00:006h13 sur RTL, c'est l'heure de votre rendez-vous au plus près de l'info, c'est au coeur de l'actu ce matin,
00:08le nouveau gouvernement qui entre dans le dur, 8h réunion à Matignon, 15h premier conseil des ministres à l'Elysée.
00:15Bonjour Etienne Gernel, merci de commencer un peu plus tôt ce matin, patron du point, éditorialiste politique à RTL,
00:21on vous retrouve du lundi au jeudi à 7h15.
00:23Il y a beaucoup de colère à gauche depuis l'annonce de cette équipe,
00:27il y a beaucoup de colère aussi chez certains de nos auditeurs qu'on avait ce matin à l'antenne qui disent
00:30« mais à quoi ont servi ces législatives si c'est pour retrouver les mêmes ou quasiment ? »
00:36Écoutez, ce qui s'est passé c'est quand même, l'information principale quand même, il ne faut jamais oublier,
00:41des législatives c'est la progression du RN, c'est l'information numéro 1.
00:45La deuxième information c'est que les français ne veulent pas les voir au pouvoir parce que le fonds républicain a marché,
00:50il y a cette contradiction-là. Donc on se retrouve avec une solution, comment dire, de repli, c'est normal.
00:54Après que les électeurs de gauche se disent « mais attendez, on s'est fait avoir »,
00:58c'est peut-être aussi qu'ils se sont fait avoir par leurs propres dirigeants politiques
01:02qui leur ont vendu une fausse information selon laquelle la gauche avait gagné les élections, ce n'est pas vrai ?
01:07On est passé d'un gouvernement macroniste teinté à l'air, à un gouvernement macroniste teinté à l'air.
01:12Ça a servi à quoi tout ça ?
01:14Et teinté à l'air depuis le début, la naissance du macronisme, je vous rappelle,
01:17c'est quand Macron qui est élu président de la République, un peu en passant entre les gouttes,
01:22nomme Édouard Philippe à Matignon, nomme Bruno Le Maire à Bercy, et puis fait venir Gérald Darmanin.
01:27Depuis le départ, le macronisme est une alliance de lui, venant plutôt du centre-gauche...
01:32Oui, mais il y a eu une dissolution depuis ? Il y a eu une élection ?
01:34Oui, et le NFP a obtenu 193 sièges.
01:39La base sur laquelle s'appuie le gouvernement Barnier, elle est de plus de 200 sièges, 205, 207,
01:45et même sans compter le groupe Liott, il y a un peu de Liott dans le trône,
01:47mais on peut considérer que le groupe n'est pas tellement homogène.
01:50Et donc de toute façon, on ne peut pas dire que Lucie Castex aurait eu une base à l'Assemblée plus faible que Michel Barnier.
01:57Mais attendez, c'est des maths, c'est une évidence.
02:00Donc vous dites que c'était impossible de tenir, de prendre en compte les résultats de ces législatives ?
02:03C'était tout à fait possible si le PS n'avait pas été dirigé par Olivier Faure,
02:09et donc en réalité, sous l'emprise, puisque c'est un mot qu'on utilise beaucoup aujourd'hui, de Jean-Luc Mélenchon.
02:14Celui qui a empêché un gouvernement avec vraiment du centre-gauche et de la gauche, c'est Jean-Luc Mélenchon,
02:20et son vassal, on va dire, Olivier Faure.
02:23Donc, le gouvernement est comme il est. On dit d'ailleurs, le gouvernement le plus à droite depuis François Fillon, c'est vrai ou pas ?
02:29Je ne sais pas si c'est tout à fait vrai. Les temps ont changé. Sur le papier, c'est vrai.
02:33Après, si vous regardez sur le fond, avoir une politique plus restrictive sur l'immigration,
02:38écoutez, tout le monde le fait à peu près en Europe, et je pense que même Bruno Retailleau, de ce point de vue-là,
02:43est plus souple que les sociodémocrates danois, et même que les sociodémocrates allemands.
02:49– Il y a des ministres très conservateurs sur le sujet de la société, proche de la manif pour tous.
02:53– Absolument, ça c'est vrai. – Ce n'est pas ce qu'on demandait les Français ?
02:56– Ce n'est pas ce qu'on demandait les Français, et en même temps, ce n'est pas forcément le programme du gouvernement.
02:59C'est ce qu'a dit Barnier hier soir, c'est-à-dire que ce n'est pas forcément là-dessus que ça va se jouer.
03:03Que eux soient personnellement conservateurs, c'est une certitude.
03:06Qu'ils en fassent une politique, pas forcément que ça change quelque chose.
03:09Et d'ailleurs, Barnier, hier soir, sur France 2, a été très clair.
03:11Il a dit qu'on ne touchera pas à ce qui a été fait. Donc, qu'est-ce que c'est ?
03:15Ça annonce une nouvelle politique.
03:16J'allais dire, ce n'est pas vraiment le sujet des législatives où il y avait deux sujets.
03:20Il y a les sujets régaliens, sécurité et immigration d'un côté,
03:23et d'autre part, des sujets socio-économiques.
03:25Et ça, ce n'est pas vraiment dans le programme.
03:26– La grande question, c'est est-ce que ce gouvernement passera l'hiver ?
03:29– On ne sait pas s'il passera la semaine, on ne sait pas s'il passera le mois.
03:33– Qu'est-ce qui peut le faire tomber ?
03:35– Il suffit que Marine Le Pen baisse le pouce.
03:38C'est très simple, il va y avoir une motion de censure venue du LFP.
03:43Il suffit que Marine Le Pen dise on la vote, ça peut aller très très vite.
03:49Puis il peut aussi ne rien se passer.
03:51Il se peut aussi que les partis qui ont envie de voter des motions de censure se disent
03:55on n'a pas envie d'apparaître comme des fauteurs de troubles,
03:57il faut bien un gouvernement à la France.
03:58Ils ont peur peut-être aussi d'endosser les responsabilités un jour.
04:01– Emmanuel Macron, il sort gagnant ou perdant de cette séquence ?
04:03– De toute façon, je pense qu'il est le seul à n'avoir pas vraiment réalisé
04:07qu'il n'était plus dans le jeu.
04:08Mais ce n'est plus lui le maître de la situation.
04:11Il y a une assemblée, il y a un premier ministre, ça peut changer.
04:14Mais là, il s'en est mêlé encore.
04:16Il a encore envie de s'en mêler parce qu'il est fait comme ça
04:19et parce qu'on ne le changerait peut-être pas.
04:21Mais la réalité c'est que ce n'est plus lui qui est au manette.
04:23– Il vous avait dit lors d'un long entretien en août 2023 pour Le Point,
04:27Etienne Gernel, je présiderai jusqu'au dernier quart d'heure.
04:30– Oui, c'était à Brégançon, je me souviens.
04:32C'était à l'époque où il faisait beau pour lui, ça allait encore à peu près.
04:35Oui, il présidera peut-être jusqu'au dernier quart d'heure,
04:37mais vraiment comme président, pas comme gouvernant.
04:40Parce que jusqu'à présent, Macron, il était président, premier ministre,
04:43ministre de l'intérieur, ministre de la justice, ministre de l'économie, ministre de tout.
04:46– Et là aujourd'hui, il n'est plus tout ça.
04:47– Il faisait les secrets, il faisait aussi les directeurs de cabinet, il faisait tout.
04:50– Et il ne fait plus tout ça.
04:51– Ah ben non, je suis fier que c'est terminé.
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