00:00La politique de la ville mise en place par le général de Gaulle ainsi que Valéry Giscard d'Estaing, c'est un fait.
00:05Que la figure de l'éclatement de l'ouvrier ait été actée par la désindustrialisation,
00:12c'en est une autre. Et malheureusement, cela a laissé place à la destructure des repères
00:19socio-urbanistiques, des structures de sociabilisation parallèle, puisque un nouveau prolétariat
00:26s'est installé dans ces quartiers, marqué par le repli sur soi identitaire et communautaire.
00:32Mais du fait de qui ? Du fait des politiques. On parle souvent de clientélisme et de la
00:37complaisance vis-à-vis de l'islam politique pour assurer une rente électorale aux élus.
00:41Mais il y a évidemment la politique des logements sociaux. Quand vous savez que la loi SRU
00:46limite à 25% le nombre de logements sociaux et que pour obtenir des voies, certains n'hésitent
00:53pas à construire et à amener des populations qui occupent jusqu'à 60%, 80% suivant certaines
01:01communes en Ile-de-France de logements sociaux, il ne faut pas évidemment s'attendre à la
01:05ghettoïsation du tissu social, car comme le rappelle Marx, c'est presque un tropisme
01:09anthropologique, le repli sur soi. Si vous mettez des communautés qui se côtoient sans
01:15que les politiques publiques, c'est-à-dire les élus locaux, les maires, puissent mettre
01:19en place une véritable politique d'intégration culturelle, il faut s'attendre à ce qu'il se
01:24fasse à titre illustratif de cet immeuble sans ascenseur. Et vous y rajoutez du fait de
01:32l'éclatement du monde ouvrier, de la désindustrialisation, des économies parallèles
01:37qui prennent le pas et qui territorialisent davantage. Il y a des quartiers où il faut
01:42montrer sa pièce d'identité pour rentrer dans le quartier. C'est ça aujourd'hui, l'économie
01:47parallèle et les sociabilités parallèles qui existent dans ces quartiers. C'est à la fois
01:51l'islam politique qui agrège les communautés et à la fois l'économie de la drogue qui profite
01:56justement à toutes ces familles du fait de la désindustrialisation, du fait du recul de l'emploi
02:02dans ces quartiers. C'est ça le problème. Et les structures qui existaient auparavant, j'ai
02:05grandi dans ce quartier donc j'en connais justement les codes. Il y avait des maisons de quartier,
02:10il y avait des associations qui permettaient justement d'autres leviers d'émancipation
02:14que l'école de la République française. Aujourd'hui tout est déstructuré,
02:17aujourd'hui tout est désincarné, tout est déshumanisé dans ces quartiers.
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