- il y a 2 ans
Dans ce numéro d'A Vos Marques, Maxime Brami s'intéresse à l'athlétisme à travers le parcours de Trésor Makunda. Multiple médaillé paralympique, cet athlète d'origine Congolaise est présent en compagnie d'Edgar Onezou, guide et médaillé de Bronze aux Jeux Paralympiques de Pékin, pour présenter leur discipline avant de revenir sur leurs parcours respectifs.
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00:00Bonjour à toutes et bonjour à tous, ravi de vous retrouver pour ce nouveau numéro
00:18d'Avomart, votre rendez-vous 100% par un sport, c'est à découvrir tous les mardis
00:22comme vous le savez à 19h sur Sport en France.
00:25Aujourd'hui, c'est l'immense honneur de recevoir un grand athlète, Trésor Gauthier,
00:29Makunda est avec nous.
00:30Bonjour Trésor.
00:31Bonjour à tous, bonjour à tous et merci pour l'invitation.
00:35Vous êtes athlète en para-athlétisme et vous êtes déficient visuel, vous êtes
00:38accompagné de Edgar Onezou, votre guide.
00:41Bonjour Edgar.
00:42Bonjour à tous.
00:43Merci messieurs d'avoir accepté notre invitation, nous allons donc parler de para-athlétisme,
00:49débutons tout de suite la première partie de cette émission.
00:50Le para-athlétisme a été l'une des premières disciplines à intégrer les Jeux Paralympiques,
01:00c'était en 1960, c'était pour les Jeux Paralympiques de Rome, on parlait essentiellement
01:06de courses sur piste à l'exception des courses de haies.
01:09Alors Trésor, la question elle est pour vous, la première question.
01:13Est-ce que vous pourriez, pour éclairer nos téléspectateurs et pour commencer cette
01:19émission, nous expliquer un petit peu quel est votre handicap et surtout votre degré
01:24de handicap ?
01:25C'est simple, moi je suis aveugle, tout simplement je ne vois pas et donc je suis dans la catégorie
01:32qu'on appelle P11, c'est-à-dire que dans le sport, il y a plusieurs familles de handicaps,
01:38il y a les déficients visuels, les amputés, ceux qui sont en fauteuil, les personnes de
01:45petite taille.
01:47Moi je suis parti de la catégorie, de la famille des personnes de déficients visuels et donc
01:51P11, c'est la catégorie, c'est l'handicap le plus fort, donc moi je ne vois absolument
01:59rien et donc la spécificité de mon handicap, c'est que moi je cours avec un guide, d'où
02:03la présence d'Edgar aujourd'hui à mon côté, pour vous parler de son rôle en tant
02:08qu'un guide.
02:09Donc il est là pour m'accompagner sur la piste, donc du point 0 au point 100 quand
02:14je suis du 100 mètres et aujourd'hui du point 0 au point 400.
02:18Nous allons revenir sur votre parcours plus en détail dans la seconde partie de cette
02:22émission, mais j'aimerais Trésor que vous m'expliquiez comment est-ce que vous avez
02:25découvert l'athlétisme.
02:26Alors moi j'ai découvert l'athlétisme très naturellement en fait, il y avait un
02:32jour à la télé, Charles Lewis, en partageant Charles Lewis, et là j'ai dit à ma mère
02:36« Maman, j'ai envie de devenir comme ce monsieur, un champion, regarde toutes les
02:40médailles qu'il a, regarde comment il court vite, regarde comment il saute loin » et
02:43donc l'idée c'est vraiment de faire exactement ce que lui faisait et de devenir
02:51un grand champion.
02:52C'est partie vraiment de ma volonté de faire de l'athlétisme.
02:58Edgar, vous êtes le guide de Trésor, ça fait longtemps que vous vous connaissez,
03:04que vous travaillez ensemble, on reviendra également sur votre parcours dans la seconde
03:08partie de l'émission.
03:09Comment est-ce que vous avez découvert l'athlétisme ?
03:11Alors moi j'ai découvert l'athlétisme en fait un peu par hasard, c'est-à-dire
03:15que j'étais en fait un fanatique de sport et finalement j'avais déjà essayé un
03:23peu tous les sports, c'est-à-dire le handball notamment, le football ensuite, etc.
03:28Et donc je ne m'étais pas encore essayé à l'athlétisme et je me suis dit pourquoi
03:34pas, et il y avait un stade à côté de chez moi, donc je me suis rapproché de la
03:39structure locale et c'est comme ça que tout a commencé, à Anthony notamment.
03:44Mais on avait peut-être identifié pendant vos entraînements de football ou vos matchs
03:48que vous couriez assez vite, non ?
03:49Moi, c'est ce que je ressentais d'un point de vue personnel, c'est-à-dire au niveau
03:55de mes sensations, je ressentais de la vélocité.
04:00Maintenant effectivement, après avoir fait un peu d'autres éditions, comme je vous
04:07l'ai dit, au foot et au handball notamment, je me suis dit que le prochain sport était
04:13forcément de l'athlétisme, ne serait-ce que pour essayer, mais j'y allais vraiment
04:18en espérant, enfin je n'espérais pas grand-chose.
04:21Trésor Macounda, vous nous l'avez dit tout à l'heure, vous appartenez à la catégorie
04:25400 m T11, quelles sont les qualités nécessaires pour être un bon athlète en para-athlétisme
04:36avec votre handicap ?
04:38Je pense que c'est tout simplement des qualités qui sont requis pour être un bon athlète
04:45avant tout.
04:46La spécificité, elle vient parce qu'on est aveugle ou malvoyant, donc c'est le guide
04:53qui vient s'associer aux qualités qu'on a, mais je pense que les qualités de base
04:59sont les qualités d'un athlète tout simplement, c'est-à-dire avoir la capacité musculaire,
05:04physique et pouvoir courir vite.
05:08Après derrière, c'est tout le travail technique qu'on va mettre en place avec le coach pour
05:15être le plus technique possible, et ensuite on va venir rajouter la spécificité qui
05:20est de courir avec un guide, donc trouver la coordination ensemble pour pouvoir être
05:26le plus efficace possible.
05:29Je pense que les qualités qui sont requis pour être un bon athlète, ce qu'il faut
05:37rajouter, c'est tout ce qui est écoute, parce qu'il faut savoir écouter l'autre
05:42et permettre aussi la confiance en l'autre, avoir une facilité à faire confiance parce
05:49qu'on est dans une situation où il faut du lâcher prise pour pouvoir être le plus
05:54efficace possible, pour être le plus dans l'écoute, et oui c'est ça, avoir une ouverture
06:00pour pouvoir avoir confiance en l'autre.
06:02Parce qu'un coureur à deux, c'est un binôme, et puis du binôme, c'est deux personnes,
06:08deux individus, deux sportifs, deux champions qui veulent la même chose, c'est-à-dire
06:12gagner, et donc mettre en place tout ce qui est nécessaire pour que les deux puissent
06:16être le plus efficace possible et pouvoir amener ce binôme vers l'avenir.
06:20Edgar Renezou, on profite de votre présence pour s'intéresser un petit peu plus largement
06:24à la fonction de guide.
06:26Comment devient-on guide ? Déjà, je pense qu'il suffit d'être athlète
06:30pour commencer.
06:31Un bon athlète à minima, on va dire, c'est un prérequis, c'est qu'il faut un minimum
06:39de niveau.
06:40Et ensuite, ce sont des projets ou des concours de circonstances, c'est-à-dire que j'étais
06:46un athlète qui avait des objectifs grandissants au fur et à mesure de mes compétitions individuelles
06:53à moi.
06:54Et ensuite, lorsque j'ai rencontré Trésor, en remplaçant un guide avec qui il était
07:04déjà, donc je l'ai remplacé, et du coup, je suis entré un peu dans cette structure
07:10de travail avec lui où j'ai changé un peu mes objectifs personnels, quoi.
07:18Mais ce que j'essaie de dire, c'est qu'en fait, il suffit d'être d'une part dans le
07:23circuit, d'autre part d'être performant, et pour finir, d'adhérer au projet d'un athlète
07:32en situation de handicap.
07:34Je suis ses yeux, et donc il faut vraiment que je puisse être disponible pratiquement
07:42en permanence pour lui expliquer un peu ce qui se passe dans son environnement, et notamment
07:48en fait en compétition.
07:49Donc, il faut vraiment avoir des capacités d'adaptabilité, il faut s'adapter en permanence,
07:56et il faut vraiment communiquer.
07:58Il n'y a pas encore une vraie structure, comme dans d'autres pays, comme aux Etats-Unis
08:01où les guides ont un vrai statut professionnel.
08:03Aujourd'hui, en France, on est en train de construire quelque chose, on est en train
08:06de monter quelque chose, mais ce n'est pas encore ça.
08:09J'aimerais, Trésor, qu'on s'adresse aux personnes en situation de handicap qui nous
08:14regardent et peut-être qui voudraient faire la même démarche que vous, à savoir faire
08:19du para-athlétisme et devenir champion.
08:21Comment ? Quelles sont les structures existantes ? Où peuvent-elles s'inscrire pour faire
08:28ces démarches-là ?
08:29Moi, quand j'ai commencé à vouloir faire de l'athlétisme, c'était complexe, parce
08:36que les clubs n'étaient pas habilités, les clubs n'avaient pas encore de connaissances
08:41du para-athlétisme, du para-sport tout court.
08:45Et donc, c'était compliqué d'aller voir un club.
08:47Moi, je sais qu'on a eu des difficultés à aller voir des clubs, et on a appelé des
08:51clubs, on leur a demandé, on leur a dit… Ma mère l'appelait en disant « Mon fils
08:55ne fait pas du sport, est-ce qu'il peut venir chez vous ? » Et donc, les clubs avaient
08:58du mal à ouvrir leurs portes.
09:00Aujourd'hui, il y a une plus grande facilité, parce qu'aujourd'hui, il y a un vrai lobby,
09:04il y a une vraie volonté des clubs d'avoir des sections du sport.
09:08Il y a même des clubs qui sont malheureux parce qu'ils n'arrivent pas à monter des
09:11sections du sport.
09:12Donc moi, tout simplement, je dirais aux gens qui veulent faire de l'athlétisme, rapprochez-vous
09:16de l'athlétisme ou d'autres sports, mais rapprochez-vous des clubs qui sont dans votre
09:21secteur, et voir qu'est-ce que vous pouvez faire ensemble.
09:25Parce qu'aujourd'hui, il y a une vraie volonté des clubs de vouloir avoir des athlètes paralympiques,
09:30des athlètes en du sport.
09:31Simplement, je sais que l'année dernière, j'étais à une intervention, et là, il y
09:37a un responsable de club qui vient me voir pour me dire « oui, j'ai envie de monter
09:40une structure en du sport, en extreme, mais je n'arrive pas à trouver des athlètes ».
09:45Donc aujourd'hui, il y a une vraie volonté, donc c'est aux gens handicapés qui ont envie
09:51de faire du sport de se rapprocher des clubs et de voir ce que les clubs peuvent leur proposer.
09:57Parce qu'il y a une vraie volonté, il y a une vraie ouverture, donc ça, il faut en
09:59profiter.
10:00Il ne faut pas se dire que parce qu'on a un handicap, ça va être compliqué ou quoi.
10:03Non, il y a une vraie volonté, les clubs ont envie de le faire.
10:06Donc si vous avez envie, c'est sûr que ça va matcher.
10:09C'est beaucoup plus simple aujourd'hui qu'il y a 20 ans, quand moi, j'ai commencé à courir.
10:15Oui, je sais, ça fait vieux maintenant.
10:17Messieurs, qu'on comprenne bien, que les téléspectateurs comprennent bien, quand vous
10:22courez ensemble, qu'est-ce qui vous relie ?
10:24On est relié par une corde notamment, et en fait, on est relié par la main notamment.
10:31C'est une corde que nous partageons, et donc du coup, c'est par la main que je transmets
10:41toutes les informations durant la course.
10:43Donc à travers ce lien, qu'il y a entre les lecteurs et les gars, on a des codes super
10:50compliqués à expliquer.
10:51Par exemple, il va bouger sa main d'une certaine manière, je vais savoir si je dois tourner,
10:56si je dois casser.
10:57Donc casser, c'est le geste que vous voyez souvent quand les athlètes arrivent sur la
11:00scène, ils passent les épaules en avant.
11:02Donc c'est vraiment ces mouvements-là, et après, avec son bras, il va savoir si je
11:08dois accélérer, si je dois ralentir parce qu'on est en série, qu'on est devant et
11:14que je dois garder de l'énergie pour la demi-finale.
11:16Donc c'est vraiment beaucoup de codes comme ça en fait.
11:18Tout est transmis grâce à ce lien, grâce au mouvement de poignet, grâce au bras de
11:25l'élève.
11:26Ma question est peut-être naïve, mais pourquoi est-ce que tout simplement il ne vous le dit
11:30pas par oral ?
11:31Déjà, il y a l'essoufflement, je pense, sur une course courte, on est limite en apnée,
11:40sur la majorité de la course, enfin sur 80% de la course, on est en apnée.
11:47Ensuite, vraiment, on n'a pas le temps de verbaliser une information.
11:54Du coup, en fait, tout passe par les attitudes que moi, je vais avoir durant la course et
12:00sa capacité à lui aussi de les interpréter.
12:02Finalement, on a des codes, etc. qu'on a mis en place, mais c'est ça, on n'a pas
12:09le temps réellement de verbaliser, de dire une information.
12:15Edgar, pendant la course, est-ce que vous avez le droit de courir plus vite que lui
12:19et limite de le tirer un peu en disant « vas-y, bouge, avance » ?
12:22Voilà, j'aimerais vraiment qu'on…
12:24Alors, de prendre la course sur 100 mètres, je suis forcément devant mon athlète dans
12:29la mesure où c'est moi qui suis le guide.
12:30Quand il court, il doit être devant pour pouvoir anticiper mes appuis et aussi, on
12:35va dire, pour me permettre de pouvoir être le plus facile à son coureur et donc de passer
12:40plus facilement sur mes appuis.
12:42Et donc, finalement, oui, il est là, on va dire, un demi-appui à l'avance sur moi,
12:49mais à travers ce demi-appui en avance sur moi, on doit continuer à garder cette coordination.
12:56Et il faut aussi, parce qu'il y a un règlement quand même, que le guide n'influence pas
13:01totalement la manière de courir, de s'en aller, etc.
13:04Il ne faut pas que je sois en sur-régime.
13:06Il ne faut pas en fait qu'on puisse voir que je suis tiré, tracté par mon guide.
13:10Il faut qu'on voit que je crois être mon guide et que mon guide me permet d'aller
13:14vite parce que j'ai un guide qui est rapide.
13:17Il ne faut pas se mentir, mon guide me permet d'aller vite parce que mon guide lui-même
13:22est rapide.
13:23Mais il ne faut pas en fait que ça déforme ma façon de courir, mais que ça me mette
13:27en sur-régime parce que sinon là, on est disqualifié.
13:29Le temps file, justement, j'aimerais revenir sur ces règles qui sont peut-être difficiles
13:34à respecter, pas le droit de casser à l'arrivée.
13:37Trésor doit passer la ligne en premier, pas le droit de se pousser, interdiction de lâcher
13:44le lien avant la ligne, de tirer votre binôme.
13:46Quelle est la règle la plus difficile à respecter ?
13:49La règle la plus difficile qui, pour moi, n'a pas de sens, c'est pour ça qu'elle
13:56est difficile à respecter, c'est que le guide ne peut pas lâcher son athlète avant
14:01de passer la ligne d'arrivée.
14:02Pourquoi ?
14:03C'est vrai que c'est une règle qui est complète parce que ça n'améliore pas forcément
14:08la performance de l'athlète, dans le sens où ce n'est pas un avantage direct sur
14:15la performance.
14:17Donc, comme on a du mal à estimer ce règlement parce qu'on ne trouve pas d'avantage,
14:25c'est super compliqué à avoir en tête et donc, pour moi, c'est le règlement le
14:31plus difficile.
14:32Parce que, des fois, vous arrivez à un centième, tu te fais disqualifier parce que ton guide
14:40t'a lâché avant la ligne d'arrivée alors que t'es passé avant lui.
14:42Parfois, ton guide a une douleur ou quoi, il lâche le lien et tu passes la ligne d'arrivée,
14:47mais tu te fais disqualifier.
14:48Donc, c'est ça qui est difficile.
14:49Les règlements sont durs à comprendre parce que ça n'améliore pas, ça ne favorise
14:53pas l'athlète dans sa performance et donc, parfois, on a du mal à comprendre ce qu'il
14:57veut en venir.
14:58Merci Trésor.
14:59On va s'intéresser maintenant à votre carrière plus en détail, à votre parcours.
15:02C'est l'heure de Parcours Perf.
15:04Seconde partie de votre émission À vos marques, toujours avec Trésor Gauthier-Makunda
15:14et Edgar Onezu, son guide, nous parlons de para-athlétisme.
15:18On va s'intéresser à vos carrières, messieurs, à vos parcours respectifs.
15:24Trésor, vous êtes né le 15 septembre 1983 à Kinshasa au Congo.
15:29Votre palmarès, vous avez cinq médailles aux Jeux Paralympiques, vous êtes champion
15:33du monde en 2006, champion d'Europe en 2005, multiple champion de France.
15:38On l'a dit en première partie de l'émission, vous souffrez d'une cataracte depuis l'âge
15:43de trois ans qui s'est transformée en rétinopathie pigmentaire à la suite d'une infection.
15:48Vous quittez la République démocratique du Congo pour la France à l'âge de sept
15:53ans où votre maman vous emmène consulter des spécialistes et c'est en France que
15:58vous découvrez l'athlétisme.
16:01Racontez-nous un petit peu quelle a été la première étape de cette découverte de
16:06l'athlétisme ? Où est-ce que vous avez couru pour la première fois ?
16:10La découverte, elle est assez simple, souvent c'est à l'école, on commence à l'école,
16:17l'UNSS.
16:18On va à l'UNSS et on commence à courir, on voit que le prof de sport, avec ses solutions
16:28à lui, parce qu'on ne connaissait pas vraiment le para-athlétisme, on était là, il tapait
16:35dans les mains pour me guider, des fois il prenait quelqu'un à côté de moi, on faisait
16:41comme on pouvait.
16:42J'ai découvert vraiment là le sport, le rendu sport, c'est grâce à l'UNSS que
16:48j'ai découvert l'athlétisme en pratique et donc derrière, ce que je raconte, c'est
16:55que c'est la difficulté de trouver un club, j'aime beaucoup l'athlétisme, sauf que
17:01finalement, trouver un club c'était compliqué et c'est le club des villes juifs qui m'a
17:08ouvert les portes la première fois, c'est le club des villes juifs, la spi ville juive.
17:14C'est vraiment à partir de là que votre carrière démarre ?
17:16Oui, parce que dès que j'ai mon premier club, derrière on découvre qu'il y a une
17:22fédération qui s'appelle la fédération du sport qui est dédiée aux personnes handicapées.
17:26La fédération du sport m'invite à un championnat, là pareil, on ne connaissait pas qu'on pouvait
17:33se faire guider et tout ça, mon coach Jean-Philippe Valéry qui est le coach des villes juifs,
17:38on a fait trouver des solutions, on tapait dans les mains et tout comme ça, il se mettait
17:42à côté de moi dans un couloir pour me guider et là, je gagne le 100 m, le 200 et la longueur
17:48et là, la fédération me dit qu'avec ce garçon, il y a moyen de faire quelque chose.
17:51Vous enchaînez les victoires au championnat de France, vous êtes sélectionné à 19
17:55ans pour participer au championnat du monde d'athlétisme organisé à Lille, c'était
17:59en 2003 et en 2004, vous participez à vos premiers Jeux Paralympiques et en 2004, si
18:09je ne me trompe pas, vous remportez votre première médaille, une médaille d'argent.
18:13Avant d'arriver aux Jeux Paralympiques en 2004, est-ce que vous aviez imaginé pouvoir
18:18décrocher une médaille d'argent ?
18:19On y rêve, on y rêve parce que comme je dis, à cet âge-là, je rêvais de devenir
18:25un champion.
18:26Après, je n'aurais peut-être pas imaginé avoir une carrière comme j'ai aujourd'hui
18:29mais j'imaginais de devenir un champion et ramener des médailles à la maison mais
18:34je n'imaginais pas avoir 5 médailles Paralympiques, être champion d'Europe, champion de France,
18:43champion du monde, donc tout ça, on y rêve, on le rêve parce que oui, je l'ai rêvé
18:48avant de devenir, mais aujourd'hui, franchement, quand je repense à mon parcours, je me dis
18:56que j'ai fait un parcours que je n'aurais pas imaginé, peut-être rêvé mais pas imaginé.
19:01En 2006, vous devenez champion du monde, c'est-à-dire qu'entre 2004 et 2006, vous êtes complètement
19:06inarrêtable.
19:07Oui, exactement.
19:08Entre 2004 et 2006, c'est vrai que j'étais inarrêtable, c'est vrai que je pense qu'on
19:162007, j'aurais été champion Paralympique, c'était s'enchaîner comme ça d'une manière
19:21extraordinaire.
19:22Alors, Trésor, en parallèle, vous travaillez à la SNCF, à quel moment vous avez décidé
19:27de rejoindre le monde du travail en plus de cette carrière de sportif de haut niveau ?
19:34Le double projet, moi, c'est venu rapidement, on va dire depuis 2009, depuis que j'ai l'obtention
19:44de mon BTS, je pensais à intégrer le monde du professionnel, mais après, c'était compliqué
19:48de trouver véritablement une entreprise qui était prête à me prendre, surtout avec
19:54ces conditions-là.
19:55Après, le pack de performances est arrivé un peu plus tard, au départ, c'était un
20:00peu compliqué de trouver un emploi.
20:02La fédération française en disport doit nous placer dans des entreprises, mais pour
20:11moi, ça ne marchait pas.
20:12Je ne sais pas pourquoi.
20:14Peut-être que je n'avais pas le bon profil, peut-être que je n'avais pas le bon physique,
20:16je n'en sais rien.
20:17Mais ça ne marchait pas.
20:18Jusqu'en 2015, j'ai eu la chance que le pack de performances a pu me trouver une entreprise
20:29qui était Allianz.
20:30Donc, j'ai intégré l'équipe Allianz et le projet professionnel ne correspondait pas
20:36vraiment à ce que je souhaitais, je ne voyais pas d'évolution.
20:39Finalement, on a reçu le contrat et j'ai eu la chance de rencontrer une personne de
20:48la SNCF qui m'a poussé à postuler au sein du groupe, Carol Gueschi, qui m'a poussé
20:56à postuler au sein du groupe.
20:58En postulant au sein du groupe, j'ai été recruté en salarié.
21:03Et en même temps, comme j'étais sportif de haut niveau, ils m'ont proposé d'intégrer
21:08la team SNCF.
21:10Et donc là, c'était vraiment le top pour moi parce que ça me permet de pouvoir m'entraîner
21:15et de mener à bien le double projet, c'est-à-dire le projet professionnel.
21:18Et grâce à la CIP, d'avoir des temps dédiés pour que je puisse m'entraîner quasiment
21:25toute une année.
21:27On va dire une année normale, il n'y a pas de champion du monde, il n'y a pas les jeux.
21:30On est sur du 50-50.
21:33Par exemple, une année de préparation pour les jeux, on est mis à disposition pour l'entraînement
21:38à 100%.
21:39Ce sont quand même des avantages qui ne sont pas négligeables par rapport à nos projets
21:43qui sont des bons projets.
21:44Trésor, quel poste occupez-vous à la SNCF et à quoi ressemble votre semaine type ?
21:49C'est-à-dire, combien de temps vous travaillez en entreprise et quel temps ça vous laisse
21:53grâce à ce dispositif pour aller vous entraîner ?
21:56Moi, je suis au pôle accessibilité.
21:58Le pôle accessibilité, c'est le pôle qui gère toutes les problématiques d'accessibilité
22:03du groupe.
22:04Et notamment, on a un des services qui est quand même le plus connu qui est Accès Plus.
22:08C'est un service qui permet aux personnes handicapées ou PMR de pouvoir prendre le train
22:17en étant accompagné du point de rendez-vous jusqu'à leur place dans le train.
22:22Et après, à l'arrivée de leur siège jusqu'au point de rendez-vous, on les attend.
22:31Ça, c'est notre service le plus connu, donc Accès Plus.
22:33Mais je teste aussi tout ce qui est l'accessibilité numérique, tous les parts pour clients,
22:38tout ce qu'on propose à nos usagers.
22:40Je suis là pour pouvoir les tester.
22:43Donc, c'est quand même quelque chose de génial comme mission qu'on nous confie au sein du groupe.
22:51Et ensuite, une semaine petite, c'est vraiment comme cette semaine, par exemple.
22:56Tu vois, c'est lundi, mardi, je suis à l'entraînement.
23:01Je peux m'entraîner le matin et l'après-midi.
23:04Le mercredi, j'ai toute ma journée qui est dédiée à la SNCF.
23:09Donc, je suis au bureau toute la journée.
23:12Et je vis vendredi, samedi.
23:14J'ai tout le luxe pour pouvoir m'entraîner tranquillement.
23:18Donc, ça, ce n'est pas négligeable, sachant que je suis en CDI,
23:22que je touche mon salaire à 100%.
23:24Donc, c'est vraiment quelque chose qui est assez confortable
23:28et qui me permet d'être performant.
23:30Et comme ça, quand je finis ma carrière en 2024,
23:33je pourrai intégrer à 100% l'entreprise.
23:37J'ai encore la force pour pouvoir encore titiller les petits jeunes.
23:43Je pense qu'à Paris, j'aurai encore toutes les capacités
23:49pour aller chercher une médaille et pourquoi pas le titre.
23:54Edgar, on parlait de l'âge avec Trésor.
23:57Vous êtes un petit peu plus âgé que Trésor.
24:00D'ailleurs, cette question de l'âge, quand on est guide,
24:03est-ce qu'elle se pose ?
24:05Et est-ce que vous allez accompagner Trésor jusqu'à son défi Paris 2024 ?
24:10Alors, effectivement, la question se pose bel et bien
24:14dans le sens où, comme on le disait tout à l'heure
24:17lorsqu'on parlait de course, il faut que le guide soit un peu plus
24:20en avance, un peu plus performant, on va dire, sur la piste.
24:23Donc, il y a des meilleures références, on va dire,
24:26chronométriques notamment.
24:27Et du coup, moi, on va dire que je me suis mis en retrait
24:33un peu en termes de course et de compétition surtout.
24:38Donc, j'accompagne Trésor sur la piste de temps en temps,
24:41mais ce n'est plus trop pour les compétitions.
24:44Moi, j'encadre plus les athlètes ou les guides surtout
24:50qui intègrent la structure notamment.
24:53Donc, du coup, en fait, par ce fait, je suis forcément
24:56un peu plus en retrait.
24:58Et donc, du coup, je vais accompagner Trésor pour 2024,
25:01effectivement, mais ce sera plus dans, en fait,
25:05pas du coaching de guide, mais surtout, en fait,
25:08de l'accompagnement, des petits conseils que je peux donner
25:12ou bien des petits points de vue divergents ou importants
25:16que je peux apporter sur notre organisation, tout simplement.
25:21Nous précisons que c'est donc Lucas Matona, Trésor,
25:24qui vous accompagnera comme guide référent
25:28pour les Jeux paralympiques de 2024.
25:30C'est bien ça ?
25:32C'est ça, exactement. C'est ça.
25:34C'est Lucas qui va être sur la piste.
25:36Après, c'est vrai que le rôle du guide,
25:38c'est vraiment un rôle qui est majeur dans la structure.
25:41C'est celui qui transmet les valeurs au guide rentrant.
25:44C'est celui qui est là pour former, pour accompagner,
25:47pour parfois se rassurer quand il y a des doutes.
25:51Donc, c'est vrai que c'est un rôle qui est très,
25:53très, très important dans la structure.
25:55Trésor, si mes informations sont bonnes,
25:57la seule médaille qui vous manque aux Jeux paralympiques,
25:59c'est l'or ?
26:01Exactement. Donc, ce serait magnifique.
26:03En tout cas, c'est ce qu'on vous souhaite.
26:06Merci beaucoup, messieurs,
26:08de nous avoir éclairés sur votre discipline,
26:10d'avoir accepté notre invitation.
26:13Merci à vous, téléspectateurs,
26:15de nous avoir suivis.
26:17On se retrouve la semaine prochaine
26:19pour un nouveau numéro d'Avomark,
26:21à la découverte d'une nouvelle discipline
26:23avec de nouveaux invités.
26:25Salut à tous.
26:31Sous-titrage Société Radio-Canada
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