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  • il y a 2 ans
Dans le podcast "Mentionné.e", la journaliste Marion Mariani donne la parole à des victimes de cyberharcèlement, afin de recueillir leur témoignage sur leur vécu, sur l'après et sur ce qu'elles pensent des réseaux sociaux. Dans cet épisode, Marion Séclin, comédienne et scénariste.

Tous les épisodes du podcast en audio sur le site de France Inter : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/mentionne-e

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Transcription
00:00Qu'elle plaît ces femmes. Elles finiront seules à 50 ans à chercher des migrants
00:06pour se soulager tellement elles emmerdent leur monde. Les mecs, barrez-vous. Tu ressembles
00:10à Frodon Sakaï, tu viens nous apprendre la sexualité mais personne ne veut se mettre
00:13au-dessus de toi, t'as le seum avec tes pieds poilus là. J'ai vu sa tête, j'ai
00:17direct su qu'elle allait dire un truc stupide. Marion Séclin, s'il te plaît, ne parle
00:20plus jamais. Le physique de ses idées. J'ai envie de t'insulter de tous les noms mais
00:24j'essaie de devenir une meilleure personne. Oh Séclin, t'as de nouveaux besoins de
00:27vagues de harcèlement ? T'as pas compris qu'il fallait que tu la fermes ? Marion
00:30Séclin, bonjour et merci d'être dans Mentionnée. Bonjour, merci de m'avoir mentionné. Marion,
00:36vous êtes comédienne et scénariste, vous êtes très engagée contre le cyberharcèlement
00:40car vous avez été l'une des premières personnalités publiques à le dénoncer.
00:44Pour commencer, je voulais savoir ce que vous évoque le mot « mentionné ». Est-ce
00:48que vous le rapportez aux réseaux sociaux ? Oui, assez systématiquement parce que c'est
00:54un des endroits où on est beaucoup plus crédité pour les choses qu'on n'a pas
00:56faites que la réalité ne nous permet d'être crédité pour les choses qu'on a faites.
01:00Donc finalement, on est beaucoup plus mentionné pour des mauvaises raisons et en ligne que
01:04dans le reste de l'existence. Alors Marion, tout commence en 2016, vous travaillez pour
01:09le média Madmoizelle, vous faites des vidéos YouTube où vous parlez de féministes, féminisme
01:14notamment, et une vidéo en particulier a marqué le début de votre cyberharcèlement.
01:18Laquelle ? A la base, c'était celle sur le féminisme. C'était donc une vidéo
01:23dans laquelle je cherchais à déconstruire les clichés sur le féminisme. Donc ça s'appelait
01:27« t'es féministe mais tu suces ». Parce qu'évidemment, on était sur un média
01:32où il fallait un petit peu d'impact. Et en fait, c'était vraiment pour montrer
01:35que le féminisme et le comportement de la personne en question n'avaient absolument
01:39rien à voir et qu'on pouvait être les deux. Et en fait, c'est sur la même lancée
01:44que j'ai... Enfin, j'ai déjà commencé à prendre beaucoup d'insultes à ce moment-là
01:46parce que parler de féminisme à ce moment-là, c'était pas... Enfin, ça ne l'a jamais
01:50été de toute façon très bien accueilli. Et là, c'était encore moins le cas. Et ensuite,
01:56j'ai fait une autre vidéo qui parlait cette fois-ci de harcèlement de rue. Et c'est
02:00celle-ci qui a lancé le pire de tout. Mais j'ai envie de dire, pour être très honnête,
02:04que tout a commencé dès que j'ai commencé sur Internet. C'est-à-dire que même avant
02:06d'être engagée, avant d'avoir une parole féministe, avant même de parler de conditions
02:12de vie, de conditions sociales, j'étais déjà, parce que j'étais une femme et pour
02:17la simple et bonne raison que j'étais une femme, insultée très régulièrement, menacée
02:21très régulièrement et rabaissée, ramenée à mon apparence, mais de manière vulgaire.
02:25Donc, on aimerait que ça aille commencer pour des raisons de militantisme. En fait,
02:30ça a juste commencé pour des raisons de genre et ce, depuis la nuit des temps.
02:33Quand vous étiez au Studio Bagel, par exemple ?
02:35Exactement. Même avant le Studio Bagel, quand j'étais juste... Quand j'apparaissais dans
02:38les vidéos d'autrui, c'était des commentaires... Oui, c'était rabaissant, c'était sur le
02:44plan physique, c'était normal. Il fallait juste... Voilà, il fallait juste pas faire
02:49attention, en fait.
02:50Et ça vous touchait déjà à l'époque ?
02:51C'était assez scandaleux, même la manière dont ça touchait, parce que de la même manière
02:54que n'importe qui qui a aujourd'hui des réseaux et qui va avoir un débat un petit peu houleux
02:57avec sa tante un peu lointaine ou quelqu'un de sa famille ou un ami d'ami va d'un coup
03:03se sentir assez mal à l'intérieur, d'une forme de persécution comme ce qu'on peut
03:09vivre dans la vie, en fait, quand on n'est pas d'accord avec quelqu'un et qu'on est en
03:12conflit. Et là, en fait, ça se passe en ligne. Et s'il y a quelque chose de très
03:16injuste, de très brutal, de très gratuit, et c'était même pas des débats que j'avais,
03:19c'était juste des choses que je recevais. Donc, ça me semble assez... J'ai du mal à
03:26comprendre le temps qu'il faut et qu'il a fallu encore pour faire comprendre aux personnes
03:30à quel point c'était une violence qui existait et que c'était légitime de se sentir touché
03:33par ça, parce qu'on le sait tous et toutes, que ce soit dans la cour de récréation quand
03:37on est petit ou que ce soit au dîner de famille, que ce soit sur les réseaux sociaux ou n'importe
03:41lesquels, quand on a partagé un article ou une opinion, les débats qu'on a avec les
03:44personnes nous mettent dans un état assez catastrophique, nous mettent la boule au
03:48ventre. Et imaginons du coup quelqu'un qui recevrait sans aucune raison juste des petits
03:53commentaires désobligeants ou des insultes, des menaces. Il n'y a aucun moment où à
03:57partir de un, en fait, c'est déjà scandaleux et ça fait déjà mal à l'intérieur de soi.
04:01Donc, beaucoup, régulièrement, fréquemment, sans aucune raison, juste parce qu'on existe
04:06dans l'espace public, parce qu'Internet n'est ni plus ni moins qu'un autre espace public.
04:09C'est un peu... ça pique un peu.
04:12Et après votre vidéo sur le harcèlement de rue, il y a eu un youtubeur, Raptor Dissident,
04:17connu pour ses penchants masculinistes, on peut le dire, qui a sorti une vidéo pour vous
04:21répondre qu'est-ce qui s'est passé à ce moment-là ? Qu'est-ce qu'il vous dit ?
04:24Comment vous avez vu cette vidéo ? C'est via des commentaires ?
04:27On me l'envoie beaucoup. On me l'envoie et on me prévient, en fait, parce que c'est ça qui a
04:31été demandé vraiment précisément par cette personne à sa communauté.
04:36C'était vraiment de venir m'expliquer que j'allais bientôt mourir, quoi, de venir m'expliquer
04:41que c'était bientôt la fin de ma liberté, de mon existence et que j'allais me prendre des
04:47foudres dans la gueule. Et autant on m'envoyait ça, donc ça veut dire que déjà à peu près un mois
04:51et demi avant que ça sorte, je savais ce qui m'attendait globalement.
04:54Je commençais déjà à vivre quelque chose de plutôt désagréable, pour pas dire plus.
04:59Et ensuite, c'est sorti et donc ça a été de pire en pire.
05:03Ça a été un appel à la haine qui a été très évident et qui a été surtout assez sous silence.
05:12Mon super harcèlement a vachement moins été mentionné que moi.
05:16Il a été mentionné quand c'est devenu quelque chose qui arrivait enfin à d'autres journalistes
05:19qu'on considérait comme vraiment légitimes cette fois, avec une carte de presse.
05:23Et là, les médias se sont mis à parler de ça en disant « on s'en souvient bien, l'histoire de
05:27Marion Seyclin, et moi j'étais là ». Qui s'en souvient ? Parce que vraiment, personne n'était là.
05:32Oui, parce qu'à l'époque, vous vous êtes sentie très seule.
05:34J'ai été très seule parce que c'était pas juste une sensation, c'était littéralement le...
05:40Personne ne voulait voir ça.
05:41Personne ne...
05:43Les gens avec qui je travaillais, comme les médias avec lesquels je travaillais, comme tout ça,
05:47c'était assez virulent, assez violent pour tout le monde, je l'entends.
05:52Donc ça a été absolument ignoré, quoi.
05:56Ils vous disaient quoi ?
05:58Quand vous leur montrez les messages, vous dites « regardez ce que je reçois ».
06:01Alors déjà, personne ne peut voir la somme de messages que je reçois.
06:05C'est pour ça que j'utilise souvent le chiffre 40 000.
06:07Mais pour être très honnête, 40 000 menaces de mort, de viol et insultes,
06:10enfin en tout cas délits aux yeux de la loi, c'est uniquement ce que j'ai décompté sous ma vidéo
06:15les deux premiers mois.
06:16Donc je ne veux même pas savoir quel est le vrai chiffre de ce que j'ai reçu.
06:19Je m'arrête à 40 000 parce qu'il n'y a que ce chiffre-là qui choque vraiment les esprits.
06:24Mais c'est qu'un chiffre.
06:25C'est exactement comme quand on parle d'argent.
06:26Si je vous dis 7 milliards, on ne voit pas exactement ce que c'est,
06:30à quel point c'est pas le palme.
06:31Vous voyez, c'est pareil.
06:32Donc je ne sais pas quel est le vrai chiffre, mais c'est bien plus que 40 000.
06:36Ça a été sur la durée pendant à peu près deux ans où j'ai été dans une solitude totale,
06:40autant lâchée par les personnes avec qui je travaillais que les médias
06:45qui pouvaient éventuellement peut-être faire cesser les choses ou par la loi,
06:49par les réseaux sociaux, par les plateformes, par tout ça.
06:51Vous avez coupé vos réseaux à ce moment-là ?
06:54Je n'ai pas voulu couper mes réseaux parce que déjà, je ne savais pas comment réagir.
06:58Je les ai laissés à quelqu'un qui me voulait du bien
07:01et qui me faisait remonter ce qui se passait de bien.
07:03Puis j'ai continué à faire comme si vraiment,
07:05j'étais tellement au-dessus que je ne recevais rien.
07:07Sauf qu'en fait, quand je montrais aux gens ce que je recevais en disant
07:11« Regardez, c'est à peu près ça la violence. »
07:14En fait, c'est tellement agaçant.
07:16C'est exactement la même histoire que la place d'une femme qui dit quelque chose
07:20dans le monde, c'est agaçant en fait.
07:23Et on n'a pas envie de devoir reconnaître qu'il y a un souci.
07:25Donc, on va préférer dire « Ça va, on n'a qu'à ne pas y penser. »
07:28Donc, même en essayant de faire vivre à quiconque exactement la même chose,
07:32ce ne sera pas possible.
07:32Même en disant 40 000, ce ne sera pas possible.
07:34Donc, toutes les personnes qui ont donné leur opinion et qui m'ont donné des conseils
07:38n'étaient absolument pas placées bien pour le faire.
07:41Et je ne force personne à bien se placer pour le faire.
07:43Mais du coup, j'invite plutôt les gens à ne pas trop en parler
07:46et à ne pas trop donner des conseils.
07:48Mais je crois que c'est le meilleur conseil que je puisse donner,
07:52c'est de ne jamais écouter les conseils à ce moment-là.
07:54Et est-ce que ça a joué, le fait que ce soit avant Me Too ?
08:00J'ai envie de dire que oui.
08:02J'ai envie de dire que c'était...
08:06Je ne sais pas...
08:08Il n'y avait pas un problème de libération de parole, je pense, avant Me Too.
08:10Il y avait un problème de libération des oreilles d'en face,
08:12parce que les femmes ne se sont jamais tues.
08:14À aucun moment dans l'histoire, on n'a jamais eu de femmes féministes.
08:17On n'a jamais eu de femmes qui trouvaient la condition des femmes normales.
08:20Le fait de ne pas pouvoir voter, de ne pas pouvoir avoir de compte en banque.
08:22Toutes les injustices qui ont toujours été faites aux femmes ont toujours été dites.
08:25Ce n'étaient pas les voix le problème, c'étaient les oreilles en face.
08:28Et en fait, effectivement, Me Too a aidé parce que d'un coup, on n'était plus seule.
08:33Celles qui parlaient, celles qui décidaient de prendre la parole,
08:36parce que ça, vraiment, ça s'est fait.
08:38Puis ensuite, ça s'est moins fait. Puis ça s'est refait.
08:40Il y a toujours eu des backlashs.
08:41Donc ça a toujours...
08:42En fait, les femmes ont toujours été punies à chaque fois qu'elles ont dit quoi que ce soit.
08:45Et ensuite, on passait sous silence le fait qu'il y en avait qui avait déjà été punie avant.
08:48Ce qui fait que celle d'après refaisait les mêmes choses.
08:50En fait, on réinvente la roue avec le féminisme à chaque fois.
08:52Et c'est parce que les histoires des femmes ne sont jamais mentionnées
08:55et ne sont jamais passées les unes aux autres
08:57qu'on a l'impression, à chaque nouvelle génération, qu'on fait un truc fort.
09:00En fait, tout le monde l'a déjà fait avant.
09:01C'est juste que personne n'en a jamais rien eu à faire
09:04et qu'on a toujours été, en l'occurrence, ignorés.
09:07Et là, avec Me Too, ça a permis
09:12juste qu'on soit plus nombreuses à raconter certaines choses.
09:16À se sentir moins seules, peut-être.
09:17Ouais, mais en fait, c'est horrible de devoir dire que
09:23il va refalloir un Me Too dans quelques années pour que ça se repasse.
09:27Et ça, ça me fait mal dans mon cœur parce qu'encore une fois,
09:29je pense que je n'étais pas la première à dire des choses.
09:31Je pense que les femmes ne se sont pas tues depuis toutes ces générations
09:34avec les violences physiques et morales qu'elles subissent.
09:37Et je me dis juste que ça me rend un peu triste parce que
09:41en fait, c'est horrible que ce soit notre condition de victime qui nous fédère.
09:47Et qui nous fasse nous dire bon, ça y est, voilà les femmes.
09:51Au moment où moi, je parlais de harcèlement de rue,
09:53encore, je parlais de harcèlement de rue, je parlais même pas.
09:54Je n'ai même pas commencé à rentrer dans le quotidien
09:57de ce que c'est qu'être une femme en général, juste dans le monde.
10:01Et toutes ces femmes qui ont parlé pendant Me Too,
10:07c'est aujourd'hui, je ne sais pas si elles reprendraient la parole
10:10parce qu'en fait, encore une fois, c'est à chaque fois,
10:12à chaque exemple de femmes qui a parlé, à chaque exemple de Me Too,
10:15il y a eu un effort fait pendant un an, deux ans.
10:17Puis maintenant, c'est chiant.
10:19Moi, je vois les chiffres et les résultats des recherches
10:22du Haut Conseil à l'égalité.
10:23Je vois comment les choses évoluent et je me dis,
10:26j'aimerais être hyper optimiste,
10:27mais le problème, c'est que je vois la roue se réinventer
10:30et ça va recommencer comme ça.
10:31Et oui, Me Too a permis que je sois juste plus seule,
10:35mais ça n'a jamais réparé rien.
10:38Me Too a été en fait un énorme cataclysme parce que pendant ces quelques années,
10:41au moins, je me disais, j'étais seule, mais peut-être que j'avais tort.
10:45Peut-être que j'avais mal dit les choses.
10:47Sauf qu'en fait, ça m'a confirmé que non seulement j'avais été seule
10:50pendant deux ans pour rien, parce qu'en fait, maintenant,
10:52quelque chose se levait, mais que c'était encore plus dramatique
10:55que ce que j'avais pu imaginer.
10:56Donc oui, c'est sympa.
10:58Et dix ans plus tard, du coup, quasiment dix ans plus tard,
11:01ça reste quoi ce cyber harcèlement ?
11:03C'est un traumatisme.
11:04Comment ça se passe aujourd'hui sur les réseaux pour vous ?
11:07Aujourd'hui, je n'ai plus trop peur parce que je ne vois pas trop
11:10ce qui pourrait me tomber dessus, qui ne m'est pas déjà tombé dessus.
11:12Et je me dis surtout.
11:16C'est en fait le vrai problème de tout ça, c'est que c'est exactement
11:19comme encore une fois, c'est juste une si c'est juste qu'on prend une loupe
11:23et on regarde mon cas.
11:24Si on dézoome, on voit bien que c'est le reste.
11:27On dit souvent aux petits que le plus intelligent, c'est celui qui arrête.
11:30Ça veut dire celui qui ne rend pas les coups, celui qui ne répond pas.
11:32Et c'est ce qu'on dit aussi aux femmes sur Internet.
11:34C'est attends, si t'es plus intelligente qu'eux, tu ne leur réponds pas.
11:36Tu les ignores.
11:37Donc en fait, moi, j'ai passé ma vie à ne pas répondre, à garder en moi
11:40ce truc là. Aujourd'hui, j'ai plus trop peur.
11:41Donc, en fait, s'il faut que je leur réponde une fois de temps en temps,
11:45quelque chose de juste, juste parce qu'en fait, j'ai aussi besoin.
11:48J'ai le droit d'être en colère.
11:49J'ai aussi besoin parfois, moi aussi, de la faire sortir, cette colère,
11:54parce qu'elle n'est pas à moi.
11:54Toute cette haine que j'ai reçue, c'est pas la mienne.
11:56Donc, je veux bien faire des retraites silencieuses
11:59et respirer très profondément.
12:02Mais il y a des moments où j'ai envie de leur répondre
12:04et j'ai envie de leur montrer que je suis là et que j'existe.
12:05Et qu'en fait, ça ne me fait vraiment pas peur ni rien du tout.
12:08Et ce n'est pas juste leur montrer que ça ne me fait pas peur.
12:10C'est juste, c'est très difficile dans la position dans laquelle on est
12:16d'être the bigger person, justement, d'être la plus intelligente,
12:19parce que je ne suis pas plus intelligente si je le suis beaucoup plus.
12:23Mais dans une certaine mesure,
12:24je ne vois pas en quoi c'est plus intelligent de garder ça en soi
12:26et d'avoir un ulcère ou d'aller payer très cher des thérapies.
12:30Du coup, j'ai décidé de rester sur Internet
12:32parce qu'en fait, c'est l'endroit où je me sens le mieux sur terre.
12:34Et je me suis dit,
12:36moi, je ne cèderai pas, pas moi.
12:39En fait, si je n'ai pas cédé à ce moment là,
12:41je ne vois pas ce qui me ferait céder là.
12:44Je ne sais pas ce que je referais différemment
12:46si jamais c'était à revivre maintenant.
12:47Je pense que j'aurais une attitude hyper différente.
12:49Je ne pense pas que je serais beaucoup plus sage,
12:51je serais beaucoup moins en colère.
12:52Mais je me dis juste là, s'il me réarrivait une histoire.
12:55Encore une fois, il y a quelque chose de viscéral
12:58qui me dit que je fais bien de le faire,
13:00parce que sinon, ça ne m'aiderait pas autant en colère.
13:03Maintenant, on va s'interroger ensemble sur l'attitude des plateformes
13:07face à ce cyberharcèlement.
13:08X, Facebook, Instagram, TikTok, Snapchat,
13:11tous ont leur part de responsabilité aujourd'hui.
13:14Pour vous, est-ce qu'il y a un réseau social
13:17qui ressort de ce cyberharcèlement ?
13:19Il y en a un qui est plus, on va dire...
13:21Mon préféré ?
13:23Le pire.
13:23Le pire ?
13:24Le pire pour moi, c'est le feu Twitter.
13:29C'est X.
13:29Pourquoi ?
13:30Parce que c'était...
13:32Alors, c'était une autre époque.
13:34Avant que quelqu'un d'autre le rachète et rechange le nom.
13:37Avant qu'on puisse d'ailleurs mettre le double de signes,
13:39donc on pouvait vraiment juste mettre une petite menace de viol et partir.
13:44C'était...
13:46Il ne répondait absolument jamais à aucune des
13:49des demandes que je faisais de signalement de compte.
13:53J'avais trouvé...
13:54Enfin, j'avais trouvé mon équipe, j'ai envie de dire mon équipe,
13:56parce que je n'étais vraiment pas seule et je ne pouvais pas être seule à ce moment-là.
13:59J'avais trouvé toute une guideline de comment me cyberharceler.
14:03Donc, une organisation, il fallait avoir ça dans son nom.
14:07Dans son...
14:08Dans son Twitter.
14:09Vous voulez dire les personnes qui organisaient des raids numériques contre vous ?
14:12Exactement.
14:13C'était vraiment très, très, très organisé.
14:15Il fallait avoir ça en commun.
14:17Fallait au moins se suivre par deux, par deux.
14:19Et ensuite, ils faisaient en sorte tous les jours d'essayer de faire monter
14:22en trending topic des hashtags assez affreux, évidemment, qui me concernaient.
14:28Partager beaucoup de photos, beaucoup de choses comme ça.
14:30Et en fait, à chaque fois que je signalais,
14:34le réseau répondait non, non, ça n'en ferait pas les règles.
14:37Et moi, j'étais là, quand même, un peu quand même.
14:41Et en fait, je pense qu'il n'y en a pas un qui s'en est sorti
14:44parce qu'il était meilleur que les autres.
14:46Il y en a juste...
14:49Juste les réseaux les plus jeunes qui n'existaient pas encore
14:51ou qui existaient depuis trop peu de temps
14:54n'étaient juste pas ceux qui étaient le plus habité.
14:55Mais tout ce qui est Facebook, tout ce qui est Twitter, évidemment, c'était l'enfer.
15:00Et vous avez pensé à aller porter plainte ?
15:02Non, parce qu'à l'époque, il y avait un problème avec la loi aussi.
15:04C'était qu'apparemment, personne de notre gouvernement n'avait jamais été sur Internet.
15:08Et donc, personne ne savait qu'Internet, c'était comme dans la vie
15:11et qu'il fallait faire des lois similaires
15:13pour ce qui se passe dans la cour de récré et ce qui se passe en ligne.
15:16Et en gros, par exemple, il fallait que je fasse faire un constat d'huissier,
15:19comme un constat d'accident de voiture.
15:20Ça voulait dire, comme les captures d'écran ne faisaient pas foi devant un juge,
15:24qu'un huissier allait devoir se connecter et écrire à chaque fois,
15:28constater ce que lui lisait, ce que lui ou elle lisait
15:31et faire des rapports sur mes comptes avec mon nom, avec ma mention.
15:35Et donc, ça voulait dire des heures et des heures et des heures et des heures
15:37à payer un ou une huissier, bref, à payer une personne dont c'est le métier.
15:43Plus mêlé à ça, moi, je n'avais pas envie d'en choisir cinq au hasard
15:46parce qu'évidemment, ils allaient me faire pitié.
15:48Je veux dire, je comprends que quand on en vient à ce niveau-là
15:51de menacer de mort, de viol ou d'insulter quelqu'un
15:56jusqu'à dans la rue, jusqu'à dans tous les espaces où j'existe,
16:00on ne doit pas être très heureux, forcément.
16:02Et donc, moi, je sais très bien que mise en face de ces personnes-là,
16:04j'aurais plus envie.
16:05J'aurais plus envie de leur dire, va voir quelqu'un, peut-être.
16:09Et je n'ai pas envie, en fait, de choisir cinq personnes au hasard.
16:13C'est trop frustrant.
16:15Moi, ce n'est pas cinq personnes au hasard qui m'ont insultée.
16:17Et ce n'est pas en en prenant cinq pour dire, regardez,
16:20c'est pour donner la leçon aux autres.
16:21Non, moi, j'aimerais bien que tous y payent.
16:23Tous, individuellement.
16:25Et quand vous voyez là, actuellement, les projets de loi
16:27qui sont proposés par le gouvernement, ça vous fait sourire ?
16:30Ce n'est pas suffisant ?
16:31Ce n'est pas que ce n'est pas suffisant.
16:32En plus, j'ai énormément été sollicitée.
16:34C'est-à-dire que d'abord, on a attendu vraiment que je me fasse lyncher
16:36publiquement pour décider que peut-être j'avais une légitimité
16:39à parler de quelque chose.
16:40Et ce qui s'est passé, c'est que j'étais absolument
16:43dans toutes les plus grandes instances où on pouvait faire bouger les choses
16:46parce qu'on nous vend ça souvent.
16:47Tu sais, il ne faut pas qu'on soit en colère
16:49parce que sinon, on ne sera pas entendus.
16:51Il faut qu'on soit patiente parce qu'une fois qu'on sera dans le système,
16:53on pourra changer les choses de l'intérieur.
16:55Grande nouvelle, non, non plus,
16:58parce que cette patience, ce calme, tout ça exemplaire
17:01a existé et je l'ai eu.
17:03Et je suis arrivée à ces endroits-là où en fait,
17:05les lois qui sont mises en place, les idées de lois qui sont mises en place,
17:09les idées d'initiatives ne sont pas à la portée des personnes
17:12qui se font cyber harceler.
17:13C'est-à-dire que c'est super au niveau de noter dans la loi,
17:16mettre des amendes, etc.
17:17Mais après, combien de démarches pour réussir à prouver
17:20que ce n'est pas juste une parole contre une autre ?
17:21C'est super de mettre des lois qui disent bon, si tu fais ça,
17:25tu en cours tant d'amendes.
17:26Mais est-ce qu'il n'y a pas quelque chose de plus pratique,
17:29de plus automatique, quelque chose qui sera plus à la portée des personnes
17:33qui sont jeunes, seules,
17:36pas aidées forcément, qui n'ont pas envie d'aller voir la police ?
17:38Est-ce qu'on ne pourrait pas former la police ?
17:40En fait, encore une fois, c'est des choses qui sont loin des gens.
17:43Mais à l'image de notre société et du monde, comment ils fonctionnent ?
17:45C'est les gens qui nous défendent ne nous ressemblent pas.
17:49Et ils nous ressemblent.
17:51Et donc, ils font des lois pour des choses.
17:53Ils ont peut-être l'habitude, le potentiel, le temps, les ressources.
17:58Qu'est-ce qui se passe si Stéphanie, qui habite dans le Loir-et-Cher
18:00et qui a 15 ans et qui se fait hyper harceler, ne sait pas quoi faire ?
18:03Elle ne sait pas quoi faire.
18:04Et ce n'est pas ces lois-là qui vont changer quoi que ce soit pour elle.
18:08Ils ont réussi à mettre un truc super avec Adopi
18:11parce qu'il y a des intérêts financiers derrière, à mon sens.
18:13C'est que oui, on ne va pas voler de l'art parce que l'art est quelque chose d'élitiste.
18:17Et puis, de toute façon, il ne faudrait pas que les personnes
18:19qui ne peuvent pas s'acheter de l'art le volent.
18:21Par contre, quand il s'agit de devoir aller porter plainte,
18:23il faut aller physiquement dire, excusez-moi, il s'est passé ça.
18:27Et donc, il faut faire face à une personne à qui on expliquerait
18:29pourquoi est-ce que c'est violent de se faire harceler en ligne ?
18:31Pourquoi est-ce que si c'est redondant, c'est dangereux ?
18:33Et pourquoi, en fait, est-ce que plusieurs fois par an,
18:36il y a des adolescents qui se suicident et des adultes aussi, j'en suis sûre ?
18:39Mais que bon, on attend que...
18:42Je ne sais pas ce qu'on attend.
18:43Et effectivement, les lois ne sont pas adaptées aux réelles personnes qui vivent ça.
18:48Et quand vous voyez l'émergence de nouveaux réseaux sociaux,
18:50je pense à Telegram, à Signal, qui ne sont vraiment pas modérés,
18:54où il y a quand même beaucoup de groupuscules masculinistes qui y sont.
19:00Ça vous fait peur ?
19:01Alors, j'aimerais vous dire que je sais ce que c'est que Telegram et Signal,
19:04mais à mon sens, ce n'était pas juste des messageries à la base.
19:07C'était des messageries.
19:07Alors, je me dis que c'est important que ça existe,
19:10parce qu'en fait, on ne pourra jamais interdire ça.
19:12C'est important qu'on sache où se trouve le fond des enfers,
19:17on va dire, pour chacun et chacune.
19:19Moi, je n'achète pas les magazines dont je sais que les opinions politiques
19:22ne sont pas les miennes et je sais juste où ne pas aller.
19:25Je pense qu'il faut que ça continue d'exister,
19:26parce que le monde est quand même très bien fait.
19:28On a inventé la liberté d'expression pour justifier l'aisance
19:33et l'audace un petit peu culottées qu'ont beaucoup de personnes
19:36à ouvrir leur bouche quand on ne leur a pas demandé.
19:37Mais il faut que ça existe, parce qu'en fait, plus ça va être quelque chose
19:40contre lequel on va lutter.
19:41Moi, je n'ai pas vocation à lutter contre ces choses-là.
19:43J'ai juste vocation à m'en éloigner le plus possible
19:45et à décider que je ne ferais pas partie de ce groupe-là.
19:48Donc, je me dis qu'il faut que ça existe quelque part,
19:51parce que c'est ça qui crée des guerres.
19:52Sinon, c'est ça qui crée justement cet acharnement.
19:54C'est ça qui crée ça.
19:55C'est qu'on leur dit, vous n'avez pas le droit de penser ce que vous pensez.
19:58Si vous avez le droit, mais pensez-le par contre.
19:59Ou restez entre vous, ne dégoûtez pas les autres.
20:03Donc, que ça existe, c'est bien, que ce ne soit pas modéré.
20:06En fait, c'est encore une fois, je pense que c'est plus une aide psychologique
20:09qu'il faudrait apporter aux individus et aussi aux plateformes,
20:13leur faire comprendre que, je ne sais pas, je pense que c'est
20:17un peu un problème qui va être redondant.
20:20Oui, c'est l'indignation qui marche sur les réseaux.
20:22C'est le fait d'être en colère.
20:23Ça marchera beaucoup plus.
20:24Les derniers trucs que j'ai fait qui ont marché,
20:26c'est parce que les gens qui me détestaient ont été encore plus en colère,
20:29alors que ce n'était pas du tout à leur égard que je faisais quoi que ce soit.
20:32Donc, je me dis, bon, si c'est l'indignation qui fonctionne,
20:36oui, les plateformes n'ont absolument aucun intérêt à aider quiconque.
20:39Juste, l'humanité ne va pas hyper bien,
20:43mais ce n'est pas les réseaux qui le créent.
20:44C'est que l'humanité n'a jamais été hyper bien
20:47et que là, juste, on a encore une autre loupe qui vient nous faire regarder.
20:51Vous avez fait partie, on va dire, de la première vague un peu de YouTubeuse.
20:54Il n'y en avait pas beaucoup à l'époque.
20:55Là, aujourd'hui, il y en a quand même beaucoup plus.
20:57Et quand vous voyez qu'elles se font, elles aussi, à leur tour, cyber harceler,
21:01vous dites quoi ? Rien n'a bougé en dix ans ?
21:03Rien n'a bougé.
21:04Rien n'a bougé en dix ans des lois, enfin des lois.
21:08Encore une fois, c'est un scandale de savoir qu'il y a effectivement
21:12des lois qui sont passées et que ça ne change rien pour les personnes
21:14qui utilisent Internet tous les jours,
21:17mais même pour les personnes qui n'ont pas des réseaux sociaux,
21:18même pour les personnes qui ne font pas de contenu en ligne.
21:21C'est un monde où, comme le monde, étonnamment,
21:26le pire dans tout ça, c'est qu'il arrive la même chose.
21:27À chaque fois, je vois les Twitcheuses qui commencent à parler et à raconter
21:30qu'ils font des deepfakes sur des sites avec des corps d'actrices
21:36avec de l'intelligence artificielle, avec des actrices pornographiques.
21:39À mon époque, c'était pareil.
21:41Ça ne s'appelait pas des deepfakes, c'était juste des bonnes personnes
21:43qui savaient bien utiliser Photoshop.
21:45Voilà, c'est des montages.
21:45Mais en fait, il y en a toujours eu.
21:47Et en fait, ce qui est fou, c'est de voir que c'est exactement la même chose
21:49et qu'à chaque fois, la nouvelle génération qui dit,
21:52qui dénonce ce qu'elle subit, quel que soit le sujet dont elle parle,
21:56c'est littéralement exactement la même chose.
21:58Et on essaye beaucoup de me dire ouais, mais elle, c'est pire
21:59parce que c'est plus encore, je suis là.
22:01Non, non, c'est la même chose.
22:02C'est la même chose.
22:03Et il y a déjà, encore une fois, on réinvente la roue.
22:05On fait revivre éternellement les mêmes choses.
22:07Je n'ai pas de...
22:14J'ai hâte que notre gouvernement et les personnes qui font les lois
22:18décident de mettre un peu vraiment des personnes qui sont expertes,
22:21mais pas juste des personnes qui sont expertes parce qu'elles ont fait des études.
22:23Les personnes qui sont expertes et qui sont concernées par les choses
22:26et surtout qui se rappellent que
22:27on n'a pas tous et toutes la capacité ni financière,
22:31les ressources intellectuelles ou d'éducation
22:33ou même juste la connaissance de comment fonctionne notre pays
22:36pour pouvoir faire quelque chose.
22:38Et que, encore une fois, c'est pour ces gens-là, moi, que je suis très inquiète.
22:42C'est pour les plus jeunes, c'est pour la génération d'après,
22:43c'est pour ceux qui ne font pas particulièrement de contenu,
22:45mais qui ont une vie en ligne et où je me dis, c'est...
22:48Justement, là, par exemple, vous diriez quoi à un jeune
22:51qui se fait cyber harceler actuellement ?
22:57Flûte ? Enfin, je lui dirais...
23:01Je ne sais pas, en fait, je ne sais pas ce que je lui dirais.
23:04On ne peut pas demander à ces personnes de couper.
23:06Moi, maintenant, je ne couperai pas Internet parce que j'ai grandi avec.
23:09Alors, je ne suis pas née avec.
23:10Eux, ils sont nés avec. Ils ont une vie en ligne.
23:11C'est normal, c'est comme ça.
23:13Chaque innovation, chaque progrès, on va dire, a eu son lot de personnes
23:17qui y râlaient contre.
23:17Je pense que les gens ont râlé contre le frigo, en faisant en mode...
23:20Nous, à mon époque, on conservait les fromages sur le report de la fenêtre.
23:22Et voilà. Donc, je vois tout le monde dire, c'est vraiment très mal, Internet.
23:26Non, en fait, c'est vraiment très bien aussi.
23:27Je pense juste qu'il faut qu'il y ait des sanctions qui soient réelles
23:31et qui soient beaucoup plus, beaucoup plus effectives.
23:35Parce que l'idée, c'est de dissuader vraiment.
23:38Parce qu'imaginez sur tout ce que moi, j'ai vécu comme cyber harcèlement,
23:41si j'en avais choisi cinq qui avaient peut-être eu du sursis et 1000 euros d'amende.
23:45Vous imaginez que les 40 000 autres, ils auraient fait qu'est-ce qu'on s'en fout ?
23:49On a littéralement, je ne sais pas, je suis nulle en fraction,
23:52une chance sur un million d'être chopé dans la masse.
23:55Il faudrait que ce soit beaucoup plus efficace que ça.
23:57Et là, pour le moment, ça ne l'est pas.
23:58Donc, je ne sais pas, je ne dirais pas, je ne dirais à personne de quitter les réseaux.
24:01Je dirais aux parents au maximum de faire attention
24:03à ce que leurs gamins ne soient pas le cyber harceleur,
24:05parce que souvent, ils ont peur que leurs gamins se fassent cyber harceler.
24:08Mais en fait, on est tous et toutes capables de cyber harceler quelqu'un.
24:12Et parfois, on ne le fait pas exprès.
24:13Parfois, on ne se rend pas compte qu'on le fait.
24:14Donc, ma question, c'est comment c'est possible ?
24:16C'est comme les statistiques.
24:17Comment c'est possible qu'un enfant sur je ne sais combien soit cyber harcelé,
24:19mais qu'on ne nous dise jamais qu'un enfant sur je ne sais pas combien est cyber harceleur ?
24:23Même pas les enfants, même les adultes.
24:25En fait, la question, c'est
24:27que chacun se pose la question de son comportement en ligne.
24:30Encore une fois, il faut avoir le temps, il faut avoir les ressources.
24:31Donc, le truc, c'est que l'école devrait faire quelque chose depuis bien longtemps.
24:36Mais a priori, l'éducation, ce n'est vraiment pas la priorité.
24:40Mais ça ne l'a jamais été.
24:42Ça a été vraiment une des réponses que j'ai beaucoup données.
24:43Je pense qu'il faut s'éduquer sur la...
24:46On apprend à être civique les uns avec les autres.
24:48Et notamment, on apprend à aller voter.
24:50On apprend nos droits, nos devoirs de citoyen.
24:52On n'apprend jamais à ne pas menacer de mort ou de viol.
24:55Et on n'apprend rien sur le monde comme il est.
24:58Surtout, on n'adapte pas l'enseignement.
25:00Enfin, en technologie, j'ai appris à faire un porte-clés lumineux,
25:03mais j'aurais bien aimé, en technologie, plutôt qu'apprendre à faire ça,
25:06apprendre à me servir d'un...
25:08Voilà, il faudrait que ce soit adapté à cette génération-là.
25:11Et ça ne l'est toujours pas.
25:12Et donc, quand moi, je réponds que c'est l'éducation, on me fait...
25:15Autre chose ? Vraiment ? Je suis là.
25:17Mais vous êtes le gouvernement, donc l'éducation, ça devrait être quelque chose
25:20que vous pouvez avoir.
25:23Non ? Non.
25:25Donc, c'est un peu...
25:27Non, je ne peux rien dire.
25:29Juste qu'on a ce qu'on mérite.
25:32Et je ne parle pas des personnes en individuel,
25:33mais je parle que l'humanité a ce qu'elle mérite.
25:37Merci beaucoup, Marion Seyclin, de nous avoir livré votre témoignage
25:40et votre vision sur le cyberharcèlement.
25:43Si vous aussi, vous en êtes victime, n'hésitez pas à contacter le 30 18,
25:46le numéro national pour les victimes de violences numériques.
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