00:00Il est 18h01, nous sommes en direct sur CNews et sur Europe 1 avec Catherine Ney.
00:04Bonsoir Catherine, avec Julien Drey, bonsoir mon cher Julien, nostalgique de François Zardy,
00:09j'en suis absolument persuadée.
00:11Tous les garçons et les filles, c'était mon truc.
00:12Oui, moi c'est plus sans aucun prétexte, comme vous l'avez entendu.
00:15Geoffroy Lejeune, bonsoir à vous, patron du JLD, Tatiana Renard-Barzac, bonsoir,
00:19et Jean-Sébastien Fergeult, directeur du site Atlantico.
00:22On va commencer hélas par le spectacle de la politique,
00:26parce qu'on voudrait parler de chansons,
00:27mais il y en a une autre qui est en train d'être entonnée,
00:30notamment du côté des Républicains, qui prend l'air d'une petite pièce de théâtre.
00:36On va rejoindre notre envoyée spéciale, Elodie Huchard,
00:38vous êtes avec Jean-Laurent Constantini, cette fois devant le siège des Républicains.
00:42Racontez-nous, cet après-midi, rocambolesque chez les LR. Elodie.
00:49Rocambolesque, Laurence, et je ne sais pas si elle est tout à fait terminée,
00:53puisqu'il y a eu d'abord ce matin ce siège des Républicains qui a été fermé.
00:57On a d'abord demandé aux salariés de quitter leur poste,
01:00de se mettre en télétravail cet après-midi,
01:01et puis la porte des Républicains s'est véritablement, symboliquement fermée.
01:06Il y a eu ce bureau politique à 15h, deux enseignements à en tirer.
01:10Le premier, Éric Ciotti, est exclu du parti.
01:12Le deuxième, c'est une direction désormais collégiale,
01:15Annie Gennevard jusque la secrétaire générale,
01:17François-Xavier Bellamy qui avait mené la liste LR,
01:19et puis Daniel Fasquel, le trésorier.
01:22Et donc, à l'issue du bureau politique,
01:24eh bien, ils ont tout simplement considéré
01:26qu'il était normal de prendre possession des lieux.
01:28Ils se sont donc rendus du musée social
01:29où avait lieu le bureau politique au siège des Républicains,
01:32qui était fermé.
01:33Peut-être avaient-ils oublié qu'Annie Gennevard disposait du double de clé,
01:36parce que c'est bien cela qui s'est passé.
01:38La nouvelle coprésidente a tout simplement ouvert le siège, aidée par ses collègues.
01:42Et puis, pour l'instant, ils sont encore certains à l'intérieur.
01:45En ce moment, la commission nationale d'investiture est en train de se terminer.
01:49Le président des députés, Olivier Marlex, vient de nous le dire à l'instant.
01:53Surtout, les députés sortant LR sont réinvestis par le parti,
01:56sans aucun accord avec le Rassemblement national, à deux exceptions.
01:59Une, vous l'aurez compris, c'est assez évident, Éric Ciotti,
02:01et deux, Sabine Aume au Conseil départemental, Christelle Bintorny,
02:04qui est également députée dans les Alpes-Maritimes.
02:07Alors, évidemment, du côté des Républicains, on n'en peut plus de cette journée.
02:11Tout à l'heure, Aurélien Pradié nous disait, les conneries, il faut arrêter,
02:13parce que cette commission nationale d'investiture et ce bureau politique,
02:16certes, ils se sont tenus.
02:17Je viens de vous parler des décisions qui ont été prises.
02:19Problème, Éric Ciotti ne les reconnaît pas.
02:21Il a dit, d'ores et déjà, qu'il restait président du parti,
02:23puisque le bureau politique n'a pas été convoqué, comme les statuts le prévoient.
02:28Et puis, il ne reconnaîtra sans doute pas, non plus,
02:30les résultats de la commission nationale d'investiture.
02:32Donc, une après-midi chargée, mais surtout pour rien, du côté des Républicains.
02:36Merci beaucoup, Élodie Huchard, avec Jean-Laurent Constantité.
02:39Vous nous avez fait vivre ce feuilleton avec passion.
02:43Éric Ciotti sera l'invité exceptionnel de Christine Kelly, tout à l'heure,
02:46dans Face à l'info à 19h. On verra ce qu'il pense de tout ça.
02:48Catherine Ney, là, on insiste, je trouve, à la dégringolade de la politique.
02:53Et si, encore une fois, c'est ça qu'ont compris les états-majors
02:56du message qui a été envoyé dimanche par les électeurs,
02:59je pense qu'ils n'ont rien compris.
03:00Quel est votre avis à vous, Catherine Ney ?
03:02Que la décision unilatérale d'Éric Ciotti,
03:06qui s'explique aussi par sa situation personnelle dans son département,
03:11mais pose aussi un problème plus large pour les LR,
03:15quelle est la meilleure façon de survivre ?
03:18Parce que c'est un groupe très divisé.
03:21Il y a évidemment le clan des Chiraciens qui disent
03:24« pas d'alliance avec le LR ».
03:26D'autres qui disent « surtout pas d'alliance avec Macron, on ne le rejoint pas ».
03:29Et puis d'autres qui disent « il n'y a qu'une solution,
03:32c'est juste un accord électoral avec le Rassemblement national ».
03:36Et donc, là, Ciotti qui a pris les devants d'une chose
03:41qui fait que maintenant il est le bouc émissaire,
03:44celui que tout le monde vaut.
03:47Je veux dire, il reçoit énormément de coups de signe, de soutien de gens,
03:51mais vous avez raison.
03:52Et surtout, pourquoi ?
03:54Alors, bien sûr, la morale...
03:56On se souvient, vous savez, c'était du temps du Front national,
04:00quand le maire de Lyon, Michel Noir, avait dit
04:05« il vaut mieux perdre son âme, perdre une élection, que perdre son âme ».
04:09Alors là, il avait été adoré par la gauche,
04:11parce qu'un type de droite qui veut perdre une élection en profit de la gauche
04:13est sûrement toujours un héros, c'était formidable.
04:16Mais à l'époque, on pouvait comprendre aussi,
04:18parce que le père Le Pen était un antisémite,
04:21il avait fait des déclarations et plusieurs fois,
04:23donc il n'y avait aucun doute.
04:24Là, c'est autre chose, le Front national,
04:26on ne peut pas lui reprocher,
04:29tous les péchés qu'on reprochait au père, on ne peut pas.
04:32Le problème aujourd'hui pose plus de la capacité du Rassemblement national
04:38à diriger le pays et à voir les bonnes solutions.
04:41Voilà, c'est plus ça.
04:42Je vous passe la parole dans un instant, Julien Dray,
04:44mais j'aimerais qu'on écoute les Français,
04:45parce que moi, j'en reviens toujours au même point,
04:47c'est-à-dire qu'en pensent ceux qui ont voté dimanche,
04:49quel que soit le vote qui les a glissés dans l'urne ?
04:52On va écouter leur réaction.
04:53Ils ont été interrogés à Nantes par Jean-Michel Degas.
04:57Quelqu'un comme Éric Ciotti, pour moi, c'était prévisible.
05:00C'est quelqu'un qui tenait le même discours que le RN.
05:03Je trouve que c'est une grande trahison d'égoïste.
05:06On se retrouve dans des situations où tout le monde veut avoir sa bonne place,
05:10qu'il soit de droite ou de gauche.
05:12Ils ont quand même un programme qui est parfois similaire
05:14et des valeurs qui sont similaires.
05:15Bien sûr, la droite et l'extrême droite, c'est différent sur certains points,
05:18mais ça ressemble aussi sur beaucoup de points,
05:21donc ça ne m'étonne pas forcément, ça.
05:22Qu'ils se débrouillent, qu'ils arrangent leurs affaires entre eux et puis c'est tout.
05:26Il n'y a pas beaucoup de surprises et de stupéfactions du côté des électeurs, Julien Dray.
05:32Ils savaient déjà depuis longtemps ce qui pourrait se passer.
05:35Oui, enfin, ils sont forts, ils savaient déjà ce qui pouvait se passer.
05:38On les a entendus, là.
05:39Non, ils se posent plein de questions.
05:41Ils ont plutôt...
05:42Si vous me permettez, qu'est-ce qui s'est passé dimanche ?
05:44Je ne suis pas sûr que ce soit une adhésion au programme politique des formations.
05:47Je ne suis pas sûr que les 40 % des électeurs qui ont voté pour le FN
05:51étaient capables de répondre aux questions sur l'identité du FN.
05:54Il y a un énorme cri de colère qui vient de loin,
05:56qui n'a pas été entendu, qui n'a pas été respecté.
05:59Il y a eu plein d'échéances où, y compris, on ne leur a pas permis de voter
06:02puisque c'était des votes pour ou contre,
06:03et à un moment donné, on sentait bien que ça allait monter.
06:05Il y a quelques minutes, ça a explosé.
06:07Et donc, effectivement, les appareils politiques sont, pour une part,
06:10perdus parce que, dans la phase précédente, ils n'ont rien entendu.
06:14Donc, maintenant, il y a des reconstitutions.
06:15C'est souvent, d'ailleurs, dans les crises que les reconstitutions se font.
06:18Vous savez, quand il y a les tournants, il y a ceux qui restent dans les tournants
06:20puis ceux qui sont capables de prendre les tournants.
06:22Donc, tout le monde est en l'honnêteté
06:24et de dire que tout le monde est dans une situation difficile.
06:26Difficile, oui, à gauche comme à droite.
06:28Geoffroy Lejeune, sur ce qui se passe sur les LR,
06:30donc Eric Chottier exclu, mais il reste à son poste.
06:33Il sera tout à l'heure sur notre antenne pour s'expliquer.
06:36Qu'est-ce qu'il faut y comprendre, en fait ?
06:38Je pense que la vraie nouvelle, en fait, de la soirée électorale de dimanche,
06:42c'était que, pour la première fois de son histoire,
06:45le Rassemblement national était en mesure de gouverner.
06:47Pour moi, c'est ça qui vraiment s'est produit.
06:49C'est-à-dire qu'au moment où Emmanuel Macron annonce la dissolution,
06:51on sait qu'il part presque favori
06:55et que s'il arrive à emporter l'adhésion chez certains alliés,
07:00des partis alliés ou des alliés politiques,
07:02il est peut-être en mesure, Jordan Bernalla est peut-être en mesure
07:04de se retrouver à Matignon et d'avoir les clés du pays pendant trois ans,
07:07même si on sait, le contexte de cohabitation, ça change un peu les choses.
07:10Ça ne m'était jamais arrivé, ça ne m'était jamais arrivé.
07:12Marine Le Pen, quand elle est au second tour de la présidentielle,
07:14personne n'imagine qu'elle va gagner.
07:15Là, en l'occurrence, c'est la nouveauté.
07:17Je pense que c'est ça qui conduit Eric Chottier à ce changement de cap,
07:21parce qu'il a toujours été très clair sur le fait qu'il ne ferait pas d'alliance.
07:23Et là, en l'occurrence, Eric Chottier a la possibilité de devenir ministre
07:26et de gouverner le pays.
07:27C'est ça à quoi moi, je ne m'attendais pas du tout.
07:29On ne s'attendait pas à voir Emmanuel Macron rendre les clés en disant
07:32« débrouillez-vous jusqu'à la fin de mon mandat ».
07:34Donc, je pense que l'explosion, la technologie des plats qu'on est en train de voir,
07:37elle s'organise autour de ça.
07:39Et ce que je trouve assez intéressant, c'est que déjà,
07:42il n'y a aucun problème moral à imaginer la gauche s'unir,
07:45malgré tout ce qui s'est passé ces derniers mois.
07:46Par contre, il n'y en a rien à voir la droite et le RN s'unir.
07:49Comme toujours.
07:50C'est quand même un peu de près de mesure auquel on s'est habitué,
07:52mais bon, il faut le souligner.
07:53Et la deuxième chose, c'est que sur le fond,
07:56les électeurs, en réalité, ne seraient pas choqués.
07:57Je crois que les Républicains et le RN
08:00soient capables de se mettre d'accord sur un programme de gouvernement
08:02pour les trois années qui viennent sur les grands sujets
08:04où ils sont d'accord.
08:05Il y a beaucoup de divergences, de différences importantes,
08:07même culturelles, etc. entre ces deux partis.
08:09En revanche, sur l'essentiel des mesures à mettre en œuvre assez rapidement,
08:12je pense qu'ils sont d'accord.
08:13Patrina Rodard-Barzac, vous faites la même analyse ou pas ?
08:15Je pense quand même que le calcul d'Éric Ciotti, il est...
08:19C'est vrai qu'il y a une convergence de vues, si j'ose dire,
08:22depuis quelque temps entre Éric Ciotti et le programme du RN
08:24sur différents sujets, l'immigration, etc.
08:27Evidemment.
08:27Cela dit, je pense qu'il a quand même aussi en tête
08:29la façon dont il a fait cette démarche,
08:32qui est quand même assez extravagante aussi,
08:34dans le secret le plus absolu et dans la trahison totale
08:37par rapport à son parti,
08:38me semble quand même être un calcul tout à fait personnel.
08:41Je rappelle quand même qu'il veut sauver sa circonscription,
08:43il a des vues pour la mairie de Nice,
08:45et puis qu'à ce moment-là,
08:46il aura sûrement le poste de ministre de l'Intérieur.
08:48Mais il y a deux personnes qui ont fait des choses dans le secret
08:50depuis longtemps.
08:51Emmanuel Macron, on l'a dit, c'est plus sûr,
08:52et Éric Ciotti, le ralliement au RN.
08:54Mais si vous voulez, je pense qu'il y a quand même
08:55un calcul politique tout à fait clair.
08:57Mais dernière chose, il participe, malgré lui,
09:00ou il est assez content peut-être de le faire, je n'en sais rien,
09:03à la fracturation de la droite,
09:05qui est quand même à l'œuvre depuis longtemps.
09:06Emmanuel Macron a parié sur cette fracturation,
09:09a vidé de son contenu, déjà, de beaucoup de cadres,
09:12puisque beaucoup de ces cadres
09:13sont au sein même de ce gouvernement.
09:15Mais cela dit, on constate encore une fois,
09:17si on n'était déjà pas convaincus de ça,
09:19qu'il y a quand même 50 nuances de droite.
09:20C'est-à-dire qu'on remarque...
09:21Il y a 50 nuances de gauche.
09:22Oui, il y a plein de courants au PS,
09:24et c'est aussi du coup compliqué à gérer.
09:26Mais là, on voit quand même que c'est encore plus compliqué à gérer,
09:28parce que malheureusement, ça tourne souvent aussi au Vaudville.
09:30Regardez l'histoire des clés du parti, franchement...
09:32C'est quand même un double décret.
09:34Un tout petit mot, Jean-Sébastien, c'est la pause.
09:36Oui, ça ressemble un peu à fort à la mot.
09:37C'est pour ça que je ne comprends pas de la part d'Éric Ciotti
09:39pas tant le fait de vouloir négocier un accord
09:41avec le Rassemblement national.
09:43On n'est pas obligé de partager son avis,
09:44mais après tout, vous le soulignez,
09:46il y avait une convergence au sein de l'électorat de droite,
09:49comme sur un certain nombre de sujets,
09:51à commencer par l'immigration.
09:52En revanche, la manière dont il l'a fait, en quelque sorte,
09:54c'est planter l'accord en lui-même.
09:56C'est planter toute potentialité d'accord.
09:58On ne fait pas un accord contre son parti,
10:00contre les instances de son parti.
10:02On ne fait pas un accord sans avoir négocié son propre poids.
10:05C'est une cartouche à un coup.
10:07Vous voyez bien comment négocie la gauche.
10:08Il négocie jusqu'à la virgule pas des circonstances.
10:12Regardez, déjà, Jordan Bardena, il a dit entre 80 et 100.
10:15Déjà, si c'est entre 80 et 100, pourquoi pas 60 ?
10:17Éric Ciotti n'a rien obtenu.
10:19Quitte à faire une transgression aussi importante que celle-là,
10:23indépendamment même, une fois, de partager ou pas son choix,
10:26encore faut-il le faire en le maîtrisant.
10:28Quand on veut réussir une trahison,
10:31la condition pour que ce ne soit pas perçu comme une trahison,
10:33parce que ce sont les gagnants de l'histoire qui l'écrivent,
10:35c'est quand même de gagner, justement.
10:37Petite pause.
10:38On s'intéressera à ce qui se passe aussi à gauche
10:40dans le champ d'Einstein, sur CNews et Europe 1, tout de suite.
Commentaires