00:00On va retourner à l'Élysée dès le début du journal de 14h parce que les consultations avec Emmanuel Macron se poursuivent aujourd'hui.
00:07Gérard Larcher sera le dernier, il sera à 17h. En attendant, on n'a toujours pas de Premier ministre.
00:11Et il y a un chantier qui prend du retard, Guillaume. C'est un vrai sujet, c'est la préparation du budget pour l'an prochain.
00:17C'est un vrai sujet parce que le budget dans la vie d'un pays, c'est quelque chose d'absolument central.
00:21Et le problème, c'est qu'avec tout ce qui s'est passé depuis des semaines, la dissolution, les élections, plus la parlisee administrative qui s'en est suivie,
00:29on a pris beaucoup de retard. Ça va être dur de le rattraper. Donc ça, ça va être un vrai problème.
00:33Et puis l'autre sujet, mais on y reviendra, c'est la façon dont les choses se passent et vont se passer dans les prochaines semaines.
00:38Parce qu'attention, toujours, toujours avoir ça en tête, Hachelet, la façon dont les investisseurs internationaux,
00:44ceux qui nous prêtent de l'argent tous les jours, regardent tout ça et vont regarder tout ça, regarder cette séquence,
00:49qui, vous m'avouerez, n'est quand même pas très, très sérieuse, évidemment.
00:52Alors quand on dit qu'on est en retard, concrètement, ça veut dire quoi ?
00:54Alors c'est-à-dire que là, on a trois semaines dans la vue. Et c'est pas rien. Parce que comment ça se passe, tous les ans, le budget ?
01:00Grosso modo, fin juillet, début août, chaque ministre reçoit une lettre. On appelle ça une lettre plafond.
01:06C'est une lettre qui lui dit, bah voilà, pour l'an prochain, votre ministère, il aura tant de milliards d'euros.
01:11Ça sera plafonné à tant votre budget. Bon, Gabriel Attal, le Premier ministre démissionnaire, a envoyé ses lettres plafond la semaine dernière.
01:19Mais les a envoyées avec trois semaines de retard. Ce qui fait qu'on est en retard. Parce que qu'est-ce que prévoit la Constitution ?
01:24La Constitution, elle dit, bah voilà, il faut que le budget arrive au Parlement le premier mardi du mois d'octobre.
01:32Ça sera le mardi 1er octobre, pour le coup. Alors vous allez me dire, il reste plus d'un mois pour boucler tout ça.
01:35Bah non, en fait. C'est plus compliqué que ça, parce qu'il y a plein d'épreuves à passer d'ici là.
01:39Il faut que le texte passe devant le Conseil d'État, qui disent oui ou non.
01:42Il faut que le texte passe devant le Haut Conseil des Finances Publiques, qui disent oui ou non.
01:46Et il faut que ça passe au Conseil des ministres. Donc en fait, ce budget, il ne faut pas qu'il soit bouclé le 29-30 septembre.
01:52Il faut que dès le 10-15 septembre, tout soit bouclé.
01:57Et quand vous savez qu'un budget, c'est des milliers et des milliers de pages,
02:01bah vous vous dites que, vu le timing, allez, même si on a un gouvernement, soyons optimistes, le lundi prochain 2 septembre.
02:07Il va rester quoi, 10-12 jours ? Ça ne sera pas assez pour qu'un nouveau gouvernement modifie le texte.
02:12Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'à priori, c'est le texte de Gabriel Attal, là, qui va arriver au Parlement début octobre,
02:18mais quelle que soit la couleur politique du gouvernement qui sera aux affaires à ce moment-là.
02:22C'est ça qui est un petit peu dingue finalement.
02:23Mais un gouvernement démissionnaire, ça a le droit de préparer un budget ?
02:26Alors là, il y a débat, parce qu'un budget, c'est quelque chose de très politique.
02:29Un gouvernement démissionnaire n'est pas forcément orchestré tout ça.
02:33Donc là, en tout cas, c'est cette copie qui va arriver au Parlement début octobre.
02:36Et c'est à ce moment-là que tout, tout peut être chamboulé.
02:40Parce qu'en fait, qu'est-ce qu'il a proposé, Gabriel Attal, la semaine dernière dans sa première copie ?
02:43Il a dit, voilà, je reconduis les dépenses de l'État pour l'an prochain à l'identique de cette année.
02:49492 milliards d'euros.
02:51Oui, mais compte tenu de l'inflation qui est toujours un petit peu là, ça fait quand même 10 milliards d'euros d'économie.
02:58C'est un choix politique.
02:59Et on comprend déjà ce qui va se passer.
03:01C'est que dès que ce texte va arriver au Parlement, le nouveau Front populaire va essayer de faire exploser tout ça
03:05pour mettre le budget à sa sauce, si vous me passez l'expression.
03:09Que ça palabre, que ça discute, que ça prenne du temps, c'est le jeu démocratique.
03:12Mais encore une fois, pour terminer, je veux reboucler sur ce que je disais au début.
03:15Attention, ce qui est important, c'est surtout la durée et la nature des échanges.
03:20Si ça se passe mal, voire très mal dans l'hémicycle, attention encore une fois à la façon dont celles et ceux
03:26qui nous prêtent de l'argent tous les jours vont regarder ça.
03:28Parce que si ça se passe mal, peut-être qu'à un moment donné, ceux-là diront,
03:31ben écoutez, vous êtes la France, on vous fait confiance, on continue à vous prêter de l'argent,
03:36mais mettez-nous à notre place, on va préparer nos arrières.
03:38Donc on va vous prêter, mais avec des taux d'intérêt plus élevés.
03:41Et vous avez compris ce qui se passe à terme, ça devient insoutenable
03:43et on est contraints d'augmenter les impôts pour tout le monde.
03:46Voilà, donc avis aux amateurs.
03:48Voilà une séquence qui va commencer, qui a déjà commencé en fait,
03:51et qui va nous tenir en haleine jusqu'à la fin décembre,
03:53parce que le budget, ça ne se finit jamais avant la fin décembre.
03:55Si ça se finit fin décembre cette année, ce qui n'est pas évident là aussi,
03:58donc il y a encore de quoi s'occuper.
03:59Très bien, rendez-vous et au prix, merci Guillaume.
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