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  • il y a 1 an
Les Bouch'à Oreilles, troupe théâtrale de Désertines (03) ont joué la pièce écrite pas Régis Le Guigot 17 fois de mai 2023 à juin 2024. Cette comédie basée sur un quiproquo entre un client venu récupérer sa carte bancaire, et les employés déjantés de cette banque a séduit le public et notamment au cours du festi-théâtre de Biozat qui se déroule chaque année début mai dans l'Allier. 1h30 de rires pour le plaisir des comédiens amateurs et du public dans un décor que la troupe a particulièrement soigné cette saison. Les BAO seront à nouveau présents le 12 mai 2025 au prochain festi-théâtre. Voici la seconde partie -après l'entracte, voir la vidéo précédente

Catégorie

😹
Amusant
Transcription
00:00On le voilà, oui, il arrive, il arrive, il arrive, il arrive, il arrive, il arrive, il
00:30va pas tarder. Alors c'est bon pour ma carte ! ça y est on l'a récupéré.
00:39Ouais super ! N'approchez pas. Et pourquoi ? Le seuil de discrétion, il faut pas dépasser,
00:44faudrait même reculer un peu mais juste un peu. N'y est plus. C'est parfait. Mais
00:48mais le seuil de discrétion, je croyais que c'était seulement pour éviter d'entendre
00:54ce que disaient les clients au guichet.
00:56Et les conversations confidentielles des employés.
00:59Vous avez trouvé le café comment ?
01:00Ah bah ça c'est le café.
01:03Et vous avez mis combien de sucre ?
01:04Ah bah trois.
01:05Bah c'est parce que vous avez pas assez touillé.
01:07Mais oui, le café, il faut que ce soit touillé, touillé et retouillé.
01:11Comme la mayonnaise.
01:12Ah bon ? On met du sucre dans la mayonnaise ?
01:17Excusez-moi de vous déranger, mais pour ma carte.
01:20Mais vous permettez, c'est une discussion privée.
01:25Et puis, vous avez avancé là ?
01:28Pas du tout.
01:28Encore un peu.
01:29Plus à droite.
01:30Bon enfin là, il n'est plus dans l'axe.
01:32Vrai problème, c'est surtout qu'il n'est pas photogénique.
01:36Bon, elle est où ma carte ?
01:37Mais rassurez-vous, vous allez la voir.
01:39Et avant, je voudrais voir le petit joujou que vous avez dans votre poche.
01:43Le joujou ?
01:44Oui, le revolver, vous l'avez toujours avec vous au moins.
01:47Rassurez-vous, il ne me quitte jamais.
01:50Est-ce que vous pourriez le sortir ?
01:52Figurez-vous que madame voudrait acheter le même à son fils.
01:55Et je voudrais voir si la réplique fait aussi vrai que l'original.
01:58Ah, vous voulez voir ce que ça fait de la bornin ?
01:59Et puis, si vous le pointiez vers moi, ça serait parfait.
02:02Oui, une petite démonstration dans l'hypothèse où un jour on aurait affaire à un vrai braqueur.
02:07Il faudrait juste faire comme si c'était un vrai hold-up.
02:10Ah, un vrai hold-up à 55 000 euros.
02:12Chantal !
02:13Attendez, je vais vous montrer.
02:15Oh là, oh là.
02:17Ah, comme ça. Oh là là, ça doit faire drôle quand même à la surveillance de voir une employée de banque
02:22montrer au braqueur comment faire un hold-up.
02:24J'aurais dû rester sur ma première idée et appeler la direction.
02:28Merci madame.
02:30C'est plus dangereux qu'on ne le croit, vous savez.
02:32Vous devriez retourner avec les autres.
02:35Bon alors, on se la fait cette petite démonstration, hein ?
02:38Avec plaisir.
02:45C'est un hold-up.
02:48Gardez bien les bras au-dessus de la tête et par ici la monnaie.
02:57Vous avez des toilettes ?
03:02Pardon ?
03:03Les toilettes, elles sont où ? Au café, j'ai pas pu y aller, elles étaient hors service.
03:07Et ça peut pas t'en ?
03:08Ah franchement, non.
03:09Deuxième porte à droite.
03:10Merci.
03:18Là, là, je crois qu'ils vont pas croire un hold-up.
03:28Bah oui, c'est vrai qu'un employé de banque, un braqueur qui part tranquillement aux toilettes,
03:35pour, bah oui, c'est, c'est bon pour.
03:37Mais, mais, mais, qu'est-ce qu'ils vont penser là-bas, qu'est-ce qu'ils vont penser, bon sang ?
03:41Bah, ils se diront qu'il s'est attaché à nous.
03:45Un peu comme le syndrome de Stockholm, mais à l'envers.
03:49On pourrait peut-être baisser les bras, je sais ce qui revient.
03:51Non, non, non, mais qu'est-ce qu'ils font, bon sang, qu'est-ce qu'ils font ?
03:54J'espère qu'il va pas tarder, le centre de surveillance a déjà dû alerter la police.
03:58Mon Dieu, et s'ils arrivent et qu'il est encore là, qu'est-ce qu'on va pouvoir leur raconter ?
04:02Moi, depuis le début, je la sens pas, cette histoire de hold-up.
04:06Mais on n'aura rien à leur raconter, tout a été filmé.
04:09Oui, et les 55 000 euros qu'il est censé nous avoir pris, on leur dira quoi quand ils verront qu'il n'y a rien dans le sac ?
04:14Qu'il a paniqué et qu'il a préféré brûler tous les billets.
04:17Et vous croyez qu'ils vont prendre un truc pareil, vous ?
04:19Eh ben, j'en connais un qui s'est arrivé.
04:20Ah ben oui, moi tiens, pas plus tard que ce matin.
04:22Oui, on sait que ça, on sait.
04:27On a été déjà.
04:29Ah oui, c'est vrai.
04:31Allez vite, commencez par déposer tout ce que vous avez dans les poches.
04:36Messieurs dames, je vous fais rédactiver.
04:39Je veux déjà voir tout ce que vous avez dans les poches sous le guichet.
04:42Tout de suite, je dis.
04:44Il le fait pas un peu trop bien, là ?
04:47Si on veut que ça fasse crédible...
04:49Avec une cagoule, ça aurait été parfait.
04:51Faites-moi penser de demander à la direction qu'ils le commandent une panoplie de braqueurs, alors que j'ai le doigt.
04:56Bon, elle arrive la monnaie.
04:58Plus vite, je dis.
05:00Oui, oui, oui, tout est là.
05:02Voilà.
05:05Des papiers ?
05:07Vous vous foutez de moi ?
05:09Je dis, commencez par vider vos poches.
05:11Les poches, c'est peut-être un petit peu beaucoup, non ?
05:14Moi, je pense qu'il serait bien, c'est qu'on sortienne au simple scénario du braquage,
05:18parce que là, on est légèrement pris par le temps.
05:20Rassurez-vous, le braquage, on va y venir.
05:24En attendant, je veux voir ce qu'il y a dans les poches.
05:28Les portables en priorité.
05:30On fait quoi, là ?
05:31On les vide, et vite.
05:35Qu'est-ce que c'est que ça ?
05:38Pourquoi vous vous baladez avec une pub sur les alcooliques anonymes ?
05:42On dirait bien le foie de Madame Gobert.
05:46Je le reconnais, c'est bien le foie de Madame Gobert.
05:50Rendez-moi ce dépliant, bon sang.
05:52Quand on pense que le foie, c'est ce qu'il y a de mieux conservé chez elle.
05:57Mais tout de suite, c'est quand même malheureux.
05:59Pauvre bête.
06:01Mais ça suffit, non ?
06:02Je ne vous ai pas demandé de raconter votre vie,
06:04mais de vider vos poches, ça devient...
06:07Allez vite, bon sang.
06:14C'est tout ce que vous avez.
06:16Mais ce n'est pas avec ça que je veux devenir riche.
06:18Fraise Tagada, tu te défères.
06:21Fais remplir le sac, et tout de suite, et que ça saute.
06:27Et voilà ma sphère, ma garde, tu ne l'oublies pas.
06:33Vous me le rendez quand, mon portable ?
06:35A la fin du hold-up, si vous êtes sales.
06:38Et mes soucis ?
06:39Et ben non, le procès du hold-up, c'est de vous partir avec l'argent.
06:43Ben l'argent des autres, si vous voulez, mais pas le mien.
06:45Rendez-moi mon argent.
06:46Je calme Madame Vichière.
06:48D'abord, je ne suis pas vichière.
06:50Je suis technicienne de surface.
06:52Qu'est-ce que vous faites ici ?
06:53Et ben, comme tous les matins, il vient prendre son café, lire son journal,
06:56je suis technicienne de surface.
06:59Et ben comme tous les matins, il vient prendre son café, lire son journal,
07:02et puis jouer à la bourse.
07:03Attendez, c'est quoi encore cette histoire de bourse ?
07:05Pas que moi, vous aussi, vous jouez à la bourse ?
07:07Ah oui, mais pas avec l'argent des clients.
07:09Comment ça, avec l'argent des clients ?
07:12Mais ne l'écoutez pas, d'abord,
07:13comment j'aurais fait pour avoir accès aux comptes de tous les clients ?
07:16J'ai déjà eu tant de mal à pirater que d'autres.
07:21Attendez, vous jouez à la bourse avec mon argent, là ?
07:23Mais rassurez-vous, je n'ai investi que dans des valeurs sûres.
07:27Les puits de pétrole, ça rapporte toujours.
07:29Ça m'étonnerait en Seine-et-Marne.
07:31En Seine-et-Marne, il n'y a plus de pétrole ?
07:33Ah ben, pour l'instant, non.
07:35Mais si vous vouliez qu'on en trouve un jour,
07:37il faudrait songer à remettre des sous sur votre plan d'épargne.
07:40Le courtier m'a juré qu'à l'époque des dinosaures,
07:43il y en avait plein de pétrole en Seine-et-Marne.
07:45À l'époque des dinosaures ?
07:47Ouais, alors du coup, j'ai aussi un peu investi dans les dinosaures.
07:51Je me suis dit qu'ils apprévirent le pétrole plus vite.
07:54Silence !
07:56Vous allez tout me rembourser jusqu'au dernier centime.
07:59Ben, si ça ne vous ennuie pas,
08:01je préférais commencer par le dernier centime.
08:04Arrêtez !
08:06Vous avez raison, on ne va pas y passer la journée.
08:08D'ailleurs, c'était très gentil à vous de venir presser à cet exercice.
08:11Et si vous pouviez en profiter pour emmener la poubelle à papier ?
08:16Vous plaisantez ?
08:18Je ne suis pas venu ici pour vous débarrasser de vos entendants.
08:21Mais pourtant, ça nous aurait bien arrangé.
08:23En revanche,
08:25il serait bien que vous rappeliez le centre de surveillance.
08:28Mais je viens de vous rendre votre carte, pourquoi voulez-vous que je les appelle ?
08:30Pour qu'ils déverrouillent le local du distributeur.
08:32Ce serait dommage
08:34de repartir avec un sac à moitié vide.
08:37Pardon ?
08:38Vous avez très bien entendu.
08:39Mais il fait toujours semblant, là.
08:41Ben, il fait semblant à la perfection.
08:43Mais oui, monsieur fait semblant. D'ailleurs, c'était très gentil à vous.
08:45Appelez le centre de surveillance tout de suite.
08:48Mais il n'est qu'ici qu'il vous prend la peindre au sort.
08:50Mais qu'est-ce qui joue bien l'acteur ?
08:53C'est vrai qu'on aurait pu tomber plus mal.
08:56Qu'est-ce que tu marmonnes, voilà mon affaire.
08:58Ah non, je ne vois rien. Je disais que vous étiez formidable.
09:01Je suis sûre que vous avez déjà fait du théâtre.
09:03Non.
09:04Et merci d'arrêter le vôtre.
09:06Oh, mais qu'est-ce qu'il est fort.
09:09Levez les bras et très haut.
09:11Ah, vous m'épatez.
09:14Oh ouais, quel acteur.
09:16Moi, j'ai un peu de mal quand même. J'ai un petit doute.
09:19Mais non, il n'y a pas de doute à avoir.
09:21Le revolver du monsieur, c'est un jouet, n'est-ce pas ?
09:23Vous voulez parier ? Et ça, ce n'est pas des vrais balles peut-être ?
09:27Nous, il pleure.
09:29Sinon, il ne nous aurait jamais laissé sa carte bancaire avec son nom dessus.
09:32Et qui vous dit que ce n'est pas une carte volée ?
09:35Et qu'en la glissant dans le distributeur, elle se ferait avaler.
09:39Ce qui me donnait une excellente raison
09:42pour venir vous demander le mode d'emploi pour entrer dans le local du distributeur.
09:47Et qu'en plus, vous m'avez dit que votre caméra ne fonctionnait pas.
09:52Mais non, mais il nous fait marcher.
09:55Il n'y a que trois balles dans le barillet. Une chance sur deux.
09:59Non, non, non, arrêtez, arrêtez. Pas ça, pas ça.
10:01Vous êtes fous, vous êtes fous. Non, non, non, non.
10:08C'est votre jour de chance, on dirait.
10:10Mais qu'est-ce que vous voulez enfin, bon sang ?
10:13Moi, je ne sais plus où on dormit.
10:15C'est un vrai halteur ou c'est l'entraînement ?
10:20Moi, je ne sais plus, maintenant. Demandez-lui.
10:22Vous êtes un vrai flingue.
10:24Avec au bout, un braqueur pas maladroit du tout.
10:30C'est pas mal non plus le directeur dans son rôle.
10:33Je me demande même s'il n'est pas meilleur que l'autre.
10:38Non, non, je suis désolé.
10:40Je trouve que le braqueur est beaucoup plus convaincant.
10:44C'est parce qu'il crie tout le temps que vous dites ça.
10:47Mais c'est pas vrai.
10:50En vérité, le rôle de M. Gaubert est bien plus difficile.
10:55Il doit jouer sur plusieurs registres.
10:57Le désespoir.
10:58Non, mais pitié, Chantal.
11:00L'angoisse.
11:02La peur.
11:04Chantal, mais t'es un vieillu.
11:06Voyez bien que M. n'est pas venu là pour jouer.
11:08Vous saisissez.
11:09Mais je comprends pas.
11:11On ne peut pas repartir à vie, vous comprenez ?
11:14Quoi ?
11:15C'est vraiment le Dope ?
11:18Mais qu'est-ce que vous jouez bien, Vincy ?
11:21Personne ne joue, ma petite dame.
11:24C'est un vrai Rudolph.
11:27Et l'arme que je tiens dans la main
11:29est capable d'abattre un éléphant à plus de 300 mètres.
11:33Eh ben, il fallait faire un safari, alors.
11:37J'ai déjà eu la chance de voyage à la sortie de la vie.
11:41Si ça vous fait trop loin,
11:42il y en a une plus près.
11:44C'est sur la place de l'église.
11:47Vous voulez vraiment
11:49que votre cerveau finisse en bouillie ?
11:52Ben, ça serait dommage.
11:53Il a presque jamais servi.
11:56Je vais mourir.
11:58Non, Chantal, vous mourez pas.
11:59Le temps que l'avatar trouve votre cerveau,
12:01les secours seront déjà là.
12:03Vous dites ça pour vous assurer.
12:04Ah ben non, moi je pense qu'elle est sincère.
12:06Une chance sur deux.
12:08Non, non, non, arrêtez, arrêtez.
12:09Il y a quelqu'un qui doit mourir ici, c'est le directeur.
12:11Allez me le chercher.
12:15Mais, c'est moi le directeur.
12:20Mais je croyais que vous étiez...
12:22Eh ben, quand je vous disais que vous faisiez portrait de directeur.
12:25Moi-même, j'ai du mal à m'y faire.
12:27Vous, on vous a rien demandé, d'accord ?
12:29En tout cas, c'est courageux de vous sacrifier.
12:33Puisque vous vous êtes désigné pour mourir.
12:35Mais pas du tout, j'ai simplement dit que...
12:36Ah si, vous l'avez dit que vous vouliez mourir.
12:39Absolument courageux.
12:40Ah si, vous avez dit si quelqu'un veut mourir, c'est moi.
12:43Moi, je ne suis pas juriste,
12:44mais on parlerait de suicide, que ça m'étonnerait pas.
12:46Mais devant le tribunal, ce n'est plus du tout la même chose.
12:49Vous serez accusé pour non-assistance à personne en danger.
12:52Et avec un bon avocat, vous pouvez même guiser l'acquittement.
12:56Très bon, vos avocats, très très bon.
12:59Vous, vous n'aurez pas mieux sur la région.
13:02Et puis d'ailleurs, on va...
13:04D'accord.
13:06Il ne répondra pas à vous là.
13:08Il est parti en vacances au Maroc.
13:12Oh, c'est beau le Maroc.
13:15Surtout du premier au second.
13:18Pitié, ça ne va pas recommencer.
13:21Raccrochez ce téléphone.
13:23Je n'ai pas besoin d'avocat.
13:25Puisque vous vous êtes désigné à mourir.
13:27Mais pas du tout, je...
13:28Et en plus, avec votre assurance vie,
13:31votre femme, elle va pouvoir se faire griffer à voûte.
13:36Je ferais plutôt un choix de veau.
13:39Vu que son assurance vie, elle est aussi partie dans le puits pétrole de Seine-et-Marne.
13:44Vous avez aussi touché à mon assurance vie ?
13:47Oh, vous réglerez vos problèmes après.
13:50Pour l'instant, la priorité c'est le distributeur.
13:53Et maintenant que je sais qu'il vous suffit d'appeler votre centre de sécurité pour y arriver,
13:58je vais vous demander de composer gentiment leur numéro.
14:03C'est impossible.
14:04Ils ne peuvent l'ouvrir qu'une seule fois par jour.
14:06Vous mentez.
14:07Je vous jure que non.
14:08Appelez-les vous-même, vous verrez.
14:09Tant pis.
14:11Arrêtez, arrêtez, arrêtez.
14:13D'accord, d'accord, d'accord.
14:14Je les appelle de suite.
14:15Trop tard.
14:26Vous voyez bien qu'il fait encore plus bruit que le bruit.
14:28Restez là.
14:29Tu diras à ton fils
14:31qu'il pourra même braquer le banque avec.
14:34J'espère au moins, monsieur le directeur,
14:37que le petit exercice vous a plu.
14:40Mais vous êtes complètement malade.
14:41J'ai cru que j'étais en train de mourir.
14:42Pardon ?
14:43Mais l'idée de ce jeu stupide,
14:45elle vient de vous.
14:47Moi, je n'ai rien demandé du tout à part récupérer ma carte
14:50et rentrer tranquillement chez moi,
14:52ce que je vais faire tout de suite d'ailleurs.
14:53Et puis, vous pouvez baisser les bras.
14:55Ouais, bah, c'est promis, on va y penser.
15:00Je vous trouve vraiment bizarre dans cette banque.
15:04Hé !
15:05Oubliez pas le sac, là, par terre.
15:07Le sac, là !
15:09Qu'est-ce que vous voulez que j'en fasse ?
15:11Si vous pouviez l'emmener avec vous,
15:13il doit bien y avoir des poubelles à montager.
15:16Remarquez,
15:18je vous dois bien ça.
15:19Et puis, en sortant de la banque,
15:21si vous pouvez pointer votre petit joujou sur nous,
15:24et bien, ça serait parfait.
15:26Parce que vous n'en avez pas eu assez ?
15:28Eh bien, ça sera sûrement le seul braquage de votre vie.
15:32Autant faire bien jusqu'au bout.
15:34Remarquez,
15:36je vous jure, je ne suis pas prêt de l'oublier.
15:43Bonjour, messieurs.
15:44Sa majesté, je vous prie.
15:46Mais qu'est-ce qu'il vient faire, celui-là, encore ?
15:48Il m'a même tout le temps pas en l'air.
15:50Je venais juste voir si je n'aurais pas oublié
15:53mes clés de voiture tout à l'heure.
15:55Vous n'avez pas de voiture, alors ?
15:58Ce n'est pas mes clés de voiture.
16:00Ce n'est pas ma voiture que je cherche.
16:02Ce sont mes clés de voiture.
16:07Dites-moi, pourquoi ils font la hollande ?
16:09Demandez-leur.
16:10Moi, j'ai eu un dos avec eux.
16:11C'est pour vous qu'on fait la hollande ?
16:13Oui, à cause des emprunts russes.
16:15On vient d'apprendre que la Russie va vous rembourser.
16:18Vous n'allez pouvoir toucher vos 5 millions cash.
16:22Mais ne vous en faites pas la tête.
16:23Vous êtes complètement con.
16:24Et demain, il aura oublié.
16:26Ouh là là !
16:28Je note pour ne pas oublier, justement.
16:32Vous avez dit 5 millions ?
16:34Bravo !
16:35Oh là, oh là, les emprunts russes !
16:37Arrêtez ça tout de suite, maintenant !
16:40Je vous préviens,
16:42ils ne sont pas dans leur état normal.
16:46Sa Majesté, si ça ne vous écorche pas trop la bouche.
16:50Mais quelle maison de dingue !
16:56Bon ben, on peut peut-être baisser les bras maintenant qu'il est parti.
16:59Chantal, allez débrancher la caméra pour couper la vidéo.
17:02Ça y est, le film est fini ?
17:03Mais on vous dit d'aller débrancher la caméra.
17:08Oh, bonjour tout le monde !
17:10Mais qu'est-ce qui se passe ?
17:12Ils font la hollande !
17:14C'est à cause de mes emprunts russes.
17:16Vos quoi ?
17:17Mes emprunts russes.
17:19Le tsar va passer à la caisse.
17:21Je pensais surtout qu'il était passé à la casserole, moi, le tsar.
17:25Vous désirez quelque chose, madame Conan ?
17:28Mais j'y arrive pas !
17:30Les Jésus sont toujours bébés.
17:32Ramenez l'argent que vous m'avez donné en trop,
17:35mais je vois que vous avez tous les mains occupées.
17:38Je repasserai.
17:40Bon, j'y vais.
17:43Voilà, c'est fait.
17:45Et rendez-moi donc votre monnaie, on va la mettre sur votre compte.
17:47Eh, on pourrait peut-être baisser les jambes.
17:50Je ne veux pas tenir une minute.
17:52Dites-moi, vous n'auriez pas un petit verre d'eau ?
17:55Parce que je ne me sens pas très bien, moi.
17:57J'ai le cœur qui bat vite,
17:59et je pense que ça doit être dû aux 5 millions de mes emprunts russes
18:03que vous allez me rembourser dès aujourd'hui.
18:06Il n'est pas prêt que les oublier, lui, ces emprunts russes.
18:09Lucette va vous accompagner en bas, monsieur Foncinca.
18:11Oui, bon, allez, viens. Suivez, suivez.
18:13Je voudrais qu'il y ait un petit verre d'eau, monsieur.
18:16Avec un fond de gaz, si vous avez.
18:19Bon, maintenant que notre braqueur est parti,
18:22ce qui serait bien, je pense,
18:24c'est qu'on se mette d'accord sur ce qu'on va dire à la police.
18:26Bah, vu l'état de la caméra et comment elle a encrassé l'objectif,
18:30les images ne vont pas être très nettes.
18:41Mais, ils n'étaient même pas dans le champ, en plus.
18:44Ils arriveront jamais à l'identifier.
18:47Et ils ne le retrouveront jamais.
18:52Alors, quand la police nous demandera comment il était,
18:56on dira qu'il était petit, avec une moustache.
18:59C'est ça, un petit nain moustache.
19:02Et, on pourrait dire qu'il parlait allemand.
19:05Non, mais non, mais non.
19:07Chantal, écoutez, on ne va pas compliquer les choses, d'accord ?
19:10Et qu'il avait une jambe de bois.
19:13Un petit nain allemand, un moustache, avec une jambe de bois.
19:16Hé, ils ne sont pas près de le retrouver, celui-là, tiens.
19:19Je pense plutôt qu'on va rester sur un individu normal, d'accord ?
19:23Moi, je crois aussi.
19:25Vous voulez dire que c'était un nain normal ?
19:28Il n'y a pas de nain.
19:31On oublie le nain, d'accord ?
19:34On ne va jamais s'en sortir.
19:36Chantal, ouvrez bien vos oreilles.
19:38Le type, il était brun, lacaronté, irasé de près, vous comprenez, bon sang.
19:44Elle parle du nain, là.
19:47Chantal, on dira à la police que notre braqueur ressemblait à M. Tout-le-Monde.
19:55M. Tout-le-Monde ? Mais je ne le connais pas.
20:00Vous êtes encore là, vous ?
20:03Ma voiture est en panne.
20:06J'ai appelé l'assistance.
20:09Il leur faudra une heure pour arriver.
20:12Je ne savais pas où aller, alors j'ai pensé que...
20:15Que c'était impossible de rester ici.
20:18Je vais attendre là. Ça ne gênera personne.
20:21Si, si, si.
20:23Ce n'est pas possible. La banque va bientôt fermer.
20:27Mais il est à peine 11h30.
20:29Et alors ? On ferme alors qu'on veut.
20:31On n'est pas une salle d'attente. Nous, vous n'avez qu'à aller au box.
20:34Quand vous m'avez demandé de faire le braqueur pour votre exercice, je n'ai pas dit non.
20:41C'était très gentil à vous de votre part, mais là, vous ne pouvez pas rester là.
20:44Mais pourquoi ?
20:57Oh, merde, ils arrivent.
20:59Mais qui ça ?
21:01Vous n'avez pas tardé de savoir.
21:04Oui, rendez-vous. Vous n'avez aucune chance.
21:09Toutes les issues sont cernées.
21:12Il vous reste 5 minutes pour vous rendre.
21:16Je répète, 5 minutes.
21:20C'est quoi ce bordel ?
21:22La police arrive dehors.
21:24Mais il est encore là, lui. Je croyais qu'il était parti.
21:27Ça voit qu'il est en panne.
21:29Mais pourquoi il y a tant de flics dehors ?
21:31On n'a aucune idée.
21:33Moi, je ne me sens pas très bien.
21:36Vous ne sortez pas, monsieur le magistré.
21:38En plus, vous êtes malade. Allez plutôt vous asseoir 5 minutes.
21:41Mais je ne sais pas. Il va nous faire un malaise en plus.
21:44Allez, soyez raisonnables. Sortez.
21:48Je ne me sens pas très bien.
21:51Et puis, j'ai l'impression d'entendre des voix.
21:59Il vous reste 3 minutes.
22:02Vous avez vu ?
22:05Ils ont installé une horloge parlante dans la rue.
22:10Je répète, 3 minutes.
22:13Mais 3 minutes, pourquoi ?
22:15Je ne sais pas.
22:17Pour fermer la banque.
22:19La banque ferme à midi pétant.
22:21Et là, il est 11h57.
22:23Et à chaque fois qu'on ne ferme pas, elle a l'heure.
22:25La police débarque et elle nous prend une amende.
22:28Ecoutez-moi.
22:30Du temps du tsar, pour un retard comme ça, vous aurez coupé la tête.
22:33Je n'ai pas raison.
22:34Vous avez de la chance. Ils n'ont pas amené le tsar aujourd'hui.
22:38Vous n'avez aucune chance.
22:41Libérez tous les otages et rendez-vous.
22:44Mais pourquoi il parle d'otages ?
22:46J'en sais rien.
22:47Ça ne doit pas être pour nous.
22:48Non, ça, c'est une erreur.
22:50Ou alors c'est pour la boulangerie d'à côté.
22:52Ils ont encore dû se faire braquer leur distributeur à Malabar.
22:56C'est la troisième fois cette semaine de cas de butier.
22:59Non, c'est la banque qui le dise.
23:01Vous avez vu ? Ils ont un stalin tirant sur les toits d'en face.
23:15Allô ?
23:17Banka, vous avez j'écoute ?
23:19Oui.
23:21Ah, c'est le commissaire de police.
23:25Il voudrait parler au preneur d'otages.
23:28Mais quel preneur d'otages ?
23:29J'en sais rien.
23:30Dites-lui que c'est un faux numéro ou qu'il a fait une erreur.
23:32Allô, monsieur le commissaire ?
23:35Vous êtes bien sûr que le preneur d'otages est ici ?
23:38Alors écoutez, on va chercher.
23:40Si on en trouve un premier, on vous rappelle.
23:43Ah bon ?
23:45Vous avez des images de vidéosurveillance de la banque ?
23:49Et ?
23:50Et vous distinguez clairement le braqueur sur la vidéo ?
23:54On est foutus.
23:55On est foutus.
23:56C'est quoi cette histoire de braqueur et de vidéosurveillance ?
24:00Attendez !
24:02Ne me dites pas que la caméra fonctionne !
24:06C'est pas vrai !
24:07Quand j'ai sorti le revolver, que je l'ai pointé sur votre tête,
24:12tout était filmé !
24:14Allô, monsieur le commissaire ? Oui, je suis toujours là.
24:18Un grand type brun vous dit un nom.
24:20Nous, le seul gars qui est venu ce matin à la banque avec un revolver,
24:24c'est un petit nain allemand à moustache avec une jambe de bois.
24:31Il dit qu'il voudrait que je sorte pour jouer dans l'alcool test.
24:35Mais qu'est-ce qu'elle raconte ?
24:36Et des conneries qu'ils vont nous envoyer en cabane pour le reste de nos jours.
24:41Il dit qu'il comprend rien.
24:44Hé, Lucette, vous avez eu l'idée du braquage ?
24:47Alors prenez le téléphone et débrouillez-vous avec la police.
24:50Allô ?
24:51Allô ?
24:53Eh ben, il a raccroché.
24:55Moi, si j'ai eu l'idée du braquage, c'était pour vous éviter la prison.
24:59Alors, la police dehors, c'est pour moi ?
25:02Pourquoi vous ne m'avez pas dit qu'on était filmés quand j'ai sorti l'arme ?
25:05Pourquoi ? Mais dites-le moi !
25:07Ça ne va pas être facile, non.
25:09Mieux, peut-être de commencer par les village-poupons.
25:16Qu'est-ce que les village-poupons ?
25:18Enfin, là-dedans !
25:19C'est tout ce qu'il en reste.
25:22Ce n'est pas vrai !
25:24Vous avez zigouillé les village-poupons !
25:27Il faut qu'on sorte d'ici !
25:29Mais c'est des psychopathes !
25:31Des psychopathes, on le savait déjà et encore !
25:34Le mot est faible, hein ?
25:36Eh ben, moi, je les aimais bien, les village-poupons.
25:39Surtout la petite Paul McCartney.
25:41Mais McCartney, c'est les Beatles !
25:43Et les Beatles, on n'y a pas touché.
25:45Moi, je confirme, il n'y a pas de Beatles là-dedans.
25:49C'est pas Dieu possible !
25:51Que ce soit ce qu'il reste des village-poupons !
25:55Eh si !
25:57Mais non !
25:58C'est la recette du concert des village-poupons
26:01que Madame a mise dans l'incinérateur
26:03croyant que vous veniez pour nous braquer.
26:05Et qu'on s'est dit que la seule manière de ne pas se faire virer
26:08c'était de faire croire qu'on avait vraiment eu un hot-dop.
26:11Et c'est pour ça que vous m'avez demandé mon premier sujet,
26:13il est où, Paul-Dob ?
26:16Je vais me rendre et tout leur raconter.
26:18Et leur raconter quoi ?
26:19Que vous nous avez braqué avec votre revolver.
26:21Pour nous piquer l'argent du distributeur.
26:23Et que vous m'avez braqué votre arme sous la dame
26:25pour m'essayer de me rassassiner.
26:27Mais c'est vous qui avez de l'enjeu de jouer au faux braqueur.
26:29Ce qui compte pour la police, ce sont les images qui ont été enregistrées.
26:32Et comment vous allez leur expliquer que je suis revenu dans la banque
26:34dix minutes après mon hot-dop ?
26:36Et vous l'avez dit vous-même, votre voiture est en parole.
26:38Sauf...
26:41qu'elle marche parfaitement.
26:43Elle marche ?
26:44Et bien pourquoi vous êtes revenu alors ?
26:46Parce qu'avant de partir,
26:48j'ai appelé ma femme pour lui dire que j'arrivais.
26:51J'en ai profité pour lui raconter l'histoire du fold.
26:54Et curieux hasard,
26:56mon beau-frère qui est né à la police municipale
26:59était justement à côté d'elle.
27:01Il a trouvé mon recifre et louche.
27:04Et c'est lui
27:06qui m'a conseillé de revenir dans la banque
27:08et d'enregistrer si possible
27:11tout ce qui pourrait être intéressant,
27:13comme la conversation que nous venons d'avoir.
27:17Portez-vous l'esprit !
27:19On dirait qu'il y a du mouvement dehors.
27:21Ce sont les journalistes qui viennent d'arriver.
27:26Où est-il ?
27:28C'est pas le gars de téléphone, celui qui a la cravate bleue là-bas ?
27:32Mais si, c'est lui !
27:34Il y a même le journaliste de France 2,
27:38celui qui fait les grands criminels de l'histoire.
27:42Vous commencez à avoir de la réputation.
27:49Mais c'est Julien Ropers qui est là !
27:51Oh, Julien Ropers !
27:53Mais qu'est-ce qu'il est beau !
27:55Oh, Julien Ropers !
27:57Julien Ropers !
28:03Celui que je préfère,
28:05c'est le cuisinier musclé
28:07qui gueule et qui tape sur tout le monde,
28:09Philippe Chauvez !
28:11Mais ça te convient que des journalistes soient là ?
28:13Moi j'ai plein de choses à leur raconter.
28:14On va trouver un arrangement, d'accord ?
28:16La vérité, c'est le seul arrangement qui me convienne.
28:25Allô, mon Caroseille, j'écoute.
28:31C'est le commissaire de police.
28:33Qu'est-ce qu'il dit ?
28:34Qu'un témoin a vu le braqueur revenir dans la banche à cinq minutes
28:37et qu'il se doute que je ne peux pas parler librement
28:40et que je dois répéter tout ce qu'il me demande de dire,
28:42alors je dis quoi ?
28:44Donnez-moi ce téléphone, je vais tout lui expliquer.
28:51Bonjour, commissaire.
28:53Jacques Mercier,
28:55le soi-disant preneur d'otages à l'appareil.
28:58Vous n'avez rien à fiche de moi ?
29:01Vous voulez parler à qui ?
29:03Mais non, il n'y a pas de nain avec une jambe de bois ici.
29:06Donnez-moi ce téléphone.
29:10Oui, bonjour.
29:12Allô, monsieur le commissaire,
29:14ici monsieur Gobert,
29:16le directeur de la banque de Lausanne.
29:18Mais puisque je vous dis que c'est moi le directeur, bon sang !
29:21Si c'est pas malheureux, même par téléphone,
29:23il en prend la tête d'un directeur.
29:27En fait, il n'y a jamais eu de braquage, non.
29:30Le revolver que vous voyez sur la vidéo,
29:32c'est un jouet, oui.
29:35Mais non, je ne vous raconte pas de bêtises.
29:38Mais non, je ne suis pas complice du braqueur, voyons.
29:41Hein ? Quoi ? Non.
29:44Il veut parler qu'à vous. Il veut parler qu'à vous.
29:48C'est un con.
29:51Allô, monsieur le commissaire.
29:55Ah, mais oui, mais ça c'est normal.
29:57Les complices, ils ont moins d'expérience.
29:59Donc, ils énervent plus vite.
30:01Mais ça va pas la tête.
30:03Si on est bien traités, moi je pense bien.
30:06On a le 13e mois, le chèque vacances
30:09et la blanquette de vôtres tous les mardis.
30:12Enfin, sauf aujourd'hui.
30:14Vu qu'on est bloqués avec le preneur d'otages
30:16et qu'on n'a rien à manger.
30:19Il dit qu'on peut nous faire du vrai manger.
30:21Dites que je peux vous parler.
30:23Ah, mais permettez.
30:25Pour l'instant, je passe commande.
30:27Allô, monsieur le commissaire,
30:29on a quoi en eau ce midi ?
30:32Ah, mais nous, on n'est pas très sandwich.
30:34Ah, pas pizza non plus.
30:37Un citron gonore pour moi.
30:39Attendez, monsieur le commissaire,
30:40je prends la commande.
30:41Lasagne, saumon, épinard pour moi.
30:43Oh, pareil.
30:44Oh, je me laisserai bien tenter
30:46par les lasagnes au saumon.
30:48Mais, il faut que ce soit
30:50Philippe et Chopin qui préparent.
30:52Dénoté.
30:54Moi, je veux lui parler.
30:55Ah, mais deux minutes.
30:57Je passe commande.
30:59Allô, monsieur le commissaire,
31:01vous avez de quoi noter ?
31:03Parfait.
31:04Alors, un bœuf stroganoff,
31:05deux lasagnes saumon,
31:06deux cassolettes de Saint-Jacques,
31:08au mori,
31:09et un canard à l'orange pour moi.
31:12Ah, oui, pour la cuisson.
31:13Et on fait confiance à Philippe et de Chebeste.
31:16Eh bien, parce que c'est lui
31:18qui va nous préparer le repas pardi
31:20et qui va nous livrer.
31:22Donnez-moi ce téléphone.
31:24Allez.
31:25Non, non.
31:26Oh !
31:30Et puis, s'il pouvait venir
31:31en caleçon moulant,
31:32ça serait parfait.
31:35En tee-shirt moulant,
31:36on voit qu'on voit qu'il est aussi
31:38vraiment musclé en vrai qu'à la télé.
31:40Oh, oui.
31:41Et pourquoi il ne pourrait pas venir
31:44Philippe et Chebeste ?
31:46Ah, mais ce n'est pas comme ça
31:47que ça se passe, monsieur le commissaire.
31:49Le preneur d'otages exige
31:51d'avoir Philippe et Chebeste.
31:53Même qu'il a insisté pour qu'il vienne
31:54en tee-shirt et caleçon moulant.
31:56Chantal, arrêtez votre cirque
31:58et dites-lui la vérité, bon sang.
32:01Eh bien, parce que sinon,
32:03il risque de faire une bêtise,
32:05tiens, avec son revolver.
32:07Eh oui.
32:08Ah, d'accord.
32:11Bon, eh bien, je pense qu'on va
32:13se régaler ce midi.
32:17Vous êtes cinglés,
32:19mais complètement givrés.
32:21Moi, je vais le rendre.
32:22Oh, si j'étais vous, j'en ferais rien.
32:24Rien du tout.
32:25Parce qu'ils viennent d'installer
32:26des tireurs d'élite partout
32:28sur les fenêtres d'en face.
32:30Et s'ils sont là,
32:32c'est pas pour mater mon derrière.
32:36Avec ça,
32:38eh bien, ils ne vont pas me tirer dessus.
32:45Ah, qu'est-ce que vous faites ?
32:52Ça va.
33:03Allô ?
33:05Monsieur le commissaire ?
33:07Oui.
33:09Ah, bon.
33:11Ah, d'accord.
33:13C'est monsieur le commissaire.
33:15Il dit que pour les tirs,
33:17c'était une erreur.
33:20Il a voulu fumer une cigarette.
33:23Il a demandé du feu.
33:25Ils se sont tous mis à tirer dessus.
33:29Mais il dit aussi que maintenant,
33:31vous pouvez sortir tranquille.
33:33C'est ça, pour me faire flomber comme un lapin ?
33:35Alors,
33:37ils veulent bien sortir,
33:39mais seulement quand vous aurez arrêté de fumer.
33:43Et si vous n'y partez pas ?
33:45Eh, pendant que vous y êtes,
33:47n'oubliez pas la mangeaille.
33:49Bon, on peut préparer la table.
33:51Il a dit qu'il arrivait tout de suite.
33:55C'est pour quoi ?
33:57Monsieur le commissaire.
33:59Demandez-lui s'il a un mandat de perquisition.
34:01Parce que ça, c'est obligatoire.
34:03Même dans l'esprit criminel, ils en ont.
34:08Vous avez un mandat de perquisition ?
34:10Ah, non.
34:12Mais j'y ai amené manger.
34:14C'est pareil. Il peut rentrer.
34:18J'amène le ravitaillement.
34:26On n'a jamais commandé ça.
34:28Il a fallu faire dans l'urgence.
34:31Bon.
34:33Alors,
34:35c'est pour qui ?
34:39Philippe Estrebèche.
34:41Oh, c'est pour moi ?
34:43Vous m'en avez dit en caleçon, là.
34:45Ah, non.
34:47Là, je m'excuse.
34:49Mais c'est plutôt pote d'éléphant.
34:51Encore.
34:53Oh, si on lui voyait la trompe.
34:55Mais un pote !
34:57J'allais plutôt pas demander la lune.
35:01Mais on a fait ce qu'on a pu, ma petite dame.
35:03Mais vous êtes qui, au juste ?
35:05Nous, on est juste.
35:07Et puis, on n'a rien à voir avec leur magouille.
35:10Alors, restez sagement derrière moi.
35:12Bon.
35:14Qu'on en finisse.
35:16Il est où, ce preneur total ?
35:20Mais c'est vous.
35:22Je vous reconnais.
35:24La même tête que sur la vidéo de surveillance.
35:26Il n'y a pas de braqueur.
35:28Il n'y a jamais eu de braqueur.
35:30Ah, oui ?
35:32Eh bien, c'est pas ce que raconte la vidéo de surveillance.
35:34Où on vous voit clairement
35:36braquer tout le personnel de la banque.
35:42Avec ça.
35:46Oui.
35:48Mais enfin, c'est un jouet.
35:50Et maintenant,
35:52expliquez à monsieur pourquoi
35:54on me voit sur la vidéo
35:56menacer votre personnel.
35:58Eh bien, allez-y.
36:00Dites-lui que c'était un jeu que vous avez mis en scène
36:02ou je lui fais goûter tout de suite l'enregistrement.
36:08Vous allez rire,
36:10monsieur le commissaire.
36:12Et figurez-vous que c'est un affreux malentendu.
36:14Un affreux
36:16malentendu ?
36:18Vous voulez dire que j'ai fait
36:20déplacer deux compagnies de CRS
36:22et 40 tireurs d'élite
36:24pour un rien ?
36:26Sans compter
36:28le ministre de l'Intérieur
36:30qui hurle
36:32depuis ce matin
36:34parce que c'est la deuxième fois
36:36qu'il annule ses vacances
36:38à l'île Maurice.
36:40Je lis quoi,
36:42moi, au ministre de l'Intérieur ?
36:44Jamais deux sans trois.
36:46Mais enfin !
36:48Vous vous rendez compte
36:50ce que vous risquez, là, tous ?
36:52Pour avoir fait déplacer
36:54la moitié des forces
36:56de l'ordre de la région
36:58pour un rien ?
37:00Ah, pas pour un rien.
37:02Il y a quand même le problème des
37:04large people.
37:06Les quoi ?
37:08Les villages pipos.
37:10Regardez, Théo !
37:12Rassemblez-vous !
37:14Réfléchissez-vous.
37:16Allô ?
37:18Vous me recevez ?
37:20Allô ? Ce sont des céréales qui meurent.
37:22Allô ? Vous m'entendez ?
37:24Mais ça ne marche jamais
37:26quand on en a besoin de ça.
37:28Rendez-vous utile. Deux minutes.
37:30Tenez-moi ça.
37:32Allô ?
37:34Vous me recevez ?
37:36C'est quand même bien foutu de moi,
37:38le commissaire du cadeau.
37:40Vous aviez vraiment trompé sur la marchandise.
37:42Vous pouvez la reprendre, votre photo, d'abord.
37:44Du temps du tsar.
37:46Eh bien, pour des faits pareils,
37:48on vous aurait écartelé vivant.
37:50Mais on s'en fiche de votre tsar.
37:52C'était un dictateur.
37:54Il a été fusillé.
37:56Et c'est tant mieux.
37:58Vous allez vous excuser tout de suite.
38:00Et ça vous apprendra à insulter le tsar.
38:02Ne jouez pas avec ça.
38:04Poser cette arme, ça peut être dangereux.
38:06Allez, collez-vous avec les autres.
38:08Ça vous apprendra de l'insulter.
38:10D'accord.
38:12Je m'excuse.
38:14Mais rendez-moi ce revolver.
38:16Il vaut mieux obéir au commissaire.
38:18Il n'a plus toute sa tête.
38:20Son cerveau s'est arrêté au temps des tsars
38:22et on s'est banqués.
38:24Ça arriverait bien pour Yvan Terry.
38:26On se tait et on lève les bras.
38:28Vous avez raison, monsieur de Françac.
38:30Il ne faut pas vous laisser faire.
38:32Mais m'épousez-donc cette arme, monsieur de Françac.
38:34Et vous, madame Conan, essayez de le raisonner
38:36plutôt que de le monter contre nous.
38:38Non, ça vous apprendra à maltraiter les vieux
38:40et les obliger à se lever à trois heures du matin
38:42pour un petit peu de monnaie.
38:44Vous savez, d'abord,
38:46je n'ai pas de leçon à recevoir
38:48d'un type qui a carbonisé les village people.
38:50Mais c'est la recette du concert
38:52qu'on a carbonisé.
38:54Et oui, les 55 000 euros que la femme de ménage
38:56a remis dans l'incinérateur.
38:58Et certains voyants, monsieur,
39:00arrivaient à la banque avec son revolver à la main
39:02qu'on a eu la lumineuse idée de se pourrelder.
39:04Mais alors,
39:06quel est le rôle de monsieur là-dedans ?
39:08Il n'y est pour absolument rien du tout.
39:10Je suis le seul responsable.
39:12Et je vous le jure.
39:14Merci. Et moi, en attendant,
39:16j'attends toujours le remboursement
39:18de mes 5 millions d'emprunts russes.
39:20Bravo, monsieur de Françac.
39:22Soyez raisonnable. Tout ça va bien se terminer.
39:24Soyez pas entêtés.
39:26Donnez ce revolver à monsieur le commissaire.
39:28Oh, toi, la bolchevique,
39:30je veux pas t'entendre.
39:32Sinon, je te grille les cervelles, moi.
39:34Le cervelle, elle a appris à descendre.
39:36Lisez donc de ton cœur.
39:38Personne ne m'a tiré.
39:40Vous allez sagement poser ce revolver.
39:42Et je vous promets
39:44que vous pourrez rentrer chez vous après.
39:46S'il tire avec mon arme de service,
39:48je suis bon pour être radié
39:50définitivement de la police.
39:52Surtout s'il tire sur vous.
39:54Ben oui.
39:56Mais enfin, vous qui le connaissez,
39:58il n'y aurait pas un moyen de le convaincre de poser cette arme.
40:00Avec ce que vous avez dit sur le tsar,
40:02je crois vraiment pas à nous.
40:04J'ai les doigts qui tremblent.
40:06Et surtout celui qui est sur la gâchette.
40:08Écoutez, si vous trouvez un moyen
40:10de le convaincre,
40:12je vous promets de passer l'éponge
40:14sur ce vrai faux hold-up.
40:16Monsieur de Françac, vous voulez quoi exactement ?
40:18Je veux qu'on me rembourse mes emprunts russes,
40:20mes 5 millions d'emprunts russes tout de suite
40:22et en rouble tout neuf.
40:24Mais on n'a pas de rouble à la vente, monsieur de Françac.
40:26Oh, je suis sûr qu'il a des roubles.
40:28C'est un roublard.
40:30Mais faites-lui un chèque en rouble.
40:32Mais enfin, c'est ça. Faites-lui un chèque en rouble.
40:34Donc, je veux des billets tout neuf.
40:36Sinon, je tire.
40:38Mais dépêchez-vous, bon sang.
40:40Mais c'est pas de rouble, moi.
40:42Si, si, on a des roubles. Dans la chambre en bas,
40:44là où j'ai si noir qu'on peut tomber facilement.
40:46Ah !
40:48Là où le père Gauthier
40:50a passé la nuit le jeudi.
40:52Ah oui, oui, oui, oui.
40:56On va aller en bas, monsieur de Françac,
40:58dans la salle des coffres. C'est là qu'on cache
41:00tous nos roubles.
41:02Je viens avec vous. On ne sait jamais.
41:04Non, vous restez ici. Lucette, vous venez avec moi.
41:06On ne sera pas trop deux.
41:14C'est vous ou moi qui est poussé dans l'escalier ?
41:16Mais ça ne sera pas la tête.
41:18On attend d'être en bas pour le maîtriser, quand même.
41:20Mais vous n'êtes pas sur moi, là.
41:22Regarde, regarde, on vous accompagne.
41:28Allô ?
41:30Ils sont bourrés, là-bas.
41:32Allô ?
41:36Je vais sortir de la banque
41:38avec le personnel et les clients.
41:46Bon,
41:48je sors
41:50avec les clients
41:52et je reviendrai voir en bas
41:54où ils en sont après.
41:56Mais moi, je ne laisse pas Lucette et monsieur Robert
41:58tout seul, encore.
42:00Moi, je me méfie du fou, je préfère sortir.
42:02Vous !
42:04Incitation
42:06à la violence.
42:08Il va falloir vous expliquer
42:10au poste.
42:16Ben, pourquoi ils ne montent pas ?
42:18Aïe, aïe, aïe, aïe !
42:20Aïe, aïe, aïe, ils ne vont pas tarder.
42:22Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe !
42:24Aïe !
42:26Aïe !
42:28Aïe, aïe, aïe !
42:30Aïe, aïe, aïe !
42:32Aïe, j'ai mal au coccyx.
42:36Hein ?
42:38Hein, mon coccyx ?
42:40Mais non, vous ne vous êtes pas cassé le coccyx, monsieur de Consac.
42:42Ah, c'est vous qui m'avez poussé.
42:44Ah, non.
42:46Moi, je vous ai juste donné des coups de pied.
42:48C'est tout.
42:50Donc, mademoiselle, j'écoute.
42:52Oui, monsieur le commissaire.
42:54Oui, oui, oui.
42:56Nous avons la situation en main.
42:58Oui, on fait sortir monsieur de Consac.
43:00C'est ça, oui.
43:02A tout à l'heure.
43:04Je ne vais pas aller en prison, j'espère.
43:06Mais non.
43:08On va vous envoyer dans un établissement spécialisé
43:10où on s'occupera bien de vous.
43:12Très bien.
43:14Ah, mais je ne veux aller nulle part.
43:16Je veux appeler mon fils.
43:18Je veux téléphoner à mon fils.
43:20Ah, mais ce n'est pas possible.
43:22La ligne est branchée sur celle de la police.
43:24Eh bien, je veux lui écrire, alors.
43:26Eh bien, vous lui écrirez du goulag.
43:28Ah, mais comment voulez-vous que je lui écrive ?
43:30Je n'ai ni enveloppe, ni papier.
43:32Non, je ne sortirai pas d'ici sans enveloppe ni papier.
43:34Allez chercher des enveloppes et du papier.
43:36Mais où ça ?
43:38Allez, en bas, qu'on en finisse.
43:40Merci.
43:46Merci, Patrick.
43:50Bon, ben, voilà le papier.
43:52Et pour les enveloppes, je n'en ai pas trouvé en bas,
43:54alors j'ai pris celles qui étaient sur votre bureau.
43:58Ben, dites-donc,
44:00elles sont bien lourdes, vos enveloppes, là.
44:04Mais qu'est-ce que c'est que ça ?
44:06C'est pour des roubles, ça.
44:08Vous vous foutez de moi, ou quoi ?
44:10Chantal, c'est quoi tout ça ?
44:12Oh, ben, c'est pas des roubles.
44:14Mais je vois bien que c'est pas des roubles.
44:16Je me demande, qu'est-ce que c'est que tout cet argent ?
44:18Alors, on dirait les enveloppes que vous avez posées
44:20sur le bureau de M. Gobert pendant la pause café ce matin.
44:24Oh, et j'ai l'impression que c'est la recette du concert.
44:28Les 55 000 euros, ils sont.
44:34Mais alors, dans l'incinérateur, il n'y avait que des prospectus ?
44:36Ah non, il y avait bien des enveloppes,
44:38mais je ne sais pas ce qu'il y avait dedans.
44:40Ça devait être des enveloppes.
44:42Chantal, je vous garde,
44:44et encore pendant dix ans, s'il vous plaît.
44:46Attention, M. Gobert,
44:48il y a des témoins.
44:50Bon, allez, je vais chercher mon imper pour m'en aller.
44:56Bancausel, j'écoute.
44:58Ah, bonjour, M. le maire.
45:02M. le maire demande qu'on veuille à une entrée
45:04au salon agricole de la ville la semaine dernière.
45:06Dites-lui qu'on a battu le record de 2006.
45:0818 000 entrées
45:10pour 125 000 euros de recettes.
45:14Et encore,
45:16je n'ai pas tout compté hier,
45:18il reste encore les grandes enveloppes blanches
45:20sur votre bureau.
45:22Attendez-là,
45:24vous êtes en train de me dire
45:26que vous avez laissé la moitié des enveloppes
45:28à la vue de tout le monde sur mon bureau.
45:30Ah non, non, moi j'ai vu Chantal les prendre pour les ranger,
45:32mais ne me demandez pas où.
45:34Mais du coup,
45:36mais qu'est-ce que j'ai foutu
45:38comme enveloppe dans l'incinérateur
45:40moi ce matin ?
45:44Chantal ?
45:52Ne me dites pas que…
45:54À demain, M. Gobert.
45:56N'oubliez pas ma petite augmentation,
45:58avec tout l'argent
46:00que je vous ai fait gagner aujourd'hui.
46:04Chantal,
46:06je vais…
46:08Au revoir, M. Gobert,
46:10pour au moins dix ans.
46:22Chantal ?
46:24Chantal !
46:26M. Gobert !
46:28Chantal !
46:58Chantal !
47:00Chantal !
47:02Chantal !
47:04Chantal !
47:06Chantal !
47:08Chantal !
47:10Chantal !
47:12Chantal !
47:14Chantal !
47:16Chantal !
47:18Chantal !
47:20Chantal !
47:22Chantal !
47:24Chantal !
47:26Chantal !
47:30Chantal !
47:50La pièce que nous avons le plaisir de vous interpréter
47:52de Régis Le Quigeau !
47:56Mise en scène par Alain Dumonté
48:08Dans le rôle de Lucette Clermont-Sloan
48:14Dans le rôle d'Emmanuel Pouyard, Florence Lombreau
48:20Dans le rôle du Commissaire de Canot, Christophe Marfon
48:27Dans le rôle de M. de Fronsac, Marc Boutin
48:35Et dans le rôle de Jacques-Christian Zemmard
48:43Dans le rôle de famille Odile Boutin
48:49Dans le rôle de Chantal Nguely-Manoux
48:57Et dans le rôle de M. Robert-Philippe Manamy
49:08Sans oublier nos techniciens François, Michel et Fred
49:18Merci à nos souffleurs Jocelyne et Marie-Christine
49:31Et merci à vous, bien sûr !
49:41Je vais laisser dire un petit mot à notre président, Joël Marne
49:49Bonsoir à vous, chers publics
49:56Je ne vous demande même pas si ça vous a plu
49:59Parce que d'abord, vous êtes encore tous là
50:02Personne n'est parti avant la fin
50:04Et puis vos réactions ont été très saines
50:06Les applaudissements quand il fallait
50:08Les rires, bien sûr
50:12Votre attention permanente tout le temps
50:15On voit que vous êtes des habitués du théâtre
50:18L'ambiance qu'il y a dans ce Festi-Théâtre
50:20C'est vraiment sensationnel
50:22Donc je voudrais bien sûr en profiter
50:24Pour remercier Didier de nous avoir invités
50:26Et bien évidemment, s'il trouve que
50:29Ce qu'ils ont montré est intéressant
50:31Et mérite d'être revu
50:33Et bien on reviendra l'année prochaine

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