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  • il y a 2 ans
extrait

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😹
Amusant
Transcription
00:00Je me suis dit après tout pourquoi pas et puis c'est là qu'on a fait Harakiri, tout simplement, donc Harakiri on l'a fait fin des années 60.
00:11Le premier numéro est paru en septembre 1960 et il a été uniquement vendu avec des colporteurs dans la rue.
00:20Et puis il y a eu un numéro 2 et le numéro 3 a été en vente dans les kiosques, c'était le 1er décembre.
00:28Ça a cartonné rapidement Harakiri ou ça a pris du temps ?
00:31On peut dire que ça a vraiment...
00:41Je me laisse faire donc pour faire un journal.
00:45Est-ce que ça va...
00:46Alors ça a été la question, la question, la question, oui.
00:49Non.
00:50Je crois que ça a cartonné, on n'a pas été salué par la presse comme un nouveau confrère.
01:00Donc le premier numéro c'était des dessins de Bardia, des beaux dessins de Fred, tu vois.
01:07Je crois qu'on a commencé vraiment à cartonner, c'est quand on a trouvé le slogan Journal bête et méchante.
01:13Parce que c'est tout doucement, ça s'est mis en forme, il n'y avait pas de formule magique.
01:17On savait qu'on voulait faire un bon journal d'humour.
01:20On était influencé par un journal américain de l'époque qui était fantastique, qui s'appelait Mada.
01:25Ouais, c'est juste toujours.
01:26Ouais, mais enfin maintenant c'est devenu de la merde.
01:29À l'époque, c'était vraiment Le Grand Joël qui nous impressionnait.
01:33Donc, disons qu'on a commencé à bien fonctionner, disons que les ventes étaient comme ça au numéro 10.
01:42Et au numéro 10, on était interdit.
01:44On a été interdit pendant 7 mois.
01:47Énorme.
01:48C'est qu'à l'époque, ça rigolait pas quand même.
01:50Pour quelles raisons ?
01:51Bonjour pour la jeunesse, pornographie, toujours des conneries alors que tu le verrais.
01:55Moi c'était vraiment...
01:57Alors, moi je savais pas que ça existait cette putain de loi.
02:02Elle existe toujours cette putain de loi.
02:04C'est une loi, en tant qu'éditeur, on devrait tous, mais vraiment, aller foutre le feu à l'Assemblée Nationale tant qu'elle existe.
02:13Parce que c'est une loi de dictateur.
02:15Si tu veux, on te supprime un journal sans que tu puisses te défendre.
02:19C'est-à-dire qu'un ministre de l'Intérieur signe un arrêté.
02:26Et qu'il paraît dans le journal officiel.
02:28Toi, éditeur, t'es même pas au courant.
02:30Moi, c'est un gars qui lisait le journal officiel, je sais pas comment,
02:34il me dit, tiens Charon, t'as vu ton nom dans le journal officiel ?
02:40J'envoie vite chercher quelqu'un, chercher le journal officiel, et je vois,
02:45cette loi-là, elle a été établie en 1949.
02:49Sous le prétexte de préserver la jeunesse, tu vois,
02:52ça a été reté par les enculés de communistes, socialos, égaulistes,
02:56toute la morale, que ce soit d'un gauche ou de droite, tu vois,
02:59cette morale atroce, ces antilésirs, ces mecs, ces crapauds venimeux,
03:05qui ont envie de les écrabouiller à coups de talons.
03:09Mais ceux-là, c'est des crapauds que j'aime pas vraiment.
03:13Et ces gens-là ont fait cette loi qui permet d'interdire un journal sans jugement.
03:22Alors, on a même fait un angoulême spécial, c'est pour essayer de faire sauter cette loi-là.
03:29Parce que dans le code pénal, tout y est.
03:32Tu vois ce que je veux dire ?
03:33Si tu fais de l'appel au meurtre avec ton journal,
03:36le gars, il porte plainte pour l'appel au meurtre.
03:40Le meurtre, il peut même te faire saisir pour ton journal, tout de suite.
03:43Tu vois ce que je veux dire ?
03:44Tout est prévu dans le code pénal, donc il n'y a pas besoin de loi d'exception, tu comprends ?
03:49Qui soit-disant, parce que c'est toujours pour protéger la jeunesse, tu vois ce que je veux dire ?
03:54On t'interdit, donc, c'est grave.
03:57Et c'est pour ça que moi, ma république française,
04:00que j'ai tant aimé, les centilottes qui me faisaient rêver,
04:04Barra, Viala, qui criaient aux Vendéens,
04:07« Vive la République ! »
04:08Sur mon Vendée-Col, à la communale, j'étais heureux, mon cœur pâtait.
04:13Moi, j'aurais voulu être Barra, j'aurais voulu être Viala,
04:17et crier aussi, moi, « Vive la République ! »
04:19Et cette république française,
04:2320 ans après ma communale,
04:25mon petit journal a réparé,
04:27ils viennent me supprimer,
04:30ils viennent me supprimer mon journal,
04:32sans même que je sois
04:36consulté,
04:37sans même être convoqué,
04:39sans un juge,
04:40sans avocat !
04:41C'est énorme !
04:43C'est énorme, les gars !
04:44Vous êtes éditeurs, mais c'est énorme !
04:46Si vous vous laissez faire,
04:47si vous acceptez de vivre dans un pays comme ça,
04:50vous êtes battus d'avance,
04:52vous êtes pourris d'avance,
04:54la censure est là, de tous les côtés !
04:57On vous passe une photo dans votre journal,
04:59mais on vous interdit, sous ce prétexte-là !
05:01Tu vois ce que je veux dire ?
05:03La preuve, c'est que ça est arrivé quand on a fait
05:05la vague tragique à Colombey !
05:07Alors, d'accord, tu vois,
05:09on se sert de cette monnaie,
05:11quand on veut, t'as pas besoin,
05:13un triplé, et c'est tout,
05:15on te supprime, on te supprime !
05:17Et les socialistes l'ont aggravé,
05:20ces enculés de merde, de ringards,
05:22de vieux socialistes de merde !
05:24T'as vu, depuis leur diaphète,
05:26je savais que c'était des ringards,
05:28mais là, dans ce coup, ils ont attrapé
05:30une tête de vaincu, tu vois,
05:32alors elles sont encore plus ringards,
05:34la mère Guigou, elle a des gouttres !
05:36Ah bon, avec un pied, elle en a 5 !
05:40La mère Aubry, elle ressemble
05:42de plus en plus à son père,
05:44elle trottine ensemble de plus en plus
05:46à Delors, tu vois, elle doit se raser
05:48tous les matins, maintenant !
05:50Tout ça, ça a chopé une gueule de ringards,
05:52comme c'est pas facile, tu vois,
05:55Ils l'ont aggravé, cette loi-là,
05:57c'est-à-dire que d'un jour au lendemain,
06:00tu présentes le professeur Charon
06:03alcoolique, hein, ça c'est mes pensées,
06:06dans le contexte de Champagne aux fruits,
06:08maintenant !
06:10Sous un jour favorable,
06:12tu contreviens aux codes de la santé.
06:15Si tu présentes le professeur Charon
06:18en train de fumer ses 80 cigarettes
06:20par jour, pas le moins,
06:22et tout ça, c'est un jour favorable,
06:24tu contreviens aux codes de la santé.
06:27Si dans ton journal, tu dis,
06:29cet enculé-là, c'est un sale nègre,
06:31et que tu le penses vraiment,
06:34là, si tu te fais de la discrimination raciale,
06:37tu te rends compte,
06:39t'as même plus le droit de parler,
06:41mais appeler parlant vraiment.
06:43Quoi ? T'es un juif ? T'es un juif !
06:45T'es un nègre ? T'es un nègre !
06:47T'es un blanc ? T'es un blanc !
06:49Alors, comment on va s'appeler ?
06:51T'es un nègre !
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