- il y a 2 ans
Dans ce numéro des Grandes Questions du Sport, Patrick Chêne et ses invités se réunissent autour du thème du dopage chez les jeunes. Dans une première partie, retour sur les origines du dopage avec Baptiste VIAUD (sociologue et maître de conférences – UFR STAPS de Nantes) et le Docteur Jean-Jacques PIK (membre de la commission médicale de l'UFOLEP). La prévention sera également une préoccupation majeure avec Catherine COLEY (Directrice du Département de l'éducation et de la prévention AFLD, Olivier DURAND (Président UFOLEP 83 Var) et Marie-Ange DAFFIS (Directrice nationale adjointe de l' l’UNSS) avant de parler des sanctions à travers différents exemples avec Marc PELTIER (membre du comité scientifique du Think tank Sport et Citoyennet, maître de conférences en droit du sport à l’Université de Nice Sophie-Antipolis).
Catégorie
🥇
SportTranscription
00:00...
00:17Bonjour à tous, vous êtes sur Sports en France et vous avez raison,
00:20les grandes questions du sport, notre rendez-vous où l'on prend son temps.
00:24Ça devient rare à la télévision,
00:26et bien là nous prenons tout notre temps pour traiter un sujet globalement.
00:30Aujourd'hui d'ailleurs six intervenants pour traiter ce sujet,
00:34qui en est un évidemment, qu'on pourrait traiter avec beaucoup de gravité,
00:38on va le traiter simplement avec un aspect journalistique, avec de la curiosité.
00:42C'est le dopage, et particulièrement le dopage chez les jeunes.
00:46Est-il un fléau dans le sport français ?
00:48Est-il maîtrisé ? Est-il en évolution ?
00:50On va voir tout ça avec nos invités, que je vous propose de découvrir d'ailleurs.
00:53On va commencer en recevant Marie-Ange Daphis,
00:57qui est directrice nationale adjointe de l'UNSS,
01:00l'Union Nationale du Sport Scolaire, puisqu'on parle des jeunes.
01:04C'est avec nous également Catherine Collet, bonjour Catherine Collet,
01:07merci d'être avec nous.
01:08Vous êtes directrice du département de l'éducation et de la prévention à la FLD,
01:12l'Association Française de lutte contre le dopage.
01:16Pas l'association, vous avez raison, on l'attend, c'est aussi bien.
01:19Jean-Jacques Pic, docteur Jean-Jacques Pic, vous êtes avec nous
01:21parce que vous êtes membre de la commission médicale de l'UFOLEB,
01:24donc on parlera de dopage évidemment avec vous également.
01:28Et puis nous retrouvons Baptiste Leviau, qui est maître de conférences
01:31à l'UFRSTAPS de Nantes, qui est un spécialiste du dopage de ce sujet en tout cas.
01:38Et puis Olivier Durand est avec nous également,
01:42pour l'UFOLEB aussi, mais dans le Var cette fois-ci.
01:46Et puis on termine avec Marc Pelletier,
01:48qui est membre du Think Tank Sport et Citoyenneté,
01:52maître de conférences en droit du sport à l'université de Nice, Sophia Antipolis.
01:56Voilà, beaucoup de monde pour traiter de ce sujet.
01:59Moi j'ai une question un peu provocatrice.
02:01Lorsqu'on vous a dit un sujet sur le dopage chez les jeunes,
02:06qu'est-ce que vous vous êtes dit ?
02:07Il faut vraiment le traiter, c'est un vrai problème ou finalement c'est un peu…
02:10C'est un problème que déjà l'UNSS prend à cœur,
02:13puisqu'on a une commission nationale de prévention du dopage,
02:17puisqu'on a des actions qu'on détaillera peut-être plus tard.
02:21Et puis parce que la fédération UNSS qui rassemble des jeunes de 11 à 18 ans
02:28ne peut pas passer au travers d'un sujet qui est un sujet très important,
02:32et je dirais un an des Jeux Olympiques pour un sport propre,
02:35c'est quand même aussi ce que nous souhaitons.
02:38Pourquoi je vous pose cette question ?
02:39Parce qu'on a tendance à se dire le dopage c'est le Tour de France,
02:42les grands meetings d'athlétistes, là où il y a beaucoup d'argent à gagner.
02:44On est moins enclin à se dire que le dopage peut être un problème
02:47chez les jeunes lorsqu'il n'y a pas d'enjeu,
02:49puisque souvent on dit « Ah, s'il n'y avait pas d'argent, il n'y aurait pas de dopage ».
02:52On va peut-être en parler tout à l'heure, mais ce n'est pas aussi évident que ça.
02:54Et j'aimerais l'avis du docteur Jean-Jacques Pic là-dessus.
02:57L'ufolep, ce n'est quand même pas non plus des compétitions
03:02dans lesquelles il y a des enjeux colossaux.
03:04Et le dopage, en tant que médecin, le sujet vaut d'être traité pour…
03:10Oui, d'abord une compétition, même quand il n'y a pas d'enjeu, c'est une compétition.
03:16Et l'envie d'arriver avant le voisin ou le concurrent,
03:22ça peut exister dans à peu près toutes les circonstances de l'exercice physique.
03:28Alors à l'ufolep, on a tous les âges.
03:31Donc on a eu beaucoup de pratiquants qui sont au moins adolescents.
03:39Donc c'est une période de la vie qui est complexe,
03:42dans laquelle on est tenté par tout un tas de choses.
03:46Et on a aussi des fondamentaux éducatifs.
03:49Je crois qu'il faut, et notre rôle à tous j'imagine ici,
03:53c'est de renforcer ces fondamentaux éducatifs.
03:56Mais on ne peut pas faire que ça.
03:58Il faut aller plus loin dans l'abord un peu individuel
04:04de comment, au fond, améliorer ses performances
04:07quand on fait un exercice physique, c'est normal.
04:10Où pose-t-on la question du dopage ?
04:11C'est où se composent les limites ?
04:13Et moi je suis effectivement médecin avant tout,
04:16donc pour moi les limites, c'est les limites du danger.
04:19Ce n'est pas l'éthique d'abord, c'est plus le danger pour le corps.
04:22Je vais vous le répondre.
04:24Je ne sais pas, parce que l'éthique peut changer.
04:27L'éthique peut changer en fonction des époques.
04:31On pourrait prendre tout un tas d'exemples.
04:33Peut-être qu'on sera amené à les développer,
04:34parce qu'il y en a qui touchent un peu à tous,
04:35celui du cannabis.
04:37Dans certains pays, le cannabis est autorisé.
04:41En France, il est illégal, donc toute consommation de cannabis
04:44peut être considérée comme critiquable,
04:46ce qui n'est pas forcément vrai si on habite
04:48dans un pays scandinave ou en Hollande.
04:49Donc l'éthique, où est-ce qu'on la met ?
04:51Alors j'essaye de plaisanter un peu sur le sujet.
04:56Évidemment, je suis tout à fait convaincu
04:58que l'une des choses qu'on doit apprendre quand on est jeune,
05:01quand on fait des compétitions sportives,
05:03c'est à ne pas tricher.
05:04Mais je vais souligner là, c'était que les limites de la triche,
05:07elles peuvent varier, selon les endroits.
05:11Non, parce qu'il y a l'Agence mondiale antidopage,
05:13donc qui met des règles qui sont planétaires,
05:16mais qui peuvent aussi varier sur les époques, les cultures, etc.
05:19On a quelques exemples sur lesquels on peut revenir,
05:21où des tricheurs ont pu jouer là-dessus avec un produit
05:25qui était sur telle liste, mais pas sur telle autre,
05:27puisqu'on a face à nous, dans ces cas-là, des gens,
05:30c'est toujours le gendarme et le voleur.
05:32Mais on a aussi des conseils et des juristes qui,
05:35et je pense que c'est parfois, j'allais dire le cauchemar,
05:37en tout cas les problèmes à la FLD et ailleurs,
05:40c'est d'avoir des gens qui vont trouver des failles.
05:42Donc vous devez être d'une rigueur totale
05:45pour ne pas justement permettre à ceux que vous découvrez
05:51de fuir parce que vous n'avez pas respecté les règles, etc.
05:56C'est un des enjeux colossaux.
05:58Oui, certainement.
05:59Alors après, pour effectivement remettre les choses dans le contexte,
06:03la FLD est une agence nationale antidopage
06:07et comme toutes les organisations antidopages,
06:09est signataire du Code mondial antidopage
06:12et donc doit respecter les règles du Code.
06:15Et ça se traduit par le Code et les standards internationaux.
06:19Et donc tout ça est transposé aussi en France dans le Code du sport.
06:23Donc ce sont les règles et c'est la définition d'ailleurs
06:27que propose le Code mondial antidopage, la définition du dopage.
06:31Donc c'est enfreindre l'une des règles,
06:35c'est une violation de l'une ou plusieurs des règles antidopage.
06:39Alors, je vous pose la même question un peu provocatrice.
06:41Est-ce que ce thème d'opage chez les jeunes
06:43est un thème qui pour vous est légitime et qu'il faut traiter?
06:45Vous qui avez une vision globale du dopage dans le sport.
06:49Alors absolument, c'est un thème qu'il faut traiter.
06:52Donc contrairement à Marion, je ne dirais pas que c'est un problème.
06:55En fait, parce que chez les jeunes, on va être plutôt
06:58dans justement des actions d'éducation et de prévention.
07:01Mais c'est un sujet qu'il faut traiter.
07:03Parce que les jeunes commencent dans le sport pour le plaisir.
07:09Et on commence tous d'ailleurs à faire du sport, je pense, pour le plaisir.
07:12Il n'y a aucun jeune qui commence en se disant « oui, moi je vais me doper comme… »
07:18Et en revanche, plus les jeunes vont évoluer dans leur pratique sportive,
07:22s'ils continuent de faire de la compétition ou non,
07:25il faut quand même qu'il y ait…
07:26Donc on parlait effectivement de la maîtrise des règles,
07:29mais il y a aussi la protection de la santé.
07:31Et ça, les collègues qui sont sur le plateau pourront en parler aussi.
07:36Et puis toutes ces valeurs, en fait, à inculquer aux jeunes aussi.
07:40C'est ça. On parlera beaucoup de prévention, on parlera aussi de sanctions,
07:43mais je vais parler un peu d'histoire, peut-être, avec Baptiste Viau,
07:46je le disais, qui est maître de conférence à l'UFR Stade de Nantes.
07:50Ce dopage, on va essayer de prendre un petit peu de hauteur
07:54sur l'histoire des pratiques.
07:56D'abord, avant, on disait le doping, après on a dit le dopage.
07:59Comment le dopage s'est installé dans le sport globalement
08:02et particulièrement dans le sport français ?
08:04Merci pour la question.
08:06Elle est vaste, évidemment, puisqu'elle renvoie à un processus historique
08:10qui prend ses sources dans le lointain, en fait.
08:14Ce qui est intéressant avec cette question du dopage,
08:16alors effectivement, vous aviez raison de l'appeler doping,
08:19puisque c'est comme ça qu'on l'appelait à l'époque,
08:21c'est que l'histoire des pratiques de doping,
08:24elle est aussi ancienne que l'histoire de l'invention du sport moderne.
08:28Le sport moderne, vous le savez, il est né en Angleterre
08:30dans la seconde moitié du XIXe, il se diffuse,
08:33il s'importe en France à la fin du XIXe, au début du XXe siècle.
08:37Et on sait déjà à l'époque, puisque c'est largement renseigné historiquement,
08:42que les pratiques de doping, elles sont consubstantielles,
08:44en fait, à l'installation du sport moderne.
08:46Elles existent déjà, il y a de la consommation de strychnine,
08:49d'alcool, de caféine, etc.
08:53En revanche, cette pratique, elle est questionnée, dès l'origine,
08:58elle est questionnée par les journalistes en particulier,
09:00dans le journal Loto, par exemple.
09:03Régulièrement, on assiste à des formes de dénonciation de ces pratiques,
09:06on s'interroge, on parle des buveurs d'oxygène,
09:09par exemple, dès les années 15-20,
09:12donc des athlètes ou des boxeurs qui utilisent de l'oxygène pur
09:15pour améliorer leur performance, etc.
09:17Donc, il y a des formes de dénonciation du doping.
09:19Par contre, la question n'est pas encore convertie
09:23en un problème de santé publique ou en un problème d'éthique ou de morale.
09:28Elle est interrogée, mais elle n'est pas encore devenue un problème public
09:32et il va falloir un certain nombre de conditions sociales
09:34pour que le dopage s'installe dans le débat politique et public
09:38et devienne un problème public.
09:41Et en l'occurrence, il faut attendre les années 60,
09:451960, pour que le dopage devienne un problème public.
09:49– Quel est le déclic pour qu'il y ait cette prise de conscience,
09:52c'est que ça rentre vraiment dans le paysage du sport
09:54et qu'on l'adresse vraiment à ce sujet-là ?
09:57– Les conditions sont nombreuses.
09:59C'est intéressant parce que ce que ça dit déjà,
10:02c'est que la différence entre l'histoire du doping,
10:04sa réalité en actes, en pratiques, et l'histoire de sa réprobation morale,
10:08donc la différence d'une soixantaine d'années, on pourrait dire,
10:11elle montre bien que déjà, le doping ou le dopage,
10:15ce n'est pas une perversion qui s'est revenue plus tard
10:18ou ce n'est pas une sorte de fléau moderne
10:20qui se serait agrégée au sport et qui n'est pas le sport, etc.
10:23Le doping ou le dopage existe dans le sport depuis l'origine.
10:27Et alors, la question des conditions,
10:30elle est évidemment complexe parce qu'elle est multifactorielle,
10:35mais ce que l'on peut dire, c'est qu'elle n'est pas simplement le résultat,
10:39souvent on dit que le dopage est né de la scientification du sport,
10:42c'est-à-dire que c'est les avancées de la science qui ont fait le dopage
10:45et qui ont installé le dopage dans les pratiques compétitives.
10:49En fait, c'est un peu plus compliqué que ça.
10:52Et si sa dénonciation publique, elle date des années 60,
10:56c'est le moment où on commence à s'interroger sur la meilleure façon
10:59de fabriquer des champions, etc.
11:01Mais c'est aussi lié à la politisation du sport,
11:03puisque c'est à ce moment-là aussi,
11:05dans un contexte politique que vous connaissez,
11:07celui des années 60, très tendu,
11:10que la question du sport de compétition,
11:13elle mobilise les tribunes politiques, les arènes politiques.
11:17Et donc, derrière le sport de compétition,
11:20s'ajoute aussi un enjeu très politique entre les nations,
11:23de démonstration des dominations nationales.
11:27Et donc, à partir de ce moment-là,
11:29politiquement, la dénonciation des pratiques de dopage,
11:32elle se fait plus forte,
11:33et les instances sportives commencent à l'entendre très sérieusement.
11:38Et c'est d'ailleurs à ce moment-là que le CIO installe
11:40une commission médicale en son sein,
11:42c'est le début des années 60,
11:44et puis les années 1967 ensuite,
11:46où elle va prendre complètement à bras-le-corps le problème du dopage.
11:50Donc, ce qui est intéressant, c'est de voir cela,
11:52c'est que l'histoire du doping n'est pas l'histoire de sa réprobation
11:55ou de sa conversion en un problème public, politique,
11:57qu'il a fallu attendre un certain nombre d'années,
12:00et les conditions pour que ça devienne un problème public,
12:04c'est surtout l'encadrement politique, en fait,
12:06de cette question par le public.
12:08C'est intéressant de voir ça par ce biais-là,
12:10et de se dire, pour faire un raccourci encore plus parlant,
12:14c'est de se dire qu'il y a des États qui ont répondu,
12:17en quelque sorte, à cette domination de ce qu'on appelait la RDA,
12:20puis le RSS, etc., ou Cuba, qui en faisaient une arme politique.
12:25Et c'est vrai que ce n'est pas seulement l'éthique,
12:28ce n'est pas seulement la protection des jeunes,
12:29ce n'est pas seulement la protection des médecins
12:33qui pouvaient tirer des sonnettes d'alarme,
12:34mais ça a été un enjeu politique.
12:35Merci de l'avoir aussi bien résumé.
12:38Essayons de trouver quand même, puisqu'on parle des jeunes,
12:40puisqu'il faut leur expliquer,
12:42essayons de trouver pourquoi, vous qui êtes sur le terrain,
12:45docteur, par exemple, Jean-Jacques Pic,
12:49pourquoi un jeune va-t-il s'adopter ?
12:51Parce que c'est vrai que l'explication qui vient d'être donnée
12:54est très pertinente sur un État qui veut afficher des réussites,
13:00d'un champion qui veut gagner X millions de dollars,
13:04l'explication est rationnelle, elle est assez simple à comprendre.
13:07Mais sur les jeunes dont on parle aujourd'hui,
13:10il faut qu'on aille chercher un petit peu plus loin pour comprendre.
13:12Je ne suis pas sûr d'avoir la réponse complète,
13:15mais je crois qu'on a tous, jeunes ou pas jeunes,
13:18mais on a très tôt en tout cas cette idée qui est autour de nous
13:23qu'on doit faire quelque chose pour améliorer.
13:29On entend de partout, alors que ce soit dans les médias,
13:32la publicité, etc., il faut prendre telle substance pour avoir tel effet.
13:38Et je crois que c'est intégré très tôt dans l'éducation que,
13:43aussi parce qu'on voit éventuellement ses parents ou ses aînés
13:47prendre tel ou tel produit.
13:49Et puis, on va quand même très vite s'apercevoir dans son expérience personnelle
13:56que pour un effort sportif quel qu'il soit,
14:00si on ne s'entraîne pas, si on ne se prépare pas,
14:03on n'y arrive pas ou on n'y arrive pas bien.
14:05Et si on veut faire mieux,
14:08évidemment, c'est l'entraînement et la parole des éducateurs
14:13et le rôle de toute la formation autour.
14:17On est quand même un pays dans lequel le niveau des formateurs sportifs est excellent.
14:22Mais manifestement, ça ne suffit pas.
14:26Donc, on est tenté de se dire, et on le lit partout,
14:30qu'est-ce qui tient, la vitamine, le complément alimentaire, le truc.
14:34Oui, mais là, je pense qu'on est aussi dans les conduites dopantes
14:39et non pas dans le dopage à proprement parler non plus.
14:42Et la ligne chez les jeunes, je pense, est très mince, en fait, entre les deux.
14:49C'est-à-dire que, conduite dopante, et quel que soit le public,
14:52d'ailleurs, on parle des jeunes,
14:53mais ces conduites dopantes concernent toute la population.
14:57Qu'il s'agisse d'essayer de contrer les effets de la fatigue, de prendre...
15:03Alors, sur le sport, les étudiants...
15:04Complètement, exactement.
15:06Que ce soit les étudiants, justement,
15:08qui vont essayer de prendre un peu des comprimés de caféine pour essayer de tenir le coup.
15:12De l'hypographie, 30 % des filles âgées de 16 ans utilisent des stimulants en période d'examen.
15:1830 %, 37 % des candidats au baccalauréat usent et abusent de médicaments
15:23contre la fatigue.
15:24Et donc, ici, on est dans les conduites dopantes qui vont mener,
15:29et qui pourraient mener, d'ailleurs, vers du dopage dans le sport.
15:33Parce que, voilà, c'est assez, comme je le disais, la ligne est mince.
15:37Parce qu'au fond, la bonne pratique, quand on est fatigué, c'est de se reposer.
15:40C'est pas de prendre une substance qui va supprimer la fatigue.
15:45C'est un signal de l'organisme qui dit qu'il en a un peu marre.
15:48Dites ça à un coureur du Tour de France le soir de la douzième étape.
15:52Voilà, mais...
15:54En même temps, c'est vrai que les jeunes qui sont quand même très sur les réseaux sociaux
15:57prennent des informations qui sont de fausses informations et qui sont en fond des réalités,
16:01et sont amenés, peut-être, à utiliser pour des performances intellectuelles ou sportives
16:06des produits dopants.
16:07Réseaux sociaux, compléments alimentaires,
16:10ce sont des choses qui banalisent totalement le dopage.
16:14Auparavant, il fallait avoir une action peut-être plus compliquée, des réseaux.
16:17Aujourd'hui, est-ce que c'est facile de se doper ?
16:20Alors, si on se réfère aux définitions, on va dire, légales,
16:26on va dire non, pas tellement, parce qu'il faut passer par des médicaments...
16:30Alors, pas tellement, pas du tout, mais il faut passer par des médicaments
16:35dont certains, mais quand même de moins en moins, sont en libre accès,
16:39et d'autres, il faut bien qu'il y ait un médecin qui les ait prescrits.
16:40On peut se doper aujourd'hui avec un médicament en libre accès ?
16:43Alors, je partage pas tout à fait l'avis de Jean-Jacques,
16:46dans la mesure où, pour répondre à votre question, Patrick,
16:49il peut être très facile de se doper.
16:52Alors, après, je reviens effectivement à la définition du dopage,
16:57c'est-à-dire qu'une violation des règles antidopage,
17:00prenons la présence de substances interdites dans l'échantillon,
17:05qui est la violation des règles antidopage la plus fréquente qu'on va retrouver.
17:10Alors, la présence de cette substance pourra être le résultat effectivement
17:15d'un médicament qui aura été prescrit,
17:16mais pourrait être le résultat aussi de la prise d'un médicament en vente libre,
17:20alors que le sportif méconnaissait peut-être les règles.
17:24Elle pourrait être le résultat d'un complément alimentaire
17:27qui a été acheté sur Internet,
17:29qui, pour le coup, a été contaminé de façon volontaire ou non.
17:33Voilà, donc les risques, en fait, de dopage,
17:37mais également pour la santé, en matière de complément alimentaire,
17:40sont énormes.
17:41Et oui, il peut être facile, et je vais mettre des guillemets ici,
17:47d'enfreindre les règles antidopage, voilà.
17:50– Docteur, on peut se mettre en danger en prenant des compléments alimentaires
17:55qui sont en vente libre ?
17:57– Alors oui, pour la raison que Catherine vient d'expliquer,
18:02qui est, en partie, qu'un certain nombre de ces compléments alimentaires
18:08ne sont pas ce qu'ils ont l'air d'être.
18:11Je pense qu'on n'aura pas le temps, c'est pas le lieu, peut-être, de détailler,
18:14mais les contrôles sur les compléments alimentaires
18:18ne sont pas du tout aussi performants ni pertinents
18:22que ceux sur les médicaments.
18:23Dans l'industrie pharmaceutique, il n'y en a quasiment pas,
18:26ou en tout cas, de toute façon, les règles ne sont pas les mêmes, au départ.
18:30Un produit qui a l'air d'être purement protéique, par exemple,
18:36peut très bien avoir été pollué par des anabolisants,
18:41soit intentionnellement par le fabricant,
18:45pour des raisons qui sont commercialement très simples à comprendre,
18:48c'est que ça va marcher mieux que ce qui est attendu,
18:51et donc, le constructif va en reprendre.
18:55– Vous êtes en train de me dire que n'importe quel médicament en France
18:58passe par des autorisations de mise sur le marché très compliquées,
19:01avec des contrôles très poussés, qui sont parfois même pénalisants
19:05pour lutter contre une maladie, pour accélérer l'accès aux soins d'un malade,
19:10et en revanche, pour les compléments alimentaires,
19:12on met à peu près ce qu'on veut, c'est ce que vous êtes en train de me dire.
19:14– Ce qu'on veut, ou même si ça… alors oui, probablement oui,
19:19après, il peut y avoir des pollutions, des perversions
19:22qui sont de nature industrielle, et simplement,
19:25parce que là aussi, les procédures, que je connais très mal d'ailleurs,
19:29de contrôle de la fabrication, une substance peut avoir un bac mal nettoyé,
19:36et finalement, je crois que l'un des grands messages,
19:39et vous avez à la FLD un très beau… plusieurs visuels là-dessus,
19:46sur les compléments alimentaires, sur la chaîne de production,
19:50et toutes les étapes dans lesquelles elles peuvent être perverties, en quelque sorte.
19:57– Oui, et si vous me permettez de compléter, Jean-Jacques,
19:59en fait, juste pour finir sur les compléments alimentaires,
20:02ce n'est pas forcément le sujet de l'émission, mais…
20:04– Oui, mais je pense que pour les jeunes, c'est pas mal le sujet.
20:06– Pour les jeunes, et pour les parents, et l'encadrement,
20:10et je voudrais qu'on revienne là-dessus aussi,
20:11parce qu'on ne parle pas chez les jeunes,
20:13mais il y a toute une partie du personnel d'encadrement où on va y venir.
20:17Mais pour les compléments alimentaires, effectivement,
20:19alors on a la chance, en France, d'avoir une norme,
20:22qui est une norme d'enrayonnement européenne, qui s'appelle la norme AFNOR 17444,
20:27pour ceux qui veulent la prendre en note.
20:28Alors, c'est une norme d'application volontaire,
20:31où le fabricant s'engage à respecter un processus de fabrication
20:35dans lequel il n'y a pas de substances interdites.
20:37Cela dit, ça ne veut tout de même pas dire
20:41que la garantie 100 % antidopage existe, malheureusement,
20:45parce que ce n'est pas une norme de certification.
20:48Donc, il y a certainement, oui, il y a certaines balises,
20:52ou en tout cas, à privilégier lorsqu'il s'agit de compléments alimentaires,
20:56mais il y a quand même de très grands risques,
20:57et à la fois aussi pour la santé, des compléments qui contiennent des stimulants
21:01qui ne sont pas indiqués, par exemple, sur l'étiquette,
21:04ou même qui sont indiqués, mais tout à fait indéchiffrables
21:07pour le commande des mortels comme nous.
21:09Cela peut être prendre énormément de stimulants en pre-workout,
21:14qui est la mode chez les jeunes aussi, notamment, chez les sportifs.
21:19Cela peut être extrêmement dangereux.
21:20Alors, on va parler tout à l'heure des actions mises en place,
21:22notamment pour la prévention, toutes ces actions.
21:24J'aimerais, auparavant, que vous me parliez du dopage,
21:27phrase célèbre à l'insu de son plein gré.
21:29Est-ce que, justement, ces compléments alimentaires,
21:32ces pubs sur Internet, peuvent générer, chez les jeunes,
21:35notamment, qui vont faire de la compétition, un dopage involontaire ?
21:39Cela pourrait, oui. Cela pourrait être le cas, tout à fait.
21:42Après, il y a quand même, dans l'anti-dopage,
21:46le principe de responsabilité objective,
21:47que vous connaissez sans doute déjà à ce stade, Patrick,
21:50qui est que le sportif est responsable de toutes les substances
21:53qui se retrouvent dans son organisme, et donc dans l'échantillon,
21:57quelle que soit la manière ou la façon dont ces substances
22:00se sont retrouvées dans l'échantillon.
22:02Donc, le sportif ne peut malheureusement pas dire
22:04« je n'étais pas au courant, je ne savais pas »
22:07ou « c'est quelqu'un qui m'a donné ».
22:10Malheureusement, cela ne fonctionne pas.
22:11Y compris, donc, pour les compléments alimentaires.
22:13Alors, ça, ça me semble assez logique, j'allais dire, pour les adultes.
22:20Mais est-ce qu'on ne va pas adapter un peu ces règles et ces lois pour les jeunes ?
22:25Alors, les règles, elles sont les mêmes pour tous les sportifs,
22:28qu'ils soient mineurs, majeurs, pour tous.
22:32En revanche, c'est là où, donc, les actions d'éducation sont extrêmement importantes,
22:38des sportifs eux-mêmes, mais également du personnel d'encadrement.
22:42Parce qu'on a vu, particulièrement pour les jeunes,
22:44ils jouent un rôle, l'entraîneur, par exemple,
22:47joue un rôle extrêmement important, les parents aussi, bien sûr.
22:50Et donc, ils font partie, ce personnel d'encadrement.
22:54Donc, c'est la définition que l'on utilise, mais qui est très large, en fait,
23:00qui comprend les entraîneurs, l'école technique, les parents également,
23:03le personnel médical et paramédical.
23:05Donc, ils font partie de nos publics prioritaires aussi à éduquer et à informer.
23:10C'est l'occasion d'aller voir Olivier Durand, qui est sur le terrain, dans le Var.
23:14Est-ce que, Olivier, vous pouvez témoigner, est-ce que vous avez été témoin, peut-être,
23:19de l'influence, justement, de l'entourage des parents chez les jeunes
23:24qui pourraient être tentés par des expériences
23:28qui pourraient améliorer leur performance ?
23:30Oui, alors, je vais, je pense, prendre un peu le contre-pied de ce qui est dit,
23:34parce que nous, on se sert du sport, justement, pour essayer de diminuer les consommations.
23:39Donc, c'est plutôt l'outil sportif pour la lutte contre...
23:43Mais juste deux, trois réflexions par rapport à ce qui a été échangé.
23:48La question du dopage, que ce soit par des compléments alimentaires
23:51ou des choses comme ça, ou de la consommation d'alcool,
23:54et vous allez voir le lien après,
23:56cette pression qu'ont les jeunes sur les réseaux sociaux
24:00de voir des athlètes musclés, avec des gros muscles, etc.,
24:03cette image renvoyée, qui est souvent fausse, d'ailleurs,
24:06incite les jeunes, s'ils ne sont pas accompagnés, de se dire
24:09« Tiens, pour avoir un corps d'athlète, je vais faire du sport à outrance
24:13et sans encadrement, et tomber dans ce type d'addictions-là,
24:17qui sont très nocives, n'étant pas médecins, je ne rentrerai pas dans le détail. »
24:21Nous, on est souvent confrontés à des zones où il faut accompagner
24:26et sensibiliser sur des questions d'éducation à la santé,
24:29d'éducation à la nutrition, de manière beaucoup plus large,
24:32et d'accompagnement à la pratique sportive, justement,
24:34pour ne pas tomber dans des excès comme celui-là.
24:36Alors nous, on a très peu de pratiques compétitives,
24:39donc du coup, c'est plutôt les fédérations délégataires
24:42qui ont plus de légitimité à parler sur ces questions-là.
24:45Nous, on travaille notamment sur une action qui s'appelle le parcours coordonné.
24:48Nous, on travaille avec des jeunes qui sont suivis par le ministère de la Justice,
24:51qui ont généralement et majoritairement un enclin à des conduites addictives,
24:55que ce soit de l'alcool, que ce soit de la consommation de cannabis, majoritairement,
25:00et nous, on utilise le média sportif, le sport,
25:04pour essayer en tout cas de travailler avec eux sur la diminution de leur consommation.
25:08– C'est un concours total, en effet, que vous faites là.
25:10– Eh oui, nous, par exemple, on a des éléments,
25:13alors statistiques, ce n'est peut-être pas intéressant de les évoquer là-dessus,
25:17nous, on met en place un dispositif qui s'appelle le parcours coordonné
25:20sur une prise en charge très resserrée sur des jeunes ministères de la Justice,
25:24sur une équipe pluridisciplinaire avec un co-encadrement
25:27éducateurs sportifs et éducateurs spécialisés,
25:30plus des intervenants, je vais vous en égrener quelques-uns,
25:33et on travaille vraiment sur la réappropriation du corps.
25:36C'est-à-dire que majoritairement, le profil des jeunes, sur 90% de ces jeunes-là,
25:41ils sont enclins à des consommations plutôt de cannabis et d'alcool,
25:45assez importantes, puisqu'ils sont orientés par les magistrats chez nous.
25:50Et nous, on travaille sur du bilan de conditions physiques,
25:52sur de la mesure, pas de manière moraliste,
25:54c'est-à-dire là où ils en sont sur leur corps, concrètement dans l'effort,
25:59on essaye de le mesurer avec eux de manière très ludique,
26:02à l'entrée, au milieu et à la sortie du dispositif.
26:05On se met dans le rouge de manière très volontaire avec eux,
26:08où on gradue l'école, où on va dormir en altitude,
26:13alors pour nous, ça peut nous paraître assez accessible,
26:15mais en tout cas, on a des marges d'approche de 5-6 heures,
26:18donc c'est très dur physiquement pour eux,
26:21et on essaye en fait de les rendre lucides sur la pratique sportive,
26:24et donc du coup, sur la question de la réappropriation de leur corps.
26:27Et on travaille, nous, avec ces jeunes-là,
26:29qui sont sous d'addiction, de manière très générique,
26:32on travaille autour de la question du développement des compétences psychosociales,
26:35on a des partenariats avec des XAPA, des consommations de jeunes consommateurs,
26:40on fait des bilans de santé avec la CPAM,
26:43la Caisse Primaire d'Assurance Maladie, avec des regards croisés,
26:45en passant du médecin généraliste, de l'infirmier, du psychologue, etc.,
26:49donc on a un accompagnement très renforcé sur ces questions-là.
26:52– En fait, notre émission, c'était un peu le sport malade du Dopage chez les jeunes,
26:57vous, vous êtes en train de nous faire le sport médecin,
27:00ou en tout cas réparateur, et c'est formidable d'avoir cette double vue,
27:04au moins, on est loin de la caricature.
27:07Moi, j'aimerais revenir avec Baptiste Vieux,
27:08qui a travaillé auprès des spécialistes dans les pôles espoirs,
27:12comment on peut aujourd'hui,
27:14quelles sont les priorités qu'il va falloir donner pour fabriquer un champion,
27:18il en faut, en évitant justement tous les pièges qu'on évoque aujourd'hui ?
27:24– Alors moi, j'ai travaillé effectivement en sociologue dans des pôles espoirs
27:27et puis des centres de formation de clubs professionnels,
27:30et j'ai eu l'occasion de suivre la manière dont se fabriquait,
27:33dont étaient fabriqués des jeunes athlètes de haut niveau,
27:36dans le cadre en particulier de la gymnastique et du football,
27:40et de voir donc des acteurs au travail,
27:42pour fabriquer les dispositions des futurs champions de demain, etc.
27:47Et dans ce cadre-là, j'ai aussi été en situation
27:50d'observer des contrôles antidopage, de prévention,
27:54qui étaient réalisés par des agents de contrôle d'idopage,
27:56et donc j'avais cette sorte de double point de vue avec les jeunes au milieu,
28:00qui se retrouvaient entre ceux qui, au quotidien,
28:03les font travailler à devenir des champions,
28:05et puis ceux qui étaient là pour leur dire,
28:07il y a des choses qui ne se font pas
28:08quand on travaille à devenir des athlètes de haut niveau, etc.
28:12Et là, ce qui est très intéressant, c'est d'interroger les registres moraux,
28:16c'est-à-dire concrètement, contre quoi on lutte,
28:19ou contre quoi on prévient, contre quelles menaces, etc.
28:23Et en fait, dans tous les discours qu'on a eus depuis le début de l'émission,
28:26il y a cette confrontation perpétuelle entre deux registres moraux,
28:30d'un côté la question de la santé publique, de la santé,
28:34et donc les jeunes sont en danger,
28:36et donc c'est l'intégrité des jeunes sportifs qui est en cause,
28:39et contre laquelle il faudrait travailler, il faut la protéger,
28:44et puis de l'autre côté, vous avez l'éthique sportive,
28:46avec les valeurs du sport, et puis la question de la triche, la tricherie, etc.
28:50Et donc, ce n'est plus l'intégrité des sportifs, c'est l'intégrité du sport.
28:53Alors, ce n'est sans doute jamais complètement binaire,
28:55mais il y a bien cette version concurrente.
28:58Et toute la question, puisque c'était votre question,
29:01dans les politiques de prévention, ce qu'on fait auprès des jeunes,
29:04c'est finalement, qu'est-ce qu'on leur dit ?
29:07C'est-à-dire, contre quoi on lutte quand on lutte contre le dopage ?
29:10Est-ce qu'on lutte au bénéfice de leur santé ?
29:13Et auquel cas, vous êtes sous la menace de quelque chose ?
29:15Mais c'est très difficile de mesurer cette menace par de l'épidémiologie,
29:20par des statistiques de santé.
29:24On se doute que la prise de produits peut être néfaste,
29:27mais quelle preuve ? On n'en a pas tant que ça.
29:31Et de l'autre côté, lutter contre l'éthique,
29:33enfin, contre la tricherie dans le sport,
29:36est très compliqué dans ces univers-là,
29:38puisque ce sont des jeunes à qui on apprend au quotidien à être les meilleurs,
29:45à se préparer le plus possible, à résister à la fatigue,
29:49à accumuler les heures d'entraînement, etc.
29:52Et donc, quand sur le terrain, vous assistez à des actes de prévention
29:57réalisés par des agents de contrôle du dopage,
29:59c'était frappant dans le club de football professionnel sur lequel j'ai travaillé,
30:04en fait, les jeunes ne comprenaient absolument pas
30:06les raisons pour lesquelles les agents de contrôle du dopage étaient présents dans la structure.
30:11Et l'encadrement du club n'aidait pas forcément à ce que les jeunes comprennent
30:16les raisons de la présence de ces agents-là.
30:19Et donc, il y avait des formes de confrontation des discours
30:22entre la réalité d'un club qui est là pour former des athlètes, des champions,
30:26et puis, de l'autre, des agents de prévention qui viennent faire un travail de morale
30:31sur lequel les registres ne sont pas toujours bien compris,
30:34bien saisis par les jeunes sportifs eux-mêmes.
30:37– Merci, merci pour ce témoignage.
30:39On a en effet ces deux tendances, mais qui sont totalement faites pour vivre ensemble.
30:43– Mais l'une n'exclut pas l'autre, effectivement.
30:45– Elles sont faites pour vivre ensemble, protéger les sportifs,
30:47mais aussi respecter l'éthique.
30:48Alors, est-ce que, j'aurais juste posé une question,
30:51il y a 30, 40 ans, je crois que ça existe moins, mais vous allez peut-être me contredire,
30:56il y avait quand même une tendance un peu libertaire,
30:58des gens qui disaient ouvertement, pourquoi on les embête ?
31:01Ils font ce qu'ils veulent de leur vie, ils font ce qu'ils veulent de…
31:03Voilà, laissons les vivre, on ne va pas embêter un politique
31:08qui va prendre des compléments pour être poli, pour tenir le coup 20 heures sur 24.
31:15On ne va pas embêter un étudiant qui prend des cachets pour ne pas dormir,
31:19pour pouvoir réussir son examen, alors qu'il met en danger sa santé
31:23et il triche, en quelque sorte, vis-à-vis de son camarade qui est à côté,
31:27et pour les sportifs, on ne leur laisse rien faire.
31:30Est-ce que cette tendance, est-ce que vous entendez encore ce discours de temps en temps ?
31:33Est-ce que ça existe encore ?
31:35Des gens qui vont dire, allez, laissez-les tranquilles,
31:37les jeux du cirque, en quelque sorte, c'est fini ça.
31:39– Je pense tout de même que, nous, notre mission, c'est quand même d'informer,
31:43au moins, donner un niveau d'information de façon, après,
31:46qu'ils puissent savoir vers où se dirige ce jeune.
31:50Donc, plus on les informe jeunes, nous, on a quand même une tranche de 11 à 18 ans,
31:55donc, voilà, on a tout un cursus qu'on peut balayer,
31:59mais, en tout cas, c'est donner l'information, parler des risques,
32:03et faire des actions, pour nous, qui viennent des jeunes,
32:06où les jeunes sont parties prenantes, voilà,
32:08c'est un petit peu la façon dont on traite le sujet.
32:09– Je ne crois pas non plus, ne serait-ce que, quand même,
32:12les grandes affaires de dopage qui ont défrayé la chronique,
32:15ont un peu remis tout le monde sur la même longueur.
32:18Donc, ce que je voulais dire, par rapport à ce qu'on a entendu, là,
32:22dans les cinq dernières minutes, c'est, effectivement, par rapport aux…
32:28Comment convaincre les jeunes du problème ?
32:32C'est deux choses, c'est l'éthique et la non-tricherie, et la santé.
32:36Et sur la santé, comme ça a été dit,
32:39on n'a pas vraiment de grands travaux épidémiologiques,
32:42parce qu'il faudrait se référer produit par produit,
32:45c'est quand même, pour rester scientifiquement pertinent,
32:47c'est un peu compliqué.
32:49Mais ce qui me paraît important, c'est que j'ai l'impression,
32:54c'est purement impressionniste, mais c'est basé sur mon expérience,
32:58que le discours purement santé, chez les plus jeunes, ça ne fonctionne pas.
33:04Parce qu'entre la compétition qui va avoir lieu le mois prochain,
33:08qu'on prépare, et un risque sanitaire dans 30 ans…
33:12Alors, je crois me souvenir, c'est très ancien dans ma tête,
33:15et ne me demandez pas références précises,
33:17mais un travail a été fait dans une université américaine,
33:20dans un club de sport d'université américaine, chez des haltérophiles,
33:24qui a dit, voilà, prenez des anabolisants, vous allez gagner,
33:27mais vous ferez un cancer de prostate dans 30 ans,
33:30qu'est-ce que vous choisissez ?
33:3320% choisissait de gagner la compétition.
33:35J'ai un autre exemple d'un coureur cycliste qui s'était fait prendre,
33:39et à qui on avait dit, qui avait dit,
33:41si on m'avait dit, il faut boire un litre de gasoil pour gagner le tour,
33:44j'en aurais bu deux.
33:45Vous voyez, on est aussi dans cette tendance,
33:48parce que c'est facile, vu dans notre position,
33:53mais il y a toute l'évolution sociale d'un athlète,
33:56qui va pouvoir peut-être même nourrir sa famille grâce à ses succès.
33:59Donc, quand vous allez lui parler de sa santé,
34:01je suis tout à fait d'accord avec vous, docteur,
34:03c'est qu'il va se dire…
34:04On le sait aussi en santé publique, je veux dire,
34:06par rapport au tabac, la mesure qui a été la plus efficace
34:10pour faire réduire le tabagisme chez les jeunes,
34:13ce n'est pas les campagnes, c'est l'augmentation du prix.
34:15Et voilà.
34:16C'est à dire, mais c'est comme ça.
34:18Je crois que le risque…
34:19Alors, ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas l'utiliser,
34:22et là, il y a une question qui implique énormément les éducateurs,
34:26c'est comment valoriser le fait d'être en bonne santé et de le rester longtemps.
34:32C'est un vaste sujet.
34:34Je vais donner la parole à Marc Pelletier,
34:36qui est membre du Think Tank Sport et Citoyenneté,
34:38maître de conférences en droit du sport à l'Université de Nice-Sophie-Antipolis.
34:44D'abord, votre réaction sur ce qui vient d'être dit jusqu'à maintenant.
34:46Et puis, vous allez me faire la transition sur la vraie prévention,
34:49puisque le sujet a été très bien énoncé.
34:52Comment parler aux jeunes ?
34:54La santé est difficile, vous l'avez bien dit.
34:56Comment dire aux jeunes ?
34:57La cigarette, par exemple, vous l'avez dit.
34:59On dit, t'as 50% de faire un cancer si tu fumes,
35:02même tous les jeunes fument.
35:04Donc, on a un vrai problème à traiter.
35:05On va commencer à le traiter avec Marc Pelletier.
35:08Je suis d'accord avec pas mal de choses qui ont été dites.
35:11C'est vrai que pour un jeune de 15 ans en pleine santé,
35:13lui dire que s'il se dope aujourd'hui, il sera peut-être malade dans 20 ans,
35:17c'est une perspective qui est trop lointaine
35:19pour qu'il évite de prendre des produits dopants, je pense.
35:23Ça, c'est un premier point.
35:24Le deuxième point qu'on a commencé à évoquer, c'est l'éducation.
35:28Alors, moi, c'est quelque chose qui m'intéresse beaucoup depuis de nombreuses années,
35:32mais c'est vraiment le parent pauvre de la lutte contre le dopage.
35:36Certes, maintenant, il y a un standard international.
35:38La FLD est un département de l'éducation, comme vous l'avez rappelé.
35:42Mais c'est vraiment le parent pauvre.
35:43C'est difficile de mettre en place des programmes d'éducation.
35:46On a du mal à parler aux sportifs, aux jeunes.
35:49Moi, qui travaille pour l'unité d'intégrité de l'athlétisme,
35:51c'est encore plus compliqué parce qu'il faut parler à des gens de cultures différentes.
35:55Ce n'est pas évident de savoir parler aux jeunes kényans,
35:58aux moins jeunes ukrainiens ou aux jeunes australiens.
36:01Donc, il faut avoir ça en tête.
36:03Et puis, surtout, alors là, vous avez rappelé que je suis juriste.
36:06Alors, je vais parler un peu de sanctions.
36:08Mais si on jette un petit peu un pavé dans la marre,
36:14dans le monde, il y a 300 000 contrôles qui sont réalisés chaque année.
36:17C'est beaucoup. C'est bien.
36:18Mais quand on regarde les résultats, il y a 0,6% de résultats de contrôles positifs.
36:24Donc, peut-être aussi qu'un moyen d'éviter que des jeunes, que des moins jeunes se dopent,
36:29c'est peut-être que le contrôle soit mieux réalisé ou en tout cas plus ciblé
36:33et qu'il y ait plus de sanctions.
36:35Je pense que le fait de voir que certains sportifs ont eu des résultats,
36:41mais que ces résultats sont annulés et qu'ensuite, ils sont un peu placés sous la honte.
36:48Peut-être que ça aussi, c'est un moyen d'éviter que des jeunes se dopent.
36:51On va parler tout à l'heure de comment dépister le dopage,
36:54comment lutter contre le dopage de manière plus factuelle.
36:57Le suivi, ce qu'on appelait le suivi longitudinal il y a quelques années.
37:01Moi, j'aimerais qu'on parle maintenant de la prévention.
37:03Et on va faire une petite pause en écoutant un des grands champions français, Kevin Mayer.
37:09Et est-ce que ce n'est pas là, justement, la meilleure des préventions
37:12que d'avoir des grands champions, comme on a vu Stéphane Diagana aussi s'investir dans ce genre de messages,
37:17qui ont une crédibilité, qui ont une légitimité et qui ont gagné des très, très gros titres
37:21et qui témoignent ?
37:23C'est peut-être là la meilleure prévention possible.
37:26On écoute Kevin Mayer.
37:27À tous les enfants qui nous regardent aujourd'hui,
37:29j'étais comme vous quand j'étais psy.
37:31Et beaucoup de gens autour de moi, dès qu'il y avait une grosse performance, disaient qu'ils étaient dopés.
37:35Et quand j'ai commencé l'athlétisme, je n'ai jamais voulu faire de sport pour le haut niveau
37:41parce que je croyais qu'il fallait être dopé pour faire.
37:43Mais je vous assure qu'en travaillant bien et en travaillant plus que les autres,
37:47on peut y arriver par d'autres chemins.
37:49Donc tous les enfants qui ne croient pas en la haute performance à cause de leur entourage,
37:53vous voyez-y, il faut y aller à fond, il faut se donner,
37:56il faut aimer assez son sport pour faire tous les sacrifices qu'il faut.
37:59Mais au bout du compte, on s'y retrouve parce que quand on a l'amour d'un sport,
38:02on donne tout pour ça et il vous le rend bien.
38:03Magnifique, c'est la meilleure prévention qui existe.
38:06D'autant plus qu'elle s'est faite de façon tout à fait spontanée.
38:09Exactement, ce n'est pas un clip.
38:11Il vient de gagner son titre et il s'exprime comme ça.
38:15Et il vous en faudrait plus, c'est comme ça.
38:16Mais tout à fait, vous avez raison Patrick.
38:19Alors, on a la chance d'avoir un comité des sportifs à la FLD
38:22qui est composé de 11 sportifs, dont 6 encore en activité d'ailleurs,
38:26qui se préparent pour Paris 2024.
38:28Mais tout à fait, les ambassadeurs, ces sportifs vers qui tous les jeunes pratiquants se tournent,
38:35qui portent les messages et qui nous accompagnent dans nos actions d'éducation et de prévention,
38:42il en faut complètement.
38:44Olivier Durand parlait tout à l'heure de valeur,
38:47de jeunes en difficulté qui retrouvaient une voie plus saine par le sport.
38:53Est-ce qu'il est possible de répondre à cette question ?
38:56Comment prévenir, comment éduquer, comment lutter ?
39:02En amont, est-ce qu'il existe, dans les expériences que vous avez menées,
39:06une méthode qui peut vous paraître la bonne,
39:08hormis ces témoignages formidables de très grands champions ?
39:12Je pense qu'il faut aussi, pour les jeunes, voir ce qui peut les toucher,
39:18ce qui pourrait les toucher.
39:20Lorsqu'on fait des interventions avec eux, parfois on leur demande
39:23« quelles pourraient être les conséquences du dopage ? »
39:27Lorsqu'on évoque les conséquences sociales, les conséquences sur le sport,
39:32ne plus être en mesure de pratiquer son sport,
39:34les conséquences lorsqu'on parle des réseaux sociaux aussi,
39:38parce que ça, ça peut être extrêmement dommageable pour des sportifs,
39:41l'entourage, ça, ça leur parle davantage.
39:44En fait, effectivement, que les conséquences sur la santé qui,
39:47à horizon 5-10, ça leur parle beaucoup moins,
39:52sauf, peut-être, parfois, chez les garçons,
39:55quand on commence à parler, avec une prise d'anabolisant,
39:59par exemple, importante, développement, ma mère, etc.,
40:03ça peut les choquer davantage.
40:06Mais sinon, voilà, ce qui touche leur entourage, leur image aussi,
40:11ça peut davantage leur parler.
40:13C'est pour ça qu'en fait, nous, on ne touche pas vraiment des sportifs accomplis.
40:17Certains sont des sportifs en herbe, d'autres débutent dans la pratique sportive,
40:20ils sont très jeunes.
40:21Donc, on est un petit peu, aussi, par le jeu et par, par exemple,
40:24des théâtres forums où ils sont en interaction avec des comédiens,
40:27où, dans un premier temps, on va montrer un petit peu ce qu'ils ne veulent pas faire,
40:30ils participent à l'intérieur, puis après, avec la salle,
40:35on voit un petit peu ce qu'on pourrait modifier,
40:38ce qui est plutôt bien, les bonnes pratiques,
40:40et on rejoue la pièce, en fait, avec, peut-être, d'autres intervenants,
40:44et du coup, ils sont marqués, en général, quand ils sortent de ce genre d'intervention.
40:49Là, c'est quelque chose qu'on fait souvent avec la Relève Barriolet,
40:52qui est une compagnie de théâtre du Jamais le Comédie Club,
40:56et sur l'Île-de-France, on met ça en place tous les ans,
40:58avec notre partenaire de l'FLD, du reste,
41:01et c'est vrai que c'est quelque chose d'assez satisfaisant,
41:03parce qu'en fait, l'interrogation derrière, on sent qu'on a marqué, au moins, les esprits.
41:09Bon, après, évidemment, je ne vais pas vous dire que ça va...
41:12Mais, en tout cas, on marque, ce sont des élèves, des jeunes, en général,
41:15qui sont en 6e, 5e, donc 11 ans, 12 ans,
41:18mais je pense que c'est aussi par ce biais-là qu'on peut trouver des solutions
41:23pour, au moins, sensibiliser les plus jeunes.
41:25– Alors, on parle de prévention, et vous avez vu, sans doute,
41:28on ne va pas se le cacher, qu'on marche sur des œufs,
41:30qu'il n'y a pas de recette miracle,
41:33notamment par rapport au médical et à la prévention,
41:37et la peur, peut-être, de développer un jour une maladie,
41:40ça ne fonctionne pas particulièrement bien.
41:42On va quitter la prévention pour aller maintenant vers les sanctions,
41:46vers les règles du jeu, vers le dépistage.
41:49Alors, est-ce qu'on est toujours dans le schéma un peu caricatural
41:53du gendarme et du voleur ?
41:55Est-ce que le voleur a toujours de l'avance sur le gendarme ?
41:58On voit maintenant que, je prends quelques exemples de sport,
42:02où maintenant, on va avoir des résultats qui vont tomber 4, 5, 6 ans après.
42:07– Voire 10.
42:08– Voilà, voire 10, jusqu'à 10 ans.
42:10On en est où de cette...
42:13Parce que, pour le public, il n'y a rien de plus terrible,
42:18d'assister à des compétitions, de s'emballer,
42:20et puis, 5, 7, 10 ans plus tard,
42:22on va dire, ben non, lui, finalement, il n'est pas premier, il est dernier.
42:25– Alors, après, on s'éloigne un tout petit peu de la thématique du dopage
42:29chez les jeunes, lorsqu'on parle de ce genre de situation,
42:33puisqu'on parle plutôt des sportifs de haut niveau,
42:35dont les échantillons sont conservés jusqu'à...
42:37– Je ne suis pas non plus des vieux.
42:39– Non, mais après, voilà, il faut définir jeune,
42:42après, on n'est pas tout à fait dans les différentes tranchantes.
42:45Mais, oui, alors, est-ce qu'on est encore là-dedans ?
42:49Oui, les échantillons sont réanalysés quelques années plus tard,
42:54et il arrive, effectivement, comme Londres, tout récemment,
42:58qu'il y a eu des... où on trouve des cas de dopage, à postériori.
43:03– Pour les jeunes, quelles sont les règles ?
43:04On va peut-être aller voir, d'ailleurs, notre juriste pour parler des règles.
43:08Est-ce qu'elles sont particulières pour les jeunes ?
43:11Dites-moi.
43:12– Alors, comme ça a été rappelé tout à l'heure,
43:14justement, c'était les mêmes règles, ou quasiment,
43:17qui s'appliquaient aux sportifs jeunes et moins jeunes.
43:20Alors, jeunes, au sens de sportifs mineurs de moins de 18 ans.
43:24Mais la nouvelle version du code mondial antidopage
43:27a souhaité adapter un petit peu les sanctions
43:31qui pourraient toucher des jeunes sportifs de moins de 18 ans,
43:36avec des sanctions un peu plus clémentes,
43:39et notamment, puisque je vois qu'elle est à l'écran,
43:42on a eu un bel exemple lors des Jeux olympiques de Pékin.
43:45Voilà, Mademoiselle Valieva.
43:47Comme vous le savez, les Jeux olympiques de Pékin,
43:50je parle des Jeux d'hiver, ne sont toujours pas terminés,
43:52puisque le podium de l'épreuve par équipe de patinage artistique
43:57à laquelle participait Mademoiselle Valieva n'a toujours pas eu lieu.
44:00On n'a toujours pas eu de remise des médailles.
44:02On ne sait pas qui est médaille d'or, médaille d'argent et médaille de bronze,
44:06puisque à la suite de l'épreuve de patinage artistique par équipe,
44:10on a appris qu'elle avait été contrôlée positive
44:14lors d'un contrôle qui avait eu lieu trois mois avant.
44:16C'est une patineuse qui, à l'époque, défait avec 15 ans
44:19et qui donc bénéficie du nouveau régime
44:23qui a été intégré dans le code mondial antidopage en 2021,
44:27régime pour les sportifs de moins de 18 ans, pour les sportifs mineurs,
44:31qui fait qu'ils s'exposent à des sanctions plus clémentes.
44:35Alors là, la procédure n'est pas terminée.
44:36L'agence russe antidopage a considéré que Mademoiselle Valieva
44:41n'avait commis aucune faute et donc ne l'a pas sanctionnée.
44:45Mais il y a un probable appel de cette décision devant le tribunal arbitral du sport
44:50et on verra ce qui sera décidé par la suite.
44:53Je compléterai peut-être les propos de Marc, Patrick, si vous permettez,
44:56sur les sanctions.
44:59La différence principale aussi, c'est que la divulgation publique,
45:04donc de la décision n'est pas automatique et n'est pas obligatoire
45:08pour les sportifs mineurs non plus, contrairement aux sportifs majeurs.
45:13Est-ce que le médecin est d'accord pour considérer que la sanction
45:18est aussi un outil indispensable dans cette lutte ?
45:21En tant que médecin, je n'ai pas de compétences surajoutées sur la question.
45:27Je pense que oui, il faut sanctionner.
45:31Parce que ce sont malgré tout...
45:34C'est une tricherie, ça reste une tricherie.
45:36Il faut revenir peut-être aux fondamentaux, ce que c'est que le dopage.
45:39Parce que, comme disait Kevin Maillat, on peut y arriver autrement.
45:44Donc je crois quand même qu'il faut sanctionner, il faut que la menace existe
45:50et que les gens qui participent à une compétition sportive, quels que soient leurs âges,
45:54sachent qu'il y a des règles qu'il faut respecter,
45:56comme un coup de dollar out ou un code maritime.
45:59Après, il faut-il contrôler chez les plus jeunes ?
46:03Et là, c'est plutôt moi qui pose la réponse à ça.
46:06Quelle est la valeur éventuelle ?
46:10Voir un contrôle antidopage dans une épreuve à laquelle on participe
46:15et on s'aperçoit que quelqu'un d'autre est contrôlé, c'est quelque chose de...
46:20Les escorts ont beau être discrets, les contrôleurs ont beau être discrets,
46:23ça se sait, ça se voit.
46:25Donc, de savoir qu'il y a un contrôle antidopage dans une épreuve à laquelle on participe,
46:30peut-être c'est utile, ça rappelle que oui, on ne peut pas faire n'importe quoi.
46:35Pour répondre à votre question, Patrick,
46:38d'abord, il y a un plan de répartition des contrôles, pour ce qui est de la FLD en tout cas.
46:43Les contrôles plutôt chez les sportifs de haut niveau...
46:46Très bien, c'est ce qu'on a compris.
46:48Oui, mais ils totalisent entre 70 et 80 %,
46:51ensuite, chez les sportifs amateurs, entre 20 et 30 %.
46:56Donc, il pourrait y avoir des contrôles chez les sportifs mineurs,
47:01on peut penser notamment qu'ils, pour certains d'entre eux, ne sont pas moins exposés au risque de dopage.
47:06On pense notamment aux sportifs plus jeunes qui pratiquent des sports comme justement le patinage ou la gymnastique.
47:13Il y a quand même des sportifs et des sportives beaucoup plus jeunes
47:16qui peuvent être exposés au dopage,
47:20notamment par l'influence de leur encadrement, de leur entourage.
47:25Est-ce que les sanctions, justement, peuvent, pour un mineur,
47:28est-ce qu'on peut envisager que les sanctions soient plutôt dirigées vers l'encadrement ?
47:32Alors voilà, il est tout à fait possible, et puis Marc pourra compléter ses besoins,
47:39mais que le personnel d'encadrement puisse être sanctionné.
47:43Donc, il y a 11 types de violations des règles anti-dopage,
47:47quatre d'entre elles concernent le sportif,
47:50et le reste concerne le sportif et l'entourage, le personnel d'encadrement.
47:54Marc Pelletier, c'est quand même une piste intéressante,
47:59que de dire qu'on peut élargir le champ des investigations à l'entourage,
48:04parce que quand on voit un jeune, je ne sais pas, si un jeune de 15-16 ans se dope,
48:09il me semble quand même légitime de penser que l'entourage est pour quelque chose, non ?
48:13Bien sûr, c'est vrai que quand on pense dopage,
48:17on pense tout de suite au contrôle et au contrôle positif,
48:20mais comme ça a été rappelé, le contrôle positif, c'est une des 11 violations des règles,
48:25et à mon avis, ce n'est pas la plus importante,
48:30il ne faut pas consulter que sur celle-ci, dans le sens où quelqu'un qui veut vraiment se doper,
48:35qui est vraiment bien entouré, et c'est rare qu'on se dope tout seul,
48:39le jour de la compétition, il ne sera pas positif,
48:41il fera tout pour que ce produit ait disparu de son organisme,
48:47ce qui compte, je pense, surtout, c'est de faire des bons contrôles hors compétition,
48:50c'est plutôt ça qui est important,
48:52parce qu'en compétition, c'est presque trop tard, c'est un peu ce sens-là,
48:57et bien évidemment, l'entourage a une importance,
49:01une patineuse de 15 ans ou le gymnaste jeune,
49:05c'est rarement tout seul qu'elle se dope,
49:07c'est parce que quelqu'un lui a donné des informations,
49:09quelqu'un peut-être lui a conseillé de prendre ça,
49:12et oui, bien sûr que l'entourage peut être poursuivi et sanctionné
49:15avec des sanctions tout aussi importantes,
49:18voire même plus quand on parle de sportifs mineurs.
49:21Merci Marc Pelletier,
49:22et c'est vrai qu'aujourd'hui, quand on voit les sanctions,
49:26on s'aperçoit que de plus en plus, ce n'est pas le contrôle pendant la compétition,
49:30puisqu'on le sait, on l'a vu pour le PO, les micro-doses,
49:35il suffit, j'allais dire, de les prendre le soir,
49:37et le lendemain matin, vous êtes clean,
49:40ce n'est pas aussi simple que ça, mais c'est en tout cas les pistes de tricherie.
49:43Aujourd'hui, ce sont souvent ce qu'on appelle les no-shows,
49:46c'est-à-dire pour ces contrôles inopinés des sportifs
49:50qui font en sorte de ne pas être là,
49:53et qui au bout du deuxième ou troisième sont sanctionnés.
49:56C'est au bout du troisième.
49:57Voilà, et c'est une vraie piste pour lutter contre ça.
50:01Moi, j'aimerais juste terminer en disant que le dopage,
50:04c'est souvent pour le dépassement de soi,
50:06pour essayer d'être plus fort,
50:09comme la société nous impose ce type de raisonnement.
50:13Et je pense que la réaction, la réponse à ce fameux dépassement de soi avec tricherie,
50:18c'est plutôt l'estime de soi, et c'est aussi quelque chose qu'il faut travailler.
50:21C'est d'arriver à ce que le champion, comme on a vu Kevin Mayard tout à l'heure,
50:25ait cette fameuse estime de lui-même.
50:27Avec une petite phrase du côté d'Olivier Durand pour terminer.
50:32– Oui, deux éléments, si vous le permettez.
50:36Rappelez-vous sur la question des contrôles anti-dopage.
50:42Je crois que si on veut poser un cadre à tout le monde,
50:44je crois qu'il faut aussi faire des contrôles anti-dopage,
50:47c'est l'éjection amateur et jeune, et le prendre dès le plus jeune âge.
50:50Quand on pose un cadre, et quand on pose un cadre dès la petite enfance,
50:54en termes d'image, ce cadre y rentre dans les mœurs et dans les mentalités,
50:58me semble-t-il.
50:59La question de l'exemple, on parle majoritairement de ce qui ne va pas.
51:03Il y a beaucoup de sportifs qui ne se dopent pas et qui vont très bien.
51:06Peut-être en faire la promotion, pour parler de ce qui va,
51:12et bien évidemment parler de ce qui ne va pas.
51:15Et moi je pense que la question de l'éducation et de la sensibilisation,
51:19elle est au cœur de ces sujets-là.
51:21Au plus on va prévenir, au plus on va en parler, et dans les clubs sportifs.
51:25Donc ça vient interroger la question de la formation des encadrants,
51:28qu'elle soit fédérale, qu'elle soit professionnelle,
51:30au plus on parlera de ça, au plus on responsabilisera,
51:34et au plus on ira vers un système qui est vertueux.
51:36Donc soit on a une politique volontariste et une politique courageuse,
51:41et il y a de l'éducation et de la sensibilisation dès le plus jeune âge,
51:46et ça n'empêchera pas qu'il y aura des trous dans la raquette,
51:49le sujet n'est pas là et tant mieux.
51:51Mais posons un cadre, et quand on pose un cadre qui est sain et qui est structurant,
51:54c'est dès le départ qu'il faut le faire, me semble-t-il.
51:57Et la dernière chose, parlons aussi collectivement des choses qui vont bien,
52:01des sportifs, on en a vu là dans l'émission,
52:03qui ne se doppent pas et qui font des performances extraordinaires, et il y en a.
52:07– Merci en tout cas.
52:08Bon Catherine Collet, il faut lancer des contrôles chez les jeunes dans les semaines.
52:12– Oui, il faut surtout faire des actions d'éducation et de prévention aussi.
52:15– On est d'accord.
52:17Merci en tout cas Catherine Collet,
52:18directrice du département de l'éducation et de la prévention à la FLD.
52:21Docteur Jean-Jacques Pic, membre de la commission médicale de l'UFOLEP,
52:26Marie-Ange Daffis, directrice nationale adjointe de l'UNSS.
52:29Et puis nos trois intervenants,
52:31qui ont fait preuve de beaucoup de patience et beaucoup de pertinence.
52:34Merci à Olivier Durand, à Baptiste Viau et à Marc Pentier.
52:39Et puis merci à vous qui êtes fidèles à cette émission.
52:41Je vous retrouve avec plaisir le mois prochain, merci encore.
52:45– Merci.
52:45– Sous-titrage ST' 501
Commentaires