00:00D'abord l'édito international sur Europe 1, bonjour Vincent Hervouët.
00:03Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:05On parle des résultats des élections européennes dans les 27 pays de l'Union.
00:08Vincent, vous nous dites que l'homme malade de l'Europe, c'est la France.
00:12D'abord, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais on parle de la composition du Parlement européen
00:16une fois tous les 5 ans.
00:18On s'y intéresse, c'est ce matin normalement,
00:21et ce matin tout le monde s'en moque.
00:22Mais bon, on se croyait à J plus 1, mais non, on est...
00:26Ça fait que commencer, on est à J moins 21 en route pour la nouvelle cohabitation,
00:31mais tout le reste est insignifiant.
00:32On peut quand même essayer de parler des élections au Parlement.
00:35Vous savez, ce scrutin décisif pour l'Europe,
00:38vu les défis, sécurité, terrain économique, climatique,
00:41sans oublier la menace sur la paix, l'enjeu ukrainien,
00:43tout ce blabla répété en chœur depuis des semaines
00:48et que tout le monde a oublié hier soir à 21h02,
00:51quand Jupiter a renversé la table.
00:53Oubliez donc l'Europe, ce phare dans le brouillard
00:56qui nous indique l'avenir, évanouit le Parlement,
00:59cette tour de Babel peuplée d'apparatchiks en pré-retraite,
01:02d'anciens ministres et de spécialistes méritants
01:05qui arrivent en général tout frétillants
01:07et qui très vite font une petite dépression.
01:10Ça n'intéresse plus personne.
01:11Un mot quand même.
01:13D'abord, le centre droit reste le premier parti de l'Union européenne,
01:17le PPE avec 181 députés et sa présidente Ursula von der Leyen,
01:21la candidate naturelle à sa réélection.
01:24Rien ne va changer.
01:25Oui, alors ce vote là, justement, il aura lieu le 19 juillet.
01:28Avant les vacances, ça va limiter les marchandages
01:31parce que sa réélection, quand même, elle n'est pas acquise.
01:34Si l'on éditionne les voix du PPE,
01:36des socialistes, des libéraux, la majorité est ric-rac.
01:40Il suffirait que 10% de l'ensemble aillent à la pêche
01:43pour qu'elle soit virée.
01:44En général, ils sont beaucoup plus nombreux, les rebelles.
01:47Il y a même les élus du PPE comme François-Xavier Bellamy
01:50qui la combattent ouvertement, idem en Italie, idem en Slovénie,
01:55en Espagne, etc.
01:56Il faudra sans doute qu'elle obtienne en plus le soutien des Verts.
01:59La dernière fois, ils ont ainsi marchandé le Pacte Vert.
02:02Et puis peut-être aussi, il y avait aussi les Hongrois de Fidesz
02:05et puis les polonais de Droit et Justice
02:09qu'elle a ensuite combattu sans pitié.
02:11Elle est implacable.
02:12Elle va sans doute cette fois essayer de circonvenir les fratellis de Mme Mélanie
02:17au risque de faire fuir les sociodémocrates.
02:18Bref, le PPE va gagner.
02:20Mais sa présidente risque de tout perdre.
02:22Alors Vincent, on ne doit pas passer en revue individuellement
02:24les situations dans les 27 pays.
02:25Mais si on se concentre sur les pays les plus peuplés de l'Union,
02:28ça donne quoi ?
02:29Glissement à droite toute.
02:31La droite arrive en tête en France, en Italie,
02:33comme en Hongrie ou aux Pays-Bas.
02:34Elle est deuxième en Espagne, en Pologne,
02:36et même en Allemagne malgré les scandales.
02:38L'AFD, l'Alternative pour l'Allemagne,
02:40écrase les sociodémocrates.
02:42Le chancelier Scholz a passé une soirée aussi médiocre qu'Emmanuel Macron.
02:47Il a encaissé, sans imaginer de se venger sur le Bundestag
02:51de l'affront subi au Parlement européen.
02:53Si toutes ces droites ultra se rassemblaient,
02:55elles constitueraient le deuxième groupe au Parlement,
02:58derrière le PPE.
02:59Mais comme elles sont, comme les tribus gauloises
03:01en querelle permanente, notamment sur la Russie,
03:03eh bien le groupe Identité et Démocratie,
03:06celui de Marion Maréchal,
03:08qui joue à l'occasion le rôle de parti charnière,
03:10celui-là va se renforcer
03:12et sans doute supplanter le groupe des conservateurs et réformistes,
03:15celui de Jordan Bordela.
03:17Alors Donald Tusk, le premier ministre polonais
03:19dont le parti est arrivé en tête dans son pays,
03:21a expliqué qu'il ressentait une terrible tristesse pour la France.
03:24Oui, c'est sa déclaration solennelle hier soir.
03:26Et il est possible qu'il soit sincère.
03:28Si, si.
03:28La défaite d'Emmanuel Macron est d'autant plus éclatante
03:31qu'il ambitionne de jouer les premiers rôles en Europe.
03:34La crise politique qui vient de s'ouvrir en France
03:37fait la une ce matin de toute l'Europe.
03:39Il y en a même qui s'inquiètent pour les JO,
03:41devenus le cadet des soucis du gouvernement,
03:43puisqu'il n'y a plus de gouvernement.
03:45D'autres alignent la violence des faits divers de ces dernières semaines,
03:48la note de Standard & Poor's,
03:50le repli du Sahel sous les crachats,
03:52la révolte des agriculteurs.
03:54Ils ont tiré une conclusion implacable,
03:56l'Union va mal,
03:57mais la France est pire.
03:59C'est elle, désormais,
04:00l'homme malade de l'Europe.
04:02Signature Europe 1, Vincent Hervouet.
04:04Merci beaucoup, Vincent.
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