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00:01 - Pascal Mariton, dans ce dossier, votre association, la Ligue de Protection des Oiseaux,
00:06 a donné son avis, s'est même longuement exprimé.
00:10 Qu'est-ce qu'elle a dit justement ?
00:12 - Alors on a émis un avis clairement défavorable.
00:16 Et je dirais que ce projet pour nous est l'exemple type de ce qu'il ne faudrait pas faire en fait.
00:21 - Pourquoi ?
00:21 - Alors, on a un projet où on prévoit l'implantation de 13 éoliennes en forêt déjà,
00:27 ce qui veut dire une perte d'habitat pour un certain nombre d'espèces
00:30 et le défrichement de plus de 10 hectares quand même.
00:33 On est à l'intérieur d'une zone de protection spéciale,
00:37 donc une zone naturelle 2000 mis en application de la directive Oiseaux,
00:42 avec des espèces emblématiques et extrêmement rares pour la Côte d'Or.
00:47 Et puis à proximité immédiate, on a également deux sites d'intérêt régionaux pour les chauves-souris,
00:53 avec notamment la grotte du Bel-Affreux.
00:55 Donc quand on regarde bien, en termes de richesse sur le département,
01:01 c'est sans doute un des endroits qui offre la plus grande richesse en matière de biodiversité.
01:05 - Donc en gros vous avez dit "non, ce projet ne peut pas se faire parce qu'il aura un impact négatif sur la biodiversité".
01:11 Pourtant, l'étude d'impact faite par la commission d'enquête ne dit pas ça. Pourquoi ?
01:17 - Alors, je vais dire clairement une divergente appréciation sur le sujet.
01:21 Nous on considère qu'au terme de ce qu'on appelle la séquence "éviter, réduire, compenser",
01:26 l'impact sera fort, restera fort.
01:30 Donc ça c'est l'avis de l'association.
01:33 Ce qu'on peut dire, ce n'est pas que l'avis de l'association.
01:36 Typiquement, si on regarde la mission régionale d'autorité environnementale qui a rendu un rapport,
01:42 ce rapport est également très critique quant au choix du site.
01:45 On a également la commission nationale pour la protection de la nature qui a mis un avis défavorable
01:51 Je peux vous dire que quand on le lit, il est clairement défavorable, il n'y a pas d'ambiguïté.
01:55 Et puis, peut-être plus important, c'est que le gestionnaire du site Natura 2000 a clairement exprimé
02:00 dans l'enquête publique que ce projet n'était pas compatible avec les objectifs qu'il recherchait.
02:05 - Justement, alors, on parle d'impact. Qu'est-ce qui risque de se passer ?
02:08 Qu'est-ce qui pourrait arriver à ces espèces d'oiseaux ou à cette faune et cette fleur sur place ?
02:14 - Alors, plusieurs choses.
02:15 Bon, déjà, on est en forêt, donc ce qui veut dire qu'on va défraîchir des hectares de forêt.
02:20 Ça, c'est une première chose, ça veut dire que les oiseaux, enfin la faune qui vit ici va devoir aller ailleurs.
02:25 - Est-ce qu'il y a un risque que ces oiseaux s'empalent finalement sur ces grands mâts ?
02:30 - Dans les autres risques qu'on a, pour les oiseaux, c'est essentiellement le risque de collision.
02:34 Avec, je le répète, on a des rapaces qu'on ne trouve que sur ce site-là.
02:40 Un risque de collision. Pour les chauves-souris, c'est un risque de collision et le barreau traumatisme.
02:46 Donc voilà, et au terme de la séquence éviter, réduire, compenser, pour nous, ce risque demeure, clairement.
02:52 - A 7h49 sur France Bleu Bourgogne, vous écoutez Pascal Mariton qui est bénévole à la IPO de Bourgogne-Franche-Comté.
02:57 - Dans ce projet, c'est Q-Energie qui s'occupe de mettre tout ça en place.
03:03 L'entreprise a fait une demande de dérogation à espèces protégées dans ce dossier.
03:08 Ça veut dire quoi, finalement, toutes ces zones protégées, elles ne le sont pas vraiment ?
03:12 On peut obtenir des dérogations assez facilement ?
03:14 - Assez facilement, non. Il y a quand même un certain nombre de conditions à respecter.
03:19 Ces demandes de dérogation sont soumises à l'avis de la Commission nationale de protection de la nature,
03:24 qui a rendu un avis défavorable.
03:26 Donc, effectivement, avoir une demande de dérogation, je ne dirais pas que c'est simple, mais c'est possible.
03:31 Et dans le cas présent, pour nous, ça paraît juste incroyable quand on voit les espèces,
03:38 on a 18 espèces de chauves-souris qui sont reprises dans cet avis.
03:40 Sur ces espèces-là, on a des espèces qui sont en très fort déclin.
03:43 - Évidemment, les mauvais esprits vont vous dire, peu importe les chauves-souris,
03:47 mieux vaut avoir une énergie renouvelable moins polluante que le nucléaire ou le gasoil.
03:57 Bref, aujourd'hui, qu'est-ce que vous leur dites ?
04:00 - En fait, l'avenir de la planète, ce n'est pas que le réchauffement climatique.
04:05 Ça veut dire, effectivement, avoir une planète habitable,
04:08 ce qui veut dire avoir des conditions climatiques acceptables,
04:12 mais également avoir une biodiversité qui soit en bon état.
04:15 Donc, quelque part, ça passe par là.
04:20 - Clairement, aujourd'hui, pour vous, et rapidement, ça veut dire que ce projet est hors la loi ?
04:24 - Hors la loi, non, tant qu'il n'est pas passé devant les fourches codines,
04:30 par exemple d'une cour d'appel administrative.
04:32 Mais pour nous, en tout cas, en l'état, ce projet n'est pas acceptable.
04:36 Et on le redit, il y a de nombreux projets en Côte d'Or,
04:40 il fait partie des projets qu'on combattra sans doute avec le plus de vigueur.
04:44 - Pascal Miraton, vous restez avec nous, vous êtes bénévole à la Ligue de protection des oiseaux
04:49 et expert de ce dossier dit des grands communaux.
04:51 On le rappelle, c'est le préfet qui donnera la réponse en dernier lieu, sans doute à la fin de l'année.
04:55 - On vous en reparlera évidemment. En attendant le débat, il est là,
04:58 les éoliennes c'est oui ou est-ce que c'est non chez vous ?
05:01 Au 03 80 42 15 15, on a le plaisir de discuter avec Annick, qui est à Sacnay.
05:05 Bonjour Annick.
05:06 - Bonjour.
05:09 - Bonjour, bienvenue Annick.
05:10 - Je suis à E-sortie, il y a plein d'éoliennes là autour,
05:16 j'ai des amis qui habitent pas loin, elles tournent pas beaucoup,
05:21 mais quand ça tourne, ça fait un bruit énorme,
05:24 cela est désagréable et ça enlève tout le paysage, c'est monstrueux.
05:31 Je comprends très bien monsieur de mettre tout ça dans le bois doux, c'est horrible.
05:39 Moi je suis contre ça, c'est pas joli et ça marche pas,
05:43 nous avons pas assez de bancs pour faire marcher ces trucs là.
05:46 - Annick, vous disiez, ce sont des amis qui me racontent ça,
05:51 vous avez des éoliennes près de chez vous ou pas ?
05:54 - Je suis allée chez quelqu'un qui a une éolienne,
05:57 bon je peux pas vous dire l'église de Chambon, mais assez loin,
06:00 et un jour qu'il y a eu du vent, ça fait un bruit terrible,
06:03 c'est tout ce que je peux dire, et je trouve cela désagréable.
06:06 - C'est plus le bruit qui vous gêne, on a entendu aussi le paysage.
06:11 - Même ça enlève le paysage, ces éoliennes c'est moche comme tout.
06:17 Moi je dis, anciennement c'était beaucoup plus joli,
06:23 là on nous enlève toute notre beauté de notre France.
06:26 - Pour vous, ce projet qui est là aussi, pour essayer de mieux consommer,
06:31 de mieux produire, ou plus durablement,
06:34 ça n'autorise pas de faire des sacrifices au niveau de la biodiversité,
06:39 et même du paysage ?
06:42 - Oui, moi je dis, on détraque tout, c'est bien dommage,
06:45 parce qu'on avait des choses merveilleuses,
06:48 et ça nous enlève toutes ces beautés que nous avions.
06:51 - Merci Annick d'avoir partagé avec nous votre ressenti.
06:56 En direct ce matin sur France Bleu Bourgogne.
06:59 Annick disait parfois qu'elles ne tournent pas,
07:01 donc ça ne produit pas d'électricité.
07:03 Je pense que si elles sont installées là, c'est qu'il y a quand même une bonne raison.
07:06 Si elles ne tournent pas, c'est qu'il y a des bonnes raisons également.
07:10 En tout cas c'est à préciser, nous on n'est pas des experts de l'éolien.
07:13 - Non on n'est pas des experts, mais c'est vrai que ça fait partie aussi
07:15 des questions qui sont soulevées par des collectifs
07:18 qui s'opposent à ces projets,
07:21 et qui effectivement disent qu'on n'est pas forcément dans une région très venteuse,
07:26 mais effectivement si elles ont été implantées là, on imagine que c'est parce que...
07:30 - Oui il y a une petite étude de marché quand même je pense au passage.
07:34 Yves est également avec nous ce matin à 7h54 depuis Pontaillé-sur-Saône.
07:38 Bonjour Yves.
07:39 - Oui bonjour Franck.
07:40 - Bienvenue dans le 6/9.
07:41 Alors Yves, à Pontaillé vous avez des éoliennes vous ?
07:45 - Non non non, heureusement on n'en a pas,
07:47 mais un grand projet était en préparation dans le Val-de-Vingt-Gênes,
07:51 qui n'a pas reçu l'approbation des habitants évidemment.
07:55 Toujours est-il que sur le projet de Détain,
07:57 c'est lamentable si le projet venait à voir le jour,
08:01 s'installer dans un site protégé, un site naturel de mille,
08:06 une région qui est magnifique d'ailleurs,
08:08 il faut inviter le préfet à se rendre sur place
08:11 et voir ce qu'ils vont détruire si jamais ils donnaient son autorisation.
08:16 - Yves, on l'entendait ce matin dans les journaux,
08:18 peut-être l'avez-vous entendu vous aussi,
08:20 le maire d'une commune toute proche,
08:24 et lui favorable au projet des grands communaux,
08:26 disait "oui mais pour notre commune qui n'a pas beaucoup de revenus,
08:30 c'est une chance incroyable".
08:32 Vous, l'argument économique, écologique, vous vous situez comment ?
08:35 - Avant ces communes-là elles ne vivaient pas,
08:37 on leur fait miroiter du pognon sur une entreprise d'ailleurs,
08:42 une entreprise qui installe,
08:44 les entreprises qui installent ne sont pas françaises,
08:47 on sait bien, c'est des entreprises néerlandaises qui viennent monter les éoliennes,
08:52 sur un projet qui n'est pas rentable,
08:55 mais tout de suite on donne un gros gâteau aux communes,
08:58 et les communes, enfin les élus,
09:01 donnent leur aval parce que d'un seul coup
09:03 ils vont arriver à 500-600 000 euros dans leur budget.
09:07 - Et vous pensez que...
09:08 - À terme, comme disait la dame tout de suite,
09:11 on fait tourner les éoliennes à vide,
09:14 quand il n'y a pas de vent,
09:15 je ne sais pas si vous avez déjà observé un parc éolien,
09:19 vous avez des fois 3 éoliennes, ou 4 ou 5 sur une douzaine qui tournent,
09:24 et les autres non.
09:25 Pourquoi ?
09:26 Parce que les sociétés font tourner à vide pour montrer que ça marche.
09:30 Ils mangent de l'électricité à ce moment-là,
09:33 vous voyez, ils utilisent l'électricité pour faire croire que ça marche.
09:37 - En tout cas Yves, on ne va pas rentrer dans le détail de ce qui tourne, ce qui ne tourne pas,
09:40 en tout cas pour vous, c'est beaucoup de sacrifices.
09:46 - C'est lamentable.
09:47 Et qu'on parle aussi du sujet de la démonte au bout de 20 ans.
09:51 Il faut bien savoir qu'au bout de 20 ans,
09:53 quand elles auront eu, ou 30 ans peut-être, je ne sais pas,
09:56 quand les éoliennes seront à terme de leur vie,
10:00 il faudra payer très très cher pour les démonter,
10:02 il ne faut pas oublier ça.
10:03 - Il y a effectivement aussi cette thématique qui est importante.
10:07 Yves, restez avec nous puisque Dominique nous rejoint également en direct
10:09 sur France Bleu Bourgogne depuis Saint-Jean-de-Boeuf justement.
10:11 Bonjour Dominique.
10:12 - Bonjour.
10:13 - Bonjour.
10:14 Pour ou contre les éoliennes ?
10:15 - Alors moi je ne suis ni pour ni contre.
10:18 Moi j'estime qu'au jour d'aujourd'hui, c'est l'avenir, on n'a pas le choix.
10:23 Alors par contre, je tiens quand même à préciser que c'est nous, au niveau des éoliennes,
10:28 c'est nous qui serons les plus prêts.
10:30 La première éolienne, ce sera nous qui serons la plus prête.
10:33 Ils sont venus faire plein de choses,
10:35 ils sont venus mettre des... on a eu dans la maison des appareils pour tester le bruit,
10:42 pour faire plein de choses.
10:43 Et au jour d'aujourd'hui, c'est l'avenir.
10:49 En plus de ça, je tiens bien à préciser que nous, ça fait 35 ans qu'on est ici,
10:54 on était 30 enfants aux électricités.
10:56 - D'accord.
10:57 - On n'avait pas l'électricité, on a eu une chance extraordinaire.
11:02 - Et puis, à côté de nous, il y a eu un poteau pour mettre une antenne...
11:06 - Donc pour vous, l'éolienne, c'est une nouvelle révolution, c'est une nouvelle évolution finalement.
11:11 - Ah bah oui, il y a eu un poteau pour Internet ou je ne sais quoi.
11:16 Personne n'a dit "Ah bah oui, mais là, ça va gêner parce qu'Internet, on en a besoin".
11:20 - Je crois qu'on avait fait aussi un sujet à l'époque sur cette antenne volée,
11:24 mais bon, après, les avis sont très partagés, au moins vous nous avez donné votre avis, Dominique.
11:28 - Voilà, et nous, si on a eu l'électricité, c'est grâce à ça.
11:31 On a pu avoir l'électricité.
11:33 - On comprend.
11:34 - Pour nous, c'était impossible d'avoir l'électricité, ça coûtait trop cher.
11:38 - Bah oui, bien sûr.
11:39 Bon, écoutez, merci Dominique d'avoir partagé avec nous cette réflexion autour des éoliennes.
11:44 En plus, on était à Saint-Jean-de-Boeuf, commune très concernée par ce projet d'idée.
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