00:00Paris 2024 promet d'avoir organisé les jeux les plus verts de l'Histoire,
00:03les plus écologiques,
00:05mais dans la réalité et sur le terrain,
00:07rien ne s'est passé comme prévu.
00:08C'est vraiment un des scandales environnementaux de Paris 2024.
00:11On peut citer le sort triste des jardins ouvriers d'Aubervilliers,
00:15qui sont des jardins potagers,
00:17cultivés par des familles très modestes, très simples du 93.
00:21En fait, il y a une partie de ces jardins
00:23qui ont été détruits en 2022
00:24pour, accrochez-vous, la construction du solarium,
00:28d'une piscine d'entraînement des Jeux Olympiques,
00:30donc un solarium, un espace pour bronzer,
00:32qui a été préféré à des jardins potagers,
00:35qui ont aussi un niveau de fraîcheur
00:37dans des quartiers qui sont très bétonnés
00:38et donc où, quand il fait chaud, il fait encore plus chaud qu'ailleurs.
00:41La justice a arrêté la construction du solarium
00:44au nom de la protection de la biodiversité,
00:45mais malheureusement, c'était trop tard
00:47et ces jardins avaient déjà été détruits.
00:49Autre problème, c'est la construction du village des Médias.
00:52Donc là, c'est un quartier qui a été construit
00:54pour les personnels des Médias pendant les Jeux Olympiques
00:57et il a été construit sur une partie d'un grand parc
01:00en Seine-Saint-Denis qui s'appelle le parc Georges Valbon.
01:02Et là, en fait, pour construire ce village,
01:03il y a des centaines d'arbres qui ont dû être abattus
01:06et ça, ça a des conséquences sur les oiseaux, la faune,
01:09notamment les oiseaux, oiseaux migrateurs et autres
01:11qui avaient l'habitude de se poser à cet endroit.
01:13Il y a un troisième exemple qui est très problématique,
01:15c'est celui de la pollution de l'air.
01:17À côté du village olympique, à Saint-Denis,
01:19se trouve un quartier qui s'appelle le quartier Pleyel
01:21et dans ce quartier a été construit une voie d'accès à l'autoroute A86
01:26pour faciliter les déplacements des athlètes du village olympique
01:29vers l'aéroport ou autre destination.
01:32Or, cette voie d'accès autoroutière a été construite
01:35à quelques mètres d'une grosse école,
01:37un groupe scolaire de 600 élèves qui s'appelle l'école Anatol-France.
01:40Et là, ce qui a été terrible, c'est que des habitantes et habitants,
01:43des parents d'élèves ont essayé de demander aux JO
01:47« Mais s'il vous plaît, construisez votre route un peu plus loin
01:49pour qu'elle soit plus loin de notre école et plus loin de nos enfants. »
01:52Mais on leur a dit « En fait, désolé, c'est les JO, on n'a pas le temps.
01:55Mais ne vous inquiétez pas, comme toutes les voitures seront électriques,
01:58il y aura moins de pollution de l'air. »
02:00Sauf qu'en fait, on sait que même les voitures électriques, elles polluent.
02:03Toutes les voitures ne sont pas électriques, en fait, loin de là.
02:05Donc ça, c'est un troisième exemple de ce qu'on appelle les injustices environnementales.
02:09Et en fait, au bout d'un moment, les JO ont accepté de donner
02:12à l'école Anatol-France un appareil à aspiration de particules de pollution,
02:17sachant qu'ils en ont mis plein dans le village olympique.
02:19Ils ont concédé d'en donner un à cette école,
02:21mais on n'a aucune certitude sur son bon fonctionnement.
02:24Les espaces qui ont été détruits, ils avaient une grande valeur
02:27et une grande importance pour les habitantes et habitants qui les utilisaient.
02:30Une des grandes constructions de Paris 2024, c'est une piscine
02:33qui a été construite à Saint-Denis, qu'on appelle CAO,
02:37Centre Aquatique Olympique, donc qui est une piscine d'ailleurs très coûteuse,
02:40173 millions d'euros.
02:42Pourquoi est-ce que les JO se vantent d'avoir construit cette piscine ?
02:45C'est parce qu'elle est considérée comme un cadeau, un héritage,
02:48offert aux habitantes et habitants de la Seine-Saint-Denis,
02:51qui est un département où la plupart des enfants n'apprennent pas à nager.
02:55Ça, c'est la conséquence du faible niveau de vie des habitants,
02:58du fait qu'il n'y a pas assez de piscines en Seine-Saint-Denis,
03:01pas assez de profs de sport, pas assez de moyens pour l'éducation sportive.
03:04Et donc, à l'entrée en 6e, on estime qu'environ la moitié des jeunes,
03:09des ados ne savent pas nager.
03:10Et en fait, les profs de sport, ce qu'ils disent qu'eux,
03:12ce dont ils ont besoin, c'est des piscines de proximité,
03:15où il est facile d'aller parce que quand on a une heure de cours de sport,
03:19on n'a pas le temps de se taper 20 minutes de bus aller, 20 minutes de bus retour,
03:24pour ensuite avoir juste 30 minutes dans le bassin, ça ne marche pas.
03:27Il y a toute une critique qui est portée par des profs de sport,
03:30des profs de PS du 93, qui disent, nous, avec tout cet argent,
03:34avec ces 173 millions d'euros qu'a coûté la grande piscine olympique,
03:38on aurait pu imaginer des plus petits bassins, plus modestes,
03:42moins spectaculaires, mais qui auraient été plus faciles à utiliser.
03:46Et c'est là qu'on voit qu'il y a vraiment une distance, un écart
03:49entre ce que les JO aiment faire, c'est-à-dire des constructions monumentales,
03:53où on veut laisser une trace, on veut laisser une marque un peu prestigieuse,
03:57un peu admirable architecturellement sur un territoire.
04:00Et un écart entre ça et la réalité des besoins, en fait,
04:04qui sont à la fois plus modestes, plus discrets, plus pratiques,
04:07qui sont demandés par les habitants et notamment par le monde du sport local.
Commentaires