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  • il y a 2 ans
Ce mois-ci dans Les Grandes Questions du Sport, Patrick Chêne et ses invités traitent du sport à l'écran. Pour en parler, Julien Camy et Gérard Camy, co-auteurs de Sport et Cinéma (

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:00Bonjour à tous, vous avez pris vos habitudes sur Sport en France et vous avez bien raison,
00:21de nombreux événements en direct, de nombreuses émissions et une émission dans laquelle,
00:26c'est rare, dans le paysage audiovisuel, on prend son temps, plus de cinquante minutes
00:30pour évoquer un thème et Dieu sait que le thème que nous allons traiter aujourd'hui
00:34dans les grandes questions du sport est passionnant et mérite de s'y attarder, c'est le sport
00:39à l'écran, le sport au cinéma, le sport dans les documentaires, on va en parler avec
00:44nos invités et dans les séries aussi, pourquoi pas, on va parler avec nos invités et j'accueille
00:48tout d'abord Julien Camille, Julien bonjour, vous êtes écrivain, vous êtes co-auteur,
00:53parce que vous écrivez vos livres avec votre père, que nous avons en direct, Gérard Camille,
00:58que je salue également, bonjour, on vous doit Sport au cinéma qui est paru en 2016 chez Enfora
01:05et qui vient juste d'être réédité, c'est dire son succès et puis on vous doit surtout,
01:10c'est ce qui nous intéresse aujourd'hui, en tout cas c'est ce que j'ai en main,
01:13le foot à l'écran et autant vous le dire tout de suite, je suis totalement fan de ce bouquin,
01:19je vous le dis, c'est une réussite incroyable, on va en parler pendant un long moment et vous
01:26avez fait ce qui devait être fait sur le foot à l'écran et je vous en félicite avant même
01:30de le commenter, vous avez fait un boulot que je trouve absolument exceptionnel. Alors autre
01:34manière d'aborder le sport à l'écran et le foot à l'écran également, c'est le documentaire et
01:41pour ça j'accueille avec beaucoup de plaisir Monica Regas, vous êtes réalisatrice avec
01:46Christian Porreil, réalisateur qu'on connaît bien, qui était déjà de l'aventure, ça devait
01:51s'appeler encore Antenne 2 peut-être, lorsque vous avez produit des documentaires avec notre
01:56équipe des sports et Alain Vernon notamment et puis vous avez produit tout un tas de choses,
02:00vous avez une belle carte de visite et si vous êtes avec nous aujourd'hui tous les deux,
02:03c'est parce que vous avez réalisé un documentaire. Nous sommes le red star sur ce club mythique
02:09parisien qui mêle l'histoire politique, sociétale, sportive, c'est sans doute ce que vous avez
02:15montré à l'écran, un film que nous verrons au mois de mars. Alors il faut que je retrouve la
02:20date, je l'ai noté quelque part, c'est le 12 mars. Alors vous notez le 12 mars, vous pourrez voir
02:26donc nous sommes le red star documentaire, donc on vous doit et puis dès après le 12 mars sur les
02:34écrans, notamment sur le site de notre télévision des sports en France, vous pouvez revoir ce
02:43documentaire, vous pourrez revoir ce documentaire. Alors on va commencer, vous me pardonnerez madame,
02:48monsieur, on va commencer par le livre de Julien et Gérard Camille, le foot à l'écran, c'est un
02:56voyage. Alors mon ami Vincent Duluc a réalisé la préface, il est aussi littéromique que moi
03:01d'ailleurs, et il parle d'un voyage et c'est vrai et j'aimerais vraiment commencer comme ça,
03:05vous demander comment vous avez réussi à ne pas nous enfermer, nous lecteurs, nous passionnés,
03:11dans un schéma qui aurait pu être chronologique, qui aurait pu être les bons et les mauvais, qui aurait
03:17pu être ceux que j'aime, ceux que j'aime pas. Vous nous emmenez avec des titres de rubriques, le foot
03:23sur les écrans communistes, les hooligans, les entraîneurs, le coin des nanars, donc je vais
03:29peut-être commencer avec Gérard Camille qui est en direct de Cannes. Gérard, comment
03:34vous est venu avec votre fils, avec Julien, cette articulation qui est pour un lecteur d'un
03:42confort absolu, parce que justement il nous emmène en voyage, on se laisse balader, on se laisse
03:47surprendre, comment le cerveau fonctionne-t-il pour sortir du schéma traditionnel. Moi je pense
03:55qu'on a bien réfléchi justement parce qu'on ne voulait pas d'une chronologie pure et dure,
04:00on ne voulait pas non plus, alors sur ce que vous venez de dire, le j'aime, j'aime pas, ça c'est
04:06vraiment ce qu'on ne voulait pas et surtout on avait quand même, grâce au sport et cinéma qu'on
04:12avait fait donc trois, quatre ans avant et où on s'était intéressé aussi au football à l'écran,
04:18on s'était dit qu'il y avait vraiment quelque chose à faire avec le football parce que c'était
04:22une vraie histoire du monde et c'est un peu avec cette idée là qu'on est parti. Le foot c'est une
04:28histoire du monde aussi et donc on a cherché des entrées multiples pour justement arriver à ce
04:38sommaire qui pouvait être lu, justement c'est un livre qui pouvait être lu de la première à la
04:45dernière page mais aussi on pouvait commencer à la page 102, à la page 106, voilà et c'est ce
04:51qu'on voulait absolument quoi, voilà et on voulait le rendre très agréable à lire et ludique. Moi je
04:56picore à la page 175 la photo avec le regard incroyable d'Eric Cantona sur Ken Loach, cette
05:02photo est magique, ensuite je me balade page 93 avec l'affrontement entre Michel Serrault et
05:09Eddie Mitchell dans Un mort à l'arbitre, ensuite je me balade dans la page 75 où je vois sur la
05:14même photo, tenez vous bien, Michael Ken, Sylvester Stanole, Houston et Pelé, voilà, à nous la victoire
05:21bien sûr. Vous voyez, c'est un voyage formidable. Alors Julien, j'aimerais qu'on prenne un peu de
05:26hauteur par rapport à ce foot à l'écran et au sport à l'écran, la remarque qu'on peut se faire
05:33c'est que les gens disent parfois, c'est une sorte de, j'allais dire une sagesse populaire, il n'y a
05:38pas de bon film de sport, pourquoi dire film de sport, pourquoi enfermer comme ça le sport
05:43dans le cinéma et ne pas parler de films où le sport est présent ? Je ne sais pas, c'est une
05:49manière de parler, de résumer, qui montre bien comment aussi on a toujours traité le sport à part
05:56de la culture, c'est-à-dire comme si le sport ne faisait peut-être pas partie de la culture au sens
06:01noble du terme comme la littérature, la peinture. Quand on fait un film sur Rodin, on ne dit pas un film de
06:05sculpture. Exactement, ou sur Gauguin, un film de peinture, par contre si on fait un film autour de
06:10Jack Lamotta, on dit on fait un film de boxe, voilà. C'est étonnant. C'est ça, donc nous c'est pour ça que
06:16quand on parle de films de sport, on utilise ce terme-là pour résumer parce que c'est plus
06:20parlant, mais moi je préfère évoquer, c'est ça pour ça qu'on a intitulé le foot à l'écran ou sport et
06:25cinéma, c'est-à-dire que les films qui parlent de sport, qui évoquent le sport ou qui ont le sport comme
06:31sujet. Et ce qu'on a bien vu, c'est que les films qui parlent de sport et qui fonctionnent, c'est ceux
06:37qui racontent des histoires humaines importantes, des belles trajectoires ou des trajectoires plus
06:43tragiques, en tout cas qui s'attachent à l'humain et c'est ça qui est au monde aussi parce que le
06:47sport fait partie de notre vie à tous. Le grand exemple c'est Rating Bull qui est un résumé du
06:52monde, de la vie, comme disait votre père tout à l'heure. Une parabole autour du chemin christique qu'a
06:58pu avoir Jack Lamotta. Donc voilà, le sport c'est ça et puis dans notre vie, le sport est
07:05présent de partout. Il est très important dans notre culture populaire, donc le cinéma et les
07:12autres arts aussi doivent s'en emparer.
07:15Christian et Monica, surtout vous n'hésitez pas à intervenir. Je ne suis pas le maître d'école qui donne la parole.
07:19Je sais que ces sujets vous passionnent. Quel est votre regard justement, votre étonnement sur le fait qu'on ne dit pas un film de peinture
07:25quand on fait un film sur Gauguin et là on enferme film de sport. Donc ce n'est pas très bon parce qu'il y a du sport et c'est parfois même presque méprisé.
07:33Non parce que ça appartient à la culture populaire et on ne considère pas que ça fait partie de la grande culture de fait.
07:38Je pense que le problème il est plutôt là de fait.
07:41Le sport n'a pas encore accès, n'a pas encore la carte.
07:45Mais c'est un peu ça et je pense qu'il y aurait même pour moi une histoire populaire du sport à réécrire, en tout cas une histoire nationale à réécrire
07:57en regardant le sport. C'est-à-dire comment le sport a parlé de notre monde, de notre société et comment aussi c'est le miroir et le cinéma.
08:05Et c'est là où en fait on a vu en travaillant autour du foot que le foot a été sans doute le sport qui a été le plus utilisé par les cinéastes pour évoquer
08:13les évolutions, les changements, les combats ou les grands événements qui se sont passés dans le dernier siècle.
08:21C'est-à-dire que tous les conflits armés autour du monde ont été métaphorisés ou en tout cas symbolisés par le football dans les films.
08:32C'est-à-dire qu'il y a tous les conflits du monde, les Farc en Colombie, le Corée du Nord, Corée du Sud, le conflit israélo-palestinien, la Première Guerre mondiale, la Deuxième Guerre mondiale.
08:40Il y a des films qui ont choisi le foot pour évoquer ces sujets-là.
08:44Est-ce que vous vous sentez si loin finalement de foot et cinéma avec votre film documentaire ?
08:51Voilà parce qu'on a notre bureau qui est à Saint-Ouen et qui est vraiment à côté de la rue Bauer là où il y a le stade.
08:58Stade Bauer, ça fait partie de l'histoire de France.
09:00Voilà absolument et moi petit je jouais au Racing.
09:09Chez les riches ?
09:11Non on n'était pas si riches que ça.
09:14Non mais le Racing par rapport à Bauer et Red Star.
09:17On jouait à Colombes et en fait on n'était pas vraiment des bourgeois.
09:24Alors notre entraîneur du Racing nous disait, attention avec l'équipe du Red Star, on était minimes.
09:35Il nous disait c'est des cocos et des casseurs.
09:39Alors c'est des cocos, vous avez planté le décor.
09:43Quand on pense à Red Star, on pense évidemment au Parti communiste, on pense évidemment à un club engagé politiquement.
09:49Même ses entraîneurs, même ses présidents ont toujours été engagés politiquement.
09:53Ça comptait non ?
09:55Alors Saint-Ouen a été communiste pendant 60 ans.
09:57Mais le Red Star, il faut savoir qu'il a été créé par Jules Rimet.
10:01On ne peut pas accuser de gauchiste.
10:03Pas accuser de gauchiste, c'est catholique sociale mais vraiment pas gauchiste du tout.
10:07Ensuite il y a eu des joueurs communistes, notamment Jean-Claude Braque, qu'on appelait Bra le Rouge.
10:13Jean-Claude Braque a beaucoup contribué à l'image du Red Star, positive et l'image politique.
10:18Il est resté 22 ans…
10:20Président.
10:22Après être joueur.
10:24Mais le Red Star, de fait son nom vient de la Red Star Line qui était une compagnie maritime.
10:30Et non pas d'étoiles rouges qu'on peut imaginer à l'est de l'Europe.
10:32Pas du tout d'étoiles rouges de Belgrade ni rien du tout.
10:34De fait c'était un truc très bourgeois.
10:36C'était d'ailleurs la nounou de Jules Rimet qui avait cette étiquette sur ses bagages.
10:42Et comme à l'époque il fallait faire anglais, donc ils ont pris ce nom anglais.
10:46Alors vous que vous êtes immergé dans le Red Star, on en parlera un peu plus tout à l'heure,
10:51vous n'avez pas senti encore de connotation politique aujourd'hui ?
10:55Non parce qu'il y a eu 60 ans de communisme, je veux dire,
11:01avec Fernand Lefort jusqu'à Jacqueline Rouillon, maire de Saint-Ouen successivement.
11:09Et je veux dire, le président actuel du Red Star c'est Patrice Haddad et il n'est pas du tout communiste.
11:21Mais c'est une image qui colle quand même au Red Star, on en reparlera un petit peu tout à l'heure.
11:26Alors parlons maintenant de vos coûteurs, parce que vous avez,
11:29alors on le sent à travers les lignes quand même, il y a quelques commentaires sur certains films,
11:33on sent vraiment qu'ils ont votre préférence.
11:35Mais qu'est-ce qui, par exemple, fait naître chez vous l'intérêt du foot à l'écran ?
11:43Est-ce que vous avez eu des déclics en regardant des films, en découvrant des œuvres ?
11:48Alors moi si je commence, moi c'est surtout, ce que j'aime bien voir, c'est la passion en fait qui transparaît.
11:56Parce que si le foot existe et a cette popularité,
12:00c'est parce que les stades sont pleins et que des gens se passionnent pour cette histoire.
12:04Et moi j'aime beaucoup les histoires de fans dans les films de foot ou de gens qui sont passionnés.
12:10Évidemment le film de Ken Loach, Looking for Eric, je trouve que sans montrer véritablement de football,
12:15il en parle merveilleusement bien, disant que c'est une passion commune qui aide.
12:20Une catégorie populaire et laborieuse en Angleterre a aussi trouvé que les lendemains peuvent chanter un peu mieux
12:28que la situation sociale dans laquelle ils sont.
12:31Et il y a un autre film sur lequel j'étais très touché, qui s'appelle La surface de réparation avec Frank Gastonbile,
12:36où en fait c'est l'histoire d'un joueur qui n'a pas réussi à percer et qui reste un petit peu dans l'ombre du UFC Nantes
12:42et qui va rendre plein de services au patron, accompagner les jeunes pour essayer de leur donner des conseils.
12:47Et on ne rentre jamais dans le stade, on reste toujours à l'extérieur.
12:51Et le regard de Frank Gastonbile qui se mouille à plein de moments quand il regarde les jeunes qui réussissent
12:56ou qu'il regarde les autres supporters qui rentrent dans le stade, c'est là où je suis le plus touché.
13:01Parce que moi, n'étant pas sportif professionnel, je m'identifie plus à ces gens qui ont rêvé d'atteindre leur rêve,
13:13de devenir la personne qu'ils rêvaient d'être et qui n'y sont pas arrivés.
13:16C'est vrai que moi, ces histoires-là qui me touchent le plus, c'est dans le foot, il y en a plein.
13:19Après Le Fils Le Père, Gérard Camus, je vais vous demander peut-être votre coup de cœur qui vous a incité à vous intéresser à tous ces sujets.
13:28Et puis aussi peut-être souligner le fait qu'on doit aimer le sport quand on fait ce type d'ouvrage,
13:36mais on accepte quand même d'avoir un regard très critique parce que quand vous prenez Un mort l'arbitre,
13:41je vais vous donner toute une liste de films et d'œuvres qui ne font pas vraiment de cadeaux au cinéma ou au football en particulier.
13:50Gérard Camus, votre déclic, vous ?
13:53Moi, mon déclic, ça a été un film tout à fait bizarre.
13:56Enfin, un de mes déclics, parce que c'est un film qui s'appelle Tom Foot,
14:01qui est sorti dans les années 70 de Beau Wiederberg sur l'histoire d'un petit gamin de 6 ans qui rentre à l'équipe nationale de Suède.
14:09Et avec Beau Wiederberg, qui était un grand cinéaste, un cinéaste qui a fait des films magnifiques comme Joey Hill par exemple,
14:15rien à voir avec le sport.
14:17Et pourtant, là, il fait une sorte de petite fable, de parabole un peu caustique sur la période.
14:25Et en même temps, il y a des très belles images de foot.
14:28Il y a pratiquement toute l'équipe de Suède qui joue autour du petit gamin et ça donne des belles, belles séquences de foot.
14:35Là aussi, c'est vrai qu'il y a des films comme Coup de tête, par exemple,
14:40où les séquences de foot sont quand même très limitées et où, disons, l'intérêt est ailleurs.
14:46Ailleurs, il est bien autour du foot, mais il est ailleurs.
14:49Là aussi, Coup de tête, ça a été un grand moment pour moi de cinéma quand j'ai découvert ce film.
14:56Et puis, quoi qu'on en dise, même s'il est décrié par énormément de critiques de cinéma,
15:00j'aime beaucoup à nous la victoire de John Huston, qui est lui aussi un immense cinéaste
15:06et qui, en effet, on va dire, il est moins bon que tel ou tel film de Huston.
15:10Eh bien, moi, je trouve qu'il y a des très, très beaux moments dans ce film.
15:14Et voilà. Donc, ce sont des films comme ça qui prennent de l'importance.
15:19Et puis, il y a un film qui m'avait énormément marqué.
15:21Puis je m'arrêterai là.
15:22C'est un film d'Iranien qui s'appelle Hors-jeu de Jafar Panahi et qui est en fait l'histoire de filles
15:29qui n'ont pas le droit d'aller voir de match de foot en Iran, bien entendu,
15:32et donc qui vont se déguiser en garçons.
15:35Elles se font prendre, bien entendu, et elles restent en dehors du stade.
15:39On les parque dans les tribunes, mais derrière, pour qu'elles ne voient pas le match.
15:43Et comme elles connaissent le foot sur le bout des ongles,
15:47elles demandent aux militaires qui les surveillent de décrire, au moins de leur dire.
15:52Voilà. Et à l'oral, elles écoutent le match.
15:57C'est un moment de cinéma extraordinaire.
16:00Alors, vous parliez de coup de tête.
16:02J'ai beaucoup aimé l'anecdote de Giroud, parce que tourner une scène de football au cinéma, c'est très difficile.
16:09Et Giroud raconte cette anecdote formidable.
16:11Ils ont donc une scène à faire.
16:14C'est Lucien Denis, l'arrière droit, qui doit centrer.
16:17Et on fait croire, évidemment, avec une doublure, que Patrick Devers va marquer un but formidable.
16:21Et Patrick Devers doit être là quand même pour faire le geste.
16:24Alors, Giroud raconte.
16:26Je demande à Jean-Jacques Arnault de filmer la répétition, mais il refuse.
16:31Mon ailier droit donne à Lucien Denis, l'arrière droit,
16:34qui fait un centre sur le joueur qui doublait Patrick Devers pour la répétition.
16:38Ce dernier reçoit la balle sur le genou, mais elle termine dans la lucarne.
16:42Arnault crie, parfait, on le refait.
16:44Le seul problème, suivez bien, il était donc 18h.
16:47À minuit, mes joueurs exténués n'étaient toujours pas arrivés à le refaire.
16:50À plat ventre, à côté du poteau, je lançais la balle à Patrick.
16:53À cinq mètres de moi, mais rien ne rentrait.
16:56Devers était très sympa, mais nulle balle au pied.
16:59C'est magnifique, je veux dire.
17:01Et alors, tout le bouquin est comme ça, plein d'anecdotes.
17:03Autre chose, je laisse aller ma passion, parce que ce bouquin est formidable.
17:08Keira Knightley.
17:09Il se trouve que Keira Knightley habite en France, pas trop loin de chez moi,
17:13sa mère en tout cas, et c'est une actrice formidable
17:16que tout le monde a découvert dans Pirates des Caraïbes,
17:19puis dans des très, très bons films.
17:21C'est une très, très belle actrice et gérée d'une grande marque également
17:24qu'on voit sur les 4x3 dans tout Paris.
17:26Et moi, je me disais, tiens, Keira Knightley, c'est Pirates des Caraïbes.
17:29Et je ne suis pas trop client de Pirates des Caraïbes, que je n'avais pas vu.
17:31Mais je dis, c'est là qu'elle a explosé.
17:33Pas du tout.
17:34Je découvre dans votre livre, joue là comme Beckham, Keira Knightley.
17:38Je n'avais pas remarqué, alors que j'ai vu le film.
17:40Mais elle est tellement gamine, elle a 17 ans.
17:42Oui, c'est son premier film, c'est ça qui la révèle au grand public.
17:45Et ce qu'on a retrouvé comme information,
17:48c'est que pour le film, elle s'était entraînée avec, je ne me souviens plus du nom,
17:52d'une équipe assez connue à Londres de féminines,
17:55dont un entraîneur qui l'avait coachée.
17:57Et il avait dit qu'en 3-4 mois,
18:00elle avait pratiquement le niveau de 2e division anglaise féminine
18:04et qu'avec un peu plus d'entraînement,
18:06elle aurait pu carrément rêver à être joueuse de football professionnelle
18:12ou en tout cas avoir une petite carrière dans le football.
18:14Elle avait de grandes qualités.
18:15Ou alors, ça peut être aussi la grande qualité d'actrice,
18:19qui est que les acteurs sont très forts dans l'imitation.
18:21C'est ça, parce qu'elle n'a pas les jambes de footballeuse.
18:25Non, mais elle est sèche,
18:28elle est quand même très sportive, on peut le voir.
18:31Et juste pour revenir sur Boviderberg et sur Tom Foote,
18:35le petit garçon, Boviderberg l'avait rencontré en organisant un tournoi de foot
18:40pendant le tournage de Joe Hill.
18:42Comme il était fan de foot,
18:43Boviderberg, là où il tournait, il demandait à son équipe de techniciens
18:47de trouver des participants et d'organiser le soir ou le dimanche
18:51un parti de foot avec les habitants du coin.
18:53Et c'est là où il a rencontré le petit garçon Johan Bergman,
18:55qui a en gros triblé toute l'équipe de tournage de Boviderberg.
19:00Il s'est dit, je vais faire un film.
19:02C'est super. Et vous alors, Christian et Monica,
19:05quel est le film qui vous a fait découvrir le sport, évidemment,
19:09puisque vous êtes des spécialistes.
19:11Christian, vous l'avez produit à maintes reprises.
19:13Mais quel est le film qui a votre faveur,
19:15le film qui traite du sport ou du football ?
19:19Alors, pour ce film-là, on a vu beaucoup des films dont vous venez de parler.
19:24On a vu un autre film qui nous avait beaucoup plu,
19:27qui s'appelait, c'était un documentaire sur le stand d'art.
19:30Oui, réalisé par Brieu Ferro.
19:33Et Benjamin Marquet.
19:35Oui, et Benjamin Marquet.
19:36Et de fait, on ne voit jamais le terrain non plus.
19:38Ah oui, c'est la magie.
19:40Et puis, on avait vu un autre film qui avait été fait,
19:42l'équivalent, mais au Havre, avec les supporters du Havre.
19:45D'accord.
19:46C'est un film de France 3 à Normandie.
19:48Et donc, ça nous avait beaucoup intéressé, cette histoire des supporters.
19:51Sauf que nous, quand on a tourné, on n'avait pas de supporters,
19:53puisque c'était confinement.
19:54Ah, vous avez fait le documentaire sur le Red Star sans supporters.
19:58Donc, on a fait avec les archives des supporters.
20:01Donc, on a beaucoup de smartphones dans le film.
20:03D'accord.
20:04Voilà, heureusement.
20:05Je veux dire, on n'a pas pu filmer les équipes féminines.
20:09On n'a pas pu filmer les gamins du Red Star.
20:12On n'a pas pu filmer le match.
20:14Vous avez fait un documentaire, vous êtes sûr ?
20:17Oui, mais on a fait appel à beaucoup d'archives,
20:22et notamment les archives des supporters,
20:25qui ont filmé avec des smartphones.
20:28D'accord.
20:29On verra ça, d'ailleurs, puisqu'on vous montrera,
20:31dans la deuxième partie de cette émission,
20:33un extrait, évidemment, de ce documentaire
20:36qui sera diffusé sur Sport en France.
20:38Parlons maintenant des biopics.
20:41C'est un angle intéressant.
20:43Il y a tellement de stars dans le sport,
20:45on pourrait dire qu'on est inondé de biopics.
20:47Pas tant que ça, finalement, quand on fait la liste
20:49et quand on s'en tient notamment au football.
20:51Ce n'est pas un genre qui se développe beaucoup.
20:54Non, il n'y en a pas eu beaucoup.
20:56Il y a eu Pelé, qui a évidemment été beaucoup adapté,
20:59qui a même joué son propre rôle.
21:01On te redit, Gérard, si je me trompe,
21:04qu'il a joué son propre rôle dans un film.
21:07Il est d'accord.
21:09Mais il y en a de plus en plus,
21:11avec notamment le développement des plateformes,
21:14Netflix et Amazon,
21:16qui produisent de plus en plus de biopics,
21:19en plus des documentaires qui sont déjà dédiés.
21:22On va en parler de ces documentaires.
21:24Il y a eu un biopic sur Roberto Baggio, récemment.
21:30Il y a eu aussi une série qui a été faite sur...
21:34J'ai un trou de mémoire sur un attaquant sud-américain
21:38qui jouait à Barcelone,
21:40celui qui mordait les oreilles.
21:42Oui, bien sûr.
21:44Luis Suárez.
21:46Il y a eu une série qui a été faite autour de lui.
21:48Il mordait les oreilles.
21:49Vous avez eu ce joueur qui a marqué des buts extraordinaires
21:51quand on parle de Suárez.
21:52C'est celui qui mord les oreilles.
21:53Vous avez raison.
21:54C'est comme ça qu'on se dit.
21:56Il y en a un peu plus.
21:58On peut faire une liste de biopics historiques.
22:02Il y a Rush où on retrouve le match...
22:06Moi, je parlais de foot.
22:08Ah, de foot, d'accord.
22:09Je parlais de foot.
22:10En foot, c'est parce qu'il y a la question du jeu
22:13qui n'est pas simple à reproduire.
22:16Parce qu'il y a un formidable film qui est Ali,
22:18sur Cassius Clay et Muhammad Ali, évidemment.
22:20Il y a Rush, Nicky Loda.
22:21Le Grand Bleu, ça reste un biopic sur l'histoire de Jack Mayol.
22:25Raging Bull, on en a parlé tout à l'heure,
22:27c'est l'histoire de Jack LaMotta,
22:28même si c'est très romancé et que c'est un film social avant tout.
22:32Hurricane Carter sur Robin Carter, le boxeur.
22:35Rasta Rocket, évidemment, sur l'équipe jamaïcaine de Bob Slagg.
22:40Les seigneurs de Dovetown, c'est les Z-Boys,
22:43donc c'est du skateboard.
22:45Et puis Pelé, vous l'avez dit tout à l'heure.
22:47Mais là, récemment, il y a la méthode Williams
22:49qui est sortie sur le père de Venus Williams
22:51et sur l'histoire de l'émergence de Venus.
22:54Il y a aussi Borg McEnroe.
22:56Il y a eu la bataille d'Essex
22:58avec l'affrontement entre Bobby Ricks et Billie Jean King au tennis.
23:04Donc, il y en a, ça se développe un peu plus ces dernières années.
23:07Pendant longtemps, il n'y en a pas eu.
23:08Là, il y en a un peu plus.
23:10Moi, j'espérais que ça veut dire qu'on essaye de trouver des passerelles
23:15aussi pour parler de l'histoire du sport qui a marqué aussi la société.
23:19Mais c'est vrai que peut-être mon père pourra en dire un peu plus.
23:22La boxe et le cinéma américain.
23:24Par contre, là, on trouve beaucoup de biopics sur le football américain,
23:28le baseball, etc.
23:30Alors justement, Gérard Camus,
23:33est-ce que pour un...
23:35Il y avait une certaine absence au départ du sport dans le cinéma.
23:39Enfin, absence, ça ne se développait pas trop.
23:41On pourrait croire, avec une sagesse populaire,
23:44de se dire finalement, le foot intéresse tout le monde,
23:46on met du foot dans un film, ça va marcher.
23:48Ça ne se passe pas tout à fait comme ça, Gérard Camus ?
23:51Non, ça ne se passe pas du tout comme ça même.
23:54Parce que, vous savez, je pense qu'on revient à ce niveau de culture.
23:58Dès qu'il y avait du sport dans un film,
24:00les critiques avaient une tendance à le descendre immédiatement.
24:04Et quand il y avait du foot, comme dans les autres.
24:06Alors il a fallu attendre un certain nombre de personnes,
24:11disons, influentes du milieu de la critique,
24:14qui se sont targuées d'être des supporters de Paris Saint-Germain en particulier,
24:20ou bien de Marseille,
24:22pour que tout d'un coup les critiques aient un regard un peu plus sympathique sur ces films-là.
24:29Pardon, Gérard, juste pour illustrer ce que vous venez de dire,
24:33c'est donc Nicolas Sarkozy, fan du PSG, Emmanuel Macron,
24:38qui ose avouer, même si politiquement ce n'est pas toujours bien joué,
24:41qu'il est un supporter de l'OM.
24:43François Hollande est un vrai amateur amoureux du sport.
24:46C'est vrai que ça a beaucoup changé par rapport au précédent.
24:49Et puis, vous vous souvenez sans doute, Gérard,
24:52de l'étonnement du monde, pas seulement politique, mais des élites,
24:56de voir Jacques Delors, à l'époque, arriver avec le journal L'Équipe sous le bras.
25:00Ça faisait vraiment événement.
25:02On peut dire qu'aujourd'hui tout ceci a changé ?
25:05Oui, moi je crois que tout ceci a changé parce que,
25:08moi je peux vous dire, pour être un lecteur de L'Équipe depuis l'âge de 12 ans,
25:12quand j'étais à la faculté et que j'arrivais, moi aussi, avec L'Équipe,
25:17tout le monde me regardait avec un air de dire, voilà,
25:20et j'ouvrais à côté le monde, voilà.
25:22Mais c'était quelque chose de terrible, moi qui ne me connaissais pas.
25:26Quand on achetait L'Équipe, il fallait le cacher dans Playboy ou dans lui.
25:30C'est ça, c'était parfait.
25:32Et la même chose…
25:33Non, mais maintenant, ça a beaucoup changé.
25:35Au contraire, lire L'Équipe devient presque quelque chose à faire, à montrer.
25:40Oui, c'est vrai.
25:41Mais de la même manière, je pense que le journalisme sportif et le journalisme politique
25:44n'étaient pas vus de la même manière dans les rédactions.
25:46Exactement.
25:47Et il y a quelques personnes, dont une que je connais bien,
25:49qui ont fait le pas entre le sport et la politique,
25:51et suivi ensuite par Thierry Gilardi et d'autres camarades amis.
25:55Ça a peut-être contribué, peut-être aussi, à faire regarder différemment le monde du sport.
25:59Parlons maintenant des sportifs acteurs.
26:04La passerelle n'est pas très courante, elle est difficile,
26:07parce que ça reste évidemment un métier qui mérite tout notre respect,
26:11le métier d'acteur, qui n'a rien à voir avec celui du sportif de haut niveau
26:15Qu'est-ce qu'on a ?
26:16À part Éric Cantona, Arnold Schwarzenegger, qui était sportif au départ,
26:21qui ont fait, eux, de très nombreux films,
26:24est-ce que Michael Jordan, Lebron James ont marqué l'histoire du cinéma ?
26:28Ou même, j'ai vu que dans votre bouquin, si je ne dis pas de bêtises,
26:32qu'il y a des footballeurs actuels qui ont fait des petites apparitions.
26:35Oui, mais anecdotique, c'est plus pour commercialement se dire que Ronaldinho joue dans un film
26:43ou que Neymar fait une apparition.
26:45Mais non, le plus grand acteur sportif, et je pense qu'il était meilleur acteur que sportif,
26:51c'est Lino Ventura, qui était catcheur, lutteur,
26:55et qui a commencé comme ça et qui après est passé à l'écran.
27:00Belmondo a commencé une carrière de boxeur.
27:03Boxeur et gardien de but.
27:05Belmondo, il a dit, j'en avais marre, en fait j'avais peur de me prendre des coups,
27:08donc c'est pour ça que je me suis mis à faire acteur, parce que je n'avais pas envie d'abîmer mon visage.
27:12Le plus bel exemple reste Cantona, quand même.
27:14Parce que Cantona, dont on a toujours dit qu'il était un footballeur différent,
27:18est devenu un comédien, qu'on aime ou on n'aime pas, mais qui a une vraie carrière.
27:22Et qui fait des choix très pointus de cinema, avec une vraie ambition artistique.
27:28Mais après, lui, ce qui est assez intéressant à voir, c'est que sur le terrain,
27:33il avait déjà une attitude différente des autres joueurs.
27:37Il ne se comportait pas de la même manière avec ses phrases,
27:41et c'est les bons et mauvais côtés sur le terrain,
27:45ou en dehors, sur la ligne de touche, quand il fait son coup de pied kung fu sur le supporter.
27:51Et puis après, surtout, quand il revient en conférence de presse,
27:54et qu'il sort sa phrase très célèbre autour des mouettes, c'est du théâtre.
28:00Et on voit déjà que là, il était dans une forme de jeu,
28:04de vouloir créer une sorte de fiction autour de son personnage.
28:11Et Ken Loach a eu du nez en repérant ça.
28:13C'est l'inverse.
28:14C'est l'inverse ?
28:15C'est Cantona qui allait voir...
28:16Ah, apprenez-moi plein de choses, j'adore !
28:17Ken Loach et Paul Lavertie qui leur ont demandé, j'ai envie de faire un film avec vous.
28:20Ah, d'accord.
28:21Oui, ça s'est fait dans l'autre sens. C'est ce que tout le monde pense.
28:24Oui, moi je pensais, surtout que Ken Loach est passionné de football,
28:26il a toujours dit que le football était plus important que le cinéma.
28:29Il a même, Ken Loach, participé à une campagne de financement pour le football club de Basse
28:35avec Eric Cantona et un autre acteur qui s'appelle Ricky Tomlinson
28:38où ils ont fait toute une campagne pour que l'ensemble des supporters du football club de Basse
28:42rachètent leur club en fait et que le club devienne une forme de coopérative, de société.
28:47Basse, la ville du sud de l'Angleterre.
28:48Oui, c'est ça.
28:49Eh bien, on apprend des choses aujourd'hui, c'est une bonne raison pour rester avec nous.
28:53Gérard, vous voulez dire quelque chose ?
28:56Alors si Gérard veut dire quelque chose, on l'entend.
28:58Je ne sais pas si on a évoqué Sean Connery.
29:01Non, oui, mais on n'a pas fini, il reste une deuxième partie.
29:04D'accord.
29:05Vous savez ce qu'on fera ?
29:07Une connerie.
29:08On va faire du teasing.
29:09Attendez, on va les garder là, parce qu'ils sont nombreux devant l'écran, mais on va les garder.
29:13On va leur dire attention, dès le retour pour la deuxième partie de cette émission,
29:17Gérard, Camille, nous racontent quelque chose à propos de…
29:20Sean Connery.
29:21Sean Connery. À tous.
29:27Deuxième partie de ces grandes questions du sport consacrées au sport à l'écran,
29:32donc cinéma, documentaire.
29:34On en parle dans quelques instants avec Christian Poreil et Monica Arragas
29:38pour évoquer ce documentaire que vous verrez sur notre chaîne,
29:43sur Sport en France, et qui est consacré au Red Star.
29:47Mais pour l'heure, nous sommes encore sur ce formidable livre de Julien et Gérard Camille,
29:53le foot à l'écran, avec beaucoup d'anecdotes.
29:56D'ailleurs, dans cette émission, on en a déjà fait le tour de pas mal d'anecdotes,
30:00même s'il en reste des centaines dans ce livre.
30:03Et juste avant la fin de la première partie, nous étions avec Gérard Camille en direct de Cannes
30:07et nous évoquions les acteurs qui avaient été sportifs avant.
30:11Vous citiez Lino Ventura, Éric Cantona, évidemment.
30:14Et pour entamer cette deuxième partie, Gérard Camille,
30:17vous nous racontez une anecdote à propos de Sean Connery.
30:20Oui, Sean Connery, en fait, il faisait du culturisme quand il était jeune.
30:24Comme Arnold Schwarzenegger.
30:26Voilà. Et puis, progressivement, il est passé, il jouait quand même le week-end au foot et tout.
30:31Et il s'est rendu compte, on s'est rendu compte qu'il était très bon au football.
30:35Et l'entraîneur de Liverpool lui a demandé s'il ne voulait pas prendre une carte professionnelle,
30:40en fait, un devenir footballeur professionnel.
30:43Et Sean Connery raconte qu'en fait, il a réfléchi pendant toute une nuit en se disant,
30:49voilà, la carrière de footballeur, c'est aller 35 ans, 38 ans maximum.
30:54La carrière d'acteur, puisqu'il jouait des petits rôles déjà quelques fois,
30:58c'est 80 ans s'il jouait.
31:01Et donc, il a décidé qu'il arrêtait le foot pour se mettre vraiment devant l'écran.
31:09Il a bien fait et c'était prémonitoire parce que la longueur de sa carrière
31:14est quand même assez exemplaire à ce niveau-là également.
31:18De même, Richard Burton a arrêté le rugby le jour où il a considéré
31:24qu'il pouvait vraiment se faire abîmer la figure.
31:26Ah oui, pour ne pas…
31:27C'était un très bon joueur de rugby aussi, mais tout le monde l'attendait au tournoi, en fait.
31:31Évidemment, évidemment.
31:33Merci pour ces anecdotes.
31:35Avant de parler de documentaire, j'aimerais revenir sur un des chapitres
31:40de ce livre formidable.
31:43C'est le chapitre consacré aux nanars.
31:45Alors, comme on le disait tout à l'heure, ce n'est pas les nanars au sens méprisant.
31:49Voilà, il y a les bons films et il y a les mauvais.
31:51Les nanars, c'est touchant finalement déjà au cinéma.
31:54C'est agréable de regarder un nanar de temps en temps.
31:57Et là, en plus, quand il y a du football dedans…
31:59Mais oui, parce qu'en fait, moi, ce que j'aime bien dans les nanars,
32:01c'est que c'est fait avec passion et avec passion.
32:03Moi, je prends toujours, on trouve toujours du plaisir à voir des gens
32:06qui essayent de faire des choses plus ou moins réussies.
32:09Donc, il y a eu évidemment…
32:13Le pire qu'on ait vu quand même, c'est l'histoire.
32:16C'est un film japonais avec un gardien de but qui est en fait un crabe.
32:19Mais le costume est tellement maffé que le personnage qui joue le crabe,
32:23il a des baskets.
32:25On lui a juste mis un haut de crabe.
32:28C'est pas terrible.
32:31C'est pas terrible.
32:32Mais après, chez les Français, il y a évidemment « Le fureur en folie »
32:36de René Clair avec Louis Srego, Patrick Topalov
32:39qui chante une chanson « ballon, ballon » en générique.
32:43« Le fureur en folie », le pitch, c'est Hitler,
32:47il est passionné de foot et décide de jouer la fin de la guerre sur un terrain.
32:51Et du coup, les prisonniers français essayent avec Michel Galabru,
32:56Alice Sapriche, toute la « dream team » de l'époque de ce genre de films-là
33:01se mettent ensemble pour essayer de battre Hitler au foot.
33:04Gros moment de cinéma.
33:05Gros moment de solitude aussi.
33:07Et puis, il y avait aussi Tareko, le gardien de but.
33:09Ça, c'était dans quoi ?
33:11« Triporteur ».
33:12« Triporteur », voilà.
33:13Avec Petit Canaillou qui vient de ce film-là.
33:15Son fameux célèbre « Petit Canaillou », c'est dans ce film-là
33:18qu'il le dit la première fois.
33:21Est-ce que vous vous inspirez de tout ça ?
33:23D'abord, comment décidez-vous de faire un documentaire sur le Red Star ?
33:26À part le fait que vous soyez voisins, ce n'est pas une raison suffisante.
33:30Pourquoi ce sujet-là, vous vous titillez ?
33:33Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans le Red Star ?
33:36Vous avez vu, le titre, c'est « Nous sommes le Red Star ».
33:38Parce qu'on s'est rendu compte que tout Saint-Ouen est le Red Star.
33:42Très bien.
33:43Voilà.
33:44Et donc, c'est ce fil-là qu'on a cherché.
33:48On a commencé à regarder des archives, d'abord fixes,
33:51ensuite à Bobigny, on a regardé 3 à 4 jours d'archives.
33:55Vous savez, à Saint-Ouen, le stade municipal, qui maintenant est le stade Boer,
33:59servait à tout.
34:01C'est-à-dire, vous aviez les meetings politiques,
34:04les fêtes pour le désarmement, la fête des écoles.
34:08Duclos, par exemple, il a fait sa campagne...
34:12Présidentielle.
34:13Présidentielle à Boer.
34:15Avec 50 000 personnes.
34:1750 000 personnes.
34:19D'accord.
34:20Il y avait des défilés un peu à la mode soviétique dans le stade Boer.
34:30Oui, des manifestations de gymnastique.
34:32Et tout à l'heure, vous me dites que ce n'est pas politique, le Red Star.
34:35Ce n'est pas...
34:36La mairie est communiste et le stade est municipal.
34:39D'accord.
34:40C'est-à-dire que c'est un club privé greffé sur un stade municipal.
34:43D'accord, d'accord.
34:44Et ça a quand même un petit peu transpiré de temps en temps.
34:47Est-ce que dans votre documentaire, que je n'ai pas vu,
34:49j'en suis vraiment confus, que je n'ai pas pu voir,
34:51est-ce que dans ce documentaire, vous occultez totalement la dimension politique
34:58ou vous restez sur le sociétal ?
35:00On l'a résolu sur un ton un peu humoristique.
35:04Très bien.
35:05C'est-à-dire que la mairie, le Red Star est tombé en décrépitude
35:10parce que la mairie, à chaque fois qu'elle voulait le rénover,
35:13il y avait des échecs.
35:15Il y avait un échec pour une chose ou pour une autre.
35:17Au début, c'était parce que la préfecture a dit non.
35:20Après, il y avait un adjoint maire qui était devenu président du Red Star,
35:25le moment où il n'était plus communiste.
35:27Sanchez.
35:28Sanchez, il s'appelait, qui voulait agrandir le stade,
35:32en faire un gros stade et tout.
35:33Et son adjoint, Belloni, c'est la nef de l'île des Vannes, c'est la nef Belloni,
35:39il a construit cet immeuble incroyable qu'on voit à Boer
35:42pour empêcher l'extension du stade.
35:44On l'appelle la quatrième tribune.
35:46D'accord, c'est la plage perle en quelque sorte.
35:48Tout le monde regarde les matchs du Red Star.
35:52Du balcon.
35:54Donc il y a eu plusieurs échecs.
35:56On l'a mis un peu sur un plan un peu humoristique.
35:59C'est un peu l'histoire de Saint-Ouen autant que l'histoire du Red Star.
36:02C'est autant l'histoire du Red Star que c'est une histoire croisée
36:06entre Saint-Ouen et le Red Star.
36:08D'accord, donc c'est le sport qui vient s'incruster dans une...
36:11C'est-à-dire que le Red Star a été créé par Jules Rimet autour de la tour Eiffel.
36:16Donc c'était un club bourgeois, influence anglaise, etc.
36:19Catholique, sociale.
36:21Et à un moment donné, Jules Rimet, qui est très préoccupé par sa carrière politique,
36:25parce que pour lui le foot c'était plutôt un tremplin,
36:28passe les rênes du Red Star à un monsieur qui s'occupe des wagonlits.
36:32Et les wagonlits ont leur blanchisserie à Saint-Ouen.
36:35Et donc il trouve un stade à Saint-Ouen.
36:37Mais un stade au milieu d'un champ de patates.
36:40Et donc petit à petit, ce club très bourgeois va épouser la ville.
36:45Les industries, les ouvriers.
36:47C'est intéressant.
36:48Cette blanchisserie.
36:49Donc si la blanchisserie...
36:51Parce qu'il y a la Seine à Saint-Ouen.
36:52Toutes les blanchisseries étaient à Saint-Ouen.
36:54Bien sûr.
36:55Magnifique.
36:56Allez, on regarde l'extrait pour nous donner envie de revoir et de voir, pardon,
37:01ce documentaire qui sera diffusé le 12 mars sur notre antenne.
37:08Regardons.
37:38Le jeu et la solidarité sur le terrain leur donnent par ricochet les clés du combat politique.
37:44Visionnaire, Jules Rimet saisit d'emblée la portée émancipatrice de ce sport
37:49pour les joueurs issus de la classe ouvrière,
37:51pour autant qu'ils puissent avoir accès à l'instruction et à la culture.
37:55L'installation du Red Star en 1909 près du marché Opus de Saint-Ouen,
37:59au lieu-dit des 26 arpents,
38:00coïncide avec l'arrivée du tram, l'essor de la métallurgie
38:04et l'afflux de milliers d'ouvriers immigrés.
38:07L'équipe enflamme dans l'entre-deux-guerres le public de cette banlieue populaire.
38:11Cinq Coupes de France, des gardiens de buts révolutionnaires,
38:15Charigues, Daruy, des joueurs mythiques, Maes,
38:22Gamblin, Nicolas et Rerat.
38:26Je suis venu à Paris où j'ai commencé à jouer au club français puis à la Générale.
38:31Puis nous avons gagné la Coupe avec le Red Star en 1942.
38:34Il y avait une grande équipe, il y avait Daruy, Van Dorel, Weissler, Aston, Simoni et moi évidemment.
38:46On dit souvent que le foot est lié à l'enfance.
38:48Et là en l'occurrence, il est lié au Red Star au début des années 80.
38:54J'avais une dizaine d'années et je venais avec mon père ici.
38:59On préférait venir ici qu'au Parc des Princes, c'était plus simple.
39:02Ça nous correspondait plus et j'ai des souvenirs formidables,
39:06qui sont peut-être même les premiers souvenirs liés au foot.
39:08Quand on arrivait à Porte de Clignancourt, qu'on voyait la fumée des merguez qui commençait un petit peu à monter au niveau des puces.
39:16On cherchait une place, c'était jamais facile de trouver une place ici, c'est le thème de l'histoire, c'est quand même l'enfer.
39:20Et puis on allait dans la tribune pesage en face, il y avait une tribune debout.
39:26Ce sont des souvenirs liés à l'achat d'un sandwich, au fait d'être à côté de gens qu'on ne connaissait pas.
39:32Ici, c'était un public très chambreur, qui aimait bien interpeller les joueurs, etc.
39:37Et cette ambiance populaire me plaisait totalement.
39:41Je me souviens surtout de cette capacité qu'on avait à retrouver sur le parking, par le plus grand des hasards,
39:56les joueurs, les coachs, ceux du Red Star, ceux des équipes adverses.
40:00Je me disais mais c'est formidable, tout se mélange et en fait tout prenait forme à mes yeux.
40:06Je me disais mais c'est exactement ça, le foot que j'aime.
40:16Le mot qui correspond bien, vous me confirmerez ça peut-être, c'est populaire, au bon sens du terme, comme le dit très bien Jaoui.
40:23Populaire, émotion, bonheur.
40:25Partage, rencontre.
40:27C'est ça, c'est très important.
40:29Le commentaire est dit par Patrick Chenet, mais il a failli être professionnel en football.
40:37Il jouait à Rouen, c'est ça ?
40:39Je suis désolé, je ne connais pas la carrière footballistique de Patrick Chenet, ça sera rattrapé dans la prochaine réédition.
40:46Il a failli être professionnel avant d'être acteur.
40:52D'accord, on en apprend aujourd'hui, on en apprend.
40:55Quand Jaoui dit se trouver à côté de gens qu'on ne connaît pas, je trouve ça magnifique pour un enfant.
41:03C'est vrai que c'est l'apprentissage du partage, de la rencontre, l'émotion partagée.
41:09Alors qu'on rencontre au Red Star, mais aussi dans les tribunes de Geoffroy Guichard dans les années 70 ou dans d'autres clubs évidemment.
41:17Comment vous, vous définissez l'originalité du Red Star ?
41:21Comment vous définissez le fait que ce club n'est pas pareil que les autres, parce qu'il n'est pas pareil que les autres ?
41:26Non, c'est un club qui, au bon sens du terme, il est populaire.
41:34Tous les gens de Saint-Ouen sont pour le Red Star.
41:38À Saint-Ouen, quand vous posez la question aux gens de la rue, ils vous disent que Saint-Ouen c'est les puces et le Red Star.
41:49Alors on n'a pas réussi à Paris à faire ce qui existe à Londres et ce qui pourrait donner lieu à une fiction formidable.
41:55C'est justement ce côté appartenance sociale.
42:00Dans la même famille, vous avez le supporter de Chelsea qui va être méprisé par tous les autres clubs de Londres.
42:06Et puis vous avez le supporter d'Arsenal qui s'est un peu embourgeoisé.
42:10Il y a des histoires. Ça manque cruellement à Paris.
42:12Ou à Barcelone aussi.
42:13Barcelone évidemment.
42:15Moi j'habitais entre l'Espagnol et le Barça.
42:17Voilà.
42:18Littéralement.
42:19Et là c'est les histoires.
42:21Ça manquait.
42:22C'est dommage que le Red Star n'ait pas pris la place qu'il aurait pu prendre pour justement installer dans l'Île-de-France,
42:27et en tout cas dans Paris, Paris proche banlieue,
42:30ça aurait fait des derbies exceptionnelles entre le club plutôt bourgeois et le club plutôt populaire.
42:36C'est pas un regret du côté de...
42:38On a encore l'espoir de ça à Saint-Ouen de voir ce Red Star ?
42:42Je veux dire, nous avons été invités pour représenter le film à Bilbao,
42:48par l'Atlético de Bilbao,
42:51et quelque part ils se ressemblent un peu les deux clubs.
42:58L'Atlético de Bilbao et le Red Star.
43:02Alors que le Red Star est en troisième division,
43:05et que l'Atlético de Bilbao est en milieu de tableau de la Liga.
43:10Première division.
43:12Mais on y est allé avec le président actuel du Red Star, Patrice Hanade,
43:19et ça a été un accueil très chaleureux.
43:23Alors sur des clubs basques, on a des clubs basques où il n'y a que des joueurs basques,
43:28et là l'identité est évidente.
43:30L'identité du Red Star est totalement différente.
43:33Ce qui fait le ciment, ce qui fait l'originalité,
43:36ce qui fait que toute, vous le disiez très bien,
43:38toute la population va s'identifier à ce club.
43:41Quel est ce ciment ?
43:42Puisque ce n'est pas le ciment des origines basques pour des clubs estadiens.
43:48C'est le stade.
43:49C'est le stade.
43:50Au début, enfin jusqu'à maintenant, c'était le stade.
43:53Notre film est un peu un testament du stade,
43:55parce que le stade va être reconstruit.
43:57Oui, il va être complètement reconstruit.
43:59Et l'esprit va s'envoler avec, comme le Stade de France par rapport au Parc des Princes ?
44:05C'est un risque.
44:06On sait qu'il n'y a qu'une tribune qui est habilitée,
44:09pour le moment les autres sont interdites.
44:11Donc tout le monde se concentre sur cette tribune-là, sur ce côté-là.
44:16Donc ça fait une ambiance d'enfer.
44:18Et on a fait beaucoup de repérages évidemment, on a fait beaucoup de matchs.
44:23Et ce qu'on a vu, c'est que chaque petite tribune dans cette ligne
44:29correspond à une catégorie socio-professionnelle de Saint-Ouen.
44:33Donc vous avez les riches, les odoniens historiques,
44:37qui ont été mis à droite parce que les hipsters parisiens sont arrivés à gauche,
44:41ils les ont chassés.
44:43Vous voyez ?
44:44C'est incroyable.
44:45Après il y a les familles.
44:46Alors il y a les familles des joueurs,
44:48une grande famille sénégalaise avec toutes les mamans et tout,
44:50c'est incroyable comme truc.
44:52Après tout le monde se retrouve à la buvette, à manger des baguettes.
44:57Vous savez à quoi ça me fait penser tout ça ?
44:58À la plage à Rio, où vous avez selon les postes,
45:01le poste 9, le poste 8, le poste 7, vous avez les riches, les gays,
45:04chacun se retrouve dans son univers.
45:07Et trouver ça dans la tribune de Saint-Ouen, j'avoue que je trouve ça formidable.
45:10Et très concentré, puisqu'il n'y a qu'une seule tribune,
45:12alors qu'après il y en aura quatre, donc ça va être dilué.
45:15Gérard, Camille, votre regard sur les documentaires en général
45:19et sur ce type d'approche de Christian et Monica en particulier ?
45:24Moi je suis un fan de documentaires, j'adore les documentaires.
45:28Ça peut retranscrire vraiment des histoires là aussi importantes autour du sport.
45:35Et ce film-là, ces quelques images-là, me donnent vraiment envie de voir le film
45:40dès le mois de mars quand il va sortir.
45:42Donc voilà, je voulais simplement dire quelque chose,
45:46c'est qu'il y a des documentaires très différents les uns des autres.
45:49Il y en a un qu'on appelle documentaire, c'est Zidane, Portrait du XXIe siècle,
45:54qui est quelque chose d'assez fantastique, où on joue entièrement sur le gros plan,
45:59où Philippe Arénault et Douglas Gordon, qui sont les deux réalisateurs,
46:05et surtout le chef opérateur qui était quand même Darius Khondji,
46:10c'est-à-dire un des plus grands, sinon le plus grand chef opérateur aujourd'hui.
46:14Et donc Darius Khondji qui va utiliser des caméras et des objectifs de la NASA
46:21pour pouvoir avoir des gros plans de Zidane,
46:24avec les 12 caméras 35 mm qu'il mettra sur ce terrain,
46:30plus un certain nombre de caméras numériques.
46:33Donc ça donne quelque chose, ça donne une sorte d'essai cinématographique
46:37autour de Zidane extraordinaire.
46:39C'était pendant le match donc Réal-Villareal, voilà.
46:46Mais vous faites rêver tous les amoureux du cinéma là,
46:49parce que 12 caméras 35 mm qui tournent en même temps,
46:52je crois que c'est quand même historique.
46:54Monika a quelque chose à dire ?
46:55Non, je veux dire, c'est des films d'artistes, c'est des artistes,
46:57Philippe Arénault et Douglas Gordon, pas des cinéastes.
47:00Darius Khondji, que j'ai pu rencontrer il n'y a pas longtemps,
47:04me disait, en fait, les deux m'ont dit gros plan, gros plan, gros plan, gros plan.
47:11Donc j'étais obsédé par le principe du gros plan et j'ai utilisé,
47:16pas de lumière parce qu'il y avait la lumière assez violente du stade
47:20et je trouvais que ça donnait une impression excellente.
47:24Mais pour l'anecdote, ce n'est pas le premier film autour d'un footballeur comme ça
47:34qui a eu lieu puisqu'en 1970, Helmut Kostar,
47:38qui était un documentariste allemand, a fait la même chose avec George Best.
47:44Par contre, bien sûr, il n'avait pas les mêmes moyens,
47:47mais il utilisait huit caméras 16 mm autour de lui pour ne prendre que George Best.
47:54Et ce film que j'ai pu voir, que j'ai découvert pendant le travail sur le livre,
48:02le film s'appelle « Le football comme jamais auparavant » et c'est vrai, c'est exactement ça.
48:08On rentre dans quelque chose qui est une sorte d'art cinématographique.
48:15Alors je vais en profiter pour faire un clin d'œil à mon grand ami Vincent Duluc,
48:19puisqu'il a signé votre préface et de signaler évidemment le livre sur George Best,
48:26le cinquième Beatles, le livre de Vincent qui est absolument formidable
48:30et qui tourne aussi autour du football, mais qui vraiment, le football est presque,
48:34comme dans la vie de George Best, un prétexte à l'excellence, à l'excès, à la vie.
48:40Alors les documentaires dans « Le foot à l'écran » ?
48:43Oui, on en parle, on leur donne toute leur place en se concentrant
48:49surtout sur les documentaires qui émanent de cinéastes.
48:54Toutes les documentaires qui ont été réalisés plutôt à la télévision
49:00ou des productions journalistiques, des reportages,
49:03on n'a pas pu en parler parce qu'à ce moment-là,
49:05on ouvrait la porte à des milliers de documents.
49:09Donc on s'est concentrés sur les films comme « Maradona » par Costorizza,
49:13ou « Maradona », pour moi, le meilleur documentaire sur Maradona
49:17par Asif Kapadia qui est sorti en 2019, qui est juste un travail de cinéaste incroyable.
49:24Évidemment, « Forza Battia » de Jacques Tati,
49:27« Les yeux dans les bleus » autour de la victoire de 1998.
49:33Et ce qui est intéressant, c'est que c'est une des seules fois
49:37où on est un petit peu critique dans le livre,
49:39c'est qu'on a comparé aussi « Les yeux dans les bleus » en 1998
49:42avec « L'Épopée russe », le film 20 ans après, en 2018,
49:45sur la victoire aussi de l'équipe de France en Russie.
49:49Et les deux films n'ont rien à voir.
49:51D'un côté, on a un vrai film documentaire d'immersion
49:55dans l'aventure de 1998.
49:57Et l'autre, en 2018, on a un objet marketing
50:01produit par la Fédération française de foot
50:04qui n'a très peu d'intérêt.
50:07Et qui a eu un écho absolument nul par rapport à ce qu'a eu le film.
50:11Voilà, c'est un petit peu aussi l'évolution.
50:13C'est moral tout ça.
50:14C'est ça, mais c'est un peu l'évolution aussi qu'on a
50:16dans notre capacité de cinéaste à pouvoir s'immerger
50:22dans le monde du foot aujourd'hui professionnel
50:24qui est quand même dominé par les responsables d'images
50:27des joueurs et des fédérations.
50:29Donc c'est vrai que refaire un film comme en 1998,
50:31je ne sais pas si aujourd'hui ce serait possible.
50:34Alors ce livre, que je vous conseille vraiment,
50:36vous l'aurez compris, est assez ludique.
50:38Alors c'est un voyage, mais également,
50:40de temps en temps, on vous attrape, hop,
50:42on vous pose quelques petites questions, comme ça, du style,
50:44tiens, vous êtes en train de lire ce livre,
50:46vous aimez le sport, vous aimez le cinéma,
50:48vous aimez le football, et bien on va vous passer,
50:50alors ça va du Godard Quiz.
50:53Moi j'aime bien un caméo de footballeurs et footballeuses.
50:56Vous avez par exemple, allez je vous pose la question,
50:58vous n'avez pas le droit de jouer évidemment,
51:00quel joueur français incarnait à la fois aux Etats-Unis
51:03un photographe de mode dans un feuilleton kitsch et culte
51:06et un soldat allemand dans un film de série B ?
51:09J'avoue que j'ai complètement calé, c'est David Ginela.
51:13David Ginela qui a quand même joué dans les Feux de l'Amour,
51:15il faut quand même le dire.
51:17Et ça, c'est quand même assez extraordinaire,
51:20c'était en 2008.
51:22Il y a aussi une question qui m'a bien plu,
51:24quel attaquant français apparaît dans Le Boulet ?
51:26Le Boulet avec Poulvord, le film de Berberian,
51:29c'est Nicolas Anelka.
51:31Donc là, il y a tout un tas d'anecdotes formidables.
51:34Ça porte bien aussi, le titre du film va bien avec lui
51:38par rapport à la Fédération Française de Football.
51:40Le Boulet, c'est vrai que c'est joli.
51:42Et voilà, donc il y a plein d'anecdotes comme ça.
51:46Ah oui, il incarne à merveille un sympathique avocat
51:49d'origine indienne dans la comédie sociale de Pierre Jolivet,
51:52la très très grande entreprise.
51:54Et il a réalisé un très bon document
51:56de foot qui s'appelle The Substitute,
51:59avec Fred Poulet,
52:01qui est sur son aventure, lui...
52:03On n'a pas dit son nom encore, Vikash Dorasso ?
52:05Non, Vikash Dorasso.
52:06En fait, le documentaire The Substitute,
52:08c'est Vikash Dorasso qui est en train de tourner son documentaire.
52:11Et donc du coup, on voit à la fois le documentaire
52:13et la fabrication du documentaire, lui,
52:16en tant que remplaçant de l'équipe de foot en 2006, je crois.
52:21Si, 2006, le film sort en 2007, donc 2006.
52:23Où en fait, il tourne en 16mm ou en Super 8,
52:28et il envoie par-dessus le mur de Clairefontaine
52:32ses cassettes, enfin ses bobines,
52:34à Fred Poulet de l'autre côté du mur
52:36qui les réceptionne et qui lui renvoie des pellicules vierges.
52:40Il n'y a que Vikash Dorasso pour faire ça.
52:43Vous avez parlé du... Excusez-moi.
52:45Vous avez parlé du super production FIFA avec Depardieu ?
52:50Oui, Gérard.
52:54Joker !
52:55Frédéric Auburentin, le film de Frédéric Auburentin.
52:59Tout à fait, c'est ça.
53:01J'ai eu le plaisir, parce que je travaille sur le cinéma de la plage,
53:05pendant le Festival de Cannes,
53:07c'est moi qui m'occupe du cinéma de la plage,
53:09et j'ai eu l'occasion de présenter
53:11le film de Frédéric Auburentin.
53:13Il y avait Gérard Depardieu, il y avait Seb Blaster,
53:18il y avait tout le monde, en fait,
53:20pour présenter ce film.
53:21Mais si vous voulez bien, je garderai que j'aime beaucoup Frédéric Auburentin.
53:26Et Gérard Depardieu.
53:28Et Gérard Depardieu, bien sûr.
53:30Je ne crois pas qu'il avait les coudées franches pour faire le film.
53:34Il avait dansé, quoi.
53:36J'ai eu l'occasion d'en parler beaucoup avec Frédéric Auburentin,
53:39mais bon, il m'a dit des choses,
53:41mais surtout, en effet, il n'avait pas du tout les coudées franches.
53:44Voilà, on a racompris le message subliminal.
53:46Est-ce que vous avez d'autres projets de documentaires sur le sport ou ailleurs ?
53:49Parce que vous avez quand même fait des documentaires sur bien d'autres choses,
53:52notamment sur le groupe Téléphone, on en parlait tout à l'heure avant l'antenne.
53:55Vous avez d'autres projets en ce moment ?
53:57Sur le sport, non.
53:58Non ? Sur quoi alors ? Dites-nous tout.
54:00On a un projet sur les mains.
54:08Je veux dire, on a rencontré un peintre qui ne peint que des mains.
54:14Et ça, ça nous interpelle.
54:18Et aussi, on a un projet, enfin Monika a surtout un projet.
54:21C'est un projet sur l'école des Beaux-Arts d'Hanoï en 1925.
54:26Ouf, il fallait aller le chercher, celui-là.
54:29Ça, il fallait aller le chercher.
54:31L'école des Beaux-Arts d'Hanoï en 1925, c'est au moins un angle, un vrai angle.
54:35Alors moi, je vais juste vous raconter une anecdote.
54:37Ça travaille depuis le début de cette émission.
54:40C'est tout à l'heure de voir ce témoignage sur l'enfant qui découvre le stade Beauvais, etc.
54:45Moi, je vais vous dire pourquoi je détestais le Red Star.
54:49Parce que j'étais enfant et j'étais supporter de l'Olympique Lyonnais en tant que Lyonnais.
54:54Et un certain Monin a cassé la jambe de Florian Dinalon.
55:00Et c'est dans le film.
55:01C'est dans le film.
55:02C'est dans le film.
55:03Alors, je vais vous dire.
55:04C'est dans le film.
55:05C'est en quelle année ça ?
55:06En 74 ?
55:07Oh non, plus tôt.
55:08Oh non, avant, avant.
55:09Bien avant.
55:10Et donc moi, je... Ouais, c'est bien plus tôt, je crois.
55:12Enfin bref.
55:13Donc moi, je suis enfant, peut-être grand-enfant.
55:15Mais d'un seul coup, je suis fan évidemment de Florian Dinalon.
55:18Je le suis toujours.
55:19Le petit prince de Ferland.
55:21Et pour moi, c'est une icône.
55:23C'est intouchable.
55:24Et je découvre dans le journal, parce qu'à l'époque, évidemment, on attend le lendemain le journal.
55:28Et je découvre dans le journal Le Progrès,
55:30une image épouvantable de Florian Dinalon sur la civière.
55:33Et évidemment, sans doute avec un peu de parti pris,
55:36le journaliste du Progrès raconte que Monin, le boucher, est venu casser la jambe de Florian Dinalon.
55:42Et depuis...
55:43Alors, ça m'a passé.
55:45Depuis que j'ai habité depuis 35 ans à Paris, que j'ai connu Red Star, que j'ai connu...
55:49Mais pendant de nombreuses années, le nom de Monin ou le nom de Red Star
55:54générait chez moi une sorte de haine sourde qui m'a passé.
55:59Monin était désespéré.
56:02Il habitait dans Saint-Ouen et il portait son désespoir sur son visage.
56:08D'avoir cassé la jambe.
56:10D'avoir cassé la jambe de...
56:11Il y a un des protagonistes, qui est le seul communiste, disons,
56:14un ancien élue communiste de Saint-Ouen, qui dit...
56:18J'entends encore l'os qui casse.
56:22Le bruit.
56:23C'est ce que disait le journaliste qui était l'envoyé spécial du Progrès,
56:26qui, dans tout le stade, a résonné.
56:28La fracture de fleurs et de liens.
56:30L'os qui s'en est remis, je vous rassure.
56:32Mais voilà, vous voyez comme le sport rentre dans les vies.
56:34Il y a une très jolie séquence aussi sur un match contre l'OM.
56:40En 1994.
56:42C'était Jaoui qui le faisait pour l'Europe 1.
56:48Il dit qu'il y a tous les supporters qui se sont mis derrière lui.
56:51Comme ça.
56:52Pendant qu'il commentait le match.
56:54Et puis, il y a eu les supporters de l'OM qui sont venus affronter les supporters de Paris.
57:00Tout ça à Boer.
57:02Ça a été un jour incroyable.
57:05Alors que c'est plutôt calme d'habitude à Boer.
57:07Il n'y a pas de hooligans à Boer.
57:10J'étais ravi de vous recevoir.
57:12Merci encore à Gérard Camus.
57:14On va le saluer.
57:15La base, on s'en suit dans le cérélier.
57:17Et puis, bravo encore pour votre travail.
57:19La réédition du livre.
57:21Le soir et cinéma.
57:24C'est Enfora.
57:26Et puis, la sortie de ce livre.
57:28Le foot à l'écran.
57:30On doit à Julien Camus que je remercie également.
57:32Et Gérard Camus.
57:34Et puis, je remercie infiniment Christian Poreil et Monica Argas.
57:38De nous avoir rendu visite.
57:40On a bien noté le 12 mars.
57:41Pour découvrir votre documentaire.
57:42En tout cas, Gérard Camus l'a dit.
57:44Il sera devant son écran.
57:46Et nous, on y sera aussi.
57:48Merci, ça a été un bonheur.
57:50De vous présenter cette émission.
57:52Et d'aller fouiller comme ça.
57:54L'histoire du foot à l'écran.
57:56Et du documentaire.
57:58A propos de Saint-Ouen.
58:00Et du Red Star.
58:02A très bientôt.
58:03Pour une émission aussi passionnante.
58:05Merci.
58:18Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
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