00:00 Ça y est, c'est la fin de cette campagne pour les élections européennes.
00:03 Ce dimanche 9 juin, les électeurs seront appelés aux urnes pour choisir leurs heureux députés.
00:07 Au total, 81 sièges sont en jeu côté français.
00:10 Ceux qui seront élus dimanche siégeront pour une durée de 5 ans entre Strasbourg et Bruxelles.
00:14 Si vous n'avez rien suivi à cette campagne, pas de panique.
00:17 On fait le bilan calmement en tirant 3 enseignements majeurs des semaines écoulées.
00:21 En cyclisme, on appelle ça une échappée.
00:23 Seul en tête, Jordan Bardelal n'a cessé de se détacher du peloton,
00:27 affichant dans les sondages une avance de plus de 15 points sur sa poursuivante macroniste Valérie Ayé.
00:32 En un an, il a progressé de quasiment 10 points dans les intentions de vote.
00:35 Une trajectoire irrésistible, parfaitement imperméable au bévu de sa campagne,
00:39 à l'image de son débat raté face à Gabriel Attal qui n'a pas provoqué le moindre effet négatif dans les sondages.
00:44 En présentant le scrutin comme un référendum anti-Macron, très loin des réels enjeux européens,
00:49 le président du RN a trouvé la formule pour creuser l'écart.
00:51 Au point qu'un score record dimanche n'est pas à exclure.
00:54 Autre effet de cette course en tête, la popularité de Jordan Bardelal dépasse désormais celle de Marine Le Pen,
00:58 auprès des Français, mais aussi auprès des sympathisants RN.
01:01 De quoi, peut-être, nourrir une rivalité entre les deux.
01:04 C'est, à vrai dire, le seul mouvement que les observateurs ont eu à analyser ces dernières semaines,
01:08 la progression continue du candidat PS Place Publique Raphaël Glucksmann.
01:12 Il se retrouvait tout près de doubler Valérie Ayé dans les intentions de vote,
01:16 un potentiel croisement des courbes qui a longtemps été redouté en Macronie.
01:19 Résultat, le chouchou d'Instagram s'est retrouvé sous les tirs croisés du camp présidentiel et de la France Insoumise.
01:24 Pendant que les uns le décrivaient, à tort, comme soumiser la nupèce et donc à El-Effi,
01:28 Raphaël Glucksmann est l'arbre qui cache la nupèce.
01:32 les autres l'accusaient, aussi à tort, d'être un soutien du régime israélien et de vouloir provoquer une guerre contre la Russie.
01:38 Un rôle de punting ball qui a souvent agacé l'intéressé,
01:41 Vous avez l'extrême droite à 40% Manon Brie, allez concentrez-vous sur l'extrême droite, lâchez-moi un peu les baskets.
01:47 Nous verrons ce dimanche si ces tirs croisés ont suffi à le neutraliser.
01:51 Vous avez remarqué, depuis le début de cette vidéo, je n'ai quasiment pas parlé d'Europe.
01:55 Vampirisé par les enjeux nationaux, cette élection européenne a, paradoxalement,
01:59 laissé que peu de place aux enjeux européens et aux compétences du Parlement.
02:03 Et ce n'est pas moi qui le dis.
02:04 Dans une étude publiée par la Fondation Jean Jaurès au mois de mai,
02:07 on apprenait que les Français comptaient parmi les citoyens européens les moins bien informés sur le scrutin.
02:11 Il faut dire que, comparé à 2019,
02:14 les sujets consacrés aux enjeux européens ont reculé de 30% dans la production médiatique.
02:18 La faute aux médias ?
02:20 Oui, peut-être.
02:21 Peut-être, mais pas si vite.
02:22 On l'a vu, l'ERN, très faible sur les enjeux européens, a fait le choix payant de nationaliser le scrutin.
02:28 Et on a aussi vu la France Insoumise vouloir mobiliser sur Gaza,
02:31 alors que le conflit israélo-palestinien ne concerne qu'à la marge le Parlement européen.
02:36 De quoi expliquer en partie l'invisibilisation du sort de l'Europe.
02:40 Raison de plus pour prendre connaissance des programmes de chacun,
02:43 et bien sûr d'aller voter dimanche.
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