraniens sont tombés dans le piège.
15:36N'empêche qu'en Israël, la crainte, elle est quand même
15:38très forte ce soir.
15:40Il y a le 7 octobre, l'anniversaire dans un an.
15:42Est-ce qu'ils sont en sécurité vraiment
15:44ou pas dans les prochains jours ?
15:46L'inquiétude aussi du côté, évidemment,
15:48des populations civiles en Iran. Tour d'horizon
15:50dans les deux pays avec Stéphanie Despierre. Je vous redonne la parole
15:52juste après.
15:58Dans le centre d'Israël, ce matin,
16:00les autorités recensent les dégâts.
16:02Un missile a percuté
16:04la façade de cette école.
16:06Les classes sont détruites.
16:08Mardi soir vers 20h, les sirènes
16:10retentissent dans tout le pays.
16:12Une pluie de missiles
16:14traverse le ciel.
16:16L'Iran lance près de 200
16:18projectiles de longue portée.
16:20A Tel Aviv, la population
16:22reste terrée dans les abris.
16:24Ce n'est pas la première fois
16:26que nous devons aller dans l'abri.
16:28Ce n'est pas la première fois
16:30que nous sommes attaqués.
16:32Mais cette fois-ci, c'était
16:34complètement différent. Le bruit était
16:36beaucoup plus fort. L'intensité
16:38est beaucoup plus importante.
16:42Quand nous sommes sortis,
16:44nous avons vu tous les dégâts.
16:46Une grande partie des maisons étaient endommagées.
16:48Les restaurants,
16:50les magasins, tout était endommagé.
16:52A Téhéran,
16:54les Iraniens manifestent
16:56leur soutien aux gardiens
16:58de la Révolution. Mais chez d'autres,
17:00le doute, l'inquiétude
17:02sont perceptibles.
17:06Personnellement,
17:08je suis contre la guerre.
17:10Et je pense que la paix est meilleure
17:12parce que ce sont des gens
17:14qui subissent les conséquences de la guerre.
17:16Je suis vraiment inquiet
17:18car si Israël veut mettre en œuvre
17:20ces mesures de représailles,
17:22cela conduira à une extension
17:24de la guerre.
17:26Tout le monde s'en inquiète.
17:28Mais j'espère que les États-Unis
17:30cesseront de soutenir Israël
17:32et qu'Israël ne ripostera pas.
17:36Cette attaque d'ampleur
17:38a fait un mort et deux blessés.
17:40La plupart des missiles
17:42ont été interceptés
17:44avant de toucher
17:46la terre israélienne.
17:48Général Paloméros,
17:50il y a eu une attaque terroriste
17:52revendiquée par le Hamas à Jaffa
17:54qui a fait sept morts.
17:56Ce soir, en Israël,
17:58pour tous les Juifs du monde entier,
18:00commence une fête religieuse.
18:02C'est la nouvelle année juive.
18:04On se souvient, le 7 octobre,
18:06c'est arrivé pendant une fête religieuse.
18:08Est-ce qu'il n'y a aucune vulnérabilité
18:10du fait de ces jours-là
18:12à côté de Sahal ?
18:14Est-ce qu'Israël est bien protégé ?
18:16Il ne faut pas imaginer
18:18que le pays entier va être mobilisé.
18:20Oui, Israël est mobilisé
18:22au moins depuis le...
18:24Complètement, je dirais, depuis le 8 octobre
18:26et les jours qui ont suivi.
18:28Evidemment, ils ne vont pas
18:30lâcher la garde.
18:32La fête sera la fête.
18:34C'est un jour important pour eux, bien sûr.
18:36C'est un jour qui les rapproche
18:38de l'anniversaire du 7 octobre.
18:40S'Israël n'est pas affaibli,
18:42comme vous le dites tous, ce soir,
18:44avec cette attaque,
18:46est-ce que vous êtes d'accord
18:48avec l'idée du piège ?
18:50C'est-à-dire, au fond, l'Iran
18:52est tombé dans le piège de l'Etat hébreu
18:54qui n'attendait que ça.
18:56C'est mon sentiment. Je partage ça
18:58parce que j'ai beau tourner le problème
19:00dans tous les sens, je vois pas
19:02quelle est, maintenant,
19:04la voie de sortie et donc la stratégie
19:06de l'Iran, qui, par le passé,
19:08s'appuyait sur ses proxys,
19:10enfin, ses proxys...
19:12On rappelle les proxys pour nos téléspectateurs,
19:14le Yémen, l'Irak, le Liban.
19:16Des groupes terroristes
19:18d'obédience iranienne
19:20qui vont chercher leurs ordres,
19:22plus ou moins, à Téhéran
19:24et qui sont là pour créer la pagaille
19:26et surtout pour attaquer
19:28Israël et anéantir,
19:30si possible, Israël.
19:32C'est ça, leur credo, en fait.
19:34Et perdant ces outils d'influence,
19:36enfin, c'est plus que d'influence,
19:38d'action, l'Iran se retrouve maintenant
19:40devant, ce que vous disiez tout à l'heure,
19:42devant son destin. Elle est obligée
19:44de déterminer elle-même
19:46ce qu'elle souhaite
19:48pour la suite. Cette attaque,
19:50elle a verrouillé quelque chose,
19:52c'est parfaitement exact.
19:54Elle a déjà verrouillé une première étape.
19:56Quelle peut être la riposte d'Israël ?
19:58On y vient. On sent bien que ça peut être gradué.
20:00On sait qu'il y avait des négociations sur le nucléaire.
20:02Que peut faire Israël ?
20:04Que va faire Israël et quand, selon vous ?
20:06Vincent Huges.
20:08D'abord, je voudrais nuancer la thèse du piège,
20:10car en réalité, Téhéran avait le choix
20:12entre deux traquenards,
20:14l'inaction et la riposte risquée.
20:16C'est ce choix qui a été fait
20:18parce que, de toute façon,
20:20les mots-clés, vous l'avez emprisonné tout à l'heure,
20:22c'est crédibilité, dissuasion.
20:24De même qu'Israël devait restaurer
20:26sa dissuasion après
20:28le fiasco sécuritaire du 7 octobre,
20:30il faut que la République islamique,
20:32dont on connaît les prétentions et les ambitions régionales,
20:35rétablisse, y compris auprès de ses alliés,
20:37et pas seulement vis-à-vis de ses ennemis.
20:39Mais là, la dissuasion, ce soir, elle n'est pas rétablie.
20:41C'est tout le contraire. C'est l'escalade.
20:43Il y aura une riposte. Tout le monde se demande laquelle.
20:45Adel Kawad.
20:47L'Iran avait un autre choix.
20:51Il avait une grande chance,
20:53une grande opportunité
20:55avant cette riposte négociée.
20:57Rendre la...
20:59Juste une phrase.
21:02C'est du passé.
21:04Aujourd'hui, on a entendu Bruno Donnet.
21:06Il y a trois possibilités.
21:08Soit une réplique, comme ça s'est passé
21:10déjà après la première attaque
21:12des missiles iraniens en avril,
21:14sur des sites, des infrastructures.
21:16Soit carrément sur les sites nucléaires.
21:18Soit, et là, on pense au régime complet.
21:20Game changer.
21:22Aujourd'hui, vous avez deux Etats.
21:24Israël et l'Iran.
21:26L'Iran n'a jamais été aussi fragile et fragilisé.
21:28Les Etats-Unis d'Amérique
21:31ne veulent pas de l'Iran.
21:33Toutes les puissances européennes ne veulent pas.
21:35Tous les pays arabes ne veulent pas de l'Iran.
21:37Le peuple iranien,
21:39je pourrais dire,
21:41c'est une estimation,
21:43à 80 %, ne veut pas ce régime-là.
21:45Et en même temps,
21:47les Etats-Unis d'Amérique soutiennent
21:49sans aucune réserve Israël.
21:51Ce soir, Joe Biden a dit
21:53qu'il ne souhaitait pas,
21:55qu'il refusait une attaque sur les sites nucléaires.
21:57Noir sur blanc lors du G7.
22:00En même temps, Joe Biden a dit
22:02qu'il allait coordonner
22:04la riposte israélienne contre la République islamique d'Iran.
22:06Notamment pour la maîtriser, d'ailleurs.
22:08On ne le sait pas.
22:10Opérationnellement,
22:12il y a un grand fantasme en Israël
22:14incarné aujourd'hui par Naftali Bennett,
22:16un ancien Premier ministre,
22:18qui appelle à l'anéantissement
22:20du potentiel nucléaire iranien.
22:22Pas si simple.
22:24Expliquez-nous, parce qu'on ne sait jamais
22:26où ils en sont, sur le nucléaire iranien.
22:28Elle s'est piégée.
22:30La République islamique est tombée
22:32dans son propre piège.
22:34Personne n'a obligé
22:36la République islamique
22:38à vouloir détruire Israël.
22:40Il n'y a jamais eu
22:42de conflit
22:44entre le peuple iranien
22:46et le peuple israélien.
22:48On va parler du peuple iranien.
22:50Les Iraniens n'ont rien
22:52contre les Israéliens.
22:54Ce n'est pas du tout
22:56le racisme anti...
22:58Vous pensez que certains Iraniens
23:00espèrent, entre guillemets,
23:02que le régime chute
23:04après une attaque d'ampleur sur l'Iran ?
23:06Une bonne partie des Iraniens
23:08avec qui je suis en relation
23:10savent qu'ils ne peuvent
23:12rien faire contre ce régime.
23:14Ce régime est armé jusqu'aux dents.
23:16Ce régime, la République islamique,
23:18tue les Iraniens.
23:20Une intervention directe
23:22des frappes ciblées
23:24pour délivrer les Iraniens.
23:26Les Iraniens savent que la République islamique
23:28ne bougera pas sans guerre.
23:30C'est dit. Revenons au nucléaire.
23:32Ceux qui nous regardent
23:34se disent que les négociations
23:36ont été arrêtées.
23:38On se souvient de Donald Trump.
23:40Ils en sont où et pourquoi
23:42les Iraniens ont repris langue
23:44avec les Américains sur le nucléaire ?
23:46Parce que vous avez
23:48un nouveau président
23:50qui a succédé à son prédécesseur,
23:52qui s'appelle Massoud Pézéchkian,
23:54qui, certes, ne l'oublions jamais,
23:56n'est que, dans le meilleur des cas,
23:58le 2e ou le 3e personnage de l'État,
24:00puisque le vrai patron de la République islamique
24:02est évidemment le guide à l'Iran-Méneille,
24:04mais qui incarnait une tendance
24:06qui existe au sein du régime,
24:08c'est-à-dire que pour sauver l'Iran,
24:10dont en a souligné les fragilités,
24:12il faut notamment restaurer l'économie,
24:14que ça passe par un allègement des sanctions
24:16et que ça suppose un compromis
24:18sur le nucléaire.
24:20C'est pour ça que j'insistais tout à l'heure,
24:22et je vais être très rapide, sur l'attention
24:24à la pensée magique.
24:26Il ne suffit pas de décréter qu'on va anéantir
24:28le potentiel nucléaire de l'Iran.
24:30Vous avez des usines,
24:32vous avez des ateliers qui sont profondément enterrés,
24:34à Nathans, à Saffordo
24:36et ailleurs, il y a même des sites
24:38qui ont été découverts sur le tard,
24:40et j'ajoute que pour avoir
24:42le potentiel militaire
24:44en termes de perforation pour les bombes,
24:46pour éventuellement détruire
24:48ce potentiel-là, il faut
24:50l'accord, le soutien logistique
24:52et l'appui des Américains.
24:54Et il ne l'a pas ce soir, c'est très clair.
24:56C'est la déclaration du G7
24:58de Joe Biden.
25:00Biden, même tétanisé
25:02par l'échéance électorale que l'on sait,
25:04ne va pas souscrire
25:06à toutes les envies
25:08israéliennes sur ce registre-là.
25:10Le nom de Joe Biden
25:12à une attaque sur les sites nucléaires,
25:14peut-il retenir Benjamin Netanyahou ?
25:16Le point de vue qui vient d'être exposé,
25:18il est clair que
25:20l'Iran
25:22fait partie des enjeux
25:24de la présidence
25:28des élections à venir.
25:30Pourquoi ? Parce que
25:32traditionnellement, les démocrates
25:34sont vus, par certains
25:36en tout cas, comme étant plus faibles
25:38et évidemment, l'équipe de Trump
25:40veut enfoncer ce clou en disant
25:42quand vous avez
25:44négocié l'accord
25:46dit du JPCO1, c'était M. Obama,
25:48vous avez été faibles.
25:50D'ailleurs, M. Trump n'a eu de cesse
25:52que de le remettre en question.
25:54A mon sens, c'était bien dommage,
25:56mais c'est ainsi.
25:58Elles ont repris depuis l'élection de Joe Biden.
26:00Pas officiellement, mais concrètement,
26:02elles sont là, ces négociations.
26:04Quand on parle de choses sérieuses
26:06comme ça, soit on s'y met vraiment,
26:08on met des experts
26:10et on avance comme ça,
26:12comme ce fut le cas par le passé,
26:14soit on se retrouve dans la situation actuelle
26:16où les uns aimeraient bien sauver les apparences.
26:18Mais il y a plusieurs dimensions.
26:20Aller attaquer les installations nucléaires,
26:22encore faut-il que ce soit possible,
26:24et je suis d'accord, c'est les Américains
26:26qui tiennent la clé, je l'ai dit depuis le début.
26:28C'est sûr, parce qu'on a quand même
26:30l'impression que là, les Israéliens
26:32ont une espèce de fenêtre,
26:34si je puis dire, d'opportunité,
26:36c'est l'ennemi juré, le régime,
26:38ils n'attendent que ça.
26:40Il faut les armes américaines.
26:42Juste, si les Israéliens
26:44avaient eu l'opportunité
26:46et souhaitaient le faire,
26:48ils l'auraient fait avant.
26:50Mais justement,
26:52ils ont hésité, on a l'impression
26:54qu'ils n'hésitent plus.
26:56Mais on était, sous la présidence Biden,
26:58on était dans cet état
27:00de non-décision,
27:02en quelque sorte.
27:04Rapidement, je comprends parfaitement
27:06cette grille de lecture,
27:08toutes ces interrogations.
27:10Seulement, depuis le 7 octobre,
27:12depuis le 8 octobre,
27:14pour être précis,
27:16les Etats-Unis d'Amérique
27:18fixent des orientations,
27:20des stratégies, des mécanismes
27:22qui ne sont absolument pas respectés
27:24par le gouvernement israélien.
27:26Le gouvernement israélien,
27:28dans un processus très complexe,
27:30amène au fur et à mesure
27:32les Américains avec eux
27:34dans toutes les guerres, à Gaza, au Liban,
27:36contre les Russies,
27:38contre les milices irakiennes,
27:40et maintenant, les Iraniens directement.
27:42Je pense personnellement,
27:44cette guerre contre la République islamique d'Iran
27:46n'est pas une prise de décision.
27:48On décide, on attaque ou pas.
27:50C'est un processus,
27:52pas par pas, événement par événement.
27:54Les Américains se voient dans l'obligation
27:56d'entrer dans cette guerre
27:58en chair et en os.
28:00La guerre est toujours un processus.
28:02La guerre n'a jamais été
28:04la décision d'un seul homme
28:06ou de deux personnes qui disent
28:08aujourd'hui, on va faire la guerre.
28:10C'est un processus qui a commencé il y a 45 ans,
28:12au moment où la République islamique
28:14a annoncé qu'elle veut
28:16la destruction d'Israël.
28:18La guerre a commencé il y a 45 ans,
28:20pas hier, pas demain, pas aujourd'hui.
28:22Comment vous voyez la suite, alors ?
28:24Écoutez, la République islamique
28:26est tombée dans son propre piège.
28:28Elle est condamnée.
28:30Elle est jusqu'au bout.
28:32Là, maintenant, elle risque sa vie.
28:34Je suis heureuse de vous dire
28:36que, comme le monsieur
28:38vient de le dire, la République islamique
28:40n'a jamais de sa vie
28:42depuis ces 45 ans,
28:44n'a jamais été aussi fragile.
28:46Les dirigeants de la République islamique
28:48aujourd'hui, ils voient leur fin
28:50arriver.
28:52On se pose la question de savoir
28:54si Israël a les moyens de tous ses fronts.
28:56Il y a le Liban, on voit qu'il y a des attaques
28:58encore du Hamas.
29:00Il y a l'Iran.
29:02Sans les Américains, il ne peut pas mener
29:04ces multiguerres ?
29:06Elle ne peut pas tout faire sans les Américains.
29:08Benjamin Netanyahou ne va pas fabriquer
29:10ce soir, dans sa cuisine,
29:12la bombe à pouvoir perforateur
29:14méga-puissant,
29:16qui est indispensable pour aller
29:18creuser...
29:20Ca, on le sait, ils ne l'ont pas.
29:22Il peut traiter par le mépris
29:24l'administration Biden, d'ailleurs,
29:26les relations sont exécrables entre les deux personnages.
29:28Il peut donner l'impression qu'il défie en permanence
29:30ce parrain qui l'admoneste
29:32mais ne le lâche jamais sur les deux seuls leviers
29:34qui fonctionnent, l'argent, les armes.
29:36Mais il n'empêche que
29:38il a besoin d'avions ravitailleurs,
29:40de renseignements, que seuls les Américains
29:42peuvent...
29:44Pour autant, j'assiste sur un point
29:46et quitte à être un peu contre-intuitif,
29:48moi, j'ai pour ma part
29:50la conviction que l'embrasement régional
29:52n'est pas fatal.
29:54On approche un point de non-retour,
29:56dangereusement, on n'a sans doute
29:58jamais été aussi près
30:00de cette sorte de
30:02limite de l'irréversible,
30:04mais on n'y est pas encore.
30:06Précisément, au-delà de tout ça,
30:08même si mon raisonnement est beaucoup trop rationnel,
30:10au-delà de tout ça,
30:12le régime iranien sait
30:14que sa survie ne peut
30:16passer que par l'évitement
30:18d'un conflit frontal
30:20avec Israël, donc avec les Etats-Unis.
30:22Et ça, ça reste l'intérêt de survie.
30:24Donc le gendarme américain
30:26pèse toujours, même s'il y a
30:28une campagne qui l'affaiblit.
30:30Jusqu'à hier, j'étais dans cette rationalité,
30:32cette grille de lecture rationnelle.
30:34Mais depuis hier,
30:36j'étais dans un taxi pour aller
30:38dans un autre studio, depuis hier
30:4019h, j'ai...
30:42Voilà, c'est fini, c'est fini.
30:44En fait, l'assassinat d'Oukh Nasrallah,
30:46on m'a posé si c'était une rupture
30:48ou autre chose.
30:50C'est un événement majeur,
30:52ce n'est pas une rupture.
30:54La rupture commence au moment où la République islamique
30:56attaque Israël. La République islamique
30:58n'a jamais été aussi seule,
31:00Israël n'a jamais été aussi entourée.
31:02J'ai une dernière question, elle est très simple,
31:04elle est peut-être un peu basique, mais on parle
31:06de sites nucléaires. On est bien d'accord
31:08qu'ils n'ont pas encore
31:10cette bombe qui pourrait, si on a fait
31:12des bombardements, créer
31:14de la radioactivité et des dangers terribles ?
31:16Le patron de l'agence internationale
31:18pour l'énergie atomique
31:20ne cesse de monter
31:22au créneau pour expliquer qu'ils enrichissent.
31:24De plus en plus, les chiffres sont là.
31:26Ce risque peut exister ?
31:28En tout cas, Israël ne peut pas permettre
31:30à la République islamique de se doter
31:32de la bombe atomique et faire exploser
31:34des missiles atomiques sur sa tête.
31:36C'est évident, Israël va profiter
31:38de cette situation pour régler
31:40ses comptes avec la République islamique.
31:42Est-ce que les Etats-Unis peuvent se le permettre ?
31:44C'est ça, la question.
31:46Ce qui importe, c'est le taux
31:48d'enrichissement de l'uranium.
31:50A l'évidence, l'Iran est allé très au-delà
31:52du taux légitime quand on voulait utiliser
31:54le nucléaire comme source d'énergie civile.
31:56Il n'y a pas de doute là-dessus,
31:58les lignes de centrifugeuses, etc.
32:00Mais tous les experts, y compris
32:02les experts israéliens et américains,
32:04vous disent que pour le moment,
32:06il s'agit d'un pays du seuil.
32:08Ils ont toutes les pièces du kit,
32:10mais ils ne peuvent pas l'assembler.
32:12On s'arrête là, ce soir,
32:14à l'issue de ce G7.
32:16Ce G7 qui, d'une certaine façon,
32:18remet des sanctions sur l'Iran,
32:20mais aussi des limites à Benyamin Netanyahou.
32:22On verra dans les prochains jours
32:24ce qu'il se passe.
32:26J'espère que vous reviendrez
32:28pour votre expertise.
32:30Bonsoir, Karim Bouamrane.
32:32Vous pouvez me dire bonsoir en direct.
32:34Je n'osais pas vous interrompre.
32:36Vous êtes l'invité, Franck Parley,
32:38et vous lancez demain
32:40votre mouvement politique,
32:42maire de Saint-Ouen,
32:44du PS, votre parti politique.
32:46On va en parler dans un instant.
32:48Une autre gauche est-elle possible ?
32:50Eh bien, interview, juste après l'invitation,
32:52d'Hélène Bonduelle.
32:54A tout de suite.
32:56Si on vous invite, Karim Bouamrane,
32:58c'est quand, l'espace d'un été,
33:00vous avez été propulsé sur le devant
33:02de la scène politique.
33:04Votre nom a circulé pour le poste
33:06de Premier ministre.
33:08Le visage d'une gauche socialiste.
33:10Pas celle de la ligne officielle,
33:12mais celle qui refuse l'alliance
33:14avec la France insoumise.
33:16Ce qui vous a valu un joli tacle fin septembre.
33:18L'idée que Bernard Cazeneuve
33:20ou d'autres, Karim Bouamrane
33:22ou d'autres, puissent
33:24accepter d'être
33:26Premier ministre dans ces conditions,
33:28nous ne l'accepterons pas.
33:30Et vous ne l'accepterez pas.
33:32Mais je ne dis pas
33:34que tu le feras, Karim.
33:36Exactement.
33:38Et alors Karim dit qu'il ne le fera pas.
33:40Nous ne l'en ferons pas.
33:42Et nous serons soudés.
33:44Une prise à partie que vous n'appréciez guère.
33:46Moi, je n'ai pas de problème avec les gens
33:48de la France insoumise, mais il semblerait que
33:50les gens de la France insoumise ont des problèmes
33:52avec des gens qui mettent en avant le compromis,
33:54l'espoir, l'espérance de ne pas se nourrir de radicalité.
33:56Ce qui vous nourrit, vous,
33:58Karim Bouamrane, c'est le terrain.
34:00Celui de Saint-Ouen en particulier.
34:02Cette banlieue populaire du 93.
34:04Une commune qui vous a vu naître
34:06et dont vous avez pris la tête
34:08il y a 4 ans en imposant votre style.
34:14On n'est pas la France d'en haut, on n'est pas la France d'en bas,
34:16on est la France d'à côté, on est l'élite populaire
34:18et on incarne un nouveau récit.
34:20Cet été, vous avez placé Saint-Ouen
34:22sur la carte du monde
34:24en accueillant le village des athlètes olympiques.
34:28Au point que la presse internationale
34:30braque ses objectifs sur vous.
34:32Le New York Times vous consacre ça une.
34:34Le journal allemand Die Welt
34:36ose même la comparaison avec un certain
34:38Barack Obama.
34:40Et ce ne serait pas pour vous déplaire
34:42si l'on en croit l'affiche de votre prochain meeting.
34:44Jeudi, vous officialiserez
34:46votre nouveau mouvement,
34:48une France humaine et forte.
34:50Et vous ne choisissez pas le lieu par hasard,
34:52le Stade Bauer, terrain de jeu
34:54du Red Star, l'équipe de foot de Saint-Ouen.
34:56Une gauche qui rêve
34:58d'un printemps social démocrate
35:00et vous qui rêvez sans doute
35:02au coup d'après.
35:04Et bienvenue sur ce plateau, Karim Bouamrana.
35:06Demain soir, vous lancez votre mouvement politique
35:08dans ce stade mythique
35:10du Red Star qui a été rénové.
35:12Le Stade Bauer, ce n'est pas rien
35:14comme symbole. Pourquoi là-bas
35:16et pas ailleurs ?
35:18La symbolique, l'espoir,
35:20l'espérance, les bonnes énergies aussi.
35:22Aujourd'hui, le Stade Bauer, c'est un des rares
35:24endroits en Ile-de-France où on peut se retrouver
35:26quelle que soit sa couleur de peau,
35:28son origine sociale, son genre,
35:30son orientation sexuelle.
35:32C'est ce club en général ou ce club bien particulier ?
35:34C'est une très bonne question, ça.
35:36Je dirais ce club en particulier.
35:38Le football, malheureusement,
35:40il y a quelques dérives.
35:42Il y a eu des rappels à l'ordre, que ce soit en France
35:44ou que ce soit ailleurs. Je pense notamment
35:46aux dérives xénophobes, racistes,
35:48antisémites,
35:50anti-musulmans, contre
35:52les expressions discriminantes.
35:54Mais là, au Red Star,
35:56il y a un brassage, il y a une âme
35:58et surtout, il y a une filiation
36:00avec le peuple.
36:02On le voit là, au travers de ces images,
36:04ça respire
36:06le foot, ça respire le peuple,
36:08ça respire les bonnes énergies.
36:10La France humaine est forte, ça respire aussi le slogan de
36:12communiquant, c'est qui, c'est quoi, précisément ?
36:14C'est toutes celles et ceux
36:16qui se disent, ça ne peut plus durer.
36:18On veut réfléchir,
36:20on veut se rassembler, on veut agir
36:22pour faire en sorte que la gauche,
36:24les écologistes, les citoyennes
36:26et les citoyennes qui sont portées de valeurs
36:28progressistes, voient une candidate
36:30ou un candidat en
36:32présidente en 2027.
36:34C'est ça, l'objectif.
36:36Alors, est-ce que ce n'est pas une écurie aussi, Boismeran, pour 2027,
36:38après n'avoir été que
36:40pressentie pour Matignon ?
36:42Quand je regarde Cazeneuve à la convention,
36:44Glucksmann, place publique, Delga,
36:46La République en commun,
36:48ça fait beaucoup de monde
36:50et ça ne fait qu'une seule place pour 2027.
36:52Et toutes ces personnes seront là demain,
36:54à Saint-Ouen, plus notre premier secrétaire
36:56qui répondra à présent,
36:58plus des députés communistes, des députés,
37:00des élus écologistes.
37:02Donc l'objectif, c'est pas de diviser,
37:04mais de renforcer.
37:06Chaque jour, chaque semaine,
37:08chaque déjeuner, chaque dîner,
37:10vous croisez des personnes qui vous disent
37:12qu'est-ce qu'on fait concrètement, qu'est-ce qu'on peut faire ?
37:14Et ces personnes ne se retrouvent pas
37:16dans les partis dits traditionnels
37:18pour des raisons multifactorielles.
37:20Et ça, ça a remonté avant la dissolution.
37:22On s'était dit, on va créer notre mouvement
37:24qui partira de Saint-Ouen,
37:26mais qu'on pourra dupliquer, que ce soit dans les Cévennes,
37:28que ce soit en Bretagne, que ce soit dans l'Est,
37:30que ce soit dans le Nord, que ce soit dans les Dom-Tom,
37:32pour faire en sorte que toutes les énergies positives
37:34qui se disent le plaisir de se retrouver,
37:36le plaisir de militer et le plaisir d'agir.
37:38C'est pas la première fois qu'il y a des clubs OPS
37:40et qui essayent d'élargir à toute la gauche.
37:42On vous voyait ici à Bram, dans l'Aude.
37:44Vous y croyez vraiment,
37:46à la résurrection de la gauche de gouvernement,
37:48à la social-démocratie, franchement ?
37:50Moi, je crois à la gauche du compromis,
37:52à la gauche qui rassemble,
37:54à la gauche qui redonne de l'espoir et de l'espérance.
37:56Vous avez vu ce qu'on a vécu pendant les Jeux olympiques ?
37:58J'en parlais pendant le maquillage.
38:00Cette parenthèse enchantée qui s'est vite renfermée.
38:02Avec un beau village olympique dans Vaudville.
38:04Avec un bon village olympique qui va se transformer en logement.
38:06Et de nouveaux logements, etc.
38:08Un parc, mais surtout l'ambiance qu'il y avait.
38:10On avait le sentiment que l'excellence était démocratisée,
38:12on se sentait en sécurité.
38:14Le beau, c'était beau.
38:16Et puis la France rigolait, on était fiers.
38:18Et là, en deux temps, trois mouvements,
38:20on a refermé cette parenthèse en expliquant
38:22que l'immigration était un problème pour la France.
38:24En expliquant que,
38:26de façon sous-jacente,
38:28si on n'appartient pas
38:30à une certaine couleur de peau,
38:32à une certaine religion, à une certaine croyance...
38:34Vous êtes rassuré par le recadrage de Michel Barnier ?
38:36Non, ça ne suffit pas.
38:38Pourquoi ? Parce qu'elle est sous tutelle.
38:40Vous avez bien vu les différentes déclarations
38:42des responsables du Rassemblement national ce matin.
38:44Si jamais le Premier ministre
38:46ou si jamais le gouvernement nous manque de respect,
38:48on le sanctionnera.
38:50Vous le trouvez trop courtois, trop respectueux avec Marine Le Pen ?
38:52Je le trouve inutile.
38:54Je trouve que ce gouvernement ne tiendra pas.
38:56Et justement, à gauche,
38:58et ça va être une des discussions post-3 octobre
39:00du lancement de la France humaine et forte,
39:02c'est justement se préparer pour que la gauche
39:04soit en responsabilité le plus vite possible.
39:06Alors parlons un peu de vous et de l'élu local
39:08que vous êtes, parce que c'est vrai
39:10qu'en trois mois, vous êtes devenu la figure montante,
39:12Matignon, tout ça, mais ça commence à Saint-Ouen.
39:14La presse américaine adore
39:16les belles histoires, vous êtes le fils
39:18d'un modeste ouvrier marocain,
39:20elle vous a propulsé, on l'a vu, le New York Times,
39:22c'est pas rien, en une comme l'homme
39:24qui métamorphose la banlieue.
39:26Vous avez fait bouger la ville,
39:28ça, c'est indéniable, mais quand même,
39:30rénovation urbaine, futur campus hospitalier,
39:32quartier des docs, tout ça, ça a été initié
39:34bien avant vous.
39:36Qu'est-ce que vous dites à ceux qui considèrent
39:38que vous récoltez un peu des lauriers à la place des autres ?
39:40Déjà,
39:42il faut leur faire preuve,
39:44il faut saluer leur capacité
39:46révisionniste.
39:48Révisionnaire, vous voulez dire ?
39:49Révisionniste, ils revoient l'histoire.
39:50Tout ça, c'est ceux qui me disent que ça a été fait avant.
39:52Vous n'êtes en place que depuis 4 ans,
39:54pour la rénovation urbaine, ça prend bien plus d'années.
39:56Absolument pas, la rénovation urbaine, ça a été lancé
39:58sous ma responsabilité. Il n'y avait jamais eu
40:00de plan de rénovation urbaine de 360 millions
40:02avant que j'arrive.
40:04C'est historique, c'est inédit, c'est la première fois.
40:06Il n'y avait jamais eu de rénovation
40:08du centre-ville, il n'y avait jamais eu
40:10l'arrivée du restaurant de Thierry Marx,
40:12il n'y avait jamais eu une accélération du projet
40:14du campus hospitalier, c'était bloqué.
40:16Il n'y avait jamais eu de valorisation
40:18du centre de l'Île-des-Vannes qui va accueillir
40:20l'académie de Tony Parker.
40:22Vous avez aussi, d'ailleurs, fait reculer l'insécurité
40:24et il y a des points d'île qui ont été fermés
40:26aussi avec le ministère de l'Intérieur à Saint-Ouen.
40:28La méthode Boismeran,
40:30vous l'avez dit, vous avez dit ce mot d'excellence.
40:32Vous voulez démocratiser l'excellence.
40:34Concrètement, ça veut dire quoi ?
40:36On sait que Tony Parker va venir,
40:38qu'il y a une académie qui va se mettre en place.
40:40Pour l'instant, elle n'existe pas.
40:42Faire venir Audencia, c'est démocratiser l'excellence.
40:44C'est faire en sorte que cette grande école de commerce
40:46puisse donner la possibilité à toutes les personnes
40:48qui sont issues des classes populaires
40:50ou des classes moyennes puissent accéder à ces grandes écoles.
40:52On a des partenariats avec l'école
40:54SUPMECA, une des plus grandes écoles d'ingénieurs.
40:56On a tout de suite démocratisé l'excellence
40:58en direction des écoles. Chaque semaine, je me rends
41:00dans les établissements scolaires pour leur expliquer
41:02qu'aujourd'hui, on doit être l'architecte de sa propre vie.
41:04On a ouvert
41:06trois établissements scolaires
41:08à hauteur de 60 millions.
41:10Et en même temps, on a désendetté
41:12la ville. On a redressé
41:14des actions.
41:16On a rénové le stade Boer,
41:18comme vous l'avez évoqué. Et surtout, on a
41:20accompagné l'arrivée de grosses entreprises comme Tesla
41:22qui nous donnent la possibilité pour les jeunes
41:24issus des quartiers dits difficiles
41:26de pouvoir bénéficier d'un stage de qualité et de se projeter.
41:28Alors, il y a autre
41:30chose qui vous tient à cœur, et c'est vrai
41:32que c'est un discours qu'on entend moins souvent à gauche,
41:34c'est la question de l'ordre
41:36et de l'autorité. C'est la question
41:38de la sécurité. Vous êtes
41:40intransigeant là-dessus. Vous avez même un concept
41:42du safe,
41:44une ville sécurisée, apaisée, fraternelle
41:46et écologique.
41:48Vous savez que sur ces sujets,
41:50les classes populaires, elles plébiscitent le RN.
41:52Qu'est-ce que la gauche a raté sur ces sujets-là, sur le régalien ?
41:54Le tabou.
41:56Le tabou et le déni.
41:58Aujourd'hui, la sécurité, l'autorité,
42:00la tranquillité, la sûreté, c'est une valeur
42:02de gauche. Les premières victimes collatérales
42:04du manque de sécurité, du manque de régalien,
42:06ce sont les classes populaires et les classes moyennes.
42:08Les classes supérieures ont les moyens
42:10de leurs ambitions de qualité de vie, et ils vivent
42:12dans les hypercentres, et ils peuvent bénéficier d'une tranquillité.
42:14Et tant mieux pour eux. Encore une fois, tant mieux pour eux.
42:16Mais là où on a eu un sujet à la fin des années 80,
42:18c'est que ce sujet
42:20était, selon une partie des gens de gauche,
42:22l'apanage de la droite.
42:24La faute à qui, à gauche ? Parce que pour vous suivre,
42:26Karim Bouamrad, vous êtes aujourd'hui
42:28l'anti-mélenchon des
42:30quartiers populaires, c'est ça ?
42:32Il représente un peu tout ce que vous détestez.
42:34Je me définis pas, honnêtement,
42:36par rapport à Jean-Luc Mélenchon, je me définis
42:38par une volonté de trouver systématiquement
42:40une source de compromis,
42:42d'apaisement et de concorde.
42:44Je me nourris pas de radicalité.
42:46Si c'est un élément différenciateur
42:48avec certains responsables politiques,
42:50en l'occurrence Jean-Luc Mélenchon,
42:52parce que vous venez de l'évoquer,
42:54tant pis pour lui, et tant pis
42:56pour toutes celles et ceux qui veulent rassembler la gauche.
42:58Moi je suis, vous savez, je suis pour
43:00le rassemblement. Dans ma ville, je rassemble,
43:02je rassemble, demain, nous rassemblerons,
43:04nous rassemblerons, et ce qui me pose
43:06problème, c'est très pragmatique, c'est très factuel,
43:08comment expliquez-vous aux Françaises et aux Français
43:10qu'on leur dit, on va faire bloc,
43:12bloc républicain
43:14pour éviter que le RN gagne,
43:16on arrive premier et on se retrouve
43:18avec la ministre de l'Intérieur,
43:20qui s'appelle Retailleau, un Premier ministre
43:22qui s'appelle Michel Barnier, et évidemment
43:24Mme Le Pen en faiseuse de roi.
43:26Et en même temps, quand on regarde
43:28dans les quartiers populaires, si on prend ne serait-ce que
43:30la Seine-Saint-Denis, c'est Mélenchon
43:32qui cartonne. Quasiment
43:34tous les députés sont LFI.
43:36Qu'est-ce qui marche ? Vous le reconnaissez,
43:38il y a bien quelque chose
43:40dans les quartiers populaires
43:42qui percute et qui
43:44fait que les scores électoraux sont là.
43:46Est-ce que vous pouvez essayer
43:48d'expliquer ça ? Il faut déconnecter le macro
43:50du micro, donc, sur les élections macro
43:52type européenne, type députation,
43:54effectivement,
43:56le NFP et l'ANUPS
43:58ont donné la possibilité
44:00aux électrices,
44:02aux candidates et aux candidats LFI
44:04de gagner des circonscriptions
44:06ou de maintenir leurs circonscriptions.
44:08Mais le sujet, la vérité des prix, ce sont les mairies.
44:10La LFI n'a aucune mairie.
44:12Et les socialistes en ont beaucoup.
44:14Ça va être dur,
44:16les décisions d'y aller ensemble ou pas
44:18aux municipales.
44:20Si vous y allez séparément, ça va être la guerre
44:22dans les mairies de gauche.
44:24J'ai toujours été pour le rassemblement.
44:26À partir du moment où il y a une volonté de rupture,
44:28où on se nourrit de radicalité,
44:30où on se nourrit
44:32d'un projet politique qui a un seul agenda,
44:34une seule priorité, c'est
44:36de servir les intérêts de Jean-Luc Mélenchon
44:38à la présidentielle pour qu'il soit face à Le Pen,
44:40ça sera sans moi.
44:42Dernière question. Beaucoup souhaitent un congrès
44:44puisqu'il y a eu des législatives.
44:46C'est la tradition chez les socialistes.
44:48On déclenche un congrès, même s'il s'agit
44:50de législatives anticipées.
44:52Il faut clarifier, il est temps de se retrouver
44:54tous ensemble pour un congrès.
44:56Est-ce que celui-là, Olivier Faure,
44:58n'est plus l'homme de la situation ?
45:02Franchement, une petite personnalité,
45:04je ne me permettrai jamais d'attaquer
45:06notre premier secrétaire. En revanche,
45:08vous mettez le doigt sur la ligne.
45:10Est-ce que le PS doit être un parti leader
45:12qui rassemble, qui fédère et qui soit
45:14en responsabilité et qui soit dans le réel ?
45:16Le réel, c'est le compromis,
45:18c'est diriger des villes, c'est diriger des circonscriptions
45:20et c'est diriger un pays.
45:22Ou est-ce qu'on est dans une espèce de rupture
45:24et on se nourrit de radicalité ou on est à la remorque
45:26de toutes celles et ceux qui se nourrissent de radicalité ?
45:28Donc oui au congrès.
45:30Et oui aux changements.
45:32Ça va forcément avec une incarnation.
45:34Merci beaucoup.
45:36On s'arrête là, mais vous reviendrez ?
45:38Avec plaisir.
45:40On passe à la question qui fâche
45:42pour terminer avec nos chroniqueurs.
45:50...
45:54Allez, on s'installe.
45:56Les chroniqueurs sont fin prêts.
45:58Au revoir, Karim Bouamrane.
46:00J'ai recroisé ce soir avec Michael Darmon.
46:02Bonsoir. Éditorialiste politique
46:04à Y 24 News, Adrien Brachet.
46:06Bonsoir. Du service politique
46:08de Marianne et Elsa Mondingava, ma consœur
46:10d'LCP. On se prépare.
46:12Voici la question qui fâche.
46:14La question qui fâche
46:16nous vient de Michel Barnier.
46:18De son style plutôt
46:20sobre et monocorde
46:22pendant 1h20 de discours
46:24hier à l'Assemblée.
46:26Face à nos défis qui sont immenses,
46:28nous n'avons pas le choix.
46:30Mais le Premier ministre nous réservait
46:32le meilleur pour la fin.
46:34Après avoir écouté les présidents de groupe
46:36pendant près de trois heures,
46:38il sort la boîte à gifles.
46:40Première victime, Gabriel Attal.
46:42Je serai très attentif à vos propositions
46:44d'économie supplémentaire.
46:46Très attentif.
46:50Pour faire face
46:52à un déficit que j'ai trouvé en arrivant.
46:56Sourire crispé de l'ex-locataire
46:58de Matignon, le tacle
47:00amuse l'opposition.
47:02A commencer par Mathilde Panot,
47:04vite recadrée elle aussi par Michel Barnier.
47:06J'ai du mal à comprendre votre ton
47:08et votre agressivité.
47:10Plus vous serez agressif,
47:12plus je serai respectueux.
47:16Même son cloche
47:18pour la présidente du groupe écologiste.
47:20Je suis attentif,
47:22madame la présidente Chatelain.
47:24Vous le savez,
47:26la transition écologique.
47:28J'étais même engagé sur cette question
47:30avant vous.
47:38Au passage, Michel Barnier règle ses comptes
47:40avec son ancien compagnon des Républicains,
47:42Éric Ciotti, désormais allié
47:44avec Marine Le Pen.
47:46Je vais vous dire, monsieur Ciotti,
47:48je vous connais bien depuis longtemps.
47:50Je n'ai pas envie de faire des polémiques.
47:52Et puis je n'ai pas le temps.
47:54Michel Barnier semble manier
47:56parfaitement l'ironie et le sarcasme.
47:58D'ailleurs, il prévient.
48:00Il faut que vous vous habituez les uns les autres
48:02à ce que je dise ce que je pense.
48:04Nous voilà prévenus.
48:06Alors Michel Barnier
48:08est-il un faux gentil ?
48:10Et voilà une question qui fâche
48:12et qui est primée par Marco Pommier.
48:14Faux gentil, derrière la rondeur,
48:16c'est le tonton flingueur.
48:18Oui, mais un tonton flingueur,
48:20c'est pas forcément un méchant.
48:22La méchanceté en politique,
48:24ça vise à l'efficacité,
48:26à la capacité de pouvoir
48:28aussi fédérer autour de soi,
48:30être capable de prendre le pouvoir,
48:32être capable d'être un fauve
48:34pour aussi aller
48:36au plus haut
48:38de l'échelle et de la pyramide du pouvoir.
48:40On a vu dans quelles circonstances
48:42il est arrivé là.
48:44Il passait un peu dans le couloir.
48:46Donc, de ce point de vue-là...
48:48C'est vrai qu'on n'a pas vu,
48:50on n'a pas connu un Michel Barnier
48:52en homme de la conquête du pouvoir,
48:54de la violence politique nécessaire
48:56pour pouvoir arriver là où...
48:58Un vrai gentil, alors.
49:00Je pense qu'il masque,
49:02et avec beaucoup de talent,
49:04on pourra encore en parler,
49:06une forme de gentillesse
49:08avec des griffes et des coups de patte
49:10qui, certainement, vont donner son style
49:12au cours des semaines
49:14et peut-être des mois à venir.
49:16Adrien Abreche, tu es d'accord avec ça ?
49:18Oui, je rejoins totalement ce qui a été dit
49:20et je pense qu'au fond, ce style
49:22qu'il est en train d'adopter
49:24sert à camoufler aussi sa position de fragilité.
49:26C'est-à-dire que je pense que
49:28le Michel Barnier, Premier ministre
49:30en tant que personne, va être en effet
49:32un faux gentil, mais qu'en revanche,
49:34dans sa politique, il aura beaucoup plus de mal
49:36à s'épiquer et à s'amuser comme il a pu le faire ici.
49:38Oui, dans sa personne, c'est un faux gentil.
49:40On l'a vu dès la constitution
49:42du gouvernement. Tout le monde pensait
49:44pouvoir lui imposer
49:46des noms, des personnalités.
49:48On l'a vu avec Gérald Darmanin,
49:50Gérald Darmanin voulait absolument le quai d'Orsay.
49:52Finalement, Barnier le balaie.
49:54Il a failli même démissionner,
49:56donc il emploie le rapport de force.
49:58Il s'est monté au rapport de force,
50:00il ne laisse rien filtrer, en général,
50:02de ses intentions, ce qui change beaucoup
50:04pour les députés macronistes,
50:06parce que les députés macronistes ont l'habitude
50:08que tout circule sur les boucles, WhatsApp,
50:10Telegram, etc. Lui, Michel Barnier,
50:12il ne laisse rien filtrer
50:14et c'est au dernier moment qu'il dévoile
50:16ses intentions. Dans l'homme, dans le personnage,
50:18oui, il y a un peu le tonton Flagger,
50:20dans la presse britannique,
50:22on dit qu'il a négocié
50:24le Brexit calmement, mais fermement.
50:26Je suis calme, mais je sais envoyer
50:28comme il faut. En revanche, dans sa politique,
50:30je pense qu'il va être
50:32obligé, malgré les postures,
50:34malgré ses tentatives de se distinguer
50:36d'Emmanuel Macron, il va être obligé
50:38d'envoyer des gages aux uns et aux autres.
50:40On l'a vu hier.
50:42Et on l'a vu dès le moment où il appelle
50:44Marine Le Pen après les propos
50:46de son ministre Antoine Armand.
50:48D'une certaine manière, peut-être qu'il ne sera pas
50:50gentil avec les uns et les autres, mais il sera obligé
50:52d'être au moins généreux dans ce qu'il va offrir
50:54aux uns et aux autres, étant donné que le socle
50:56sur lequel il s'appuie est relativement faible.
50:58Il faut braquer
51:00le moins possible de groupes
51:02à l'Assemblée. On a compris
51:04l'objectif, une main de fer dans un gant de voulot.
51:06On verra ça. Le plus cinglant, Elsa,
51:08c'est le coup de griffe
51:10à Gabriel Attal.
51:12C'est quand même son premier allié.
51:14Il y a déjà un problème
51:16devant les Français entre ces deux-là.
51:18On voit dans le reportage
51:20de Marco, Gabriel Attal
51:22en est très mal sur son banc.
51:24Il est la risée de la gauche
51:26puisque Michel Barnier lui dit
51:28qu'il n'y a pas d'économie.
51:30Le déficit, je l'ai trouvé comme ça à cause de vous.
51:32C'est le sous-texte.
51:34Ça a très mal commencé entre les deux hommes.
51:36On se souvient d'une passation de pouvoir
51:38à Matignon, où Gabriel Attal
51:40ne voulait pas quitter Matignon.
51:42Il fait son grand discours,
51:44il écrit son histoire.
51:46Pour 2027, Michel Barnier l'interrompt quasiment
51:48pour lui demander s'il peut en placer une.
51:50Ça commence déjà pas très bien.
51:52Ça a été très mal vécu dans le camp de Gabriel Attal
51:54puisqu'on a souligné
51:56qu'effectivement, Michel Barnier avait mis des petits taquets
51:58à tout le monde, que ce n'était pas forcément nécessaire,
52:00surtout qu'il doit quand même compter sur ce bloc central,
52:02et surtout qu'il a épargné Marine Le Pen.
52:04Marine Le Pen, c'est quasiment la seule...
52:06Extrême courtoisie, oui.
52:08Je vous ai bien écouté.
52:10Oui, il faut avancer pas à pas, etc.
52:12Après, avec Gabriel Attal, on sort le flingue.
52:14Pareil avec les autres.
52:16Les rapports sont assez tendus
52:18entre Michel Barnier et son bloc central.
52:20Avec Ciotti, c'est quand même violent.
52:22Je n'ai même pas le temps. Ça ne m'intéresse pas.
52:24C'est le même prix.
52:26Là, on a découvert un aspect qu'on ne connaît pas encore
52:28totalement de Michel Barnier,
52:30mais que ceux qui le pratiquent depuis longtemps
52:32ou qui l'ont suivi pendant la première de la droite
52:34ont découvert.
52:36Au-delà de gentil ou méchant,
52:38c'est quelqu'un qui a une très haute conception de lui-même,
52:40très haute estime de lui-même.
52:42Il n'est pas du tout le personnage
52:44qui veut aussi un peu mettre en avant...
52:46Aucun risque d'arrogance ?
52:48Ou de condescendance ?
52:50Condescendance, je ne sais pas.
52:52Depuis sa stature physique,
52:54il peut déjà observer de loin
52:56beaucoup de personnes.
52:58Mais en réalité, il est extrêmement persuadé
53:00que là où il est,
53:02au fond, ça n'est pas par hasard.
53:04Peut-être qu'on découvre tardivement
53:06le fait qu'il fallait absolument...
53:08Il a une soif de reconnaissance,
53:10même à 73 ans.
53:12Oui, il est convaincu
53:14qu'il a un destin.
53:16On l'entendait pendant la primaire.
53:18Pendant la primaire, souvent,
53:20ceux qui parlaient avec lui en privé
53:22ou les bruits qui nous parvenaient,
53:24en 2021, nous disaient
53:26qu'il est déjà convaincu qu'il sera
53:28président de la République.
53:30De ce point de vue-là, on retrouve
53:32des traces, en particulier
53:34avec Eric Ciotti.
53:36Pour revenir sur le cas Gérald Darmanin,
53:38peut-être aussi a-t-il été
53:40aussi assuré et autant assuré
53:42parce qu'il a bien compris
53:44qu'Emmanuel Macron ne se battrait pas pour lui.
53:46Et pour le poste sur le périmètre régalien
53:48auquel il prétendait,
53:50c'est-à-dire celui du quai d'Orsay.
53:52Donc ça lui a donné une marge de manoeuvre,
53:54on va dire, supplémentaire.
53:56Si le président de la République
53:58avait dit, je tiens à le garder en équipe,
54:00la musique aurait été sûrement différente.
54:02Adrien Brasset, il y a un côté
54:04bon père de famille de droite,
54:06un peu vintage, la relance du vieux monde.
54:08Est-ce que, déjà, ça peut marcher
54:10dans l'opinion ? Est-ce qu'il peut s'appuyer ?
54:12On a vu quand même qu'il était
54:14directement en populaire.
54:16Est-ce qu'il peut s'appuyer sur les Français
54:18face à une assemblée si fracturée ?
54:20Je pense que dans un premier temps,
54:22oui, parce qu'il y a un côté,
54:24l'Assemblée nationale est extrêmement fracturée,
54:26le pays a vécu
54:28des élections législatives
54:30quand même très violentes,
54:32dans les conflits qu'il y a pu y avoir,
54:34donc il y a un sentiment de délitement
54:36et peut-être que certains Français peuvent se dire
54:38qu'on respire d'une certaine manière.
54:40En revanche, il ne faut pas oublier
54:42que l'assise électorale
54:44sur laquelle il s'appuie est extrêmement faible.
54:46Il est issu d'un parti politique
54:48qui fait 7 %
54:50aux dernières élections européennes,
54:52donc peut-être qu'il peut y avoir,
54:54lié au personnage dont on vient de parler jusque-là,
54:56une forme... Les gens peuvent le regarder
54:58un peu avec sourire pendant un moment,
55:00mais sur le fond, la grande difficulté
55:02de Michel Barnier, c'est qu'il représente
55:04un camp politique
55:06qui est ultra minoritaire
55:08dans l'opinion, et c'est ce qui l'oblige
55:10d'ailleurs à devoir donner des gages
55:12aux uns et aux autres, c'est que lui seul,
55:14d'un point de vue de ce qu'il représente,
55:16il ne représente quasiment rien.
55:18Il représente presque plus un style aujourd'hui
55:20pour les Français qu'une proposition
55:22véritablement politique.
55:24Pas d'esbroufe, c'est ce qu'il dit
55:26souvent lui, c'est ce que ses conseillers disent,
55:28le style, c'est pas d'esbroufe.
55:30Pas d'effet de manche, je reste calme,
55:32etc. Vous lui donnez combien de temps,
55:34Michel Barnier, pour terminer ?
55:36Plus longtemps qu'on l'imagine.
55:38D'abord pour cette raison-là,
55:40les Français sont en train de se dire
55:42qu'on peut peut-être un peu se reposer,
55:44incarner une forme de mystique
55:46politique sur le thème
55:48les derniers deviennent les premiers,
55:50donc pourquoi pas, c'est au fond
55:52une des surprises
55:54de cette nouvelle législature,
55:56mais avec surtout aussi l'idée
55:58qu'on retrouve des catégories
56:00auxquelles les Français sont peut-être
56:02un peu plus attachés qu'on l'imaginait,
56:04c'est-à-dire du calme, de la pondération,
56:06un retour à des anciens codes,
56:08il avait imposé une dette médiatique
56:10à tous ses ministres il y a 25 ans...
56:12Rien ne filtre.
56:14Oui, d'abord, et puis à part Bruno Retailleau,
56:16qui a eu la permission de parler
56:18et de dire ce qu'il avait à dire,
56:20donc peut-être qu'il le faisait aussi.
56:22Un service commandé, comme on dit.
56:24Mais ça, on verra bien. En tout cas,
56:26les Français ont l'air de dire
56:28qu'on découvre quelque chose de nouveau,
56:30le charisme, on va dire,
56:32vibrionnant, peut-être,
56:34que ça a un peu lassé,
56:36et donc là, il y a peut-être une tentative
56:38d'essayer de donner sa chance au produit.
56:40Adrien Brachet ?
56:42Je pense que ce qui peut le sauver
56:44pendant un petit moment, c'est que,
56:46que ce soit au sein du Bloc central
56:48ou du RN, personne ne va vraiment
56:50vouloir être le premier à tirer
56:52et à le faire tomber. Personne ne va vouloir
56:54avoir la responsabilité du chaos,
56:56du délitement, etc. Donc ça, ça peut retenir.
56:58Les uns et les autres se regardent,
57:00sont prêts à tirer, mais les uns et les autres
57:02peuvent attendre au fond pour tirer.
57:04Le fait que Marine Le Pen ait dit
57:06« je veux une loi immigration en 2025 »,
57:08c'est aussi peut-être le signe qu'elle ne censurera pas,
57:10même en cas de 49.3 sur le budget ?
57:12De toute façon, pour l'instant, Marine Le Pen,
57:14je pense que la menace de la censure,
57:16ça lui va très bien pour l'instant.
57:18Elle est évidemment occupée par son procès,
57:20c'est pas forcément le moment de tout remuer.
57:22Puis Michel Barnier, pour l'instant,
57:24il est peut-être apprécié aussi,
57:26il surfe un petit peu sur la vague,
57:28parce que pour l'instant, il n'y a rien,
57:30on ne sait pas ce qu'il va faire.
57:32C'est juste des paroles que les gens regardent
57:34en se disant que ce style-là nous plaît bien,
57:36mais ensuite, il faut faire des choix,
57:38et ça, on sait que ça ne plaît pas.
57:40On s'arrête là.
57:42Vous étiez très bons ce soir.
57:44Allez, revenez. Merci à vous.
57:46C'est la fin de cette émission.
57:48Soirée documentaire avec Jean-Pierre Gracien
57:50qui commence tout de suite.
57:52Demain, même lieu, même heure.
57:54Très belle soirée.
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