00:00 RTL, les trois questions du petit matin.
00:03 6h14 à Paris, 15h14 à Nouméa, nous accueillons maintenant Isabelle Chamoreau, bonjour.
00:09 Bonjour.
00:10 Vous êtes la vice-présidente du gouvernement de Nouvelle-Calédonie, vous êtes loyaliste
00:16 et vous êtes en charge de l'enseignement.
00:18 Merci beaucoup d'être en direct avec nous sur RTL.
00:21 Qu'en est-il justement de l'enseignement ? Est-ce que les écoles sont toujours fermées
00:25 aujourd'hui ?
00:26 Écoutez, de manière globale, nous sommes dans une situation qui est quand même encore
00:31 extrêmement tendue malgré des améliorations.
00:33 Grâce à des renforts qui continuent à arriver, je voudrais vraiment saluer le travail des
00:38 forces de l'ordre.
00:39 Il y a encore plusieurs quartiers de l'agglomération qui ne sont pas encore sécurisés, qu'on
00:44 a d'ailleurs du mal à alimenter, même sur des produits de première nécessité.
00:48 Donc pour l'instant, et c'est valable cette semaine, les établissements scolaires
00:53 sont fermés sur quasiment l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie et nous travaillons
00:58 avec les équipes pour organiser les semaines à venir.
01:01 Et ça représente combien d'élèves au total ?
01:03 Alors c'est 65 000 élèves en Nouvelle-Calédonie, de la maternelle à l'université.
01:10 Pour l'instant, on a des dégâts importants sur notre parc immobilier au niveau scolaire.
01:16 Nous avons plusieurs collèges qui ont été incendiés et qui sont complètement détruits.
01:22 Donc on en est à un stade déjà de bilan, d'évaluation des dégâts matériels, mais
01:27 aussi je dirais de la situation de nos personnels.
01:31 Nous avons eu des personnels qui se sont retrouvés en danger dans certains de nos établissements.
01:36 Donc nous avons pu quasiment résoudre toutes les situations en les évacuant.
01:40 Certains ont eu leur domicile de fonction complètement détruit et incendié.
01:46 Donc les problématiques vont être matérielles, mais aussi psychologiques pour nos élèves,
01:52 les familles et les personnels concernés.
01:53 Et quelles solutions pour les élèves ? Ils n'ont pas cours du tout là ? Il n'y a
01:57 pas de ce qu'on appelle la continuité pédagogique ? Ça n'existe pas pour l'instant ?
02:01 Alors là, on n'en est pas encore là.
02:04 Ce sont des systèmes qu'on avait mis en place en période Covid, donc techniquement
02:08 on sait faire.
02:09 Donc là, nous avons une semaine de fermeture.
02:12 La semaine prochaine, en fonction des avancées au niveau sécuritaire, parce que là, on
02:16 n'en est pas encore à attendre une phase de sécurisation totale pour pouvoir évoquer
02:21 des possibilités de réouverture partielle sur l'agglomération.
02:25 Après, nous avons une semaine où il pourrait y avoir un service minimum assuré, ensuite
02:30 deux semaines de vacances, puisque nous ne sommes pas sur le même calendrier que celui
02:34 de Métropole.
02:35 Donc ça nous laisserait, je dirais, une période d'environ un mois sur lequel nous allons
02:39 essayer de mettre en place un certain nombre de dispositifs.
02:42 L'optimité pédagogique arrivera aussi à un moment où notre population pourra se
02:47 focaliser sur autre chose que sur ses besoins primaires.
02:51 Je vous avoue que pour l'instant, nos trois objectifs, c'est l'approvisionnement alimentaire
02:55 des populations, la question du soin, de sécuriser notre hôpital et notre principale
03:01 clinique et également le soutien économique à nos entreprises, puisque nous avons eu
03:05 également un tissu économique fortement impacté.
03:08 Alors justement, l'accès à l'hôpital, il est encore difficile ?
03:12 Oui, alors on a mis en place un poste médical avancé, c'est-à-dire une structure qui
03:18 nous permet de gérer les urgences hors milieu hospitalier.
03:23 Le Médipol est situé sur la commune de Dimbéa et il est encore difficile d'accès.
03:29 Par contre, on a aussi assuré les approvisionnements, c'est-à-dire que nous n'avons pas de
03:34 rupture pour l'instant au niveau médicament.
03:38 On a de quoi assurer, on est vraiment dans le concret, la reprise de chimio pour nos
03:43 patients.
03:44 On a du sang qui est arrivé de Polynésie française, également par la Solidarité
03:48 Nationale de Métropole.
03:51 Donc on est en train de réorganiser vraiment les services.
03:54 Mais un des prochains points stratégiques à investir pour la sécurisation, oui, c'est
04:00 vraiment notre centre hospitalier.
04:02 Et concernant la nourriture, certains habitants ont peur de manquer dans les prochains jours.
04:08 Est-ce que là on en est où au niveau du ravitaillement ?
04:11 Alors globalement, nous n'avons pas de rupture de stock, c'est-à-dire que nous avons plusieurs
04:17 semaines de réserve sur le territoire.
04:19 Alors c'est une organisation comme nous sommes unis qui est assez classique et nous
04:24 n'avons pas de problème d'approvisionnement par le port pour l'instant.
04:27 Le problème c'est d'acheminer les marchandises vers les zones qui ne sont pas sécurisées.
04:31 Donc effectivement dans certains quartiers de l'agglomération, puisque les choses
04:35 sont un peu plus normalisées sur le nord de l'île et dans la province des îles,
04:39 le vrai problème alimentaire c'est de pouvoir atteindre nos populations et les centres de
04:44 distribution en sachant qu'un grand nombre de supermarchés ont été également détruits.
04:50 Donc c'est vraiment lié à la question de la sécurisation, cet approvisionnement
04:56 en nourriture.
04:57 Emmanuel Macron évoquait hier soir de nets progrès dans le rétablissement de l'ordre,
05:01 c'est ce qu'il a dit lors du conseil de défense hier soir à l'Elysée.
05:04 Est-ce que c'est ce que vous constatez également ce matin ?
05:06 Oui, oui, oui.
05:09 Ça n'a rien à voir avec la période d'il y a ne serait-ce que quatre jours.
05:15 Bien sûr le Nouméa en grande majorité est plutôt sécurisé.
05:23 Là je vous parle de quartiers, notamment les quartiers nord de la ville, mais également
05:27 les communes de l'agglomération où les forces de l'ordre progressent mais où les
05:31 choses sont beaucoup plus difficiles.
05:33 Donc on a un vrai progrès sur le terrain mais il reste encore plusieurs poches d'insécurité
05:40 avec malheureusement des émeutiers qui sont armés et qui n'hésitent pas à tirer sur
05:47 les forces de l'ordre.
05:48 On n'est pas de l'émeutier urbaine classique.
05:51 Je pense qu'aucun sujet politique ne peut justifier de tels comportements.
06:00 On a bien compris que vous étiez loyaliste.
06:03 Je rappelle que vous êtes présidente du gouvernement de Nouvelle-Calédonie.
06:05 Juste pour finir, vous pensez que là on va vers une sortie de crise dans les prochains
06:08 jours ou on n'en est pas du tout là ?
06:10 Alors nous la sortie de crise, comme vous l'évoquiez, elle est plutôt sécuritaire
06:17 dans un premier temps et ensuite il y a des discussions.
06:21 C'est l'urgence et comme je vous le disais, pour nous, elle est déconnectée aussi.
06:25 On parle beaucoup du dégel du corps électoral.
06:28 Il n'y a aucun problème politique qui peut justifier ce déferlement de violence.
06:37 Maintenant, effectivement, les discussions reprennent.
06:39 Il y a eu également ces contacts organisés par le Premier ministre.
06:43 Pour nous, c'est le retour à l'ordre en sachant que sont venus se greffer à ces problématiques
06:50 politiques des délinquants.
06:52 Je voulais quand même finir en disant qu'au-delà de la délinquance, on pense qu'il y a une
06:58 forme d'anticipation et d'organisation de ces événements.
07:02 Les choses étaient quand même bien anticipées et bien préparées.
07:06 C'est ce qu'on découvre quand même de jour en jour.
07:07 Ce n'est pas qu'une flambée de violence à laquelle se sont greffés des personnes.
07:19 Et bien on aura l'occasion.
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