00:00Europe 1, Culture Média. 9h30, 11h, Thomas Hill.
00:04Merci beaucoup d'être avec nous pour la suite de Culture Média.
00:07Nos deux indispensables du jour sont là.
00:09Olivier Pouls pour Paris Gastronomie.
00:11Bonjour.
00:12Je vois que vous êtes venu avec une petite bouteille.
00:14J'ai du solide et du liquide.
00:16Ça fait plaisir. Et Olivier Benkemoun pour le cinéma.
00:19Surtout du liquide.
00:20Et liquide. Bonjour Olivier.
00:21Je suis très liquide.
00:22Merci d'être là ce matin.
00:23J'ai la chance de recevoir ce matin un Thomas mais qui a beaucoup plus de talent que moi.
00:28Il est musicien et chanteur.
00:30Monsieur Thomas Dutronc.
00:32Bonjour Thomas.
00:33Bonjour, merci de m'avoir invité.
00:34Si pour chanter, je vous confirme.
00:35Oui, effectivement.
00:36Il a largement plus de talent.
00:38Il a beaucoup plus de talent.
00:39Et on va l'entendre, on va le vérifier tout à l'heure.
00:40Il y a de la volonté chez Thomas aussi.
00:42Bien sûr, mais je n'ai pas ce talent de musicien.
00:44C'est un vrai musicien.
00:46Et vous êtes venu entrepuisé avec des guitaristes.
00:48Il faut travailler, c'est pour ça.
00:49C'est du travail ferme.
00:50Il faut y arriver.
00:51Avant de parler de votre nouveau single qu'on va découvrir tout à l'heure,
00:54on va dresser votre portrait sonore.
00:55Thomas, des petits sons pour mieux vous connaître.
00:57Voici le premier.
00:58Un petit garçon.
01:00Un petit garçon, il s'appelle comment ?
01:01Thomas.
01:02Il a une petite particularité ?
01:04Non, à part qu'il a les yeux bridés.
01:07On dirait un petit Chinois.
01:09Dans l'ensemble, on pense qu'il ressemble plus à son père qu'à moi.
01:14Les gens ont trouvé vite une ressemblance.
01:15Regarde, il a un grand nez alors.
01:18Alors vous êtes heureuse ?
01:19Ah oui, je suis très très très contente.
01:21Jacques Dutronc l'a ?
01:23Je l'attends.
01:25Il a été là tout le temps.
01:26Alors lui, il est fier ?
01:28Lui, il voulait attouper un petit garçon.
01:30Comme tout le monde en plus m'avait prédit que j'aurais une fille.
01:34Donc il était très content.
01:36J'enfermerai le nom de Jacques et on s'en occupe tous les deux.
01:39Voilà, c'était sûr.
01:40Je ne reconnaissais pas ce document.
01:42Vous pourriez me le donner ?
01:43On va vous l'offrir bien sûr.
01:44C'était le 18 juin 73.
01:48Votre anniversaire, c'est dans quelques jours d'ailleurs.
01:51Et alors votre maman qui dit les yeux bridés et un grand nez.
01:55C'est tout vous.
01:57C'est très fidèle.
01:58C'est ça, c'est ça.
01:59Vous dites que quand vous étiez petits,
02:01vos parents étaient de grands enfants,
02:02comme si vous aviez vécu tous les trois une jeunesse ensemble.
02:05C'était vraiment ça ?
02:06Oui, un petit peu de ça, c'est vrai.
02:09C'est drôle, c'est touchant les voix de l'époque aussi,
02:12le ton tellement gentil.
02:14Et ma maman qui attend mon papa déjà à l'époque.
02:18Qui l'attend.
02:19On dirait une jeune fille.
02:20Quand on l'écoute, elle est très jeune.
02:22Elle avait 30 ans,
02:23donc c'est finalement pas très vieux quand on y pense.
02:27C'était une époque où les médias vous appelaient le jour de l'accouchement.
02:29C'est quand même assez incroyable.
02:31Et les artistes répondaient.
02:32Ils répondaient bien sûr.
02:33On a perdu un peu cette tradition.
02:35C'est dommage, c'est dommage.
02:36Allez, extrait suivant.
02:51Alors ça, c'est « Jeux interdits » de Narciso Yepez.
02:56Vous avez décroché le bac, c'est mention très bien à 17 ans.
02:59Vous êtes en fac d'art plastique.
03:01Vous préparez le concours d'entrée à la FEMIS
03:02parce que votre but à cette époque, c'est de devenir réalisateur.
03:04Et là, à Noël, à la campagne,
03:06il y a un pote qui joue ça.
03:08C'était à la guitare, « Jeux interdits »,
03:10le pied sur la cheminée, j'imagine.
03:12Et là, c'est le death lick.
03:14Oui, c'est pas ce qui s'est passé d'un seul coup.
03:16Je ne sais pas, les émanations.
03:18Peut-être qu'il y avait une bûche d'un arbre de cannabis.
03:22Je ne sais pas, mais j'ai eu vraiment une espèce de death lick.
03:25Et donc, il y avait deux amis qui jouaient ça,
03:29qui jouaient le pénitencier aussi, les arpèges et tout.
03:32Et je ne sais pas, d'un seul coup, ça a été un death lick.
03:33Et en fait, après, j'ai réfléchi que j'écoutais beaucoup de guitare
03:36depuis que j'étais né déjà.
03:39Mais après, depuis que j'écoutais moi-même de la musique,
03:40depuis mes 12 ans, j'écoutais plein de trucs de Elvis,
03:43des trucs de Prince, de Chuck Berry, de Jimi Hendrix.
03:46J'avais acheté un coffret à 14 ans.
03:48En fait, j'adorais la guitare.
03:51Et d'un seul coup, je m'en suis rendu compte.
03:52Ce que je trouve fou, c'est de se dire que Thomas Dutronc,
03:55fils de deux grands chanteurs, a eu death lick pour la musique
03:57en voyant un pote jouer de la guitare.
03:59Je sais, c'est hyper bizarre.
04:01Alors qu'il y avait plus de proches, quand même.
04:04J'ai vu mon père jouer de la guitare, je crois, une fois ou deux seulement.
04:07Et ma mère chantait peu.
04:08Elle répétait des playbacks pour la télé ou la radio.
04:11Comme ça, avec un casque, des fois.
04:13Est-ce que c'est aussi parce que vous ne vouliez pas du tout
04:14faire la même chose que mon père ?
04:15Et en plus, je ne voulais pas faire la même chose.
04:17Il n'y avait pas de chanteur.
04:18Non, non.
04:20Au contraire.
04:21Et puis en fait, comme je croyais un petit peu au système à l'époque,
04:25toujours, c'est mieux un système mauvais que l'anarchie.
04:30Enfin, je ne sais pas, ça se discute.
04:31Mais moi, c'est mon avis et je le partage.
04:33Mais je suivais.
04:35Quand on est bon élève, c'est un peu la voie royale.
04:37C'est agréable puisque c'était un espèce de pacte de confiance avec mes parents.
04:40Je travaillais bien, donc ils me foutaient la paix.
04:42Je faisais ce que je voulais.
04:43Du coup, chez moi, j'avais plein de copains qui étaient tous très mauvais élèves.
04:45Mais leurs parents me faisaient confiance.
04:48Donc, on faisait les cons un peu ensemble.
04:50On faisait la fête et tout ça.
04:51Mais je faisais mes devoirs.
04:52Après, j'étais tranquille.
04:53Donc, j'avais confiance en ce système scolaire.
04:56J'aimais bien apprendre des choses.
04:57Et apprendre, apprendre, toujours apprendre.
05:00J'avais envie d'apprendre.
05:01Et puis, c'est vrai que cette fac dans laquelle je me suis retrouvé
05:03était un petit peu compliquée.
05:05Ça ne me convenait plus dans la méthode de travail
05:07et dans les sujets abordés aussi.
05:08C'était un peu bizarre.
05:10Vous avez oublié le cinéma.
05:11Finalement, vous êtes vraiment mis à la musique avec ça, en 2007.
05:27J'avais peur de chanter, là, putain.
05:28Vous le sentez ?
05:29Oui.
05:30J'ai une voix de Timothée Daugre.
05:32J'ai l'impression d'avoir 12 ans et demi.
05:34Mais elle est géniale, cette chanson.
05:35Elle marche toujours aussi bien.
05:36J'avais gagné les victoires de musique du public.
05:39J'étais vachement fier.
05:41Mais surtout, j'ai vu que, comme un manouche sans guitare,
05:43elle vient d'atteindre la barre du million d'exemplaires vendus.
05:46C'est quand même incroyable, ça.
05:48Ça a mis beaucoup de temps.
05:49Double diamant.
05:50Mais oui, double diamant, c'est quand même énorme.
05:52C'est devenu un classique.
05:53Les gens continuent à l'écouter, à l'acheter.
05:56Et qu'est-ce qui a fait que vous avez fini par vous lancer, vraiment ?
05:59Est-ce qu'il y a des gens qui vous ont encouragé à ça ?
06:01Je crois que Mathieu Chédine, notamment, vous a encouragé.
06:03Il m'a aidé à trouver des gens pour trouver mon chemin.
06:09Il m'a fait rencontrer mon tourneur Charles Binsman,
06:12qui est le patron de Guri Productions,
06:14qui m'a vraiment été fantastique.
06:16Cyril Houplin, qui m'a donné des conseils de mise en scène.
06:18Il m'a entouré d'une équipe pour m'aider à monter un premier spectacle, à l'époque.
06:23Mais avant ça, j'étais devenu fou de guitare.
06:26Moi, je ne voulais pas chanter.
06:27Je faisais beaucoup de guitare manouche.
06:28D'ailleurs, je garde aujourd'hui ce truc de musicien.
06:31Je joue encore beaucoup de musique.
06:33Ça me prend du temps de travailler la guitare.
06:37Oui, travailler la musique tout court.
06:39Pas que la chanson et le côté chanteur, le côté faire des disques.
06:42Je travaille aussi beaucoup.
06:43Je joue encore du jazz.
06:45Parfois dans Paris, parfois sous un faux nom.
06:47J'aime ça, je garde.
06:49Récemment, j'ai été jouer à Forbac.
06:51Est-ce qu'on peut s'arrêter une seconde sur cette affaire ?
06:54C'est quoi votre pseudo ?
06:56Je ne vais pas le dire, sinon après...
06:58Vous débarquez dans un bar, vous êtes avec votre guitare.
07:01Ça m'arrive, oui.
07:01Bonjour, c'est Michel.
07:02Ma nouvelle tournée, mon nouveau disque.
07:04Je vais peut-être le faire un peu moins, mais on verra.
07:05Vous mettez des perruques ? Vous mettez des lunettes ?
07:07Moi, toujours. D'ailleurs, là, j'ai une perruque.
07:09C'est un postiche.
07:11Quand je suis sur place, on dit qui je suis, mais à l'avance, je n'annonce pas.
07:15En plus, je fais quand même des vrais spectacles à Paris, répétés, avec des musiciens,
07:20avec une mise en scène, des trucs super.
07:22Après, c'est coincé au chapeau ?
07:24Non, on a un petit cachet de quoi...
07:27C'est marrant.
07:28De quoi se payer.
07:29Oui, voilà.
07:30Parce que ça me manquait aussi, cette époque-là, où tu peux jouer ce que tu veux.
07:34Je vous ai vu au Puce de Saint-Ouen.
07:35Oui, voilà.
07:36Parce que dans ces cas-là, tu peux...
07:38Un mec dit, tiens, tu connais ça ?
07:40Je dis, putain, je ne connais pas trop.
07:41Ben, vas-y, on le fait.
07:42Tu vois, ce n'est pas trop grave.
07:43Dans un spectacle que tu fais, tout est répété.
07:45On doit faire deux solos, pas trois.
07:47Sinon, ça va être trop long.
07:48Bon, moi, je ne suis pas comme ça.
07:49Des fois, ça déborde, mais...
07:50On va avoir le droit, tout à l'heure, à un petit concert privé, justement,
07:53de Thomas Dutronc, dans ce studio, avec ce titre.
07:55Il n'est jamais trop tard, qu'on découvre dans deux minutes.
07:58A tout de suite, sur Europe 1.
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