00:00 Je suis Martin Mystère, détective à votre service.
00:03 Un peu de bouillasse verdâtre ?
00:04 Nia-ha !
00:05 Quand je m'ennuie, de la main gauche, je résume une équation.
00:09 Et de la main droite, j'écris un nom.
00:11 Puis je prends une chips que je mange.
00:15 Je veux retrouver mon honneur et capturer l'avatar.
00:18 Prince Zouko de la Nation du Feu.
00:19 Bonjour, je m'appelle Alexis Thomasian,
00:21 je suis comédien spécialisé dans le doublage.
00:24 Et je vais aujourd'hui tourner la roue.
00:29 Martin Mystère !
00:30 Alors là, c'est un personnage cher à mon cœur.
00:33 Bonsoir, je ne te connais pas et toi, tu ne me connais pas.
00:37 Aucun de nous ne connaît l'autre.
00:38 Et si on fait la synthèse, c'est plutôt afflugeant, n'est-ce pas ?
00:41 J'adore Martin Mystère parce que c'est toute ma folie,
00:43 c'est toute ma fantaisie.
00:44 C'était un dessin animé français produit par Marathon Productions.
00:48 Les réalisateurs nous ont donné, avec Dorothée Pousseot,
00:50 qui fait ma sœur Diana,
00:52 nous ont donné carte blanche dans le sens où
00:54 on pouvait s'inspirer du dessin, changer le texte
00:56 si ça restait cohérent avec la situation.
00:59 Et pour moi, ça a été un laboratoire, ce personnage,
01:03 un laboratoire de tout ce que je pouvais faire.
01:05 Et j'ai beaucoup appris avec Martin Mystère
01:07 parce que je me suis rendu compte qu'en fait,
01:09 dans le jeu, tout passait tant qu'on était vraiment sincère à 100%.
01:13 Que ce soit les onomatopées les plus folles,
01:15 les expressions les plus loufoques,
01:16 quand on est sincère dans le jeu,
01:18 qu'on croit vraiment à ce qu'on dit,
01:20 on peut tout se permettre en fait.
01:21 Ah, Death Note.
01:26 Alors ça, à l'inverse de Martin Mystère,
01:28 c'est un de mes rôles préférés dans le registre dramatique sérieux.
01:33 Là, on touche à un personnage d'une complexité
01:36 qui est manipulateur, qui est intelligent, qui est machiavélique.
01:40 Alors ça, pour un comédien, jouer tout ça, c'est juste fabuleux.
01:44 Donc quand je suis arrivé sur Death Note,
01:45 j'ai vite compris que c'était quelque chose d'exceptionnel.
01:48 C'était en 2006 et les mangas, à part DBZ,
01:52 ce n'était pas encore ultra popularisé en animé.
01:55 J'ai carrément l'impression, à la fin d'un rôle comme ça,
01:58 surtout sur 37 épisodes aussi intenses,
02:00 avec des voix off et où on rentre dans sa tête et tout,
02:03 j'ai presque l'impression de l'avoir vécu.
02:05 Donc c'est vraiment des rôles très prenants.
02:07 Ça restera un des rôles préférés,
02:10 de mes rôles préférés.
02:12 Et en plus, une de mes séries préférées,
02:13 c'est-à-dire qu'après,
02:15 re-regarder la série quand il s'est passé du temps,
02:19 me fait me rendre compte que j'aurais été fan de la série.
02:22 De toute façon, même si je n'avais pas bossé dessus,
02:24 c'est tellement bien écrit,
02:26 la narration est tellement bonne, la mise en scène.
02:28 Donc Death Note, je vous le conseille.
02:30 C'est intemporel en plus.
02:32 C'est vraiment, je pense que c'est une ref
02:34 culte dans l'animation, dans le manga.
02:37 Qui casse ?
02:41 Alors ça, c'est très drôle, ça.
02:42 Ce que j'ai kiffé, c'est le côté super héros pourri, en fait.
02:46 Il n'a pas de pouvoir, il a un costume éclaté
02:49 avec un truc sur le nez qui lui fait une tête pas possible.
02:52 Et là, la première fois qu'il sort
02:54 pour affronter un peu le monde
02:56 et se confronter à la rue,
02:59 il se fait démonter la gueule comme une merde, quoi.
03:02 Et il y retourne.
03:03 Et ça, moi, je trouve que c'est un vrai super héros.
03:06 Il n'a pas de pouvoir, mais pour moi,
03:08 Qui casse, c'est un loser magnifique, quoi.
03:10 Et quelque part, il a plus de mérite que les super héros
03:13 qui lancent des trucs avec les yeux,
03:16 ou qui ont des super pouvoirs de ouf.
03:18 Donc super souvenir Qui casse.
03:20 Ah ! Le prince Zuko de la Nation du Feu.
03:23 Je n'ai que faire de votre tasse de thé, mon oncle.
03:25 Je veux retrouver mon honneur et capturer l'avatar.
03:28 Non, mais c'est un personnage de fou, Zuko.
03:30 Il est exceptionnel.
03:31 Il a une évolution fabuleuse, Zuko.
03:34 Il change tout au long de la série.
03:35 Il passe par toutes les émotions.
03:38 C'est vraiment dans l'animation que je vais pouvoir
03:39 vraiment m'exprimer pleinement en tant que comédien.
03:42 Le doublage de personnage live, j'adore,
03:44 mais j'envisage ça plutôt comme l'adaptation du jeu
03:48 d'un comédien étranger, de l'adapter en français
03:50 à notre culture, à nos rêves, tout ça,
03:52 à notre façon d'exprimer nos sentiments.
03:54 Moi, j'ai envisagé ce rôle comme un rôle de théâtre classique,
03:58 comme une grande pièce.
04:00 Vraiment, pour moi, c'est un personnage de théâtre
04:03 tragique, classique, Zuko.
04:05 Et j'ai eu la chance, cette année,
04:09 qu'on me demande de faire la direction artistique
04:10 de la série live action.
04:12 Donc c'était un super kiff, 20 ans après,
04:15 de me retrouver directeur artistique de la version live.
04:20 Et donc j'ai casté un nouveau Zuko,
04:22 parce qu'on m'a beaucoup dit "ouais, t'aurais pu le faire et tout",
04:24 mais je pense pas, parce que t'as l'animé,
04:28 qui est culte pour plein de gens, tout ça,
04:30 et puis le live action, c'est une autre direction artistique,
04:34 c'est autre chose.
04:34 Et je pense qu'avoir la même voix que le Zuko de l'animé,
04:39 ça aurait pu perturber.
04:40 Donc j'ai préféré partir sur un casting 100% nouveau,
04:44 sur tous les personnages, il n'y a personne qui a travaillé
04:46 sur l'animé dans la version live action,
04:47 pour bien différencier les deux.
04:49 Voilà, c'est le genre de série que tu ne peux...
04:51 Enfin, pour ma part, je ne peux qu'aimer, quoi.
04:54 La roue.
04:54 Eminem.
04:59 Ce film, 8 Miles, c'était quoi, 2001 ?
05:01 Donc j'avais 21 ans.
05:03 Eminem, il était à son prime, comme disent les jeunes aujourd'hui.
05:06 Ouais, c'était une super expérience, parce que déjà,
05:10 c'est un grand artiste.
05:11 Et j'aime bien son rap et tout.
05:15 Et à l'époque, le voir jouer, c'était intéressant,
05:19 parce qu'on ne le connaissait que par le biais du rap.
05:21 Et j'ai découvert un acteur hyper sensible, fin.
05:25 Tu gagnes la bataille, tu seras respecté.
05:26 J'en ai rien à foutre, man !
05:28 Putain, arrête de penser tout le temps à ce qui est bien pour ma gueule !
05:30 Je ne suis pas le fils de futur et tu n'es pas mon père !
05:32 Travailler sur ce qu'il a fait, adapter son jeu en français,
05:35 c'était super intéressant.
05:37 J'ai bien kiffé, ouais.
05:38 Et le film, en plus, est chanmé.
05:39 "Eight Mile", c'est vraiment un super film.
05:41 Ah ! JD, "Scrubs".
05:46 Je suis un aigle !
05:49 Le plus grand médecin du monde !
05:50 Voilà, pareil.
05:51 Alors ça, c'est une sorte de Martin Mister en live,
05:54 un petit peu, en médical.
05:55 Mais "Scrubs", c'est une série fantastique,
05:59 dans le fait qu'elle peut vous faire rire aux larmes,
06:03 et puis tout à coup, couper la situation
06:06 et vous amener dans l'émotion.
06:08 Et ça devient hyper émouvant.
06:11 Et c'est une série géniale.
06:14 Pareil, ils partent dans des délires.
06:16 JD, il commande tout en voix off.
06:18 Et donc, parfois, il parle en ses pensées
06:20 et il s'invente des histoires complètement folles.
06:22 Chaque épisode était à mourir de rire ou à pleurer.
06:27 Et c'était ça qui était vachement bien.
06:29 Le prince Navin de "Maldonia".
06:33 Donc, un personnage que j'affectionne tout particulièrement
06:36 parce que, déjà, c'est un prince Disney,
06:38 mais c'est un prince Disney un peu badass,
06:41 qui n'a pas de thunes,
06:42 qui est un peu rock'n'roll,
06:43 qui drague des meufs et tout.
06:45 Donc, j'ai bien kiffé faire ce prince Disney
06:47 qui se transforme par la suite en grenouille.
06:50 C'était très drôle à faire.
06:50 En plus, il chante.
06:51 Tout ce que j'aime, la comédie, le chant, la fantasy.
06:55 Un prince, un Disney.
06:56 - Ah non, mais quelle coïncidence, Laurence !
06:59 Moi, je t'évite partout depuis des heures.
07:00 - Les dessins sont magnifiques.
07:03 L'histoire est sympa.
07:04 Voilà, ce prince atypique, j'ai bien aimé, moi.
07:07 C'est un personnage flamboyant, comme je les aime.
07:10 On va y arriver.
07:12 Ah, Rami Malek.
07:14 Déjà, c'est un sublime comédien.
07:17 Il est atypique, il a quelque chose d'inquiétant.
07:21 Il lance au regard dans sa façon de bouger sa mâchoire.
07:24 Il est captivant à regarder.
07:27 Dans "James Bond", il fait le méchant.
07:30 Dans "Papillon", qui est un film un peu plus confidentiel,
07:33 il fait un bagnard.
07:35 Il a toujours une approche intéressante, décalée.
07:39 Il n'est pas là où on l'attend.
07:40 Il avait fait un film, il y a deux ou trois ans,
07:43 avec Denzel Washington, "Une affaire de détails",
07:45 où il fait un flic.
07:47 Sa façon de bouger, son port de tête, il y a toujours un...
07:51 C'est vraiment la méthode, vraiment à l'américaine,
07:54 qu'on aime, quoi, entre guillemets "actor studio",
07:56 mais où tu sens que ça a l'air tellement naturel
08:00 et en même temps, tu sens que c'est tellement bossé.
08:02 Récemment, je l'ai fait dans "Oppenheimer",
08:04 où il n'avait que quelques scènes,
08:05 mais voilà, il arrive.
08:07 Ça dure, je ne sais pas, 12-15 minutes,
08:09 mais il est là et c'est précis.
08:12 Ça tombe juste.
08:14 Il n'y a jamais un moment où on se dit "Ah, bof,
08:16 c'est tout le temps...
08:17 C'est millimétré, c'est un acteur très précis."
08:20 J'adore bosser sur les films qu'il fait, ouais.
08:24 Vraiment.
08:24 Les deux trucs où je ne l'ai pas fait,
08:26 c'est "Mr. Robot" et "Bohemian Rhapsody".
08:30 C'est les deux trucs où je ne l'ai pas fait.
08:32 Ah !
08:33 "Timmy".
08:34 Alors là, il va falloir faire preuve d'un peu d'imagination
08:37 parce que j'avais 12 ans quand j'ai fait "Timmy"
08:40 dans "Jurassic Park", 1992-1993.
08:44 Donc j'ai 12 ans, je me retrouve sur le doublage
08:46 de "Jurassic Park".
08:47 C'est le premier film avec des effets spéciaux
08:49 comme ça que je vois de ma vie, moi, de ma jeune vie.
08:52 C'est fantastique, quoi.
08:53 Donc c'est des super souvenirs de travail,
08:55 de découvertes.
08:57 Vraiment "Jurassic Park", c'est un film
08:59 qui m'a marqué comme hulk, d'ailleurs,
09:02 un peu après que j'ai fait aussi.
09:04 C'est des films cultes, quoi.
09:07 C'est cool d'avoir bossé dessus.
09:09 C'est super agréable.
09:11 Sous-titrage Société Radio-Canada
09:13 à très bientôt.
09:14 [Musique]
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