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  • il y a 2 ans
Les cinéastes Benoît Jacquot et Jacques Doillon, accusés par des actrices dont Judith Godrèche de violences sexuelles, ont été placés en garde à vue lundi 1er juillet, avait appris BFMTV, confirmant une information de l'AFP.

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Transcription
00:00Bonsoir Hélène, vous avez 44 ans, vous habitez au Canada où vous êtes analyste des politiques,
00:04vous écrivez aussi des contes pour enfants notamment.
00:07Vous aviez 15 ans lorsque vous avez fait la connaissance de Jacques Doyon,
00:09il en avait alors environ 35 de plus.
00:11Le 27 mars dernier, vous avez déposé plainte, vous aussi, pour viol, contre Jacques Doyon.
00:18D'abord, quand vous entendez le récit d'Aurélie Leroch, que vous dites-vous, que ressentez-vous ?
00:25J'ai deux sentiments contradictoires mais en même temps complémentaires, je suis effarée
00:31parce que je réalise finalement que la personne que nous accusons a commis des faits et des crimes sexuels à l'encontre,
00:43enfin est présumée avoir commis des crimes sexuels à l'encontre de plusieurs personnes.
00:49Moi, je n'étais pas informée de ça avant que Judith parle,
00:54donc ça a été, je dirais, un effarement de réaliser qu'on est plusieurs.
01:01Et en même temps, c'est un grand soulagement parce qu'on est fortes et on est ensemble.
01:06Donc, ces deux sentiments se brassent à l'intérieur de nous, j'imagine.
01:13– Vous, que s'est-il passé pour vous, il y a longtemps maintenant, Hélène ?
01:19– Oui, en 1995.
01:21Donc, ce qui s'est passé, c'est que j'ai rencontré Jacques Doyon quand j'avais 15 ans
01:28et quelques mois auparavant, j'avais commencé à lui écrire des lettres assez fréquemment
01:35dans lesquelles je parlais de ma vie et de mes tourments d'adolescente.
01:41J'avais vu le jeune Werther, j'avais vu le petit criminel,
01:47et donc je m'étais dit que c'était la personne adéquate pour entendre
01:54et comprendre les tourments et le monde adolescent.
02:01Et donc, suite à ça, on s'est rencontrés en personne durant l'été 1995
02:07et par la suite, à plusieurs reprises, à son bureau.
02:12Et il m'a même emmenée à la salle de montage du film Poinette.
02:18Et puis, je n'avais aucune crainte, tout se passait bien,
02:24c'est quelqu'un de cultivé et on discutait de littérature, de cinéma, de l'actualité.
02:30Et le 8 décembre 1995, il téléphone à mon domicile
02:38et me demande de le rejoindre au Relais Christine.
02:44N'ayant aucune raison de refuser, je m'y rends.
02:48Et là, ce qui s'est passé, c'est que très rapidement,
02:57j'ai subi, je ne sais pas si je peux dire les mots crûment,
03:04j'ai subi un viol par acte de sodomie.
03:08Donc, j'avais 16 ans et je dois dire que j'ai continué de le voir
03:18pendant une période d'un an et demi et je vais expliquer pourquoi.
03:24Il y a deux raisons selon moi qui ont fait que je n'ai pas compris ce qui se passait.
03:29La première, c'était mon jeune âge
03:32et l'expérience sexuelle très minimale que j'avais à l'époque.
03:38Je n'étais pas en mesure de porter un jugement sur ce qui m'arrivait.
03:43Et la deuxième chose, c'est que j'avais une admiration et une fascination pour Jacques Doyon
03:54qui me mettait dans une position dans laquelle je n'étais pas en mesure
03:59de remettre en question ce que je subissais.
04:02Il avait une notoriété artistique, il avait une autorité de fait de par son âge
04:09et donc il n'y avait pas pour moi de possibilité de dire non.
04:14Et quand il n'y a pas possibilité de dire non, il n'y a pas possibilité de consentement.
04:22Donc j'ai à plusieurs reprises subi ce même type d'agression
04:29et d'autres actes que je ne nommerai pas mais que je trouvais à l'époque absolument répugnants.
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