00:00 J'ai un invité un peu spécial que vous connaissez bien.
00:02 Je crois que je le connais un peu, oui.
00:03 C'est le Premier ministre de la France, Gabriel Attal.
00:05 Monsieur le Premier ministre.
00:08 Salut Gabriel.
00:10 Bonjour, je suis désolé, je fais irruption sur la scène.
00:18 J'étais en interview juste au-dessus, à l'instant.
00:21 C'est complètement imprévu.
00:23 On m'a dit que Valérie était là.
00:24 Je suis désolé, mais je trouve qu'il y a une forme de mépris là-dedans.
00:34 Comme si Valérie Hayé n'était pas capable de faire campagne.
00:36 Et qu'il fallait en permanence que ce soit le Premier ministre,
00:39 le Président de la République.
00:40 Pardon, mais enfin, je suis désolé,
00:41 il y a un côté un peu macho aussi dans cette affaire.
00:43 Je veux dire quand même que les femmes ne sont pas des paillassons.
00:46 Et que moi aussi, je partage cette colère,
00:48 cette colère de voir le Premier ministre,
00:50 le Président de la République s'essuyer les pieds sur Valérie Hayé.
00:54 Il y a un mot en anglais pour nommer ce qu'il a fait,
00:57 c'est le "man-terrupting".
00:59 Vous savez, c'est cette contraction entre "man", "homme" et "interrupting".
01:02 C'est comme le "mansplaining".
01:04 C'est quand ces hommes pensent qu'ils font mieux que les femmes
01:06 parce que ce sont des hommes.
01:07 Ils viennent vous expliquer, ils vous interrompent.
01:10 Ça suffit, ça suffit.
01:12 Écoutez, quand j'ai assisté hier à la scène totalement surréaliste,
01:16 Burleigh, est-ce que j'ai un Premier ministre qui s'invite
01:17 dans une émission à laquelle il n'est pas convié ?
01:19 Je ne confonds pas la maison à la radio.
01:20 Quelle est cette privatisation par ce pouvoir du service public ?
01:24 C'est, je crois, une véritable entrave à l'esprit,
01:28 en tout cas, de notre République.
01:29 Le deuxième sujet, c'est qu'on a un Président de la République
01:32 et un Premier ministre qui s'invitent,
01:33 qui mangent du temps de parole, très littéralement,
01:36 dans le cadre de cette émission.
01:36 C'est le cas de le dire, puisque là, les journalistes ont fini par dire
01:39 "bon ben maintenant, vous nous laissez l'interroger".
01:41 Par dire "est-ce que Valérie Hayé peut finir de parler
01:43 parce que le temps est compté ?"
01:45 Et je trouve que ça révèle une façon
01:48 qu'ont le Premier ministre et le Président de la République
01:50 de penser que leur candidate, finalement, je ne sais pas,
01:52 n'est pas assez solide.
01:53 C'est l'irresponsabilité, comme d'habitude.
01:55 Je ne dirais pas que c'est le moment où le Premier ministre
01:57 entre dans la campagne comme il l'a fait,
01:58 au point d'aller arracher le micro de sa propre candidate
02:01 pour parler à sa place.
02:02 Je suis désolée, mais il engage sa responsabilité.
02:05 Et incontestablement, s'il y a un échec, il devra partir.
02:08 Et il en est de même, si je puis me permettre,
02:10 pour le Président de la République.
02:11 Il n'y a pas eu de machisme.
02:18 Comme je vous ai dit, il n'a pas défoncé la porte,
02:20 il est arrivé, les journalistes étaient contents.
02:22 Ensuite, est-ce que ça invisibilise ?
02:24 Je crois que l'interview s'est bien passée.
02:25 Elle a pu donner, évidemment, son point de vue
02:28 et dérouler son programme.
02:30 Mais le sujet, il n'est pas là.
02:31 Quand vous êtes une femme politique
02:33 et que vous menez des campagnes,
02:34 moi j'ai mené des campagnes en vent contraire.
02:36 J'étais bien contente de pouvoir avoir des soutiens à un moment donné.
02:39 Donc moi, je suis très fière d'être une femme
02:41 et d'avoir le soutien du Premier ministre,
02:43 du Président de la République également.
02:45 Et franchement, faire ses attaques à Gabriel Attal
02:50 en sexisme et en misogynie, c'est indigne.
02:53 Véritablement, il est à mes côtés,
02:55 je suis très fière de l'avoir à mes côtés
02:56 et en aucun cas frustrée.
02:58 Mais je n'ai besoin du soutien de personne.
03:00 Est-ce qu'on peut me laisser parler, m'exprimer ?
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