00:00Rtl, les trois questions du petit matin.
00:04Quel impact ces législatives anticipées, et pour tout dire pas du tout prévues, ont-elles sur le marché immobilier qui commençait tout juste à repartir ?
00:11Nous sommes donc avec vous, Guillaume Martineau, président du réseau Orpi. Merci d'être avec nous en direct dans ce studio.
00:17Il y a un mois, ici même, vous nous disiez, ça reprend timidement, mais ça reprend.
00:22C'était le 29 mai dernier, avant donc les européennes et l'annonce de la dissolution.
00:27Qu'est-ce qui a changé concrètement depuis ?
00:29Depuis, vous avez des vrais choix politiques qui vont se faire.
00:33Donc on avait eu, la veille des européennes, une baisse des taux.
00:35Donc ça avait donné un petit coup d'accélérateur, le marché était reparti.
00:39On a une baisse des prix de 7%, moins 7% par rapport au début de l'année.
00:42Donc ça, c'était plutôt positif.
00:44Ce qui va changer, c'est que vous avez des vraies orientations sur le logement qui seront prises par l'un ou l'autre des candidats.
00:50Et ça, aujourd'hui, bien malin celui qui peut dire ce qui va se passer, mais il y a un vrai choix qui va être fait.
00:55Donc pour les acquéreurs comme pour les vendeurs, tout le monde est dans l'expectatif parce qu'on ne sait pas quelle sauce on va être mangé.
01:01Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, le marché, il est sur pause ?
01:03Le marché est sur pause, mais on a besoin de stabilité parce que là, c'était reparti.
01:06Donc on avait une année, l'année dernière, un peu difficile.
01:08Mais là, en fonction des choix qui seront faits, est-ce qu'on continue la rénovation énergétique ?
01:13Quelle est la fiscalité qui va être appliquée au logement ?
01:15Est-ce qu'on ne construit que du logement social ou est-ce qu'on construit aussi un peu de tout ?
01:18Donc il y a une vraie attente.
01:20Donc on sera, je l'espère, fixé semaine prochaine.
01:24Mais en tout cas, le marché est sur pause.
01:26Pourtant, il y avait cette envie, cette appétence des Français de...
01:29Mais les acheteurs attendent quoi ?
01:31Les acheteurs attendent de savoir si les taux vont baisser ou pas.
01:33On a eu, depuis la dissolution, des gens qui se sont un peu précipités parce qu'ils pensaient que les taux allaient augmenter
01:40parce qu'il y avait un krach ou en fonction de ce qui serait fait.
01:43Donc on a besoin de stabilité, dans le logement encore plus qu'ailleurs.
01:46Donc là, on navigue à vue.
01:48Donc pour un acquéreur, c'est difficile.
01:50Pour un vendeur, qu'est-ce qui va se passer ?
01:51Pour un investisseur, est-ce que je continue à acheter quelque chose pour le mettre en location ?
01:55Est-ce que je vais être taxé un peu plus ?
01:57Est-ce que je dois continuer la rénovation énergétique ?
01:59— Ça veut dire que dans vos agences Orpi, il y a moins de visites depuis le 9 juin ?
02:03Ça veut dire que les dossiers qui étaient enclenchés prennent la poussière sur vos bureaux ?
02:08— Non, pas complètement, non.
02:10Parce que justement, il y a des gens qui accélèrent leur processus en se disant
02:12« on achète maintenant » ou « on se dépêche de faire ce qu'on doit faire avant qu'il se passe quelque chose ».
02:18Donc nous, ce qu'on espère, c'est que cette parenthèse politique apporte une clarification.
02:22Qu'on sache, enfin, on a besoin de...
02:24Ça fait plusieurs fois que je dis qu'on a besoin d'un plan Marshall du logement.
02:26Et là, vraiment, là, c'est maintenant.
02:28C'est-à-dire qu'on ne peut pas continuer à jouer avec les Français comme ça.
02:30Parce que, quel que soit vos... — Jouer avec les Français ?
02:33— Oui. Je pense que depuis des mois, voire des années, sur le logement, on n'est pas...
02:38Enfin, quand je dis « on », les pouvoirs publics ne sont pas...
02:42Est-ce que je vais dire très honnêtement ? Non, ce n'est pas ça.
02:44Mais il n'y a pas de... C'est un sujet qui revient.
02:46Alors là, on en parle avant les élections.
02:48Tous les programmes se mettent à parler du logement.
02:50En 7 ans, on a eu 4 ou 5 ministres du logement.
02:52— 5. — 5. Voilà. Donc, vous voyez, on n'arrive même plus à suivre.
02:554, 5. Et c'est... — 5 en 7 ans, en fait.
02:57— Et c'est difficile parce que, quel que soit votre couleur politique, vous avez besoin de vous loger.
03:01Pour aller voter dimanche, il faut dormir quelque part la veille.
03:04Enfin, on l'espère, en tout cas, pour tous.
03:06Donc ça concerne tout le monde.
03:07Et quand je dis qu'on joue avec les Français, c'est que vous avez besoin, sur le long terme,
03:11de savoir comment vous allez investir.
03:13Est-ce que vous investissez ou pas ? Est-ce que vous construisez ?
03:16Est-ce que vous rénovez ?
03:17La rénovation énergétique, c'est un vrai enjeu, quand même,
03:19parce que c'était, je pense, quelque chose de positif à terme pour le logement et pour les Français.
03:26Mais il n'y a pas d'aide fiscale là-dessus.
03:28Ça coûte cher.
03:29Les entreprises du bâtiment vont être impactées aussi,
03:31parce que si on arrête la rénovation énergétique...
03:33Voilà. Donc tout ça, c'est une nébuleuse.
03:34— Mais alors, est-ce que le sujet est vraiment présent dans la campagne ?
03:38Est-ce que les candidats en parlent assez ?
03:41— Ils en parlent, mais... Ils en parlent, ils en parlent,
03:43mais est-ce qu'il y a une conviction derrière ? Ça, je ne sais pas.
03:46C'est-à-dire que c'est facile de faire des promesses avant.
03:48Maintenant, ce qu'il faut, c'est que derrière, celui ou celle qui sera élu,
03:51ceux qui auront à gouverner la France prennent conscience
03:53que depuis de nombreuses années, les Français sont confrontés à des difficultés.
03:57— Quel est le meilleur candidat ? Quel est le meilleur camp politique pour le logement ?
04:00— Non, ça, là-dessus, je n'ai pas à juger. — Tu n'es pas un guissant, vous n'allez pas y aller.
04:03— Mais non, mais je n'ai pas à juger ça, parce que moi, dans nos agences, on loge tout le monde.
04:07Donc c'est pas à moi de dire ça.
04:08Mais par contre, que nos responsables politiques prennent conscience
04:12parce que c'est pas un petit sujet, qu'on peut pas sortir ça la veille d'une campagne.
04:16Il y a une attente. Et cette histoire de plan Marshall du logement,
04:19c'est vraiment que tout le monde prenne conscience que nous tous, dans ce studio,
04:22on a besoin de se loger, voilà. Et partout en France aussi,
04:25parce qu'il n'y a pas que Paris ou les grandes villes.
04:27Il y a du rural. Il y a une vraie politique d'aménagement du territoire.
04:30— Alors Guillaume Martineau, président d'Orpi, soyons concrets.
04:32Par exemple, l'ORN propose de supprimer certaines normes environnementales
04:35pour construire plus facilement. Bien, pas bien ?
04:38Est-ce que ça peut relancer le logement ?
04:39— Non. Enfin, ça relancera pas forcément le logement.
04:41Ce qu'il faut, c'est accompagner ça d'une aide fiscale
04:43pour continuer à pousser les Français à rénover leur logement.
04:45Parce que si on ne fait pas cet accompagnement énergétique,
04:49derrière, ça coûte cher. C'est de l'argent qui part par les fenêtres
04:51quand vous devez vous chauffer. Donc je pense que...
04:54Par contre, qu'on n'impose pas, qu'on ne dise pas
04:58« Voilà, on sort tous ces logements du parc locatif »,
05:00qu'on accompagne les Français, ça, ça peut aider.
05:02Parce qu'il y aura besoin d'une pause sur toutes ces normes.
05:04— Oui. Gabriel Attal veut supprimer les fraudes notaires.
05:06— Oui. Alors ça, on a découvert ça quand la campagne a commencé.
05:10On n'en a pas entendu parler. — Réaliste ? Pas réaliste ?
05:13— Je ne suis pas sûr que ça soit si réaliste que ça.
05:14Parce qu'en fait, l'État va reperdre de l'argent là-dessus.
05:17Ça concerne que les primo-accédants qui gagnent un certain volume d'argent.
05:21Donc évidemment, la réduction des droits d'enregistrement,
05:24parce que ce ne sont pas les notaires qui gagnent tout ça, c'est l'État.
05:27Parce qu'en fait, tout ça, ça se finance avec nos impôts.
05:30— Donc il faudra bien compenser. Voilà.
05:32Et le Front populaire veut élargir les conditions d'accès au Préatozéro.
05:36— Oui. Et puis le Front populaire veut surtout revenir sur la loi de Guillaume Casmarian,
05:39le ministre du Logement. J'arrive à me rappeler de son nom, parce que c'est le dernier qu'on a en date.
05:42— Oui, qui est là depuis 4 mois. — Voilà. Donc pour le moment, je me rappelle.
05:45Mais on veut revenir sur les lois anti-squads.
05:48Je ne suis pas sûr que ça soit un bon signal donné aux investisseurs.
05:51Parce que ça veut dire qu'on va revenir sur la pausité
05:55de toucher son loyer quand vous n'êtes pas payé.
05:57Donc tout ça, il y a un vrai enjeu.
06:00C'est-à-dire qu'un investisseur va se dire « si j'achète, mon locataire ne paye pas
06:04et je ne récupère pas mon logement ou ça va être à moi de faire l'effort de le récupérer
06:08et les préfets vont devoir reloger, ça va être compliqué ».
06:11Donc encore une fois, les Français choisiront ce qu'ils veulent.
06:14Mais que tout le monde réfléchisse bien et essaye de penser un peu plus large
06:18et de penser à l'intérêt général.
06:19— Guillaume Martineau, dernière question. Acheter un bien, c'est toujours un rêve français ?
06:23— Oui, c'est toujours un rêve français. C'est toujours bien, parce que c'est de préparer son avenir,
06:26sa retraite. Donc acheter un bien, c'est un moyen de sécuriser votre patrimoine.
06:30La bourse est fluctuante, l'immobilier, c'est plus calme.
06:33— Donc la plupart des gens considèrent encore que c'est le placement le plus sûr.
06:36— Oui, mais on a un Français sur 5 qui, depuis ces 15 derniers jours, repousse son projet immobilier.
06:43Et ce qui est dommage, encore une fois, c'est que c'est terre-partie.
06:45Donc moi, j'espère que c'est juste une parenthèse, qu'il y aura une clarification
06:48et que ce cap, cette sécurisation du logement va être donnée. On en a besoin.
06:52— Guillaume Martineau, président d'Orpi. Merci d'avoir été avec nous ce matin en direct sur RTL.
06:56Bonne journée. — Bonne journée.
06:57— 6h21.
06:58Retrouvez cette interview sur RTL.fr.
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