00:003, 2, 1, top, départ de la transat Générale.
00:23Bon courage et bon vent à tous, et rendez-vous en Martinique à Port-de-France.
00:30La transat Jacques Vabre, c'est une des transats les plus anciennes, on va dire,
00:37qui a lieu tous les deux ans, c'est une course en double.
00:39Bonjour à tous, bienvenue sur Redman.
00:40Il y a deux personnes par bateau.
00:42Il y a plusieurs catégories, donc cette année il y avait quatre catégories.
00:45J'ai couru en classe 40, ce sont des monocoques de 40 pieds.
00:49On était 45 bateaux.
00:51Au départ, on a un sentiment un peu de fierté et en même temps d'impatience,
01:01parce que tout ce qu'on a mis en œuvre jusqu'à ce jour, c'est pour la course.
01:05Et la course, elle commence quand on s'en va du ponton,
01:08donc on est quand même assez impatients d'aller en découpe sur l'eau.
01:13C'est pour ça qu'on fait ce métier.
01:16C'est le premier jour de la course, donc forcément, on sait que le chemin va être long.
01:21On n'a pas envie de prendre non plus trop de risques tout de suite
01:23pour ne pas casser le bateau le premier jour ou ne pas déchirer une voile le premier jour.
01:27La nuit a été dure pour nous, on se retrouve relégué un peu loin des leaders.
01:32C'est un peu pour ça qu'on s'est fait un peu distancer dès la première nuit,
01:36parce qu'on n'a pas voulu prendre de risques et d'aller dans les cailloux comme nos autres concurrents.
01:40Et c'est pour ça qu'on a perdu beaucoup de place la première nuit,
01:43parce que ça passait dans les cailloux et il fallait y aller.
01:47Et puis après, il a fallu cravacher pour revenir rattraper les gens qui nous avaient distancés.
01:52Donc on a eu tout le golfe de Gascogne pour faire ça.
01:56On a commencé à remonter des places.
01:58Le vent est revenu.
02:01On a le spi bleu.
02:03On l'a fait.
02:04Le long du Portugal, c'est là où on est vraiment revenu sur le bateau.
02:08Le long du Portugal, c'est là où on est vraiment revenu sur le paquet de têtes.
02:11Et on a même pris le lead le lendemain où on était revenu sur les leaders.
02:16Bonjour à tous, bienvenue sur Venman, sur la Transat Jacques Vabre.
02:20On est samedi, donc sixième jour de course.
02:23Pablo à la barre.
02:26On a vécu 48 heures de folie, mais ça nous a permis de reprendre la tête de la course.
02:30On est bien contents.
02:31Et après, on a eu le passage des Canaries, qui était un passage un peu clé aussi,
02:35parce qu'il y a des zones de dévents, des îles,
02:37et notre route directe nous a passé au milieu des Canaries,
02:39donc il fallait bien choisir à quel endroit on passait.
02:42Donc ça, il y a eu trois passages, grosso modo, dans la flotte de la classe 40.
02:45On a pris le passage du milieu, qui je pense était le meilleur passage,
02:48parce que c'est celui qui nous a fait le moins de détours
02:50et qui nous a passé dans le moins de dévents d'île.
02:52Salut à tous, bienvenue à bord de Venman.
02:55Les lumières derrière, c'est Ténérife.
02:57C'est bon ça ?
02:58On est bientôt les lignes du port, Pablo, il va falloir empanner.
03:01Je suis pas sûr de ça.
03:02Tu veux pas t'arrêter ?
03:04On est un petit peu pressés cette fois.
03:06Après les Canaries, on a eu le Cap Vert,
03:08donc ça c'est aussi un passage un peu clé,
03:10parce que c'est pareil, il y a du dévent.
03:13Dix jours de course sur la Transat Jacques Vabre.
03:16On approche des îles du Cap Vert.
03:19Voilà, toujours suspis, ça glisse, tranquille.
03:22Quand t'es devant comme ça, on avait 15 milles d'avance,
03:25à peu près, après le Cap Vert.
03:27Longue houle.
03:30Tout ce qu'il nous faut pour notre plan manoir.
03:33Quand on est en tête et qu'on a 15 milles d'avance,
03:35il n'y a rien qui est fait,
03:37parce qu'il reste encore 2000 milles de course, un peu plus.
03:43Il faut continuer à bien naviguer,
03:45et en même temps, il faut essayer de ne pas prendre de risques
03:48au niveau stratégique par rapport à nos concurrents.
03:50On est pas mal en observation de ce que font les concurrents.
03:53Après nous, on a une idée sur notre trajectoire
03:55qu'on aurait faite s'il n'y avait personne d'autre que nous en course.
04:00Et puis, il y a ce que font les autres.
04:02Donc, on a fait un peu un choix entre les deux.
04:04Ça a été un peu constant,
04:05parce qu'on avait nos routages qui nous disaient d'aller dans le sud,
04:07et la flotte restait un peu au nord.
04:11Donc, on était là.
04:12Donc, on s'était placé un peu en pointe dessous la flotte,
04:15au sud de la flotte un peu, et en pointe dans l'ouest.
04:19Donc, c'était une position de contrôle et de marquage.
04:24Alors, Pablo, ça sent bon, ce que tu fais, là ?
04:26J'ai des lunettes.
04:28Des lunettes ?
04:29Avec poivre et bien sûr, tabasco.
04:33Ah oui, ça va sentir bon, ça.
04:36Et un petit peu de pain.
04:38Ah, il a coupé du pain.
04:41C'est le début de la soupe à la grimace, comme on dit.
04:45On avait tablé 17-18 jours de régate, de course.
04:48Donc, forcément, on a pris la nourriture pour 17-18 jours,
04:51sauf qu'on en a mis 21.
04:53Soit on se fait un rationnement qu'à la fin,
04:57et dans ce cas-là, c'est un rationnement drastique.
04:59Soit on se fait un petit rationnement qui est sur 15 jours,
05:02et c'est ce qu'on a fait.
05:03Nous, on a pris l'option de faire que deux repas par jour
05:06pendant les 15 derniers jours.
05:10Les routages nous font arriver dans 12 jours.
05:13Il va manquer de la nourriture.
05:15Du coup, on se fait un petit rationnement.
05:18Voilà notre déjeuner avec Pablo.
05:22Une boîte de cacahuètes.
05:23Il y a un moment où je me suis fait une bière.
05:25On s'était rationné.
05:26On avait un saucisson qui devait faire deux déjeuners, par exemple.
05:32Et je lui dis, imagine que c'est une pizza.
05:34Je lui parle de nourriture.
05:35Et il me fait, non, Antoine, t'arrêtes de parler de nourriture.
05:37Ça m'énerve.
05:38Ah, OK.
05:39Rebonjour à tous.
05:40Bienvenue à bord de Redman.
05:43Alors, journée compliquée pour nous.
05:45On est vendredi.
05:47Ça doit faire 18 jours de course bientôt.
05:51Et voilà.
05:52Donc là, on est dans la molle.
05:53On a 7-8 nœuds de vent.
05:55Pendant que nos copains marchent à 12 nœuds derrière,
05:57on est à 8-9 nœuds.
05:59C'est dur pour les nerfs,
06:00mais on essaye d'exploiter au maximum ce qu'on a.
06:04Comme on a eu du refus, on a changé de ski.
06:06On a mis le ski bleu.
06:07Je me souviens d'une journée
06:09où le vent est tombé beaucoup plus que les fichiers.
06:12Par contre, nos concurrents, ils avaient encore de l'air.
06:14Donc ça a été bien stressant une après-midi.
06:16Là, on a perdu 20 000 en une après-midi, quasiment.
06:19Ce qui est beaucoup, quoi.
06:21On avait mis 3 jours à gagner cette petite distance sur nos concurrents.
06:24Et en 6 heures, elle est partie en fumée.
06:28Donc ça nous a rappelé que c'est jamais fini
06:30jusqu'à ce qu'on coupe la ligne.
06:33Pour perdre le moins de distance possible
06:34par rapport à nos concurrents.
06:36On est un peu déçus
06:37parce qu'on avait réussi à les relayer à 50 000 derrière.
06:40Et là, ils sont déjà revenus à 40 000.
06:41Ils ont déjà repris 10 000 dans l'après-midi.
06:45L'avance fond comme neige au soleil.
06:48Bonjour !
06:49Le célèbre Pablito Demey.
06:52On voulait partager avec vous ce lever de jour magnifique.
06:59Celui-là, il est beau.
07:02Lui, dans la douleur avec les sargasses.
07:06Pablo, on a pêché combien de kilos de sargasses ?
07:09Je ne sais pas, mais on a un peu grand.
07:11C'est sûr.
07:13Très bien.
07:14Les concurrents sont un peu revenus.
07:16Mais ça a l'air de se stabiliser depuis quelques pointages.
07:20On est plutôt contents.
07:24Il reste deux jours de mer.
07:27On va tout casser.
07:29On ne lâche rien.
07:31J'espère vous voir très vite en Martinique.
07:34Ciao, ciao !
07:47On a deviné les halots des villes de la Martinique,
07:50on va dire trois ou quatre heures avant de passer le rocher.
07:56Le rocher du Diamant, c'est vraiment un rocher qui fait 200 mètres de haut,
08:00qui est à 300 mètres de la côte de la Martinique.
08:06C'est un rocher qui est dans le sud-ouest de l'île.
08:10Il n'est pas très loin de l'arrivée.
08:11Il est à 10 000 de l'arrivée.
08:13C'est à une heure et demie de l'arrivée.
08:16C'est fort de France.
08:18On commence à se dire que ça sent bon.
08:21Mais on reste quand même concentrés pour ne pas casser,
08:23ne pas déchirer une voile au dernier moment,
08:27ne pas prendre un casier dans la quille.
08:30Du coup, on est quand même bien libérés,
08:33mais on est encore un peu concentrés jusqu'au bout.
08:41On sait qu'on va arriver, qu'on va couper la ligne en tête,
08:43je ne sais pas, peut-être 5 minutes avant ou 10 minutes avant.
08:46On commence vraiment à se libérer et à penser à d'autres choses.
08:58Il y a un jaugeur qui doit monter à bord pour vérifier qu'on n'est pas trichés.
09:05Une fois que le jaugeur est passé, on est officiellement vainqueurs de la Transat Jacques Vabre.
09:14Ce jour-là, c'est sûr que l'arrivée d'une course comme ça,
09:19c'est plein d'émotions,
09:23parce que c'est une année de travail et d'acharnement
09:27sur les courses d'entraînement, sur la préparation du bateau,
09:30sur la gestion du projet, sur plein de sujets.
09:34Et en fait, c'est un peu la consécration de l'année.
09:38Nous, on savait en plus qu'on n'avait pas le temps,
09:41nous, on savait en plus qu'on jouait aussi le championnat de classe 40.
09:46Et donc, si on gagnait la Jacques Vabre, on gagnait aussi le championnat.
09:49C'était une double victoire, on va dire, cette Jacques Vabre.
10:10Sous-titrage Société Radio-Canada
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