00:00 Si je n'étais pas aussi amoureux de toi, je serais jaloux.
00:03 Mais je t'aime.
00:05 Et cela me rend orgueilleux.
00:07 Et ambieux parce que j'ai toujours envie de toi.
00:10 Au fond, je ne t'inspire que de très vilains sentiments.
00:13 Et aussi gourmand et luxurieux.
00:15 Et bavard.
00:16 Tu t'écoutes parler et tu n'aimes que toi.
00:19 Moi et toi, je t'aime.
00:21 C'est pour me dire ça que tu voulais me voir ?
00:23 Tu ne m'aimes pas à mon cœur et pourtant un jour tu seras ma femme.
00:26 Je t'ai déjà dit non, Guillaume.
00:28 Alors pourquoi viens-tu ?
00:30 Parce que tu m'amuses.
00:32 Mais si tu y tiens, je ne peux plus venir.
00:34 Mais c'est moi ?
00:37 Oui, ma fleur.
00:38 Tu ne m'avais pas dit que tu posais pour les militaires.
00:41 Les militaires ?
00:43 Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
00:44 Qui a fait ce portrait ?
00:45 Je viens de te le dire, un militaire, il se dit peintre et poète.
00:49 Tu vois le genre. Tu le connais ?
00:51 Non.
00:52 C'est troublant cette ressemblance. Tu ne trouves pas ?
00:55 Simple coïncidence.
00:56 Mais c'est tout à fait moi.
00:57 Pas du tout, c'est platement figuratif.
00:59 Toi, tu es spirituel, mon âme.
01:01 Non, c'est un portrait sans valeur.
01:04 Une œuvre d'imagination.
01:06 Et il l'appelle "idéal féminin" en toute simplicité.
01:10 "Idéal féminin".
01:12 Comme ce type doit m'aimer puisqu'il m'a inventé.
01:14 Comment est-il ?
01:15 Lui ? Fad, insignifiant.
01:18 J'aimerais rencontrer ce peintre.
01:20 Ah, dommage, il vient de quitter Rochefort.
01:22 Il est à Paris pour quelques temps.
01:24 Mais ce n'est absolument pas le genre de type qu'il te faut.
01:26 Mais...
01:28 Mais que sais-tu de moi, toi qui parles aussi bien,
01:30 toi qui dis me connaître et pourtant ne sais rien, rien, rien, rien, rien ?
01:33 Que sais-tu de mes rêves et de quoi ils sont faits ?
01:35 Si tu les connaissais, tu serais stupéfait.
01:38 Tu ne sauras jamais...
01:41 Tu sais bien que je sais pourquoi me contredire.
01:43 Tu ne sauras jamais pourquoi je me souris, rire, rire, rire.
01:46 Tu ne sauras jamais pourquoi je me danse,
01:48 pourquoi je me passe mon temps à rebasser.
01:51 Pour toi, je ne suis rien qu'une poupée de plus.
01:55 Je me demande encore ce qui en moi t'a plu.
01:58 Tu trouves mes propos plasés, incohérents.
02:01 Que je sois triste ou gay, te laisse indifférent.
02:05 Jamais...
02:07 Jamais tu ne te poses la moindre question.
02:09 Tu te moques de moi pour un oui, pour un non, non, non, non, non.
02:12 Tu dis aimer l'argent encore plus que toi-même.
02:14 Et moi, où suis-je alors quand tu dis que tu m'aimes ?
02:17 Si tu m'aimais vraiment...
02:20 À quoi bon répéter ce que je t'ai redit ?
02:22 Si tu m'aimais vraiment, autant que tu le dis, dis, dis, dis, dis.
02:25 Quand tu m'as assez vu, soupirerais-tu en disant
02:27 "Excuse-moi, le temps, c'est de l'argent."
02:30 Mais le temps, mon ami, pour moi, c'est de l'amour.
02:34 C'est rire, c'est chanter tant que dure le jour.
02:37 C'est aimer chaque nuit que le Seigneur a faite.
02:40 Le temps, c'est de l'amour.
02:42 Vivre, c'est une fête.
02:44 Alors...
02:46 Alors n'espère pas devenir mon amant.
02:48 Tu mens lorsque tu parles de tes sentiments.
02:50 Mement, mement, mement.
02:52 Reprends ta liberté de fille en liaison.
02:54 Tu trouveras l'amour pour le prix d'un vison.
02:57 Et puis tu m'oublieras.
03:00 Pourquoi tout compliquer quand tout est si facile ?
03:02 Ton nu s'allumera au battement de cils, cils, cils, cils, cils.
03:05 S'il te plaît, d'une fille à la voix de velours
03:07 qui prendra ton argent en te parlant d'amour.
03:10 Pardonne ma franchise et ma sincérité.
03:13 Quant au cœur, si tu veux, mettons-le de côté.
03:17 Évitons les amours, aux lentes agonies.
03:20 Et disons gentiment, toi et moi, c'est fini.
03:24 Adieu, Guillaume.
03:32 Au revoir, mon cœur.
03:34 Sous-titres par Juanfrance
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