00:00 Je garde mes affaires pendant des années.
00:03 Puis, quand j'ai décidé de quitter Paris, je les ai jetées.
00:06 Je veux essayer de revenir le plus loin possible, jusqu'à la première femme, celle qu'on ne oublie jamais.
00:12 La petite oca en question s'appelait Jeannette.
00:17 Elle ne pouvait pas sortir beaucoup, car elle devait abattre son frère de quelques mois.
00:21 De mon côté, j'avais toujours souffert d'être un seul fils.
00:25 J'étais un enfant qui aimait les autres enfants.
00:27 Jeannette m'invitait à la maison et, pour rendre le cachet plus excitant,
00:32 elle courait pour fermer la lumière, ce qui provoquait des hurlements inévitables de l'enfant.
00:38 Le fait de jouer avec Jeannette me rendait compte
00:48 que la compagnie des femmes était indispensable.
00:56 Si pas leur compagnie,
00:59 en tout cas,
01:02 leur vue.
01:04 Pour moi, il n'y a rien de plus beau de regarder
01:07 qu'une femme qui marche avec son veste ou sa gomme en boucle au rythme des pas.
01:12 Certaines vont vite vers une fin, peut-être un rendez-vous.
01:15 D'autres, au contraire, passent avec l'air indolente.
01:18 D'autres sont encore si belles, vues de dos,
01:21 qu'il est tard pour arriver à leur hauteur, pour ne pas rester déçue.
01:25 Pour la vérité, je ne suis jamais déçu,
01:28 car les belles d'en face et les mauvaises de derrière
01:31 me donnent une sensation de confort,
01:33 vu que, malheureusement, on ne peut avoir toutes.
01:36 Il y a des milliers de femmes qui marchent tous les jours dans les rues.
01:40 Mais qui sont toutes ces femmes ?
01:42 Où vont-elles ? A quel rendez-vous ?
01:45 Si elles ont le coeur libre, leurs corps sont disponibles.
01:48 Et je pense que je n'ai pas le droit de laisser perdre l'occasion.
01:52 La femme est une seule chose. Elles veulent ce que je veux, l'amour.
01:56 Tout le monde veut l'amour, chaque espèce d'amour.
01:59 Le physique et le sentiment.
02:01 Ou plus simplement, la ténéresse désintéressée
02:04 de celui qui a choisi quelqu'un pour la vie et ne s'intéresse plus à personne.
02:07 Ce n'est pas mon cas, je m'intéresse à toutes.
02:10 Comme dans certaines espèces animales,
02:15 les femmes pratiquent l'hibernation.
02:21 Elles disparaissent, elles ne se voient plus.
02:23 A la première lumière du soleil en mars,
02:25 comme si elles avaient été passées par Ola ou reçu un ordre de mobilisation,
02:29 elles se déplacent à la décine dans les rues,
02:31 en vêtements légers et en hauts chaussures.
02:33 Alors, la vie recommence.
02:35 Finalement, nous pouvons découvrir leurs corps
02:38 et différencier deux catégories.
02:40 Les apparentissants et le type d'animal.
02:43 La première catégorie.
02:49 La deuxième.
02:52 Une jambe est magnifique,
02:54 mais je n'aime pas les cheveux robustes.
02:56 Je peux dire qu'ils m'attirent,
02:58 car ils promettent quelque chose de plus harmonieux,
03:00 en s'allongant les jambes.
03:02 Les jambes des femmes sont des compasses
03:06 qui mesurent le globe terrestre dans tous les sens,
03:09 donnant son équilibre et son harmonie.
03:12 Récemment, j'ai réalisé que l'hiver,
03:15 je suis attiré par les grands seins,
03:17 et l'été, je suis attiré par les plus modestes mesures.
03:21 Voici deux bébés à bras.
03:24 Mais qu'ont toutes ces femmes ?
03:29 Qu'ont-elles de plus que celles que je connais ?
03:31 Et bien, en plus, elles ont le fait
03:34 d'être des inconnues.
03:38 C'est la première fois que je vois un homme qui est comme ça.
03:41 (Bruit de porte)
03:42 (Bruit de pas)
03:44 (Bruit de pas)
03:45 (Bruit de porte)
03:48 (Bruit de moteur)
04:02 [bruit de moteur]
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