00:00Le Tour de Bretagne, c'est une course qui est indispensable dans le calendrier, c'est
00:06une course qui a des racines, moi j'aime les gens qui savent qu'ils ont des racines,
00:09quelles que soient leurs racines.
00:10Ensuite, je suis déjà venu plusieurs fois, je suis déjà venu deux fois, c'est la troisième
00:13fois.
00:14Après le homme sans ronde de Christophe Fossani, le patron du Tour de Bretagne, il était très
00:18simple, c'est-à-dire qu'il m'a dit on fait une surprise à Bernard, il y a un dîner,
00:22donc voilà, ça s'est réglé très facilement et naturellement qu'avec Pierre Yveteux,
00:25mon adjoint, qui est originaire de Montauban de Bretagne, donc on n'est pas si loin.
00:29Il était à côté de chez lui au départ, tout à l'heure, on est venu avec un immense
00:33plaisir et comme Bernard le disait, c'est une course avec beaucoup de mouvements, d'ailleurs
00:36on vous a écouté, tous les deux, Thibaut et toi Thierry, je ne vais pas faire semblant
00:39de te vouvoyer dans la voiture, beaucoup de mouvements, le trophée Baraki à la fin
00:46là pour finir, les deux coureurs de la même équipe et puis effectivement ce sprint final
00:51avec une surprise, puis des jeunes, c'est vrai qu'à 21 ans ici, on a presque le sentiment
00:55qu'ils sont vieux, on entend 18 ans, 19 ans, 18 ans, 19 ans, 20 ans, mais ça correspond
01:00aussi à ce qu'il se passe dans le peloton des professionnels de l'échelon supérieur
01:03avec des jeunes qui à 22 ans sont capables de gagner le Tour de France.
01:06Ce matin sur le podium, Bernard a dit, la question qui lui était posée c'était
01:09mais pourquoi vous êtes là, il a dit mais si moi je ne défends pas le Tour de Bretagne,
01:13qui va défendre le Tour de Bretagne ? Moi ce qui me fait super plaisir c'est de voir
01:16Bernard heureux, avec un grand sourire, heureux avec les gens, dans son univers, dans son
01:21monde, avec ce qu'il a toujours aimé, c'est-à-dire des coureurs qui jouent d'une certaine
01:25manière, c'est-à-dire qu'on fait du vélo mais ils aiment le jeu et c'est ça
01:29que tu as toujours aimé toi Bernard, tu avais la chance, ton talent exceptionnel de pouvoir
01:33le faire parce qu'il faut quand même avoir la qualité physique pour le faire mais c'est
01:36hyper agréable à voir et à suivre.
01:38Il y a deux courses qui m'intéressent sur le Tour, c'est quand même un peu mon milieu
01:44mais en dehors de ça, tu as le Tour de Bretagne parce qu'on a beaucoup de jeunes, tu as le
01:49Tour de l'avenir parce que c'est l'avenir et ça veut tout dire, quand on a eu Pogacar
01:54la première fois, il avait 18 ans, Del Toro hier, l'an dernier, moi je crois que c'est
02:00du...
02:01Bernard Lavant.
02:02Bernard Lavant, j'adore ça parce que tu vois les jeunes qui arrivent et parfois avant
02:07tout le monde.
02:08Le Tour de Bretagne a cette particularité de révéler des talents, c'est son ADN mais
02:12aussi d'être très bien organisé, vous qui faites Paris-Nice, le Dauphiné sur une semaine,
02:16vous pouvez comparer, village départ, village arrivé, beaucoup de monde, des beaux parcours,
02:20une vraie fête du cyclisme.
02:21De la ferveur, de l'enthousiasme, des sourires et puis c'est vrai que la raison de ma présence,
02:25outre Bernard bien évidemment, c'est de dire merci à tous les bénévoles qui font que
02:29la course existe.
02:30On a une chance immense nous au Tour de France et dans les épreuves d'ASO, c'est qu'on est
02:33payé pour assouvir notre passion.
02:34Là il y a des gens qui sont bénévoles, qui consacrent leur vie ou toute une partie de
02:38leur vie au cyclisme et qui doivent se battre en permanence parce que c'est de plus en plus
02:42compliqué d'organiser.
02:44Ils se battent tout le temps, tout le temps, tout le temps mais s'il n'y a plus ces courses-là,
02:48très vite il n'y aura plus de Tour de France.
02:49Il faut bien voir que c'est vraiment une pyramide, ce n'est pas simplement un mot.
02:51Le cyclisme ne sera jamais la Formule 1, contrairement à ce qu'imaginent certains.
02:55Ce ne sera jamais ça, ce ne sera jamais un circuit mondial qui ira partout dans le monde.
02:58Il faut de la base, ce sont des événements populaires, c'est le sourire des gens.
03:02J'ai en tête ce qu'un monsieur avait dit à Jean-Marie Leblanc, donc mon prédécesseur,
03:07monsieur magnifique.
03:08En 2004, je venais d'arriver, je venais de quitter la télévision, on venait de cesser
03:11de commenter ensemble Thierry et on était à Liège et un monsieur s'est arrêté,
03:17on part du Tour de France 2004, et il a dit à Jean-Marie, merci monsieur de ce que vous
03:21faites pour les petites gens.
03:22Et Jean-Marie était au sens propre, en arrêt.
03:24C'est-à-dire que le cyclisme, c'est le dernier des grands sports populaires gratuits pour
03:28les gens du bord de la route.
03:30Vous savez, je fais souvent des faces aux lecteurs, j'aime bien le contact avec les
03:34journalistes, c'est ma vie, mais j'aime peut-être plus encore aujourd'hui les faces aux lecteurs,
03:38vous êtes directement face aux gens.
03:39Et la première question que me posent les gens directement, qui est une question que
03:43les journalistes ne me posent pas, c'est, est-ce que le Tour de France sera toujours
03:45sur une chaîne gratuite ?
03:46Parce que c'est ça qui compte pour les gens d'abord.
03:48Et au bord de la route, c'est la même chose.
03:50Quand certains managers, par ailleurs très sympas, disent « mais il faudrait faire payer
03:53les gens du bord de la route », non, jamais.
03:55Si vous voulez tuer le vélo, faites-le, faites payer.
03:57Ce n'est pas possible.
03:59Oui, peut-être dans les Flandres, il y a tellement de gens qui adorent, alors on fait
04:01des circuits, on tourne dans tous les sens, il y a toujours un mont, c'est facile, il
04:04y a toujours un mont, quelque part, juste à côté.
04:06– Ce ne sont pas les gens qui sont au bord de la route qui payent, c'est ceux qui sont
04:09dans les clubs privés, et là il paye cher, mais il reste quand même les gens qui sont
04:16au bord de la route, c'est gratuit, et ça c'est génial.
04:18C'est ça qui fait la force de notre sport, et quel que soit le pays.
04:22– Et quel que soit le pays, donc voilà, je suis surtout venu pour dire merci, évidemment
04:27pour Bernard, mais bon, moi on me dit merci, je vais dîner avec Bernard Hinault, je vois
04:31des amis, c'est pas la peine de me dire merci.
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