00:00RTL Soir
00:02Yves Calvi et Agnès Bonfillan
00:04Il est 18h19, bonsoir Thierry Cotillard
00:06Bonsoir
00:07Merci de nous rejoindre sur RTL, vous présidez le groupement Les Mousquetaires
00:09qui comprend entre autres les enseignes intermarché,
00:11bricomarché et netto.
00:13Commençons avec les prix de l'alimentation, si vous le voulez bien.
00:15L'assiette des français, où en est-on ?
00:17Et quelle est la tendance ?
00:19Plutôt des bonnes nouvelles en cette rentrée,
00:21puisque l'inflation est à moins de 2 chiffres,
00:23maintenant on est à moins de 2% même.
00:25Et dans tout ça, l'alimentaire
00:27commence à enregistrer des baisses de prix.
00:29Donc ça c'est une très bonne nouvelle pour les français.
00:31Quel type de produits ?
00:33Les produits où la matière première a baissé, le papier.
00:35C'est pour ça qu'on a eu une rentrée des classes qui était
00:37moins coûteuse. Avant il y a eu les céréales,
00:39donc les biscuits coûtent moins cher.
00:41Et quand je vous dis le papier, c'est l'essuie-tuque qui est à moins 7%.
00:43Donc ça c'est la bonne nouvelle.
00:45Mais malgré ça, vous avez encore des français
00:47qui sont préoccupés par leur pouvoir d'achat.
00:49Et donc le ressenti n'est pas encore là
00:51réellement des baisses.
00:53Et dans cette rentrée, je tiens à préciser qu'il y a quand même
00:55un sujet de précarité pour les étudiants.
00:57C'est une cible qui doit travailler
00:59pour subvenir à leurs besoins.
01:011 sur 5, c'est la statistique.
01:03Saute un repas pour y arriver.
01:05Donc on a fait un plan de bonne rentrée.
01:07Donc si vous vous déplacez,
01:09vous allez chez Rodi, vous avez 25% sur la vidange.
01:11Pour s'équiper, bricorama,
01:13puisque vous l'avez cité, c'est une des enseignes.
01:15Un bureau, une lampe et une chaise, c'est 85 euros.
01:17Et surtout intermarché, dans l'appli
01:19communauté étudiant, 10% de remise
01:21en plus de tout ce qu'on fait pour leur donner un coup de main.
01:23Tout étudiant qui est rentré dans l'appli bénéficiera
01:25à la caisse de 10% de réduction.
01:27Exactement, en plus de tout ce qu'on peut faire.
01:29C'est l'engagement qu'on a pris, c'est exceptionnel.
01:31Ça a commencé il y a 8 jours et c'est
01:33jusqu'au 30 septembre.
01:35Si je vous dis, on a bien compris néanmoins qu'on ne reviendra jamais
01:37au prix d'avant. Vous me dites oui, monsieur Calvi ?
01:39C'est vrai, on va se battre dans les prochaines
01:41négociations pour obtenir des baisses.
01:43Mais la réalité, c'est qu'on ne va pas gommer
01:4520 points d'inflation. On va essayer d'obtenir,
01:47comme on est en train de le faire sur les marques
01:49de distributeur, des baisses significatives de 5 à 10 points.
01:51Mais on aura en face de nous
01:53des industriels, on l'est aussi,
01:55qui pourront expliquer que l'électricité
01:57n'a pas complètement retrouvé
01:59le prix d'avant et surtout les salaires ont augmenté.
02:01C'est pour ça qu'il y aura une partie
02:03de l'inflation qui va bien sûr rester demain.
02:05Thierry Cotillard, il paraît que nos Jeux Olympiques ont boosté la consommation
02:07cet été. Est-ce que c'est vrai ?
02:09C'est vrai, c'est une
02:11réalité dans les intermarchés des
02:13Nettos et je pense chez les
02:15concurrents. On a eu
02:17un mois de juillet qui était compliqué parce que
02:19le climat, mauvaise météo et peut-être l'environnement
02:21politique qui était instable.
02:23L'été s'écoute, on a presque cartonné,
02:25on a fait 11% de progression,
02:27notamment évidemment à Paris
02:29et dans les villes en août
02:31avec des familles comme le
02:33snacking, les salades, les sandwiches
02:35qui ont explosé.
02:37Je comprends mieux pourquoi tous les restaurateurs me disent
02:39qu'ils n'ont pas bien travaillé. Si
02:41tout le monde est allé chercher son sandwich
02:43dans vos magasins... C'est possible qu'il y a eu un transfert
02:45parce que c'était des gens évidemment qui étaient
02:47pressés et donc ils sont venus dans les supermarchés
02:49et ça a fait une très bonne saison.
02:51Effectivement. Ce nouveau terme que l'on emploie
02:53la déconsommation, ça
02:55existe vraiment et qu'est-ce que ça veut dire ?
02:57Moi je me méfie des mots comme ça qui apparaissent dans la...
02:59On va prendre une minute parce que c'est important.
03:01Les faits sont là,
03:03la consommation baisse de 1,8%
03:05en France depuis
03:07le début de l'année. Donc c'est factuel,
03:09on déconsomme. Par contre, c'est une moyenne.
03:11C'est la règle des
03:13trois tiers que je vais vous expliquer.
03:15Il y a un tiers qui n'ont pas changé leurs
03:17habitudes parce qu'ils ont certainement
03:19un revenu qui est suffisant.
03:21Un deuxième tiers qui a changé ses
03:23habitudes en consommant plus de marques de distributeurs
03:25qui coûtent moins cher que la marque nationale
03:27de l'ordre de 30%.
03:29Et là où on a eu un début de déconsommation,
03:31c'est le tiers des Français. Donc le tiers
03:33de 60 millions c'est pas loin de 20 millions de Français
03:35qui ont décidé,
03:37qui n'ont pas eu le choix que d'arrêter
03:39de consommer de la viande, du poisson
03:41ou des produits biologiques. Et ça,
03:43évidemment, ça engendre la déconsommation
03:45globale de la moyenne. En fait, ce sont des Français
03:47qui n'arrivent plus à suivre la hausse des prix et qui se privent ?
03:49Exactement. C'est ce qu'on observe.
03:51Donc c'est, pardonnez-moi, une déconsommation subie.
03:53Elle n'est pas choisie. Elle est complètement subie.
03:55Et ce qu'on a fait, nous, parce que vous savez,
03:57on a nos bateaux et nos abattoirs, on s'est dit
03:59on va proposer un steak haché à
04:01moins de 10 euros. Lorsque vous faites encore
04:03des prix aussi puissants que ceux-là, c'est-à-dire
04:05attractifs, on ne déconsomme
04:07pas et nous on est en progression. Donc c'est bien.
04:09Le vouloir d'achat est là. C'est le pouvoir
04:11d'achat qui ne suit pas. Avec de la viande française ?
04:13Avec de la viande 100% française.
04:15Des abattoirs de Bretagne qui sont avitrés.
04:17Qui sont ces déconsommateurs ? Des familles ?
04:19Des étudiants ? Des chômeurs ?
04:21Ou finalement, ça commence à
04:23toucher un public plus large ?
04:25Ces populations-là,
04:27je vous ai cité la précarité des étudiants,
04:29donc 1 sur 5 sautent des repas.
04:31Les chômeurs, les revenus
04:33effectivement les plus fragiles.
04:35Et c'est là que, bien évidemment,
04:37nous, distributeurs, on a l'obligation
04:39de proposer les meilleurs plans possibles.
04:41On s'est adressé aux étudiants avec ce que je vous ai expliqué.
04:43Et puis quand on a, comme en ce moment,
04:45l'anniversaire Chintermarché, vous savez,
04:47il y avait une loi de creusaille qui nous interdisait
04:49aux produits de faire des remises de 34%.
04:51On a été malins. En ce moment, c'est
04:5380% de remises sur, non pas
04:55un produit, mais la marque Sun par
04:57exemple, qui fait
04:59évidemment du lavage.
05:01Et donc, on contourne un petit peu la loi,
05:03mais c'est au bénéfice de nos consommateurs.
05:05En tout cas, on a
05:07un texte de loi qui nous autorise à le faire.
05:09Donc, je ne la contourne pas. J'applique le texte de loi
05:11comme il se doit.
05:13Ça ne doit pas être facile d'avancer sans gouvernement, non ?
05:15Comment vous faites vos prévisions en ce moment,
05:17surtout quand ça dure depuis plus de deux mois ?
05:19C'est effectivement une bonne nouvelle déjà
05:21qu'il y ait un Premier ministre qui soit nommé.
05:23C'est une bonne nouvelle qu'on évite
05:25des ministres qui soient sur les sujets.
05:27Et ce qu'on a envie de leur dire,
05:29vous savez, c'est
05:31ne tombez pas dans la caricature facile
05:33de penser qu'on va être le coupable idéal
05:35sur le sujet de la chaîne alimentaire,
05:37parce qu'on est les derniers à présenter la facture.
05:39On a une responsabilité sur le sujet agricole
05:41qui doit être en haut de la pile du Premier ministre.
05:43Et on aura des propositions, évidemment,
05:45à faire, ce qu'on souhaite surtout.
05:47Et donc, pardonnez-moi, en ce moment, vous n'avez pas d'interlocuteur
05:49depuis la dissolution. C'est un problème.
05:51Bien sûr que c'est un problème, mais on est pressés
05:53d'avoir un ministre de l'Agriculture.
05:55Vous dites quoi ce soir à Barnier, ou à Michel Barnier ?
05:57Dépêchez-vous de nommer votre...
05:59L'annonce va être faite certainement cette semaine.
06:01Et donc, on sera ravis de pouvoir aller défendre
06:03ces trois positions. La première, c'est
06:05nous permettre de continuer à investir, nous permettre
06:07de continuer à embaucher. Par exemple, il y avait une mesure,
06:09vous savez, pour aider les jeunes dans l'apprentissage.
06:11C'est 800 000 jeunes qu'on a mis au boulot
06:13et qui ont des carrières chez nous.
06:15Donc ça, on pense que c'est une bonne mesure.
06:17Il faut la poursuivre. Et puis, sur le sujet
06:19des négociations commerciales,
06:21on n'a plus de temps à perdre. Vous savez, on est à un mois et demi
06:23du début des négociations.
06:25Donc, dès que le ministre de l'Économie...
06:27Pendant que tout le monde s'engueule, je ne sais combien de temps ?
06:29Il y a un rapport de force, il y a une discussion.
06:31En tout cas, on a des propositions rapides à leur faire.
06:33En tout cas, notre premier ministre,
06:35Michel Barnier, a été ministre de l'Agriculture.
06:37Donc, il devrait être sensible quand même aux demandes
06:39des éleveurs, des entreprises de l'agroalimentaire.
06:41Il y a cet univers-là, non ?
06:43Non, on a un premier
06:45ministre qui a l'expertise du monde
06:47agricole, qui a aussi l'expertise des compromis.
06:49Je pense que son expérience européenne
06:51lui a appris à travailler
06:53avec le compromis. Et je pense qu'il y a
06:55des compromis entre les industriels,
06:57les distributeurs et les agriculteurs
06:59à trouver. En tout cas, on a
07:01l'intime conviction qu'il va falloir
07:03demain plus de transparence et de
07:05directivité pour aider les agriculteurs à mieux
07:07vivre de leurs revenus.
07:08Qu'espérez-vous des prochaines négociations commerciales
07:10pour 2025 ?
07:11Deux choses...
07:13Ça nous concerne tous, nous Français.
07:15La première préoccupation des
07:17Français, on vient de le dire, c'est le pouvoir d'achat.
07:19Donc, ce qu'on espère obtenir des négociations, c'est
07:21des baisses de prix. Parce qu'en fait, quand on obtient
07:23des baisses de prix de l'industriel, on les répercutera
07:25immédiatement chez Intermarché Netto.
07:27Ce sera une bonne nouvelle pour les Français.
07:29Dans ces négociations...
07:31Dans la même proportion ?
07:33Exactement. On a même été plus loin. Lorsqu'on avait
07:35obtenu...
07:36Je vous vends mes biscuits, on va dire,
07:38moins 10%, vous baissez le tarif de vente
07:40de 10% ?
07:42Exactement. Parce qu'on sait qu'en fait, il y a une attractivité
07:44par rapport au prix. Donc, quand on a moins 10%, on répercute
07:46moins 10%. Et quand on a eu plus 20%,
07:48on a plutôt fait plus 18% et on a pris
07:50sur nos marges parce qu'on savait qu'on allait trop haut.
07:52Donc oui, je vous le redis, on répercutera
07:54à l'euro près
07:56les baisses de prix parce que c'est l'attente des Français.
07:58Et il y a surtout une vraie compète.
08:00Si je ne le fais pas, Leclerc le fera au Carrefour et donc
08:02il faut être dans le match.
08:03Ce n'est quand même pas le grand forum de l'amour parce qu'on va entendre dans
08:05quelques instants nos éleveurs qui sont furieux.
08:07La grande distribution nous distille les presses
08:09pour ne pas dire les oppresses. Est-ce que vous leur répondez ce soir ?
08:11Moi, je leur réponds que
08:13je ne négocie pas en direct avec eux.
08:15Je le fais quand on a des abattoirs.
08:17C'est le cas. On travaille avec aussi
08:19des éleveurs de lait pour notre laiterie. On est les seuls
08:21distributeurs à avoir notre laiterie.
08:23En revanche, le lait que Lactalis
08:25achète, c'est bien du ressort de Lactalis.
08:27Ce qu'on dit ce soir, mais ça fait
08:29quelques mois qu'on le dit et on va le dire cette semaine
08:31au futur ministre de l'économie, c'est
08:33faites un premier niveau de négociation entre
08:35les grands industriels et les agriculteurs.
08:37Ce prix-là, on n'y touche pas.
08:39On les met dans les conditions générales de vente.
08:41La fameuse sanctuarisation des conditions
08:43d'achat. Et à ce moment-là, laissez-nous
08:45négocier le reste. Et là, ça va préserver le revenu
08:47des agriculteurs. C'est la proposition qu'on fait.
08:49Merci beaucoup Thierry Cotillard. Vous présidez le groupement
08:51Mousquetaire. Très bonne soirée à vous.
08:53Et donc, je rappelle que les étudiants
08:55qui ont votre application auront
08:57moins 10% à la caisse, on est bien d'accord ?
08:59Exactement. Dans tous les intermarchés de France.
09:01Dans un instant, l'essentiel de l'actualité
09:03est une immersion qui va vous intéresser
09:05Thierry Cotillard. Nous allons au salon international
09:07de l'élevage à Rennes avec des agriculteurs
09:09en colère, je viens de vous le dire. Ils attendent
09:11un gouvernement et des réponses claires depuis
09:13plus de deux mois. A tout de suite sur RTL.
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