00:00 [Musique]
00:07 [Applaudissements]
00:08 Nous avons la chance ce matin d'avoir avec nous Florence Simonnet,
00:13 directrice générale de Vattenfall et Eolien S.A.S.
00:17 que je demande de me rejoindre sur scène pour l'accueillir.
00:21 [Applaudissements]
00:23 Bonjour Florence.
00:25 Je rappelle que le groupe Vattenfall est producteur et fournisseur européen d'électricité et de gaz
00:34 et c'est un groupe qui appartient à l'état suédois. Est-ce que c'est bien ça ?
00:37 Oui tout à fait. Donc nous sommes 100% public et nous appartenons à l'état suédois.
00:43 Alors pourquoi, première question, Vattenfall et partenaire du Syntank agir pour l'égalité ?
00:49 Donc effectivement, en tant que... Pardon, opérateur, je ne sais pas ce que je touche.
00:53 En tant qu'opérateur et énergéticien suédois, donc public suédois,
00:58 nous sommes très engagés dans la transition énergétique qui fait partie de la transition écologique
01:04 comme on a pu le voir dans les débats précédents
01:07 et pour une transition énergétique juste et durable.
01:10 Ce sont deux mots qui sont très importants pour notre entreprise et qui font vraiment partie de notre ADN.
01:16 Et nous avons en ligne de mire cette neutralité carbone à l'échéance 2040, encore une fois,
01:22 pour cette transition écologique.
01:24 Et au sein de notre entreprise, nous avons deux axes de développement très stratégiques
01:29 que sont l'inclusion et la diversité.
01:32 Ce sont vraiment des atouts pour une entreprise lorsque nous sommes différents.
01:35 Je parle effectivement aux jeunes qui sont présents.
01:37 Vivez cette différence parce que ce sont des atouts.
01:40 Quand nous pensons différemment, finalement nous arrivons avec une stratégie différente.
01:44 Et nous avons au sein de notre entreprise, donc cette gestion des ressources humaines,
01:49 donc très en amont dans le cadre de notre phase de recrutement,
01:52 nous essayons de diversifier les profils et de les inclure.
01:55 Et nous avons aussi tout au long de notre développement de carrière au sein de notre entreprise,
02:01 nous voyons de manière très opérationnelle la manière de faire progresser cette différence et cette inclusion.
02:08 Et nous avons également l'égalité femmes-hommes, j'allais dire hommes-femmes spontanément, excusez-moi.
02:18 C'est vrai, ce qui revient assez souvent dans notre langage, c'est toujours passer les hommes avant les femmes.
02:23 Et donc nous avons cet enjeu-là qui est au cœur de notre entreprise.
02:27 Et nous sommes signataires depuis 2018 d'une initiative internationale
02:32 qui s'appelle "Equal by 30" auprès de 13 gouvernements et 130 organisations.
02:37 Et en quoi ça consiste ? C'est à l'échéance 2030, pour que les femmes puissent atteindre une espèce d'égalité,
02:46 que ce soit, en tout cas pour nous, nous visons cette égalité au niveau du leadership,
02:50 donc on travaille essentiellement sur ces aspects-là, on travaille également sur une rémunération,
02:55 et sur les opportunités de carrière. Et ça on le fait sur toutes nos activités, tous nos métiers, tous nos pays évidemment.
03:02 Et donc votre question première qui était "Mais pourquoi nous participons à ce think and do tank, à agir pour l'égalité ?"
03:08 c'est puisque d'une part on veut en fait participer à cette contribution sur cette égalité,
03:14 comment nous faisons nous, groupe suédois en la matière, et puis en retour, avoir votre retour d'expérience
03:20 pour pouvoir nous-mêmes nous inspirer de ce que vous faites.
03:24 Et puis le deuxième aspect qui était vraiment très important pour nous, c'est les femmes et la technique.
03:29 C'est vrai qu'en tant qu'électricien, c'est tout un domaine, et effectivement on va en reparler peut-être par ailleurs,
03:36 mais c'est un vrai enjeu pour nous.
03:39 Oui on en a beaucoup parlé, on va en reparler de ces métiers techniques. Est-ce que ça va Florence ?
03:44 Oui, je suis un peu petite, et c'est vrai que c'est pas évident.
03:47 Ça va ? J'allais dire je vous laisse le mien, mais je crois que c'est pareil.
03:51 Non, c'est pareil.
03:52 Alors, je disais que vous pilotez l'éolien, chez Vattenfall.
03:55 Alors, quelle est votre analyse sur la présence des femmes dans ce secteur, dans ce pôle éolien en particulier ?
04:02 Alors, on est présent en France depuis à peu près 25 ans dans la fourniture d'énergie auprès des entreprises,
04:10 et puis plus récemment auprès des particuliers depuis 2018.
04:13 Et moi je m'occupe effectivement de la filière éolienne, puisque c'est notre axe de développement majeur,
04:19 puisque nous sommes avant tout un producteur d'électricité, et on veut développer en France des moyens de production.
04:25 Et l'éolien en mer est un très bon moyen pour y parvenir, sachant qu'il y a un enjeu d'électrification massive en France,
04:34 donc l'électrification notamment des transports, des entreprises,
04:38 et effectivement cette électrification qui est en fait en ligne de mire,
04:42 ou en tout cas à mettre en regard de cette neutralité carbone à l'échéance 2050,
04:48 donc Vattenfall c'est 2040, mais la France s'est engagée pour cette échéance de 2050.
04:54 Donc effectivement l'éolien en mer, ce sont des moyens de production qui vont répondre à cette demande.
05:01 Et pourquoi je vous parle de l'éolien, j'entendais un million d'emplois dans la transition énergétique,
05:08 donc nous ce que nous avons signé en tant que filière de l'éolien en mer en 2023 avec l'Etat, c'est un pacte éolien en mer.
05:15 En quoi ça consiste ? Donc c'est à l'échéance 2035,
05:19 si nous obtenons un engagement de l'Etat français sur l'installation de 18 gigawatts, nous allons créer 20 000 emplois.
05:27 20 000 emplois, c'est potentiellement 10 000 emplois pour des femmes.
05:30 Et ça c'est notre enjeu. Nous sommes très peu nombreuses dans nos métiers.
05:35 L'observatoire de l'éolien en mer qui a publié en 2022 des chiffres, seulement 21% des effectifs sont des femmes,
05:43 contre 30% de manière générale.
05:45 Donc c'est vraiment, il y a un véritable enjeu pour nous, notamment parce que nous nous sommes engagés en tant qu'entreprise pour viser cette égalité.
05:52 Donc il faut absolument que nous trouvions un intérêt pour ces femmes de venir nous rejoindre.
05:57 J'ai bien aimé parce qu'on a beaucoup parlé de transport et j'ai essayé de réfléchir avec mes collègues
06:01 comment vous représentez un petit peu le monde de la transition énergétique en tout cas de l'énergie.
06:05 Ça serait un petit peu comme si vous étiez dans un bus et puis il n'y a que des hommes.
06:09 Et là en tant que femme vous me dites "mais est-ce que je vais monter dedans ?"
06:12 C'est vraiment la question qu'on se pose toutes, c'est "il n'y a pas de femmes, est-ce que c'est vraiment pour moi ?"
06:17 Justement, Florence, parlons de vous. Comment vous vous êtes retrouvée dans cette entreprise et dans cette carrière-là ?
06:26 Parce que vous allez nous raconter un petit peu votre histoire.
06:29 Alors c'est intéressant parce que je me retrouve au ministère de l'Environnement, c'est comme ça qu'on peut l'appeler de manière assez générique.
06:36 J'ai une formation de biologiste. Je me suis orientée au départ vers la biologie, la physiologie et la biologie végétale.
06:43 J'ai fait plusieurs stages à l'Institut Pasteur, à l'INRA, à l'USDA, c'est l'équivalent pour les États-Unis.
06:51 J'ai dû me prendre à l'évidence que l'enseignement et la recherche, ce n'était pas du tout pour moi.
06:55 Pourtant on est très très nombreuses dans ces domaines, mais ce n'était vraiment pas pour moi.
06:59 J'ai quand même poursuivi en biologie des populations et des écosystèmes.
07:03 Et là j'étais super contente parce que j'ai trouvé un module qui traitait de la biodiversité et de l'aménagement du territoire.
07:10 Alors ça s'appelait "L'arbre dans la ville".
07:13 Donc il y a 30 ans c'était vraiment le truc très à l'abri, "L'arbre dans la ville".
07:16 Malheureusement il y avait peu de choses en France.
07:18 Donc je suis partie en Belgique et puis au bout de 3 ans je me suis retrouvée diplômée ingénieure agronome en spécialité aménagement du territoire.
07:28 Les énergies renouvelables, c'est un hasard. Je vais vous raconter, c'est quand même toujours assez particulier.
07:35 Rien n'est vraiment un hasard.
07:37 Moi j'ai quand même déposé un CV. Je ne sais pas ce que je fais, je touche des trucs.
07:41 Non vous inquiétez pas, c'est cette petite chose, ça sert à poser le micro.
07:46 Donc vous inquiétez pas.
07:48 En fait j'ai déposé un CV dans une brasserie. Et ce n'est pas une blague.
07:52 Donc cette brasserie appartenait à Christiane, l'ex-belle-mère de mon frère.
07:56 Et qui s'était fait une vraiment...
07:59 Mais c'était son hasard. Elle voulait me trouver un boulot, je me lançais dans l'aventure.
08:04 Et donc elle allait voir ses clients et puis elle leur distribuait mes CV.
08:08 Et puis là, à une table, elle a rencontré Angelina qui venait de monter sa boîte dans le quartier.
08:15 Ils étaient 3.
08:17 Et puis elle s'est dit peut-être que mon profil d'ingénieur agro, ça pouvait convenir dans le développement de projets éoliens, terrestres à l'époque.
08:25 Et puis autour d'une blanquette de veau, j'ai passé mon entretien.
08:29 Et à la fin je me suis retrouvée responsable, pas directrice, mais on n'était que 3, responsable des études d'impact.
08:35 Donc je me suis lancée dans l'aventure, vraiment par hasard.
08:40 J'ai adoré, je me suis vraiment éclatée dans tous les métiers que j'ai pu faire au cours de mon parcours professionnel.
08:47 J'ai appris, j'ai été conseillée, j'ai beaucoup beaucoup beaucoup discuté avec des hommes, des femmes.
08:55 Je pense que les femmes, elles étaient très présentes.
08:58 Il y a quand même cette sauverurité, mais elle est discrète.
09:02 En tout cas dans nos métiers, elle est plutôt discrète.
09:04 Mais je pense qu'au bout de 21 ans, je suis directrice générale d'une filiale suédoise très importante, en tout cas dans nos pays et en Europe.
09:14 Félicitations, bravo, on peut l'applaudir.
09:17 Merci.
09:19 Et en fait, j'aime même dire que nous sommes avec Hélène, Marion, Yara, Béatrice, Gwenaëlle, vraiment les pionnières de l'éolien en mire en France.
09:32 Et puis on a réussi à construire un cadre réglementaire qui peut encore être perfectif, qui peut s'améliorer.
09:38 Et puis on a aussi construit cette belle filière qui est à venir et qui est vraiment ouverte à toutes les femmes.
09:44 Encore des opportunités d'emploi.
09:47 Je regarde les jeunes femmes ici présentes et les autres qui auraient envie de se reconvertir éventuellement pour aller notamment dans l'éolien en mer, par exemple.
09:56 Tout à fait.
09:57 Merci, Vattenfall. Est-ce que vous avez des questions dans la salle pour Florence ?
10:04 J'essaye de parcourir.
10:09 Oui.
10:11 Aujourd'hui, c'est justement quel est le pourcentage ?
10:14 Alors malheureusement, chez Vattenfall, on est 30% de femmes au niveau du groupe, qui représente à peu près 21 000 personnes au travers de l'Europe.
10:26 Donc c'est peu, mais pour autant, sur ces 30%, il y a plus de 32% de femmes qui sont des managers.
10:33 On vise 35%, mais donc voilà.
10:35 Et c'est vraiment cette stratégie de vraiment axer sur le leadership.
10:39 On sélectionne des femmes.
10:40 Il y a vraiment cette volonté de faire progresser les femmes au sein de l'entreprise.
10:45 Et puis, petit coco-rico, c'est qu'en France, sur nos filiales, nous sommes 48% de femmes.
10:55 Merci. Je crois qu'il y avait une autre question.
10:59 Bonjour, Florence, et bravo pour votre parcours.
11:02 J'ai une question qui n'a rien à voir avec les hommes et les femmes, mais un autre type de diversité.
11:06 L'éolien marin versus l'éolien terrestre, comment vous voyez les perspectives ?
11:12 Vous avez deux minutes.
11:13 J'ai démarré effectivement dans l'éolien terrestre, qui était l'île de Hado dans les années 2000.
11:20 On a fait beaucoup de projets.
11:22 À titre personnel, j'ai développé et obtenu les autorisations pour 256 MW.
11:27 Ça représente à peu près 200 machines.
11:30 Sur l'éolien en mer, ça ne s'oppose pas.
11:37 Il ne faut pas opposer ces technologies.
11:39 On a besoin d'une électrification massive de notre industrie, de nos transports.
11:44 Je dirais que nous n'avons pas le choix.
11:46 Nous devons utiliser toutes les possibilités.
11:48 Je n'oppose pas du tout l'éolien terrestre à l'éolien en mer, puisque de toute façon, c'est un impératif.
11:53 Nous devons passer par là pour cette transition écologique.
11:56 Il faut réduire nos émissions de carbone.
12:00 C'est cette neutralité 2050 que nous visons.
12:04 C'est plus difficile.
12:09 Je ne vous cache pas sur l'acceptabilité.
12:11 C'est vraiment cette notion d'acceptabilité.
12:13 On travaille beaucoup avec les jeunes, parce qu'ils sont les premiers concernés.
12:18 C'est nous qui avons pris des décisions et eux qui vont les subir.
12:21 Donc eux, ils sont beaucoup plus motivés pour participer.
12:24 Finalement, une éolienne dans un paysage, c'est quelque chose qui, pour nous, il y a 40 ans, n'avait pas de sens.
12:30 Quand je vivais aux États-Unis, je voyais des éoliennes partout, sur les montagnes chauves en Californie.
12:35 En France, ça n'existait pas.
12:37 Donc il faut juste accepter quelque chose de différent, mais qui est essentiel pour cette transition écologique et énergétique.
12:45 Je ne sais pas si ça répond à votre question.
12:48 Oui, je crois qu'on me fait signe que c'est bon au niveau timing.
12:57 Mais Florence reste un petit peu, donc s'il y a d'autres questions, n'hésitez pas à la voir après, parce que le temps passe.
13:06 Je suis désolée.
13:08 Du coup, on n'a plus le temps, malheureusement.
13:10 Oui, c'était ce que j'étais en train de dire, je n'étais pas très claire.
13:13 Juste après, pardon. Merci.
13:15 Merci. On peut applaudir Florence.
13:18 Merci à vous.
13:24 On va également être prise en photo avec nos deux magnifiques présidentes.
13:30 Du coup, je crois que je me rajoute.
13:33 Merci. On peut applaudir Florence.
13:52 Merci.
13:53 Merci.
13:55 Merci.
13:57 Merci.
13:59 Merci.
14:00 Merci.
14:01 ♪ ♪ ♪
14:04 Merci à tous !
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